FONDEMENTS DE LA PHILOSOPHIE ÉSOTÉRIQUE http://www.m-morya.com/fondements-de-la-philosophie-esoterique-2 Mon, 12 Nov 2018 21:37:26 +0000 Joomla! - Open Source Content Management fr-fr bon.christo@free.fr (MAITRE M) FONDEMENTS DE LA PHILOSOPHIE ÉSOTÉRIQUE - AVANT-PROPOS http://www.m-morya.com/fondements-de-la-philosophie-esoterique-2/443-fondements-de-la-philosophie-esoterique-avant-propos http://www.m-morya.com/fondements-de-la-philosophie-esoterique-2/443-fondements-de-la-philosophie-esoterique-avant-propos

FONDEMENTS DE LA PHILOSOPHIE ÉSOTÉRIQUE

 

d'après les écrits de

 

H.P. BLAVATSKY

 

Arrangés avec une Préface et des Notes par Ianthe H. HOSKINS

 

Traduit de l'Anglais par Daniel Caracostea et Hermine Sabetay (Appendice A)

 [7]

 

 

AVANT-PROPOS

 

La tâche particulière que Madame Blavatsky entreprit dans ses écrits fut d'attirer l'attention du monde occidental sur les enseignements de la tradition Sagesse, la Science Sacrée de l'Orient. Elle a souvent affirmé à la fois l'ancienneté et l'universalité de ces enseignements, connus depuis les premiers siècles de notre ère sous le vocable de Théosophie. Quant à elle, elle ne réclame que le rôle d'écrivain et de transmetteur.

La manière dont elle voyait sa tâche est clairement exposée dans la Préface de sa plus grande œuvre, La Doctrine Secrète, publiée en 1888 :

Ces vérités ne sont en aucune manière présentées comme une révélation ; et l'auteur ne prétend pas non plus être le révélateur d'un savoir mystique, maintenant rendu public pour la première fois dans l'histoire du monde. Car ce qui est contenu dans ce travail se trouve éparpillé à travers les milliers de volumes incorporants les écritures des grandes religions asiatiques et des religions primitives européennes, caché dans les glyphes et les symboles, et jusqu'ici resté inaperçu à cause de ce voile. Ce qui est maintenant tenté est de rassembler les plus vieux principes et d'en faire un tout harmonieux et continu.

Le travail de collection et de publication de tous les écrits de Madame Blavatsky touche à sa fin, pour faire un total de quelque dix-neuf ou vingt volumes substantiels. Le compilateur de ces Collected Writings, son petit neveu, Boris de Zirkoff, informe le lecteur qu'une lettre publiée dans le Daily Graphic de New York du 30 octobre 1874 est le premier article provenant assurément de sa plume. En 1877, sa première œuvre majeure, Isis Dévoilée fut suivie onze ans plus tard par les deux volumes de La Doctrine Secrète. Ses derniers livres, La Voix du Silence et La Clé de [8] la Théosophie furent publiés en 1889. Si l'on garde présent à l'esprit ses longs et fréquents voyages et son pauvre état de santé, avec des périodes de maladies graves, cet énorme débit littéraire en moins de dix-sept ans – et dans une langue qui n'était pas la sienne – semble à peine moins que miraculeux. Bien que quelques lettres et articles attendent d'être publiés dans les Collected Writings, on doit noter que les grands livres ont été continuellement disponibles pendant les cent années ou presque qui se sont écoulées depuis leur première publication.

Avec un tel amas de matériel, dans lequel les sujets vont du symbolisme biblique à la théorie darwinienne, de l'examen de la flore et de la faune antédiluviennes à des citations tirées des textes sacrés de l'Hindouisme  et  de  la  Kabale,  aussi  bien  qu'à  des  philosophes, des théologiens et des scientifiques du 19e siècle, il serait difficile sinon impossible  au  lecteur  d'extraire  la  charpente  essentielle  du système théosophique. Toutefois, Madame Blavatsky elle-même va au secours de l'étudiant en plaçant çà et là des énoncés numérotés des principes sur lesquels ce système repose. La collection de ces énoncés présentés ici est destinée à servir de fil d'Ariane à travers le vaste labyrinthe d'informations, de descriptions, d'explications, de critiques, de commentaires et d'instructions personnelles que constitue son don presque inépuisable à la postérité.

Où l'étudiant doit-il commencer ? Durant les dernières années de Madame Blavatsky, se réunit autour d'elle à Londres, un groupe de membres sincères de la Société Théosophique qui, appliqués sérieusement à l'étude de La Doctrine Secrète, la questionnaient et la pressaient afin d'obtenir de plus amples éclaircissements sur l'enseignement. Heureusement pour nous, une grande partie de cette instruction orale fut notée et publiée par la suite dans Entretiens sur la Doctrine Secrète, maintenant formant la deuxième moitié du Volume X des Collected Writings. En plus de ceci, il y a une collection de notes, petite mais inestimable, écrites à cette époque par un membre du groupe, le Commandant Robert Bowen, qui virent le jour une quarantaine d'années [9] plus tard grâce à son fils, le Capitaine P.G. Bowen. Tout d'abord publiées en 1932 dans Theosophy in Ireland, ces notes ont depuis été publiées séparément dans un opuscule appelé Comment étudier la Théosophie selon Madame Blavatsky, elles sont reproduites ici en Appendice A.

C'est de ces notes que nous apprenons non seulement la manière par laquelle, selon elle, on doit aborder l'étude, l'attitude et  les espérances qu'on doit y apporter, mais en plus, l'ordre dans lequel les énoncés essentiels doivent être pris avant de s'embarquer dans le travail tout entier. De plus, elle place devant l'étudiant les idées de base qu'il doit garder en permanence à l'esprit. Sa présentation de ces idées, et les  sections du travail sur lesquelles elle attire tout spécialement l'attention, forment la plus grande partie de cet ouvrage.

Il est vrai qu'Isis Dévoilée est une compilation diffuse et désordonnée, déployant une érudition extraordinaire chez une femme qui n'avait pas eu d'éducation très poussée et dont la bibliothèque de voyage semble n'avoir été composée que de deux ou trois douzaines de volumes au plus. C'est une multitude de curiosités, d'informations et de commentaires critiques sur une étendue vraiment grande de sujets, de connaissance profonde de la tradition occulte dans ses nombreuses formes, mais le matériau  est présenté dans un certain désordre et souvent dans un ton violemment polémique qui annonce son époque. A la fin du Volume II, Madame Blavatsky résume en dix points numérotés les éléments essentiels de l'enseignement qu'elle a cherché à mettre devant le lecteur. Bien que cela fût sa première tentative de présenter une déclaration méthodique des principes fondamentaux de la philosophie ésotérique énoncés dans son travail, le passage pertinent est donné ici à la fin, pour la raison, comme on pourra le voir, qu'elle n'avait pas à cette époque clairement distingué entre les grands principes et le matériel secondaire, qui est la mise en valeur des principes en particulier. Parlant de ses instructeurs occultes elle utilisait le nom de Maîtres, parce que c'était d'eux, comme elle le dit explicitement dans La Clé de la Théosophie, qu'elle tirait toute sa [10] connaissance du système théosophique. Néanmoins, elle était entièrement libre d'utiliser du mieux qu'elle pouvait la connaissance qui lui avait été communiquée, organisant le matériel et développant l'habileté littéraire en le faisant.

En préparant les passages pour ce recueil, les trois éditions de La Doctrine Secrète en usage ont été consultées, et la référence des trois est donnée par ordre chronologique : Première Edition 1888 / Troisième Edition 1893 / Edition en 6 volumes d'Adyar 1. Comme le but ici est de présenter l'enseignement de base dans la forme la plus lisible, on a usé de discrétion en modifiant la ponctuation, les lettres majuscules et les italiques, où l'on a pensé opportun de faciliter la première connaissance avec le texte. Chaque extrait est précédé d'une note d'instruction, et un Glossaire est donné en Appendice B.

 1 Pour la traduction française, la référence de l'édition française seule est donnée.

 

Le listage de ces idées qui doivent être reconnues comme fondamentales au système théosophique est jusqu'à un certain point arbitraire. Ainsi nous trouvons que Madame Blavatsky présente à l'étudiant de la Théosophie trois propositions fondamentales, quatre idées de base, un résumé de six articles numérotés, plus loin cinq faits prouvés, et les dix points récapitulant l'essentiel d'Isis Dévoilée. Cependant, par-dessus et au- delà de toutes listes et énumérations de principes, il doit toujours y avoir l'affirmation de l'UN – la Réalité sans nom par laquelle et dans laquelle toutes choses ont leur existence. Comme il ne peut pas y avoir de compréhension de la Théosophie sans une constante référence à  cette Unité fondamentale, l'affirmation sans équivoque de l'Unité a été placée en premier dans ce choix d'extraits.

 I.H.H.

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UNE LOI FONDAMENTALE http://www.m-morya.com/fondements-de-la-philosophie-esoterique-2/444-une-loi-fondamentale http://www.m-morya.com/fondements-de-la-philosophie-esoterique-2/444-une-loi-fondamentale UNE LOI FONDAMENTALE

 

 [12] NOTE

La philosophie ésotérique insiste sur le fait que sous le monde divers de notre expérience, il y a une Réalité unique, la source et la cause de tout ce qui fut, est et sera. Le grand représentant de la tradition védique, Shri Shankarâchârya, le dit nettement : quelle que soit la forme donnée  à l'argile modelée, la réalité de l'objet demeure toujours l'argile, son nom et sa forme n'étant que des aspects transitoires. De même toutes choses étant des émanations de l'Un Suprême, sont elles-mêmes ce Suprême dans leur nature essentielle. Du plus haut au plus bas, du plus grand au plus petit, les phénomènes infinis de l'univers manifesté sont l'Un, habillé de noms et de formes.

