LA DOCTRINE SECRETE VOL 2 https://m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-2 Fri, 01 Jul 2022 14:42:24 +0000 Joomla! - Open Source Content Management fr-fr bon.christo@free.fr (MAITRE M) LA DOCTRINE SECRETE — VOLUME II https://m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-2/132-la-doctrine-secrete-volume-ii https://m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-2/132-la-doctrine-secrete-volume-ii

LA DOCTRINE SECRETE

VOLUME II

 

 Synthèse de la Science, de la Religion et de la Philosophie

 H. P. BLAVATSKY

  

COSMOGENESE

 DEUXIEME PARTIE EVOLUTION DU SYMBOLISME

  TROISIEME PARTIE

 SCIENCE OCCULTE ET SCIENCE MODERNE

 

 LIVRE

 [II 1]

 

 

DEUXIEME PARTIE

L'EVOLUTION DU SYMBOLISME

 SECTION I

LE SYMBOLISME ET LES IDEOGRAPHES

 

Un symbole n'est-il pas toujours, pour celui qui sait le déchiffrer, une révélation plus ou moins claire de ce qui est Divin ?… A travers tout… quelque chose d'une Idée Divine brille d'un faible éclat. Bien plus encore, l'emblème le plus élevé sous lequel les hommes se soient rencontrés et embrassés, la Croix elle-même, n'avait pas de signification si ce n'est extrinsèque et accidentelle.

CARLYLE (Sartor Resartus).

 

L'étude de la signification dissimulée sous toutes les légendes religieuses et profanes de n'importe quelle nation, grande ou petite, et, principalement, sous les traditions de l'Orient, a occupé la plus grande partie de la vie de celle qui écrit ces lignes. Elle est de ceux qui sont convaincus qu'aucun récit mythologique, aucun événement traditionnel du folklore d'un peuple, n'a jamais été, à aucune époque, une pure fiction, mais que chacun de ces récits possède un fond historique réel. En cela, l'auteur est en désaccord avec ces symbolistes, quelque grande que soit leur réputation, qui ne trouvent, dans chaque mythe, qu'une preuve de plus de la tournure d'esprit superstitieux des anciens et qui croient que toutes les mythologies tirent leur origine des mythes solaires sur lesquels elles sont basées. M. Gerald Massey, le poète et l'égyptologue, dans une conférence sur la "Luniolâtrie ancienne et moderne", a admirablement fait justice de ces penseurs superficiels. Sa critique mordante est un si fidèle écho des sentiments que nous avons ouvertement exprimés dès 1875, en [II 2] écrivant Isis Dévoilée, qu'elle mérite d'être reproduite dans cette partie de notre ouvrage.

Il y a trente ans que le professeur Max Müller enseigne, dans ses livres et dans ses conférences, dans le Times, le Saturday Review et diverses revues, du haut de l'estrade de l'Institution Royale, de la chaire de l'Abbaye de Westminster et de sa chaire d'Oxford, que la mythologie est  une maladie du langage et que le symbolisme ancien était le résultat d'une sorte d'aberration mentale primitive.

 "Nous savons", dit Renouf, faisant écho à Max Müller dans ses conférences d'Hibbert, "nous savons que la mythologie est la maladie  qui se développe à une étape particulière de la culture humaine". Telle est l'explication futile que donnent les non-évolutionnistes, et de pareilles explications sont encore acceptées par le public britannique qui fait confectionner sa pensée par procuration. Le professeur Max Müller, Cox, Gubernatis et d'autres promulgateurs du Mythe Solaire, nous ont décrit le faiseur de mythes primitif comme une sorte de métaphysicien germano- hindou, projetant sa propre ombre sur un brouillard mental et parlant ingénieusement de fumée ou, tout au moins, de nuages, tandis que le ciel au-dessus de sa tête devenait comme la voûte du pays des rêves partout couverte par l'imagerie des cauchemars indigènes. Ils conçoivent l'homme primitif à leur ressemblance et le considèrent comme ayant une tendance perverse à se mystifier, ou, comme a dit Fontenelle, comme "sujet à voir des choses qui n'existent pas". Ils ont faussement représenté l'homme primitif ou archaïque comme ayant été stupidement conduit, dès le début, par une imagination active mais déréglée, à croire à toutes sortes d'idées fausses que son expérience quotidienne démentait directement et constamment ; comme un affolé d'imagination au milieu de ces vilaines réalités, dont le frottement faisait entrer en lui ses expériences, comme les montagnes de glace laissent leur trace sur les rochers sous-marins. Il  reste à dire, et on le reconnaîtra un jour, que ces instructeurs, maintenant acceptés, n'ont pas été plus près des origines de la mythologie et du langage, que le poète Willie de Burns ne s'est approché de Pégase. Je réponds : Ce n'est que le rêve du théoricien métaphysique qui fait de la mythologie une maladie du langage ou de n'importe quoi, excepté de sa propre cervelle. L'origine et la signification de la mythologie ont été complètement perdues de vue par ces "solariens"  et  ces  marchands de vent ! La mythologie était un mode primitif d'objectiver la pensée ancienne. Elle était basée sur des faits naturels et elle est encore vérifiable dans les phénomènes. Il n'y a en elle rien d'insensé, rien d'irrationnel, lorsqu'on la considère à la lumière de l'évolution et lorsque son mode d'expression par le langage des signes est complètement compris. La folie consiste à la confondre avec l'histoire de l'humanité ou [II 3] avec la Révolution Divine 1. La mythologie est le dépôt de la science humaine la plus ancienne, et ce qui nous intéresse surtout, c'est que, lorsqu'elle sera de nouveau interprétée correctement, elle portera le coup mortel à ces fausses théologies auxquelles elle a, par mégarde, donné naissance ! 2.

 1 En ce qui concerne la "Révélation Divine", nous sommes d'accord. Mais il n'en est pas ainsi lorsqu'il s'agit de "l'histoire humaine" car il y a de "l'histoire" dans la plupart des allégories et des "mythes" de l'Inde, et des événements, des faits réels s'y trouvent cachés.

 2 Lorsque les "fausses théologies" disparaîtront, on trouvera de véritables réalités préhistoriques, surtout dans les mythologies des Aryens et des anciens Hindous et même des Hellènes pré- homériques.

  

Dans la phraséologie moderne, on dit quelquefois qu'une donnée est mythique en proportion de sa fausseté, mais la mythologie ancienne n'était pas un système ou un procédé de falsification de ce genre. Ses fables étaient un moyen de présenter les faits, mais n'étaient ni des fourberies ni des fictions... Par exemple, lorsque les Egyptiens représentaient la lune par un chat, ils n'étaient pas assez ignorants pour supposer que la lune fût un chat, pas plus que leur fantaisie errante ne trouvait de ressemblance  entre la lune et un chat. Le mythe du chat n'était pas non plus le simple développement d'une métaphore verbale et ils n'avaient pas davantage l'intention de proposer des énigmes... Ils avaient remarqué ce fait bien simple, que le chat y voyait dans l'obscurité et que ses yeux devenaient des ronds parfaits et luisaient davantage durant la nuit. La lune était la voyante de la nuit dans le ciel et le chat était son équivalent sur la terre, aussi le chat domestique fut-il adopté comme représentant, comme emblème naturel et vivante reproduction du globe lunaire... Et il s'ensuivit que le soleil, qui regardait le monde d'en bas pendant la nuit, pouvait aussi être appelé le chat, comme cela eut effectivement lieu, parce que lui aussi voyait dans l'obscurité. Le nom du chat en égyptien est mau, qui signifie voyant et qui dérive de mau, voir. Un auteur, traitant de la mythologie, affirme que les Egyptiens "imaginaient un grand chat derrière le soleil, qui était la prunelle de l'œil de ce chat". Mais cette façon d'imaginer est tout à fait moderne. Elle fait partie du fonds de commerce de Max Müller. La lune, en tant que chat, était l'œil du soleil parce qu'elle réfléchissait la lumière solaire et parce que l'œil réfléchit l'image dans son miroir. Sous forme de la déesse Pasht, le chat veille pour le soleil en écrasant de sa patte la tête du serpent des ténèbres, appelé son éternel ennemi !