L'enseignement de l'Unité fondamentale est la marque du système théosophique. Il s'ensuit, qu'aucune doctrine basée sur une dualité ultime – esprit et matière séparés à jamais, Dieu et l'homme étant distincts essentiellement, le bien et le mal étant des réalités éternelles – ne peut avoir de place dans la Théosophie. [13]

 

UNE LOI FONDAMENTALE

 

L'unité radicale de l'essence ultime de chaque partie constitutive des composés de la Nature – de l'étoile à l'atome minéral, du Dhyân Chohan le plus élevé au plus petit infusoire, dans l'entière acception du mot et qu'on l'applique aux mondes spirituel, intellectuel ou  physique – est la seule loi fondamentale de la Science Occulte.  

La Doctrine Secrète, I 102-103.

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QUATRE IDEES DE BASE http://www.m-morya.com/fondements-de-la-philosophie-esoterique-2/445-quatre-idees-de-base http://www.m-morya.com/fondements-de-la-philosophie-esoterique-2/445-quatre-idees-de-base

QUATRE IDEES DE BASE

  

[16] NOTE

Au cours de l'instruction orale donnée à ses étudiants à Londres et consignée dans les notes du Commandant Bowen (voir Appendice A), Madame Blavatsky répéta de nombreuses fois que l'étude de La Doctrine Secrète ne pouvait pas donner une image définitive et complète de l'univers. Elle est destinée, disait-elle, à "CONDUIRE VERS LA VERITE". Comme aide à la compréhension progressive, elle  esquissa alors quatre idées de base que l'étudiant ne devrait jamais perdre de vue. Données spontanément, ces idées sont présentées dans un langage plus simple que dans les grands ouvrages et peut donc servir de préparation à quelque phraséologie plus complexe des énoncés plus complets. [17]

 

QUATRE IDEES DE BASE

 

Observez les règles suivantes :

Quoi qu'on puisse étudier dans la DS que le mental prenne fermement, comme base de son idéation, les idées suivantes :

  1. L'UNITE FONDAMENTALE DE TOUTE EXISTENCE. Cette unité est une chose tout à fait différente de la notion commune de l'unité – comme lorsqu'on dit qu'une nation  ou  une  armée est unie ; ou que cette planète est unie à telle autre par des lignes de force magnétique ou quelque chose de semblable. Ce n'est pas cela l'enseignement. C'est que l'existence est UNE CHOSE, et non un assemblage de choses reliées entre elles. Fondamentalement, il y a UN ETRE. L'ETRE a deux aspects, l'un positif, l'autre négatif. Le positif est l'Esprit ou la CONSCIENCE. Le négatif est la SUBSTANCE, l'objet de la conscience. Cet Etre est l'Absolu dans sa manifestation primaire. Etant absolu, il n'y a rien en dehors de lui. Il est TOUT-ETRE. Il est indivisible, sans quoi il ne serait pas absolu. Si une partie pouvait en être séparée, ce qui resterait ne pourrait être absolu, parce que surgirait aussitôt la question de COMPARAISON entre lui et la partie séparée. La comparaison est incompatible avec l'idée de l'absolu. Il est donc clair que cette EXISTENCE UNE fondamentale, ou Etre Absolu, doit être la REALITE en toute forme qui est.

L'Atome, l'Homme, le Dieu, sont chacun séparément, aussi bien que tous collectivement, l'Etre Absolu dans leur dernière analyse, qui est leur INDIVIDUALITE REELLE. C'est cette idée qu'il faut constamment garder à l'arrière-plan du mental pour en former la base de toute conception qui surgit de l'étude de la DS. Dès qu'on l'oublie (et rien n'est plus aisé lorsqu'on est aux prises avec un des nombreux aspects compliqués de la Philosophie Esotérique), l'idée de SEPARATION survient et l'étude perd sa valeur. [18]

  1. La seconde idée qu'il faut saisir fermement est qu'IL N'Y A PAS DE MATIERE MORTE. Le moindre atome est vivant. Il n'en peut être autrement, puisque tout atome est lui-même fondamentalement l'Etre Absolu. Il n'y a donc pas de choses telles que des "espaces" d'Éther ou d'Akasha, appelez cela comme vous voudrez, où des anges et des élémentals nageraient comme des truites dans l'eau. C'est une idée inexacte. L'idée vraie est que chaque atome de substance, de n'importe quel plan, est en lui- même une VIE.
  2. La troisième idée de base à garder est que l'Homme est le MICROCOSME. L'étant, alors toutes les Hiérarchies des Cieux existent en lui. Mais il n'y a en vérité ni Macrocosme ni Microcosme, mais UNE EXISTENCE. Grand et petit ne sont tels, que vus par une conscience limitée.
  3. La quatrième et dernière idée de base à conserver est celle exprimée dans le Grand Axiome Hermétique. En vérité elle résume et synthétise toutes les autres.

L'Extérieur est comme l'Intérieur, le Petit est comme le Grand ; ce qui est en bas est comme ce qui est en haut : il n'y a qu'UNE VIE ET QU'UNE LOI ; et celui qui la met en œuvre est UN. Rien n'est Intérieur, rien n'est Extérieur ; rien n'est Grand, rien n'est Petit ; rien n'est Haut, rien n'est Bas dans l'Économie Divine.

Quoi qu'on prenne comme étude dans la DS, il faut le rattacher à ces idées de base.

 

Comment Étudier la Théosophie (voir Appendice A).

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bon.christo@free.fr (Super User) FONDEMENTS DE LA PHILOSOPHIE ÉSOTÉRIQUE Mon, 19 Jan 2015 14:12:13 +0000
TROIS PROPOSITIONS FONDAMENTALES http://www.m-morya.com/fondements-de-la-philosophie-esoterique-2/446-trois-propositions-fondamentales http://www.m-morya.com/fondements-de-la-philosophie-esoterique-2/446-trois-propositions-fondamentales

TROIS PROPOSITIONS FONDAMENTALES

  

[20] NOTE

Dans les notes de Bowen, Madame Blavatsky conseille à l'étudiant

que la première chose à faire, même si cela prend des années,  est d'acquérir quelque compréhension des "Trois Principes Fondamentaux" donnés dans le Préambule – le prélude magistral de La Doctrine Secrète. L'énoncé des trois principes est présenté avec une insistance similaire sur leur importance primaire, et à nouveau, en terminant leur présentation, Madame Blavatsky affirme que ce sont les idées de base de la tradition théosophique.

La Doctrine Secrète est en grande partie un commentaire de stances choisies dans un ouvrage ancien, le Livre de Dzyan. Suivant l'usage actuel, le titre de son livre est toujours donné en italiques, alors que ses références à l'ancienne philosophie ésotérique sont restées telles qu'elles sont dans l'édition originale, avec les premières lettres en majuscule, la Doctrine Secrète. [21]

 

TROIS PROPOSITIONS FONDAMENTALES

 

Avant que le lecteur porte son intérêt aux Stances du Livre de Dzyan, stances qui forment la base de cet ouvrage, il est absolument nécessaire de lui faire connaître les quelques conceptions fondamentales qui soutiennent et pénètrent tout le système de pensée sur lequel nous appelons son attention. Ces idées de base sont en petit nombre, mais de leur claire appréhension dépend la compréhension de ce qui suit ; par conséquent aucune excuse n'est nécessaire pour inviter le lecteur à se familiariser d'abord avec elles, avant d'examiner le travail lui-même.

La Doctrine Secrète établit trois propositions fondamentales :

 

  1. Un PRINCIPE Omniprésent, Eternel, Illimité et Immuable, sur lequel toute spéculation est impossible puisqu'il transcende la puissance de conception humaine et ne pourrait être que rapetissé par toute expression ou comparaison. Ce principe est au-delà de l'horizon et de la portée de la pensée – d'après les paroles de la Mandukya, "inconcevable et innommable".

Afin de comprendre ces idées plus clairement, que le lecteur parte de ce postulat qu'il existe une Seule Réalité Absolue, qui précède tout Etre manifesté et conditionné. Cette Cause Infinie et Eternelle – vaguement formulée dans l' "Inconscient" et l' "Inconnaissable" de la philosophie européenne courante – est la Racine Sans Racine de "tout ce qui fut, est, ou sera jamais". Elle est naturellement dépourvue de tout attribut et essentiellement sans relations avec l'Etre manifesté et fini. C'est l' "Etre- té", plutôt que l'Etre (Sat en Sanscrit) et c'est au-delà de toute pensée ou spéculation.

Cet Etre-té est symbolisé ; dans la Doctrine Secrète, sous deux aspects. D'un côté, l'Espace Abstrait, absolu, représentant la pure subjectivité, la seule chose qu'aucun mental humain ne puisse ni exclure d'aucune conception, ni concevoir par lui-même. De l'autre, le Mouvement Abstrait Absolu représentant la Conscience Inconditionnée. Nos penseurs [22] occidentaux eux-mêmes ont prouvé que la conscience distincte du changement, nous est inconcevable, et que le mouvement est le meilleur symbole du changement, sa caractéristique essentielle. Ce dernier aspect de l'Unique Réalité est aussi symbolisé par le terme "le Grand Souffle", un symbole suffisamment expressif pour n'avoir pas besoin de plus ample éclaircissement. Ainsi, le premier axiome fondamental de la Doctrine Secrète est cet UN ABSOLU – ETRE-TE – que l'intelligence limitée a symbolisé par la Trinité théologique.

 

………………………………………………………………………….

 

Parabrahman, l'Unique Réalité, l'Absolu, est le champ de la Conscience Absolue, c'est-à-dire de cette Essence qui est hors de toute relation avec l'existence conditionnée, et dont l'existence consciente est un symbole conditionné. Mais une fois que nous sortons, en pensée, de cette Négation (pour nous) Absolue, la dualité survient dans le contraste de l'Esprit (ou Conscience) et de la Matière, du Sujet et de l'Objet.

 L'Esprit (ou Conscience) et la Matière doivent cependant être considérés, non comme des réalités indépendantes, mais comme les deux facettes ou aspects de l'Absolu, Parabrahman, lesquels constituent la base de l'Etre conditionné, soit subjectif, soit objectif.