Voilà une exposition très exacte du mythe lunaire, sous son aspect astronomique. La sélénographie, toutefois, est la division la moins ésotérique du symbolisme lunaire. Pour s'assimiler complètement la sélénognose – s'il est permis de forger un nouveau mot – il faut être passé maître dans bien plus [II 4] que sa signification astronomique. La Lune est intimement liée à la Terre, comme c'est montré dans la Stance 6, et se trouve plus directement en rapport avec tous les mystères de notre Globe que ne l'est même Vénus-Lucifer, la sœur occulte et  l'alter  ego  de la Terre 3.

Les infatigables recherches des symbolistes occidentaux, surtout des Allemands, pendant le dernier siècle et le siècle actuel 4, ont amené les étudiants les plus exempts de préjugés et, cela va sans dire, tous les Occultistes, à voir que sans l'aide du symbolisme – avec ses sept départements dont les modernes ne savent rien – aucune Ecriture Sainte ancienne ne peut être correctement comprise. Il faut que le symbolisme soit étudié sous chacun de ses aspects, car chaque nation avait ses modes spéciaux d'expression. En un mot, aucun papyrus égyptien, aucune olla 5 indienne, aucune terre cuite assyrienne, aucun rouleau hébreu ne devrait être lu et interprété littéralement.

3 Voir Section IX, La Lune ; Deus Lunus ; Phœbé.

4 Le XIXème siècle.

5 Tamil Olai, feuille de palmier.

 

Cela est maintenant connu de tout lettré. Les savantes conférences de M. Gerald Massey suffisent à elles seules pour convaincre tout chrétien à l'esprit ouvert, que le fait d'accepter la lettre morte de la Bibleéquivaut à tomber dans une erreur et une superstition plus grossières que n'en  a jamais produit le cerveau d'un sauvage des îles des mers du Sud. Mais le fait en présence duquel les Orientalistes, même ceux qui aiment et recherchent le plus la vérité – qu'ils soient Aryanistes ou Egyptologues – paraissent rester aveugles, est que chaque symbole trouvé dans un papyrus ou dans une olla est un diamant à facettes multiples et que chacune de celles-ci, non seulement comporte diverses interprétations, mais se rattache à diverses sciences. Nous en voyons un exemple dans l'interprétation que nous venons de citer, du chat symbolisant la lune – exemple  d'une imagerie sidéro-terrestre, car la lune a chez les autres nations de nombreuses significations outre celle-ci.

Comme l'a démontré un érudit maçon et théosophe, feu Kenneth Mackensie, dans sa Royal Masonic Cyclopædia, il y a une grande différence entre l'emblème et le symbole. Le premier "comprend une plus grande série de pensées que ne le fait un symbole, que l'on peut plutôt considérer comme servant à éclaircir une idée spéciale unique". D'où il résulte que les symboles – lunaires ou solaires, par exemple – de  plusieurs pays, éclaircissant chacun une de ces idées spéciales, ou une série d'idées, forment, collectivement, un emblème ésotérique. Ce dernier est "un tableau, ou signe visible et concret, représentant [II 5] des principes, ou une série de principes, reconnaissables par ceux qui ont reçu certaines instructions (les Initiés)". Pour parler plus clairement encore, un emblème est ordinairement composé d'une série de tableaux graphiques, considérés et expliqués allégoriquement et qui développent une idée en vues panoramiques, l'une après l'autre. Ainsi les Pouranas sont des emblèmes écrits. Il en est de même des Testaments Mosaïque et Chrétien, ou de la Bibleet de toutes les autres Ecritures Saintes exotériques.

Comme le montre la même autorité :

Toutes les sociétés ésotériques, comme la Société Pythagoricienne, l'Eleusinia, les Confréries Hermétiques de l'Egypte, les Rose-Croix et les Francs-Maçons, se sont servi d'emblèmes et de symboles. Beaucoup de ces emblèmes ne doivent pas être mis sous les yeux de  tout le monde et une différence très petite peut modifier grandement la signification de l'emblème ou du symbole. Les sceaux magiques, fondés sur certains principes des nombres, sont dans ce cas et, si monstrueux et ridicules qu'ils soient aux yeux des ignorants, ils transmettent tout un corps de doctrine à ceux qui ont appris à les reconnaître.