Si nous considérons cette triade métaphysique comme la Racine dont procède toute manifestation, le Grand Souffle assume le caractère de l'Idéation Pré-Cosmique. C'est le fons et origo de la Force et de toute conscience individuelle, et il fournit l'intelligence conductrice dans le vaste schéma de l'évolution cosmique. D'autre part, la Substance Racine Pré- Cosmique (Mulaprakriti) est cet aspect de l'Absolu qui est sous-jacent à tous les plans objectifs de la Nature.

De même que l'Idéation Pré-Cosmique est la racine de toute conscience individuelle, ainsi la substance Pré-Cosmique est le substratum de la Matière dans ses divers degrés de différenciation. [23]

D'où il apparaîtra que le contraste de ces deux aspects de l'Absolu est essentiel à l'existence de l'"Univers Manifesté" . Séparée de la Substance Cosmique, l'Idéation Cosmique ne pourrait se manifester comme conscience individuelle, puisque ce n'est qu'à travers un véhicule ( Upâdhi) de matière que la conscience jaillit comme "Je suis Moi", une base physique étant nécessaire pour concentrer un rayon du Mental Universel à un certain degré de complexité. Et à son tour, séparée de l'Idéation Cosmique, la Substance Cosmique resterait une abstraction vide, et aucune apparition de conscience n'en pourrait résulter.

L'univers manifesté est donc pénétré par la dualité qui est, pour ainsi dire, l'essence même de son EX-istence comme "Manifestation". Mais, de même que les pôles opposés de Sujet et d'Objet, d'Esprit et de Matière, ne sont que des aspects de l'Unité dans laquelle ils sont synthétisés, ainsi, dans l'Univers Manifesté il y a "ce" qui lie l'Esprit à la Matière, le Sujet à l'Objet.

Ce quelque chose actuellement inconnu de la spéculation occidentale est appelé par les occultistes Fohat. C'est le "pont" au moyen duquel les idées qui existent dans la Pensée Divine sont imprimées sur la Substance Cosmique comme "lois de la Nature". Fohat est donc l'énergie dynamique de l'Idéation Cosmique ; ou bien, si on le regarde de l'autre côté, c'est le médium  intelligent,  le  pouvoir  conducteur  de  toute  manifestation, la "Pensée Divine" transmise et manifestée à travers les Dhyân Chohans, les Architectes du monde visible. Ainsi, de l'Esprit ou Idéation Cosmique, vient notre Conscience ; de la Substance Cosmique viennent les divers véhicules dans lesquels cette Conscience est individualisée et arrive à la soi-conscience ou conscience réfléchissante ; tandis que Fohat, dans ses diverses manifestations, est le mystérieux lien entre l'Esprit et la Matière, le principe animateur qui électrifie tout atome et lui donne la vie.

Le résumé suivant donnera une idée plus claire au lecteur :

  1. L'ABSOLU : le Parabrahman des Védantins ou Unique Réalité, SAT, qui est... à la fois Etre Absolu et Non-Etre. [24]
  2. La première manifestation, l'impersonnelle et, en philosophie, le Logos non manifesté, le précurseur du "manifesté"...
  3. Esprit-Matière, VIE ; "Esprit de l'Univers", Purusha et Prakriti, ou le second Logos.
  4. Idéation Cosmique, MAHAT ou Intelligence, l'Ame Universelle du Monde ; le Noumène Cosmique de la Matière, la base des opérations intelligentes de la Nature et dans la Nature...

La REALITE UNIQUE ; ses aspects doubles dans l'univers conditionné.

La Doctrine Secrète affirme en outre :

  1. L'Eternité de l'Univers in toto comme plan illimité qui, périodiquement, est "le terrain de jeu d'innombrables Univers se manifestant et disparaissant incessamment", appelés "étoiles qui se manifestent" et "étincelles d'Eternité". "L'Eternité du Pèlerin" est comme un clin d'œil de la Soi-Existence (Livre de Dzyan). "L'apparition et la disparition des mondes est comme le retour régulier du flux et du reflux".

Cette seconde assertion de la Doctrine Secrète est  l'universalité absolue de cette loi de périodicité de flux et de reflux, de croissance et de déclin, que la science physique a observée et notée dans tous les départements de la nature. Les alternatives du Jour et de la Nuit, de la Vie et de la Mort, du Sommeil et de la Veille, sont choses si communes, si parfaitement universelles et sans exception, qu'il est facile de comprendre que nous y voyions une des lois absolument fondamentales de l'Univers.

 En outre la Doctrine Secrète enseigne :

  1. L'identité fondamentale de toutes les Ames avec la Sur-Ame Universelle, celle-ci étant elle-même un aspect de la Racine Inconnue ; et le pèlerinage obligatoire pour toute Ame – étincelle de la première – à travers le Cycle d'Incarnation (ou de "Nécessité") d'accord avec la loi cyclique et [25] karmique durant le terme entier. Autrement dit, aucun Buddhi purement spirituel (Ame divine) ne peut avoir une existence (consciente) indépendante avant que l'étincelle issue de la pure Essence du Sixième Principe Universel – ou la SUR-AME – n'ait (a) passé par toutes les formes élémentales du monde phénoménal de ce Manvantara, et (b) acquis l'individualité, d'abord par impulsion naturelle, puis par des efforts personnels, volontaires et résolus, modifiés par les restrictions de son Karma, montant ainsi par tous les degrés de l'intelligence, du Manas le plus bas jusqu'au plus élevé, du minéral et de la plante, jusqu'au plus saint des Archanges (Dhyâni-Buddha). La doctrine-pivot de la Philosophie Esotérique n'admet pas de privilèges, ni de dons spéciaux pour l'homme, sauf ceux gagnés par son propre Ego à force d'effort et de mérite personnels, au cours d'une longue série de métempsychoses et de réincarnations. C'est pour cela que les Hindous disent que l'Univers est Brahman et Brahmâ, car Brahman est dans tout atome de l'univers, les six Principes de la Nature étant tous le résultat – les aspects variés et différenciés – du PRINCIPE SEPTIEME et UN, l'unique Réalité de l'Univers, tant cosmique que microcosmique ; et c'est pour cela aussi que les permutations psychiques, spirituelles et physiques, sur le plan de la manifestation et de la forme du Sixième Principe (Brahmâ véhicule de Brahman) sont regardées, par antiphrase métaphysique, comme illusoires et mayaviques. Car, bien que la racine de chaque atome individuellement, et de toute forme collectivement, soit ce Septième Principe, ou l'Unique Réalité, pourtant, sous son apparence manifestée, phénoménale et temporaire, il n'est rien de plus qu'une illusion évanescente de nos sens.

 

………………………………………………………………………….

 

Telles sont les conceptions fondamentales sur lesquelles repose la Doctrine Secrète.

 

La Doctrine Secrète, XC-XCIV.

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bon.christo@free.fr (Super User) FONDEMENTS DE LA PHILOSOPHIE ÉSOTÉRIQUE Mon, 19 Jan 2015 14:12:39 +0000
SIX ARTICLES NUMEROTES http://www.m-morya.com/fondements-de-la-philosophie-esoterique-2/447-six-articles-numerotes http://www.m-morya.com/fondements-de-la-philosophie-esoterique-2/447-six-articles-numerotes

SIX ARTICLES NUMEROTES

  

[28] NOTE

L'étude  des  Trois  Propositions  Fondamentales, conseille Madame Blavatsky, doit être suivie par celle des articles numérotés dans le Résumé à la fin du le 1er Volume (1ère partie). Il semblerait qu'elle ait eu l'intention de rassembler en quelques paragraphes classés les traits essentiels de la Doctrine Secrète présentés jusqu'ici. Cependant, elle commence dans le premier des paragraphes numérotés, avec une référence à l'Introduction de l'œuvre, dans laquelle elle a assemblé de nombreuses évidences qui établissent sans aucun doute l'existence d'une tradition ésotérique. De plus, arrivant au sixième paragraphe numéroté, elle refuse de se confiner à une simple récapitulation, et ajoute une somme considérable d'informations explicatives concernant ces Hiérarchies d'Etres à travers l'action desquels "l'Univers est établi et guidé". De même, elle revient plus d'une fois à la loi fondamentale du système tout entier, l'Unicité essentielle de l'existence. [29]

 

RESUME - SIX ARTICLES NUMEROTES

 

L'auteur du présent exposé doit être prêt d'avance à voir les assertions qui se trouvent dans cet ouvrage rencontrer une vive opposition, ou même être rejetées. Ce n'est pas que nous prétendions à l'infaillibilité ou à la parfaite exactitude de chaque détail de tout ce qui est écrit ici. Les faits sont là, et il n'est guère possible de les nier. Mais si, en raison des difficultés intrinsèques des sujets traités et de la limitation presque insurmontable de la langue anglaise, comme de toutes les autres langues européennes, à exprimer certaines idées, il est plus que probable que l'auteur n'a pas réussi à donner à ses explications la forme la meilleure et la plus claire ; il n'en est pas moins vrai qu'il a fait tout ce qu'on pouvait faire dans des circonstances aussi défavorables, et on ne saurait lui en demander davantage.

Faisons donc une récapitulation et montrons, par la grandeur  des sujets exposés, combien il est difficile, sinon impossible, de leur rendre justice entière.

  1. La Doctrine Secrète est la Sagesse accumulée des Ages, et sa cosmogonie à elle seule est le système le plus prodigieux et le plus élaboré qui soit connu, même sous la forme voilée de l'exotérisme des Purânas. Mais le pouvoir mystérieux du symbolisme occulte est si grand que les faits qui ont réellement occupé d'innombrables générations de voyants initiés et de prophètes voués à les coordonner, à les inscrire et à les expliquer, durant les étourdissantes séries du progrès évolutif, sont tous enregistrés en quelques pages de glyphes et de signes géométriques. Le regard étincelant de ces voyants a pénétré au cœur même de la matière et découvert l'âme des choses là où un observateur profane ordinaire, quelque instruit qu'il eût été, n'aurait aperçu que la trame extérieure de la forme. Mais la science moderne ne croit pas à "l'âme des choses", et, par suite, rejettera le système entier de la cosmogonie antique. Il est inutile de dire que le système en question n'est pas le produit de l'imagination [30] d'un ou de plusieurs individus isolés ; qu'il est constitué par les annales ininterrompues de milliers de générations de voyants dont les expériences respectives ont concouru à certifier et à vérifier les traditions transmises oralement, d'une race primitive à une autre au sujet des enseignements d'Etres supérieurs très élevés qui ont veillé sur l'enfance de l'Humanité ; que, durant de longs âges, les "Sages" de la Cinquième Race  – sages faisant partie du groupe sauvé et épargné lors du dernier cataclysme et de la modification des continents – ont passé leurs vies à apprendre et non à enseigner. Comment s'y sont-ils pris ? On répond : en contrôlant, en mettant à l'épreuve, en vérifiant, dans chaque département de la Nature, les traditions du passé, au moyen des visions indépendantes des grands Adeptes ; c'est-à-dire d'hommes qui ont développé et perfectionné leurs organismes physique, mental, psychique et spirituel, au plus haut point possible. Ce qu'avait vu un Adepte n'était jamais accepté avant d'avoir été contrôlé et confirmé par ce qu'avaient vu d'autres Adeptes dans des conditions propres à constituer un témoignage indépendant, et par des siècles d'expérience.
  2. La loi fondamentale de ce système, le point central d'où tout émerge, autour de quoi et vers lequel tout gravite et sur lequel repose toute sa philosophie est la SUBSTANCE PRINCIPE, Une, Homogène et Divine, l'Unique Cause Radicale.

 ... Quelques-uns, dont les lampes brillaient d'une lumière plus intense, ont été conduits de cause en cause jusqu'à la source même de la nature, et ont trouvé qu'un Principe primordial doit être...

On l'appelle "Substance-Principe", car il devient "substance" sur le plan de l'univers manifesté et n'est qu'une simple illusion, tant qu'il reste un "principe" dans l'ESPACE abstrait visible et invisible, sans commencement [31] ni fin. C'est la Réalité omniprésente, impersonnelle parce qu'elle renferme tout et toutes choses. Son impersonnalité est la conception fondamentale du système. Elle est latente dans chaque atome de l'univers, elle est l'univers lui-même.

  1. L'univers est la manifestation périodique de cette Essence inconnue Absolue. L'appeler "essence" est cependant pécher contre l'esprit même de la philosophie. Car, bien que le substantif puisse être tiré ici du verbe esse "être", cependant CELA ne peut être assimilé à un être quelconque que l'intellect humain puisse concevoir. On LA décrit mieux comme n'étant ni Esprit ni Matière, mais les deux à la fois, Parabrahman et Mûlaprakriti ne font qu'Un, en réalité, et cependant sont deux dans la conception universelle du manifesté, même dans celle du Logos Unique, sa première manifestation, auquel, ... ELLE apparaît, au point de vue objectif, comme Mûlaprakriti, et non comme Parabrahman ; comme son voile, et non comme l'Unique Réalité cachée derrière et qui est non conditionnée et absolue.
  2. L'Univers, avec tout ce qu'il contient, est appelé MĀYĀ, parce que tout y est temporaire, depuis la vie éphémère de la luciole jusqu'à celle du soleil. Comparé à l'éternelle immutabilité de l'UN, et à l'invariabilité de ce Principe, l'univers avec ses formes éphémères et toujours changeantes, doit nécessairement, dans le mental d'un philosophe, ne valoir guère mieux qu'un feu follet. Cependant l'Univers est suffisamment réel pour les êtres conscients qui l'habitent et qui sont aussi peu réels que lui-même.
    1. Tout dans l'univers, dans tous ses règnes est CONSCIENT, c'est-à- dire doué d'une conscience qui lui est particulière sur son propre plan de perception. Il faut nous rappeler, nous autres humains, que, parce que nous ne percevons aucun signe de conscience que nous puissions reconnaître dans les pierres, par exemple, ce n'est pas une raison pour dire qu'il n'y existe pas de conscience. La matière "morte" ou "aveugle" [32] n'existe pas, pas plus qu'il n'y a de loi "aveugle" ou "inconsciente". Tout cela ne trouve pas de place dans les conceptions de la Philosophie Occulte. Celle- ci ne s'arrête jamais aux apparences extérieures, et pour elle, les essences nouménales ont plus de réalité que leurs contreparties objectives ; elle ressemble ainsi au système des Nominalistes du moyen âge, pour qui les universaux étaient les réalités, et les particuliers n'existaient que nominalement et seulement dans l'imagination humaine.
    2. L'univers est élaboré et guidé du dedans au dehors. Il en est en bas comme en haut ; sur la terre comme dans le ciel ; et l'homme, microcosme et copie miniature du macrocosme est le témoin vivant de cette Loi Universelle et de son mode d'action. Nous voyons que chaque mouvement, chaque action ou geste externe, qu'il soit volontaire ou mécanique, organique ou mental, est produit et précédé par une sensation ou une émotion interne, volonté ou volition, pensée ou intelligence.  Comme aucun mouvement ou changement externe, lorsqu'il est normal, ne peut se produire dans le corps extérieur de l'homme sans être provoqué par une impulsion intérieure donnée par l'une des trois fonctions dont nous venons de parler, il en est de même pour l'univers externe ou manifesté. Le Kosmos entier est guidé, contrôlé et animé par une série presque infinie de Hiérarchies d'Etres sensibles ayant, chacun, une mission à remplir et qui – quelque nom que nous leur donnions, que nous les appelions Dhyân Chôhans ou Anges – sont des "messagers" uniquement en ce sens qu'ils sont les agents des Lois Karmiques et Cosmiques. Ils varient à l'infini dans leur degré respectif de conscience et d'intelligence, et les appeler tous des Esprits purs, sans aucun des mélanges terrestres "dont le temps à coutume de faire sa proie", c'est simplement se permettre une fantaisie poétique. En effet, chacun de ces Etres soit : a été ou se prépare à devenir un homme, sinon dans le présent cycle du moins dans un cycle passé ou à venir (Manvantara). Ce sont des hommes perfectionnés quand ils ne sont pas des hommes naissants et, dans leurs sphères supérieures et moins matérielles, [33] ils ne diffèrent moralement des êtres humains terrestres qu'en ce qu'ils ne possèdent pas le sentiment de la personnalité et de la nature émotionnelle humaine – deux caractéristiques purement terrestres. Les premiers, ou les "perfectionnés", se sont libérés de ces sentiments, parce que (a) ils n'ont plus de corps charnels – ce poids qui engourdit toujours l'Ame ; et (b) parce que, le pur élément spirituel étant laissé sans entraves et plus libre, ils sont moins influencés par la mâyâ que ne peut jamais l'être l'homme, à moins qu'il ne soit un Adepte, qui garde entièrement séparées ses deux personnalités – la spirituelle et la physique. Les Monades naissantes, n'ayant jamais eu de corps terrestres ne peuvent éprouver aucun sentiment de personnalité ou d'EGO-ïsme. Ce qu'on entend par "personnalité" étant une limitation et une relation, ou, comme Coleridge la définit, "une individualité existant par elle-même, mais avec une nature comme base", le mot ne peut naturellement pas s'appliquer à des entités non humaines ; mais, ainsi qu'il a toujours été constaté par des générations de Voyants, aucun de ces Etres, supérieur ou inférieur, n'a d'individualité, ni de personnalité comme Entité séparée, par exemple ils n'ont pas d'individualité dans le sens que donne à ce mot l'homme qui dit : "je suis moi et personne d'autre" ; en d'autres termes, ils ne sont pas conscients d'une séparativité distincte comme celle qui existe pour les hommes et les choses de la terre. L'individualité est la caractéristique de leurs Hiérarchies respectives et non de leurs unités, et ces caractéristiques varient seulement avec le rang du plan auquel appartiennent ces Hiérarchies : plus elles se rapprochent de la région de l'homogénéité et de l'Un Divin, plus cette individualité est pure et peu accentuée dans la Hiérarchie. Ils sont finis sous tous les rapports, sauf en ce qui concerne leurs principes supérieurs – les Etincelles immortelles – qui réfléchissent la Flamme  Divine Universelle individualisée et séparée seulement, sur les sphères d'Illusion, par une différenciation aussi illusoire que le reste. Ce sont des "Etres Vivants", parce que ce sont les courants projetés de la VIE ABSOLUE sur l'écran Kosmique de [34] l'Illusion ; des Etres dans lesquels la vie ne peut s'éteindre avant que le feu de l'ignorance ne soit éteint chez ceux qui ont le sentiment de ces "Vies". Ayant pris naissance sous l'influence vivifiante du rayon incréé, réflexion du grand Soleil Central qui luit sur les bords de la rivière de vie, c'est, chez eux, le Principe intérieur qui appartient aux eaux de l'immortalité, tandis que son vêtement différencié est aussi périssable que le corps de l'homme. C'est pourquoi Young avait raison de dire :

Les Anges sont des hommes d'un ordre supérieur... et pas davantage. Ce ne sont ni des anges "secourables", ni des anges  "protecteurs",  pas  plus  que  des  "Précurseurs du Très Haut" ; ils sont encore bien moins les "Messagers de colère" d'un Dieu, comme en a créé l'imagination de l'homme. Solliciter leur protection est aussi insensé que de croire qu'on peut gagner leur sympathie par une offrande quelconque, car ils sont, autant que l'homme lui-même, les esclaves et les créatures de l'immuable Loi Karmique et Kosmique. La raison en est évidente. Ne possédant aucun élément de personnalité dans leur essence, ils ne peuvent avoir aucune des qualités personnelles telles que les hommes les attribuent, dans les religions exotériques, à leur Dieu anthropomorphe, le Dieu jaloux et exclusif, qui se réjouit et se met en colère, qui aime les sacrifices et montre plus de despotisme dans sa vanité que n'importe quel homme insensé. L'Homme, étant un composé des essences de toutes ces Hiérarchies célestes, peut réussir comme tel, à se rendre supérieur, à un certain point de vue à une quelconque Hiérarchie ou Classe ou même de leur combinaison. Il est dit que "l'homme ne peut ni se rendre les Dévas propices ni les commander". Mais, en paralysant sa personnalité inférieure et en arrivant ainsi à la pleine connaissance de la non-séparativité entre son SOI Supérieur et l'Unique SOI Absolu, l'homme peut, même durant sa vie terrestre, devenir comme " l'UN de Nous". C'est ainsi qu'en mangeant le [35] fruit de la connaissance qui dissipe l'ignorance, l'homme devient comme l'un des Elohim ou Dhyânis et, une fois sur leur plan, l'Esprit de Solidarité et de parfaite harmonie qui règne dans toute Hiérarchie doit s'étendre à lui et le protéger.