Les sociétés énumérées ci-dessus sont toutes comparativement modernes, aucune ne remontant plus loin que le Moyen Age. Aussi est-il encore bien plus normal que les étudiants des plus anciennes écoles archaïques aient soin de ne pas divulguer des secrets beaucoup plus importants pour l'humanité (comme étant dangereux dans des mains ignorantes) que les soi-disant "Secrets Maçonniques" qui sont maintenant devenus, comme disent les français, des secrets de polichinelle ! Mais cette restriction ne peut s'appliquer qu'à la signification psychologique, ou plutôt psycho-physiologique et cosmique d'un symbole et d'un emblème, et encore partiellement, même à cet égard. Car, bien qu'un Adepte soit forcé de refuser de communiquer les conditions et les moyens qui conduisent aux corrélations des Eléments – psychiques ou physiques – qui peuvent produire des résultats nuisibles, aussi bien que bénéfiques, il est cependant toujours prêt à communiquer à l'étudiant sérieux le secret de la pensée antique, dans tout ce qui concerne l'histoire cachée sous le symbolisme mythologique et à donner ainsi quelques repères de plus pour une vue rétrospective du passé, dans la mesure où cela fournit d'utiles informations sur l'origine de l'Homme, l'évolution des Races et la géognose. Et pourtant la plainte larmoyante de nos jours, non seulement parmi les Théosophes, mais aussi parmi les quelques profanes que la question intéresse, c'est : Pourquoi les Adeptes ne révèlent-ils pas ce qu'ils savent ? A cela on pourrait répondre : Pourquoi le feraient-ils, sachant d'avance qu'aucun homme de science [II 6] ne l'accepterait, même comme hypothèse et encore moins comme théorie ou axiome. Avez-vous seulement accepté l'A B C de la Philosophie Occulte contenu dans le Theosophist, le Bouddhisme ésotérique et dans d'autres ouvrages et périodiques, ou y avez-vous cru ? Le peu qui a été donné n'a-t-il pas été raillé, tourné en ridicule et confronté, d'un côté, avec les théories "animales" et "simiesques" de Huxley et de Haeckel et, de l'autre côté, avec la côte d'Adam et la pomme ? En dépit de cette perspective peu désirable, une masse de faits est donnée dans cet ouvrage, et l'auteur y traite, aussi complètement qu'il lui est possible de le faire, de l'origine de l'homme, de l'évolution du Globe et des Races, humaines et animales.

Les preuves offertes, pour corroborer les anciens enseignements, sont disséminées dans toute l'étendue des écritures des civilisations antiques. Les Pouranas, le Zend-Avesta et les anciens classiques, sont remplis de faits de ce genre, mais personne ne s'est jamais donné la peine de les rassembler et de les comparer. La raison en est que tous les événements de ce genre étaient racontés symboliquement et que les plus savants et les plus perspicaces de nos Aryanistes et Egyptologues ont été trop souvent arrêtés par quelque idée préconçue et plus souvent encore par une vision partiale de la signification secrète. Une parabole, cependant, est elle-même un symbole parlé : une fiction ou une fable, disent les uns, une représentation allégorique, disons-nous, des réalités de la vie, des événements et des faits. Et, de même que l'on tirait toujours une morale d'une parabole, morale qui était effective, un fait réel de la vie humaine, de même, un événement réel et historique était déduit, par les personnes versées dans les sciences hiératiques, d'emblèmes et de symboles conservés dans les antiques archives des temples. L'histoire religieuse et ésotérique de chaque nation était enfouie dans les symboles ; elle n'était jamais littéralement exprimée par des mots. Toutes les pensées et les émotions,  toute  la  connaissance  et  le  savoir,  révélés  et  acquis  par les premières races, trouvèrent leur expression imagée dans l'allégorie et la parabole. Pourquoi ? Parce que la parole articulée possède un pouvoir, non seulement inconnu et même insoupçonné des "sages" modernes, qui, naturellement, n'y croient pas ; parce que le son et le rythme sont étroitement liés aux quatre Eléments des Anciens et que telle ou telle vibration dans l'air doit inévitablement éveiller les Pouvoirs correspondants, avec lesquels leur union produit, selon le cas, de bons ou de mauvais résultats. Aucun étudiant n'avait jamais la permission de réciter les événements historiques, religieux ou réels, d'aucun genre, en termes ne se prêtant à l'erreur d'interprétation, de peur que les Pouvoirs en rapport avec l'événement ne soient attirés de [II 7] nouveau. De tels événements n'étaient racontés que pendant l'Initiation et chaque étudiant devait les enregistrer en symboles correspondants tirés de son propre mental et contrôlés plus tard par son Maître avant d'être définitivement acceptés. C'est ainsi que l'alphabet chinois fut créé peu à peu, comme, immédiatement auparavant, venaient d'être fixés les symboles hiératiques de l'ancienne Egypte. Dans la langue chinoise, dont les caractères peuvent être lus dans n'importe quelle langue 6 et sont, ainsi que nous venons de le dire, à peine moins anciens que l'alphabet égyptien de Thoth, chaque mot est représenté par un symbole graphique. Cette langue possède bien des milliers de lettres-symboles, ou logogrammes, donnant chacun la signification d'un mot entier, car de véritables lettres, ou un alphabet, dans le sens que nous donnons à ce mot, n'existent pas dans la langue chinoise, pas plus qu'ils n'existaient dans celle de l'Egypte jusqu'à une période bien plus tardive.