La principale difficulté qui empêche les hommes de science de croire aux esprits divins, comme aussi à ceux de la nature, c'est  leur matérialisme. L'obstacle majeur qui empêche le Spirite de croire à tous ces mêmes esprits, alors qu'il conserve une croyance aveugle aux "Esprits" des Morts, c'est l'ignorance générale de tous – sauf quelques occultistes et Kabalistes – en ce qui concerne l'essence et la nature vraies de la matière. C'est de l'acceptation ou du rejet de la théorie de l'Unité de tout dans la nature, dans son Essence ultime, que dépend principalement la croyance ou  l'incrédulité  au  sujet  de  l'existence,  autour  de  nous,  d'autres êtres conscients en plus des Esprits des Morts. C'est sur la compréhension correcte de l'évolution primordiale de l'Esprit-Matière et de son Essence réelle que l'étudiant doit compter pour l'élucidation ultérieure dans son mental de la Cosmogonie Occulte et pour trouver le seul indice sûr qui puisse guider ses études suivantes.

En vérité, comme nous venons de le montrer, chaque  prétendu "Esprit" est, soit un homme désincarné, soit un homme futur. Puisque, depuis l'Archange le plus élevé (Dhyân-Chôhan), jusqu'au dernier "Constructeur" conscient (la classe inférieure d'Entités spirituelles), tous sont des hommes ayant vécu il y a des âges dans d'autres Manvantaras, sur cette Sphère ou sur d'autres, de même les Elémentals inférieurs, semi- intelligents et non-intelligents, sont tous des hommes futurs. Le fait seul qu'un Esprit soit doué d'intelligence est, pour l'occultiste, une preuve qu'un tel Etre a dû être un homme et acquérir sa connaissance et son intelligence en parcourant le cycle humain. Il n'y a, dans l'univers, qu'une Omniscience et Intelligence indivisible et absolue et elle vibre à travers chaque atome et chaque point infinitésimal du Kosmos entier, qui n'a pas de limite et qu'on nomme l'ESPACE, considéré indépendamment de tout ce [36] qui y est contenu. Mais la première différenciation de sa réflexion dans le monde manifesté est purement spirituelle et les êtres qui y sont générés ne sont pas doués d'une conscience ayant un rapport quelconque avec celle que nous concevons. Ils ne peuvent posséder de conscience ou d'intelligence humaine avant de les avoir acquises, personnellement et individuellement. Cela peut être un mystère, mais c'est cependant un fait dans la Philosophie Exotérique, et même un fait très apparent.

L'ordre entier de la Nature témoigne d'une marche progressive vers une vie supérieure. Il y a un plan dans l'action des forces en apparence les plus aveugles. Le processus entier de l'évolution, avec ses adaptations sans fin en est une preuve. Les lois immuables qui extirpent les espèces faibles, afin de faire place aux fortes, et qui assure la "survivance des plus aptes", quoique cruelles dans leur action immédiate, tendent toutes vers le grand but. Le fait même que les adaptations ont lieu, que les plus aptes survivent dans la lutte pour l'existence, montre que ce que nous appelons la "Nature inconsciente" est, en réalité, un ensemble de forces manipulées par des êtres semi-intelligents (Elémentals), dirigés par de Hauts Esprits Planétaires (Dhyânchôhans) dont l'ensemble forme le verbe manifesté du LOGOS non-manifesté, et constitue en même temps le MENTAL de l'univers et sa LOI immuable.

 

La Doctrine Secrète, I 262-268.

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CINQ FAITS PROUVÉS

  

[38] NOTE

Une  fois  de  plus,  Madame  Blavatsky  cherche  à  accentuer certains aspects importants de l'enseignement, soulignant ce qui a déjà été expliqué et développant l'exposé des principes fondamentaux avec de plus amples commentaires et citations. Ainsi aux six paragraphes numérotés du Résumé, cinq articles sont ajoutés, présentés comme des "faits prouvés".

Les mots entre crochets [ ] sont donnés ainsi dans le texte, étant les éclaircissements de Madame Blavatsky, des passages cités. [39]

 

CINQ FAITS PROUVÉS

 

Quel que soit le sort réservé à ce travail dans un avenir lointain, nous espérons avoir au moins prouvé les faits suivants :

La Doctrine Secrète n'enseigne pas d'Athéisme, sauf dans le sens qu'implique le mot Sanscrit nâstika, rejet des idoles, incluant tout dieu anthropomorphe. Dans ce sens tout occultiste est un Nâstika.

Elle admet un Logos, ou un "Créateur" de l'Univers ; un Demi- urgos (Démiurge) dans le sens employé d'un architecte comme du "créateur" d'un édifice, bien que cet architecte n'en ait jamais touché une pierre, mais, qu'après en avoir donné le plan, il ait laissé tout le travail manuel aux maçons ; dans notre cas le plan fut donné par l'Idéation de l'univers, et le travail de construction fut laissé aux Légions de Puissances et de Forces intelligentes. Mais ce Démiurgos n'est pas une Divinité personnelle, c'est-à-dire un Dieu extracosmique imparfait, mais seulement l'ensemble des Dhyân Chôhans et des autres Forces.

Les Dhyân Chôhans ont un double caractère puisqu'ils sont composés (a) de l'Énergie brute, irrationnelle, inhérente à la matière, (b) de l'Ame intelligente ou Conscience cosmique qui dirige et guide cette énergie et qui est la Pensée Dhyân Chôhanique reflétant l'Idéation du Mental Universel. Cela a pour résultat une série perpétuelle de manifestations physiques et d'effets moraux sur la terre pendant les périodes manvantariques, le tout étant soumis au Karma. Comme ce processus n'est pas toujours parfait et que, si nombreuses que soient les preuves qu'il puisse laisser voir de l'existence d'une Intelligence dirigeante cachée derrière le voile, il n'en montre pas moins des lacunes et des défauts et aboutit même très souvent à des insuccès évidents – il s'ensuit que ni la Légion collective (Démiurgos), ni aucune des Puissances actives, prises individuellement, ne [40] sont adéquates aux honneurs divins ou à l'adoration. Tous ont cependant droit au reconnaissant respect de l'humanité, et l'homme devrait toujours s'efforcer à aider l'évolution divine des Idées, en devenant, au mieux de ses capacités, un collaborateur de la Nature dans la tâche cyclique. Seul, l'inconnaissable et l'incognoscible Kârana, la Cause sans Cause de toutes les causes, devrait avoir son sanctuaire et son autel sur le terrain sacré et à jamais inviolé de notre cœur – invisible, intangible, non mentionné, sauf par la "voix douce et calme" de notre conscience spirituelle. Ceux qui l'adorent devraient le faire dans le silence et dans la solitude sanctifiée de leur Ame, faisant de leur Esprit le seul intermédiaire entre eux et l'Esprit Universel, de leurs bonnes actions les seuls prêtres, et de leurs intentions pécheresses les seules victimes expiatoires visibles et objectives offertes à la Présence.

"Lorsque tu pries, ne sois pas comme sont les hypocrites... mais entre dans ta chambre intérieure, et après en avoir fermé la porte, prie ton père qui est dans le secret, Math. VI, 5-6. Notre Père est en nous "en secret", notre Septième Principe qui est dans la "chambre intérieure" de notre perception de l'âme. Le Royaume de Dieu et du Ciel est en nous, dit Jésus, et non au-dehors. Pourquoi les Chrétiens sont-ils si aveugles en ce qui concerne la signification évidente des paroles de sagesse qu'ils se  plaisent à répéter machinalement ?"

La matière est éternelle. C'est l'upâdhi, ou base physique, dont se sert le Mental Universel, Unique et Infini, pour établir sur elle ses idéations. C'est pourquoi les ésotéristes maintiennent qu'il n'y a pas de matière inorganique ou "morte" dans la Nature, la distinction qu'établit la Science entre les deux étant aussi peu fondée qu'elle est arbitraire et dépourvue de raison. Quoiqu'en puisse penser la Science – et la science exacte est une dame inconstante, comme nous le savons tous par expérience – l'Occultisme sait et enseigne différemment, comme il l'a fait de temps immémorial, depuis Manu et Hermès, jusqu'à Paracelse et ses successeurs. [41]

Hermès Trismégiste, le Trois Fois Grand, dit .

O mon fils, la matière devient, autrefois elle fut, car la matière est le véhicule du devenir. Devenir est le mode d'activité du Dieu incréé et qui prévoit. Ayant été douée du germe du devenir, la matière [objective] est enfantée, car la force créatrice la moule selon tes formes idéales. La matière non encore engendrée n'avait pas de forme ; elle devient lorsqu'elle est mise en action.

 La Vierge du Monde.

 A ceci, feu le Dr. Anna Kingsford, l'excellent traducteur  et compilateur des Fragments Hermétiques, remarque dans une note en bas de page : "Le Dr. Ménard fait remarquer qu'en grec le même mot signifie naître et devenir. L'idée ici est que la matière qui compose le monde est dans son essence éternelle et qu'avant la création ou le 'devenir', elle est dans une condition passive et immobile. C'est pourquoi elle 'fut' avant d'être mise en action ; maintenant elle 'devient', c'est-à-dire qu'elle est mobile et progressive". Et elle ajoute la doctrine purement Védântique de la philosophie Hermétique, à savoir que "la Création est, par conséquent, la période d'activité [Manvantara] de Dieu, qui, selon la pensée Hermétique [ou qui, selon les Védantins], a deux modes – l'Activité ou l'Existence, Dieu évolué (Deus explicitus), et Passivité de l'Etre [Pralaya],  Dieu involué (Deus implicitus). Les deux modes sont parfaits et complets, comme le sont, pour l'homme, les états de veille et de sommeil. Fichte, le philosophe allemand, décrivait l'Etre (Sein) comme l'Unique que nous ne connaissons que par son existence (Dasein) en qualité de Multiple. Cette manière de voir est absolument Hermétique. Les 'Formes Idéales'... sont les idées archétypales ou plastiques des Néo-Platoniciens, les conceptions éternelles et subjectives de choses qui existent dans le Mental Divin avant la "création" ou le devenir".

 Ou, comme dans la philosophie de Paracelse :

Tout est le produit d'un effort créateur universel... Il n'y a rien de mort dans la Nature. Tout est organique et vivant, et par conséquent le monde entier semble être un organisme vivant."

 Franz Hartmann, Paracelse.[42]

 L'univers a été tiré de son plan idéal, maintenu durant l'Eternité dans l'inconscience de ce que les Védantins appellent Parabrahman. C'est pratiquement identique aux conclusions de la plus haute philosophie occidentale, "les Idées innées, éternelles et existantes en elles-mêmes" de Platon, maintenant reprises par Von Hartmann. L'"Inconnaissable" d'Herbert Spencer ne ressemble que faiblement à cette Réalité transcendantale, à laquelle croient les occultistes, et qui ne semble être souvent que la personnification d'une "force cachée derrière les phénomènes" – une Energie infinie et éternelle de laquelle tout procède, tandis que l'auteur de La Philosophie de l'Inconscient arrive (sous ce rapport seulement) aussi près de la solution du grand Mystère que le peut un homme mortel. Rares ont été ceux qui, que ce soit dans la philosophie ancienne ou médiévale, ont osé s'approcher de ce sujet, ou même en faire mention. Paracelse en parle par voie d'inférence et ses idées sont admirablement synthétisées par le Dr. F. Hartmann dans son Paracelse.

Tous les Kabalistes Chrétiens comprenaient bien l'idée racine de l'Orient. Le Pouvoir actif, le "Mouvement Perpétuel du Grand Souffle", ne réveille le Kosmos qu'à l'aurore de chaque nouvelle Période, le mettant en mouvement au moyen des deux Forces contraires – la force centripète et la force centrifuge qui sont mâle et femelle, positive et négative, physique et spirituelle, qui forment à elles deux la Force Primordiale unique – et la rendent ainsi objective sur le plan de l'Illusion. En d'autres termes, ce double mouvement transporte le Kosmos du plan de l'Idéal Eternel dans celui de la manifestation finie, ou du plan nouménal dans le plan phénoménal. Tout ce qui est, fut et sera, EXISTE éternellement, même les formes innombrables, qui ne sont finies et périssables que dans leur Forme objective, mais non dans leur Forme Idéale. Elles ont existé comme Idées, dans l'Eternité, et, lorsqu'elles disparaîtront, elles existeront comme reflets. L'Occultisme enseigne qu'aucune forme ne peut être donnée à quoi que ce soit, par la Nature ou par l'homme, sans que son type idéal n'existe déjà sur [43] le plan subjectif ; plus que cela, qu'aucune forme ou aspect ne peut entrer dans la conscience de l'homme, ou évoluer dans son imagination, sans exister déjà à l'état de prototype, au moins approximativement. Ni la forme de l'homme, ni celle d'un animal, d'une plante ou d'une pierre, n'ont jamais été "créées", et ce n'est que sur notre plan qu'elles ont commencé à "devenir", c'est-à-dire à s'objectiver dans leur matérialité actuelle, ou à s'épandre du dedans au dehors, de l'essence la plus sublimée et la plus super-sensorielle jusqu'à son apparence la plus grossière. Par conséquent nos formes humaines ont existé dans l'Eternité comme des prototypes astrals ou éthérés, et c'est selon ces modèles que les Etres Spirituels, ou les Dieux, dont le devoir était de les amener à l'existence objective et à la vie terrestre, ont évolué les formes protoplasmiques des futurs Egos de leur propre essence. Après quoi, dès que cet upâdhi humain ou ce moule servant de base fut prêt, les forces terrestres naturelles commencèrent à travailler sur ces moules super-sensoriels qui contenaient, outre leur propre élément, ceux de toutes les formes végétales passées et de toutes les formes animales futures de ce globe. De sorte que la coque extérieure de l'homme passa par tous les corps végétaux et animaux, avant de revêtir la forme humaine.

 

La Doctrine Secrète, I 270-273.

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bon.christo@free.fr (Super User) FONDEMENTS DE LA PHILOSOPHIE ÉSOTÉRIQUE Mon, 19 Jan 2015 14:13:22 +0000
TROIS NOUVELLES PROPOSITIONS http://www.m-morya.com/fondements-de-la-philosophie-esoterique-2/449-trois-nouvelles-propositions http://www.m-morya.com/fondements-de-la-philosophie-esoterique-2/449-trois-nouvelles-propositions

TROIS NOUVELLES PROPOSITIONS

  

[46] NOTE

Le premier volume de La Doctrine Secrète a comme sujet le devenir du Cosmos – "La Cosmogénèse". Le second volume (3ème volume de l'Edition d'Adyar en 6 volumes) traite du devenir de l'Homme – "L'Anthropogénèse" . Sa première partie, comme celle du volume précédent est basée sur des stances "tirées des mêmes Archives Archaïques que les Stances sur la Cosmogonie". Pour servir d'indication à son thème principal, les Notes Préliminaires sont précédées d'un passage tiré d'Isis Dévoilée. Provoquant et défiant les guides de la pensée contemporaine scientifique et religieuse, l'extrait prépare le lecteur aux idées en apparence révolutionnaires concernant l'histoire de l'homme, qui sont offertes dans les annales occultes.

Dans les notes de Bowen, Madame Blavatsky attire l'attention de l'étudiant sur ces Notes Préliminaires, qui commencent par une déclaration de trois nouvelles propositions concernant l'évolution de l'Homme. [47]

 

TROIS NOUVELLES PROPOSITIONS

 

La Science Moderne insiste sur la doctrine de l'évolution ; la raison humaine et la Doctrine Secrète font de même, cette idée est confirmée par les légendes et par les mythes anciens, même par la Bible, pour qui sait lire entre les lignes. Nous voyons une fleur se dégager lentement d'un  bouton et le bouton de la semence. Mais d'où cette semence provient-elle avec tout son programme de transformations physiques et ses forces invisibles, donc spirituelles, qui développent graduellement sa forme, sa couleur et son odeur ? Le mot évolution s'explique lui-même. Le germe de la race humaine actuelle doit avoir préexisté dans une race antérieure, comme la graine, dans laquelle gît, cachée, la fleur de l'été à venir, s'est développée dans le calice de sa mère, la fleur ; la mère peut ne différer que légèrement, mais cependant elle diffère de sa descendance future. Les ancêtres antédiluviens de l'éléphant et du lézard actuels étaient, peut-être, le mamouth et le plésiosaure. Pourquoi les aïeux de notre race humaine n'auraient-ils pas été les "géants" des Védas, du Vôluspa et du Livre de la Génèse ? S'il est positivement absurde de croire que "la transformation des espèces" ait eu lieu dans le sens adopté par les évolutionnistes les plus matérialistes, il est fort naturel de penser que chaque espèce, en commençant par les mollusques pour finir avec l'homme, a changé depuis sa forme primordiale propre et distincte.

 

Isis Dévoilée, I 223.

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NOTES PRELIMINAIRES http://www.m-morya.com/fondements-de-la-philosophie-esoterique-2/450-notes-preliminaires http://www.m-morya.com/fondements-de-la-philosophie-esoterique-2/450-notes-preliminaires

NOTES PRELIMINAIRES

 

Les Stances que contient ce Volume, ainsi que leurs Commentaires sont tirées des mêmes Archives Archaïques que les Stances sur la Cosmogonie que renferme le 1er Volume 2... [48]

2 Les deux premiers volumes en français (N.d.T.).

 

En ce qui concerne l'évolution de l'humanité la Doctrine Secrète postule trois nouvelles propositions, qui sont en complète opposition avec la science moderne, comme aussi avec les dogmes religieux qui ont cours. Elle enseigne : (a) l'évolution simultanée de sept groupes humains, sur sept différentes parties de notre globe ; (b) la naissance du corps astral avant le corps physique, le premier servant de modèle au second, et (c) que l'homme, dans cette Ronde, a précédé tous les mammifères – y compris les anthropoïdes – dans le règne animal.

[Une note relative à cette proposition montre la grande portée des traditions anciennes qui peuvent être confirmées par les Annales Archaïques. Cette note dit : ]

Voyez la Genèse, II, 19. Adam est formé dans  le septième verset, et dans le dix-neuvième il est dit : "Le Seigneur Dieu forma, de la terre, toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux des airs ; puis il les fit venir vers Adam afin de voir comment il les nommerait". Ainsi l'homme  fut  créé  avant  les  animaux ;  car  les animaux mentionnés au Chapitre I sont les signes du Zodiaque, tandis que l'homme "mâle et femelle", n'est pas l'homme mais la Légion des Séphiroth, Forces ou Anges, "créés à son image [celle de Dieu] et selon sa ressemblance". L'homme Adam n'est pas créé selon cette  ressemblance et la Bible ne parle pas de cela. De plus, le Second Adam au point de vue ésotérique, est un septénaire qui représente sept hommes ou plutôt sept  groupes d'hommes. Car le premier Adam, Kadmon, est la synthèse des dix Séphiroth. Sur ces dix, la Triade supérieure reste dans le Monde Archétype, comme la future "Trinité", tandis que les sept Séphiroth inférieurs créent le monde matériel manifesté ; et ce septénaire est le second Adam. La Genèse et les mystères sur lesquels elle est construite, viennent d'Egypte. Le "Dieu" du premier chapitre de la Genèse est le Logos, et le "Seigneur Dieu" du deuxième chapitre, les Elohim Créateurs, les Pouvoirs inférieurs.