6 De sorte qu'un Japonais, ne comprenant pas un seul mot de chinois et se trouvant avec un Chinois n'ayant jamais entendu parler la langue japonaise, converserait avec lui par écrit et ils se comprendraient parfaitement – parce que leur manière d'écrire est symbolique.

 

Nous essayons maintenant d'expliquer les principaux symboles et emblèmes, parce que les troisième et quatrième volumes qui traitent de l'Anthropogenèse, seraient très difficiles à comprendre sans une connaissance préparatoire au moins des symboles métaphysiques.

Il ne serait pas juste non plus de commencer l'explication ésotérique du symbolisme sans payer la dette d'honneur contractée envers celui qui a rendu le plus grand service à ces études, durant ce siècle, en découvrant la clef maîtresse de l'antique symbologie hébraïque, intimement liée à la métrologie ; l'une des clefs de la langue des   Mystères, autrefois  universelle. Nous remercions M. Ralston Skinner, de Cincinnati, auteur de The key to the Hebrew-Egyptian Mystery in the Source of Measures. Mystique et cabaliste par nature, il a travaillé pendant nombre d'années dans ce sens, et ses efforts ont été certainement couronnés d'un grand succès.

Voici ce qu'il dit :

L'auteur est convaincu qu'il existait une langue antique qui, dans les temps modernes et jusqu'à présent, paraît avoir été perdue, mais dont il reste de nombreux vestiges... L'auteur a découvert que cette proportion géométrique [le rapport intégral du diamètre à la circonférence d'un cercle] constituait l'origine très ancienne et probablement divine des... mesures linéaires... Il paraît à peu près établi que le  même système de géométrie, de nombres, de [II 8] proportions et de mesures était connu et employé sur le continent nord-américain, même avant que la postérité sémite n'en eût connaissance...

La particularité de ce langage était qu'il pouvait être contenu dans un autre et caché de façon à ne pouvoir être soupçonné, sans l'aide d'un enseignement spécial ; les lettres et les signes syllabiques possédaient à la fois les pouvoirs ou significations des nombres, des formes géométriques, des tableaux ou des idéographies et des symboles, dont la portée voulue était de façon déterminante secondée par des paraboles, sous forme de récits complets ou partiels, mais pouvait aussi être exposée séparément, indépendamment et de diverses manières, par des tableaux, par des ouvrages de maçonnerie ou par des constructions en terre.

Dissipons ce que peut avoir d'ambigu le mot langage : tout d'abord ce mot signifie l'expression des idées par la parole humaine, mais il peut aussi signifier l'expression des idées par un autre moyen. Cette ancienne langue est composée dans le texte hébreu, de manière à ce qu'en employant les caractères écrits, qui, une fois articulés, constituent la langue dont la définition a été donnée en premier lieu, une série d'idées, absolument différente de celle que fait naître la lecture des signes phonétiques, puisse être intentionnellement provoquée. Ce langage secondaire provoquait, d'une façon voilée, des séries d'idées, des copies imaginaires de choses sensibles pouvant être mises en tableaux et de choses pouvant être classées comme réelles, sans être sensibles ; comme, par exemple, le nombre 9 peut être pris comme une réalité, bien que n'ayant pas d'existence sensible ; de même qu'une révolution de la lune,  considérée indépendamment de la lune elle-même, par qui cette révolution a été effectuée, peut être prise  comme l'origine ou la cause d'une idée réelle, bien qu'une telle révolution n'ait aucune substance. Cette langue-idée peut consister en symboles restreints à des termes et à des signes arbitraires ayant une portée très limitée d'idées et complètement sans valeur, ou elle peut servir à déchiffrer la nature dans quelques-unes de ses manifestations, d'une valeur presque incommensurable, pour la civilisation humaine. L'image d'une chose naturelle peut donner naissance à des idées portant sur des sujets du même ordre et rayonnant dans des sens différents et même opposés, comme les rayons d'une roue et produisant des réalités naturelles, dans des genres  qui diffèrent beaucoup de la tendance apparente donnée par l'examen du premier tableau, ou tableau d'origine. Une notion peut donner naissance à une notion connexe ; mais s'il en est ainsi, quelque incongru que cela puisse  paraître, toutes les idées qui en résultent doivent découler de l'image originelle et avoir entre elles des liens ou des rapports harmoniques. Ainsi, d'une idée suffisamment fondamentale que l'on s'est formée, on peut tirer la conception du cosmos lui-même et jusqu'à celle de tous les détails de sa construction. [II 9]

Un tel emploi du langage ordinaire est aujourd'hui tombé en désuétude, mais l'auteur se demande si, à un moment donné,  dans  des  temps  très  reculés,  ce  langage  ou un autre analogue, n'était pas celui universellement adopté, tout en admettant qu'il devint l'apanage d'une secte ou d'une caste choisie, au fur et à mesure qu'il revêtit des formes de plus en plus voilées. J'entends par-là que la langue populaire ou vernaculaire fut elle-même employée, à son origine, comme le véhicule de ce mode particulier de communication des idées. Il existe à ce sujet des preuves très sérieuses et il  semble vraiment qu'il y ait eu dans l'histoire de la race humaine, par suite de causes qui nous échappent, au moins quant à présent, une altération ou même la perte d'une langue originelle parfaite, ainsi que d'un système scientifique parfait – dirons-nous qu'ils étaient parfaits à cause de leur origine et de leur importation divines 7 ?

7 Tiré d'un Manuscrit, pp. 1, 6. Voir note volume I, p. 82.

 

"Origine divine" ne signifie pas ici une révélation faite par un Dieu anthropomorphe, sur une montagne, au milieu du tonnerre et des éclairs, mais, selon nous, une langue et un système scientifique donnés aux premières races humaines par une humanité plus avancée et qui était assez haute pour paraître divine aux yeux de cette humanité naissante : en un mot, par une "humanité" provenant d'autres sphères. Cette idée  ne renferme en elle-même rien de surnaturel, mais son acceptation ou son rejet dépendent du degré de vanité et d'arrogance de celui à qui elle est présentée. Car si les professeurs du savoir moderne consentaient à avouer que, bien qu'ils ne sachent rien – ou plutôt ne veulent rien savoir – de l'avenir de l'homme désincarné, cet avenir peut cependant être pour eux gros de surprises et de révélations inattendues, lorsque leurs Egos seront libérés de leurs corps matériels – l'incrédulité matérialiste aurait alors moins de succès qu'elle n'en a maintenant. Quel est celui, parmi eux, qui sache ou puisse dire ce qui arrivera, lorsque le Cycle de Vie de ce Globe sera terminé et que notre mère la Terre tombera elle-même dans son dernier sommeil ? Qui est assez hardi pour prétendre que les Egos divins de notre race humaine – au moins les élus parmi la multitude de ceux qui passeront sur d'autres sphères – ne deviendront pas à leur tour les "divins" instructeurs d'une nouvelle humanité, générée par eux sur un nouveau globe et appelée à la vie et à l'activité par les "principes" désincarnés de notre Terre ? Tout cela peut avoir fait partie de l'expérience du PASSE et ces annales étranges se trouvent enfouies dans la "Langue de Mystère" des âges préhistoriques, cette langue que l'on appelle maintenant le SYMBOLISME.