 

La Doctrine Secrète, III 3,4.

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LA DOCTRINE SECRETE - CONCLUSION http://www.m-morya.com/fondements-de-la-philosophie-esoterique-2/451-la-doctrine-secrete-conclusion http://www.m-morya.com/fondements-de-la-philosophie-esoterique-2/451-la-doctrine-secrete-conclusion

LA DOCTRINE SECRETE

CONCLUSION

 

 

[50] NOTE

La  Doctrine  Secrète inclut  dans  sa  large étreinte  non  seulement  la grande métaphysique de la tradition ésotérique mais aussi l'histoire de l'évolution de toutes formes de vie sur notre planète et une perspective du futur qui attend l'humanité. Au-delà des faits disponibles pour la science, aussi longtemps qu'elle est limitée à l'utilisation de ses outils traditionnels, il y a d'autres faits, conservés dans les annales occultes et redécouvrables par ceux qui développent en eux-mêmes les facultés nécessaires. En donnant des aperçus de la tradition secrète à une époque dans laquelle les forces d'une science matérialiste combattaient les positions retranchées de la religion superstitieuse, Madame Blavatsky chercha à montrer les limitations de l'une et la cécité de l'autre. Le quintuple dessein de son œuvre était clairement dit dans la Préface : 'montrer que la Nature n'est pas une "convergence fortuite d'atomes", et attribuer à l'homme sa place véritable dans le plan de l'Univers ; sauver de la dégradation les vérités archaïques qui sont la base de toutes les religions ; découvrir, jusqu'à un certain point, l'unité fondamentale d'où elles jaillissent toutes ; enfin montrer que le côté occulte de la Nature n'a jamais été approché par la Science de la civilisation moderne'. Les dernières pages de l'œuvre passent en revue le terrain couvert dans sa tentative d'accomplir ce dessein.

Les notes de Bowen renvoient l'étudiant à la Conclusion ( Vol. II), qui semblerait parler des dernières pages du second volume original. Cependant, le paragraphe suivant renvoie clairement à la Conclusion qui termine la Partie I, l'Anthropogenèse, du Livre II. Des extraits de cette partie du travail sont donc donnés ici avant le passage qui termine le deuxième volume.

 Bien que dans la phrase finale Madame Blavatsky se réfère à d'autres volumes 'presque terminés', aucun matériau manuscrit répondant  à une telle description n'a été trouvé. Quelques papiers laissés par elle furent publiés en [51] 1893 par Annie Besant sous forme du Volume III (Vol. V de l'Edition d'Adyar) 3 , dans lequel sont insérés certains papiers qui circulaient à l'origine d'une manière privée parmi les étudiants  de son Ecole Ésotérique. [52]

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bon.christo@free.fr (Super User) FONDEMENTS DE LA PHILOSOPHIE ÉSOTÉRIQUE Mon, 19 Jan 2015 14:14:35 +0000
LA DOCTRINE SECRETE : CONCLUSION — (ANTHROPOGENESE) http://www.m-morya.com/fondements-de-la-philosophie-esoterique-2/452-la-doctrine-secrete-conclusion-anthropogenese http://www.m-morya.com/fondements-de-la-philosophie-esoterique-2/452-la-doctrine-secrete-conclusion-anthropogenese

LA DOCTRINE SECRETE :

CONCLUSION - (ANTHROPOGENESE)

 

L'espace nous interdit d'en dire davantage et  nous  devons clôturer cette partie de la "Doctrine Secrète". Les quarante-neuf Stances et les quelques fragments tirés des Commentaires qui ont été donnés, représentent tout ce qui peut être publié dans ces volumes. Ceux-ci, avec quelques archives plus anciennes encore – qui ne sont accessibles qu'aux plus hauts Initiés – et avec toute une bibliothèque de commentaires, de glossaires et d'explications, forment le résumé de la genèse de l'Homme.

C'est de ces Commentaires que nous avons jusqu'à présent cités, que nous avons cherché à expliquer le sens caché de quelques-unes des allégories et à exposer ainsi la véritable manière de voir de l'antiquité ésotérique au sujet de la géologie, de l'anthropologie et même de l'ethnologie. Dans la Partie qui suit, nous chercherons à établir un rapport métaphysique plus étroit encore entre les premières races  et leurs Créateurs, les hommes divins venus d'autres mondes, en accompagnant les exposés proposés avec les plus importantes démonstrations,  similaires pour l'Astronomie ésotérique et le Symbolisme.

Dans le Volume III de ce travail (le dit volume et le IVème étant quasiment prêts) une histoire brève de tous les grands adeptes connus des anciens et des modernes sera donnée dans l'ordre chronologique, de même qu'un survol des Mystères en Europe : leur naissance, leur croissance, leur déclin, et finalement leur mort. Ceci ne pouvait pas trouver sa place dans le présent ouvrage. Le Volume IV sera presque entièrement consacré aux enseignements Occultes.

 3 Vol. V et VI de l’édition française (N.d.T.).

 

La durée des périodes qui séparent, dans l'espace et le temps, la Quatrième Race de la Cinquième – dans les [53] débuts historiques 4 ou même légendaires de cette dernière – est trop colossale pour que nous puissions en donner, même à un Théosophe, un exposé plus détaillé. Durant le cours des époques post-diluviennes – marquées, à certains moments périodiques par les plus terribles cataclysmes – trop de races et de nations naquirent et disparurent presque sans laisser de traces, pour que quelqu'un puisse donner à leur sujet une description ayant la moindre valeur. Les Maîtres de Sagesse possèdent-ils une histoire complète et suivie de notre race, depuis sa naissance jusqu'à l'époque actuelle ; possèdent-ils les archives ininterrompues de l'homme depuis qu'il se développa en un être physique complet et devint par cela même le roi des animaux et le maître sur cette terre – il n'appartient pas à l'auteur de le dire. Il est très probable qu'ils possèdent tout cela, et telle est notre propre conviction personnelle. Mais s'il en est ainsi, ce savoir est seulement pour les plus hauts Initiés qui ne mettent pas leurs élèves  dans leurs confidences. L'auteur ne peut donc communiquer que ce qui lui a été enseigné et rien de plus.

Mais cela même ressemblera, pour le lecteur profane, à un rêve étrange et fantastique, plutôt qu'à une réalité possible.

Il est tout naturel qu'il en soit ainsi, puisque, pendant des années, ce fut l'impression produite sur l'humble auteur de ces pages. Née et élevée dans les pays d'Europe, positifs et présumés civilisés, elle éprouva les plus grandes difficultés à assimiler ce qui précède. Toutefois, il existe des preuves d'un certain genre qui deviennent irréfutables et indéniables à la longue, pour tout esprit sincère et sans parti pris. Durant une série d'années ces preuves lui furent soumises et elle a maintenant la certitude complète que notre globe [54] actuel et ses races humaines doivent avoir pris naissance, avoir grandi et s'être développés de cette façon  et d'aucune autre.

 La Doctrine Secrète, III 544/546.

 4 On emploie ici le mot "historiques", parce que, bien que les historiens aient amoindri, presque jusqu’à l'absurdité, les dates qui séparent certains événements de notre époque moderne, ceux-ci n’en appartiennent pas moins à l’histoire, dès l’instant qu’ils sont connus et acceptés. Ainsi, la guerre de Troie est un événement historique, qui, bien qu’on lui assigne une date inférieure même à 1000 ans avant Jésus-Christ, s’est réellement passé plutôt 6 000 ans que 5 000 ans avant Jésus- Christ.

 

Nous en avons dit assez pour établir que l'évolution en général, les événements, le genre humain et toutes choses dans la Nature, procèdent par cycles. Nous avons parlé de sept Races, dont cinq ont achevé leur carrière terrestre, et nous avons affirmé que chaque Race-Mère, avec ses sous-races et ses innombrables divisions en familles et en tribus, était absolument distincte de la race précédente et de la suivante. On soulèvera des objections à ce propos, en se basant sur l'expérience uniforme acquise en anthropologie et en ethnologie. L'homme – sauf en ce qui touche à la couleur et au type et sauf, peut-être, une différence dans  les caractéristiques faciales et dans la capacité crânienne – a toujours été le même sous tous les climats et dans toutes les parties du monde, disent les naturalistes : oui, même en stature. Ceci, tout en soutenant que l'homme descend du même ancêtre inconnu que le singe, une affirmation qui est logiquement impossible sans une variation infinie de la stature et de la forme, depuis sa première évolution jusqu'au bipède. Les personnes très logiques qui soutiennent les deux propositions, sont libres de leurs opinions paradoxales. Encore une fois, nous ne nous adressons qu'à ceux qui, tout en doutant de la dérivation générale des mythes "de la contemplation des œuvres visibles de la nature extérieure", estiment "qu'il est moins difficile de croire que ces merveilleuses histoires de dieux et de demi-dieux, de géants et de nains, de dragons et de monstres de toutes sortes, sont des transformations, que de supposer qu'elles soient des inventions". La Doctrine Secrète se borne à enseigner  ces "transformations" dans la nature physique, tout comme dans la mémoire et dans les conceptions de notre humanité actuelle. Elle compare les hypothèses purement spéculatives de la Science moderne, qui sont basées sur les expériences et sur les observations [55] exactes de quelques siècles à peine, avec la tradition ininterrompue et avec les archives de ses Sanctuaires ; et balayant le tissu de théories qui ressemble à une toile d'araignée tissée au milieu des ténèbres qui couvrent une période d'à peine quelques millénaires et que les Européens appellent leur "Histoire", la Science Antique nous dit : "Ecoutez maintenant ma version des mémoires de l'Humanité."

Les races humaines sont issues les unes des autres, grandissent, se développent, atteignent la vieillesse et meurent. Leurs sous-races et leurs nations suivent la même règle. Si votre science moderne, qui nie tout, et votre prétendue philosophie, ne contestent pas que la famille humaine est composée d'une variété de races et de types bien définis, c'est  uniquement parce que le fait est indéniable ; personne ne se hasarderait à prétendre qu'il n'y a pas de différence extérieure entre un Anglais, un nègre africain et un Japonais ou un Chinois. D'autre part, la majeure partie des naturalistes nie formellement que des races humaines mixtes, c'est-à-dire des semences pour des races entièrement nouvelles, continuent à se former de nos jours. Mais ceci est soutenu, sur de bonnes bases par de Quatrefages et par d'autres.

Néanmoins notre proposition générale ne sera pas acceptée. On nous dira que, quelles que soient les formes par lesquelles l'homme soit passé, durant les longues périodes préhistoriques, il n'y a plus de changements pour lui dans l'avenir – sauf certaines variations, comme actuellement. En conséquence, nos Sixième et Septième Races-Mères sont des fictions. A cela on répondra, encore une fois : Qu'en savez-vous ? Votre expérience est limitée à quelques milliers d'années, à moins d'un jour dans l'âge entier de l'Humanité et aux types présents des continents et des îles actuels de notre Cinquième Race. Comment pouvez-vous dire ce qui sera ou ce qui ne sera pas ? En attendant, telle est la prophétie des Livres Secrets et telles sont leurs déclarations certaines.

De nombreux millions d'années se sont écoulés depuis le commencement de la Race Atlantéenne et pourtant nous trouvons les derniers Atlantes encore mêlés à l'élément [56] Aryen, il y a de cela 11.000 ans. Ceci prouve l'énorme durée de superposition d'une Race à celle qui lui succède, bien qu'au point de vue du caractère et du type extérieur, la plus ancienne perd de ses caractéristiques et revête celles de la plus jeune. Ceci est prouvé dans toutes les formations de races humaines mixtes. Or, la philosophie Occulte enseigne que, même maintenant, sous nos propres yeux, la nouvelle Race et les nouvelles Races sont en voie de formation et que la transformation s'opérera en Amérique, où elle a déjà commencé silencieusement à œuvrer.

De purs Anglos-Saxons qu'ils étaient il y a trois cents ans à peine, les Américains des Etats-Unis forment déjà une nation à part et, par suite du grand mélange des différentes nationalités par le mariage, ils forment presque une race sui generis, non seulement mentalement, mais aussi physiquement. Citons de Quatrefages :

Chaque   race   mixte,   lorsqu'elle   est   uniforme   et   bien établie, a pu jouer le rôle d'une race primaire dans ses croisements nouveaux. L'humanité, telle qu'elle existe actuellement, a donc été certainement formée,  en majeure partie, par les croisements successifs  d'un certain nombre de races indéterminées jusqu'à présent 5.

5 L'Espèce humaine, Paris, Alcan.

 

Ainsi, dans l'espace de trois siècles seulement, les Américains sont devenus une "race primaire", avant de devenir une race à part, différant fortement de toutes les autres races qui existent actuellement. Bref, ils présentent les germes de la Sixième sous-race et deviendront certainement, dans quelques centaines d'années, les pionniers de cette race qui doit, avec toutes ses nouvelles caractéristiques, succéder à la race Européenne actuelle, ou cinquième sous-race. Après cela, dans environ 25.000 ans, ils commenceront les préparatifs pour la septième sous-race, jusqu'au moment où la Sixième Race-Mère fera son apparition sur la scène de notre Ronde, après des cataclysmes dont la première série doit un jour détruire l'Europe et plus tard la Race Aryenne toute entière (et, par conséquent, atteindre les deux Amériques), [57] comme aussi la plupart des terres qui se rattachent directement aux confins de nos continents et de nos îles. Quand cela se passera-t-il ? Qui le sait, sauf peut-être les grands Maîtres de la Sagesse, et ils sont aussi silencieux sur ce sujet que les pics couverts de neige qui se dressent au-dessus d'eux. Tout ce que nous savons, c'est que son existence commencera silencieusement, si silencieusement en vérité, que  pendant des milliers d'années ses pionniers – les enfants d'un genre particulier qui deviendront des hommes et des femmes d'un genre particulier – seront considérés comme d'anormaux lusus naturæ, comme d'anormales fantaisies, physiquement et mentalement. Ensuite, comme ils augmenteront, que leur nombre deviendra plus grand à chaque époque, ils se trouveront un beau jour former la majorité. Les hommes actuels commenceront à être considérés comme d'exceptionnels métis, jusqu'au moment où ils disparaîtront des contrées civilisées, pour ne survivre que par petits groupes, sur des îles – les pics montagneux d'aujourd'hui – où ils végéteront, dégénéreront et finiront par s'éteindre, dans des millions d'années de là, comme jadis les Aztèques et actuellement les Nyam-Nyam et la race naine des Moula Kouroumba des Monts Nilghiri. Tous ceux-ci représentent les vestiges de races jadis puissantes, dont les générations modernes ont complètement oublié l'existence, tout comme notre souvenir s'effacera de la mémoire de l'Humanité de la Sixième Race. La  Cinquième Race empiétera sur la Sixième durant de nombreuses centaines de milliers d'années, changeant plus lentement qu'elle, mais changeant cependant au point de vue de la stature, du physique en général et de la mentalité, de même que la Quatrième Race a empiété sur notre race Aryenne et que la Troisième a empiété sur celle des Atlantes.

Ce processus de préparation de la Sixième grande Race doit durer pendant tout le cours des sixième et septième sous-races (voyez plus haut le diagramme de l'Arbre généalogique de la Cinquième Race). Mais les derniers vestiges du Cinquième Continent ne disparaîtront que quelque temps après la naissance de la nouvelle Race ; lorsqu'une nouvelle [58] demeure, le sixième continent, aura fait son apparition au-dessus des nouvelles eaux, sur la surface du globe, afin de recevoir les nouveaux hôtes. Tous ceux qui seront assez fortunés pour échapper au désastre général, émigreront vers ce continent et s'y établiront. Comme nous venons de le dire, il n'est pas donné à l'auteur de savoir quand ceci se passera. Seulement, comme la Nature ne procède pas par bonds, pas plus que l'être humain ne passe soudain de l'état d'enfant à l'état d'homme mûr, le cataclysme final sera précédé de nombreuses submersions et destructions de moindre importance, par l'eau et par le feu des volcans. Le cœur de la race qui est maintenant dans la zone américaine battra triomphalement, mais il n'y aura plus d'Américains lorsque fa Sixième Race commencera, pas plus que d'Européens, du reste, car il y aura alors une nouvelle Race et beaucoup de nouvelles nations. Cependant la Cinquième Race  ne s'éteindra pas, mais survivra pendant quelque temps : empiétant sur la nouvelle Race pendant de nombreuses centaines de milliers  d'années encore et elle se transformera, comme nous venons de le dire, plus lentement qu'elle, mais sera cependant entièrement modifiée comme mentalité, comme physique en général et comme stature. L'Humanité ne se développera pas de nouveau en corps géants, comme dans le cas des Lémuriens et des Atlantes, parce que l'évolution de la Quatrième Race conduisit ces derniers au dernier degré de la matérialité, dans son développement physique, tandis que la Race actuelle est sur l'arc ascendant et que la Sixième se libérera rapidement des entraves de la  matière et même de la chair.

C'est donc l'humanité du Nouveau monde – de beaucoup l'aîné de notre Ancien monde, fait que les hommes avaient aussi oublié – de Pâtâla (les Antipodes, ou Monde Inférieur, comme on appelle l'Amérique en Inde), qui a pour mission et pour Karma de semer les germes d'une Race future, plus grande et beaucoup plus glorieuse que toutes celles que nous connaissons jusqu'à présent. Les Cycles de Matière seront suivis de Cycles de Spiritualité et de développement mental complet. Suivant la loi d'analogie de l'histoire et [59] des races, la majorité de l'humanité future sera composée de glorieux Adeptes. L'humanité est la fille de la Destinée cyclique, et aucune de ses Unités ne peut échapper à sa mission inconsciente ou se décharger du fardeau de sa coopération dans l'œuvre de la Nature. Race après race, l'humanité accomplira donc son pèlerinage cyclique. Les climats changeront et ont déjà commencé à changer ; chaque année tropicale laisse de côté une sous-race, mais seulement pour donner naissance à une race supérieure, sur l'arc ascendant, tandis qu'une série d'autres groupes moins favorisés – les échecs de la nature – disparaîtront de la famille humaine, comme certains individus, sans même laisser une trace derrière eux.

Tel est, sous l'empire de la Loi Karmique le cours de la Nature, de la Nature présente à jamais et en devenir perpétuel. Car suivant les paroles d'un Sage, qui ne sont connues que de quelques Occultistes :

Le Présent est l'Enfant du Passé ; l'Avenir, la progéniture du Présent. Et pourtant, ô moment présent, ne sais-tu pas que tu n'as pas de père et que tu ne peux avoir d'enfant ; que tu n'engendres sans cesse que toi-même ? Avant d'avoir commencé à dire : "Je suis ta progéniture du moment écoulé, l'enfant du passé", tu es devenu ce passé lui-même. Avant d'avoir articulé la  dernière  syllabe, vois ! tu n'es plus le Présent mais, en vérité, l'Avenir. Ainsi le Passé, le Présent et l'Avenir constituent  la Trinité à jamais vivante en Un – la Mahâmâyâ de l'Absolu "qui Est".

 

La Doctrine Secrète, III 552/556.

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