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bon.christo@free.fr (Super User) LA DOCTRINE SECRETE VOL 2 Fri, 16 Jan 2015 19:09:28 +0000
SECTION II - LA LANGUE DES MYSTERES ET SES CLEFS https://m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-2/133-section-ii-la-langue-des-mysteres-et-ses-clefs https://m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-2/133-section-ii-la-langue-des-mysteres-et-ses-clefs

SECTION II

LA LANGUE DES MYSTERES ET SES CLEFS

 

De récentes découvertes, faites par de grands mathématiciens et cabalistes, prouvent donc, sans l'ombre d'un doute, que toute théologie depuis la première jusqu'à la dernière, n'a pas jailli seulement d'une source commune d'idées abstraites, mais d'une langue ésotérique universelle, ou langue des mystères. Ces savants sont en possession de la clef de la langue universelle de jadis et l'ont tournée avec succès, bien qu'une seule fois, dans la porte hermétiquement close qui conduit à la Salle des Mystères. Le grand système archaïque connu depuis les temps préhistoriques sous le nom de Science-Sagesse sacrée, système qui est contenu dans toutes les religions, tant anciennes que nouvelles, où on peut en suivre les traces, possédait et possède encore sa langue universelle – soupçonnée par le franc-maçon Ragon – la langue des Hiérophantes qui comprend pour ainsi dire, sept "dialectes" dont chacun a trait à un des sept mystères de la nature, auquel il est spécialement approprié. Chacun de ces dialectes avait son symbolisme propre. On pouvait ainsi déchiffrer la nature dans sa plénitude, ou sous l'un de ses aspects spéciaux.

La preuve en est que, jusqu'à présent, les Orientalistes, en général et les Indianistes et les Egyptologues, en particulier, éprouvent une extrême difficulté à interpréter les écrits allégoriques des Aryens et les archives hiératiques de l'Egypte antique. C'est parce qu'ils ne veulent jamais se souvenir que toutes les archives antiques ont été écrites dans une langue qui était jadis universelle et également connue de toutes les nations, mais qui n'est maintenant intelligible que pour le petit nombre. Comme les chiffres arabes, que comprennent les hommes de toutes les nations, ou comme le mot anglais and, qui devient et pour le français, und pour l'allemand et ainsi de suite, mais qui peut s'exprimer pour toutes les nations civilisées par le signe & – de même tous les mots de la langue mystérieuse avaient la même signification pour tous les hommes, quelle que fût leur nationalité. Plusieurs hommes célèbres ont essayé de remettre en vigueur une langue de ce genre, universelle et philosophique, comme Delgarme, Wilkins, Leibniz ; mais Demaimieux, dans sa [II 11] Pasigraphie, est le seul qui en ait prouvé la possibilité. La méthode de Valentin, que l'on appelle la "Cabale grecque" et qui est basée sur la combinaison de caractères grecs, pourrait servir de modèle.

Les différents aspects de la Langue des mystères ont conduit à l'adoption d'une grande variété de dogmes et de rites, dans l'exotérisme des rituels de l'Eglise. C'est encore ces mêmes aspects qui sont l'origine de la plupart des dogmes de l'Eglise chrétienne ; par exemple les sept Sacrements, la Trinité, la Résurrection, les sept Péchés Capitaux et les sept Vertus. Cependant les Sept Clefs de la Langue des mystères ayant toujours été sous la garde des plus grands parmi les Hiérophantes initiés de l'antiquité, l'usage partiel de quelques-unes d'entre elles seulement passa, par suite de la trahison de quelques-uns des Pères de l'église – ex-initiés des temples – dans les mains de la secte nouvelle des Nazaréens. Quelques-uns des premiers Papes étaient des initiés, mais les derniers fragments de leur savoir sont maintenant tombés au pouvoir des Jésuites, qui les ont transformés en un système de sorcellerie.

On prétend que l'INDE – non pas réduite à ses limites actuelles, mais en y comprenant ses antiques frontières est le seul pays du monde qui possède encore parmi ses fils des Adeptes ayant une complète connaissance des sept sous-systèmes et possédant la clef du système entier. Depuis la chute de Memphis, l'Egypte commença à perdre ces clefs l'une après l'autre, et la Chaldée n'en possédait plus que trois à l'époque de Bérose. Quant aux Hébreux, ils ne font preuve, dans tous leurs écrits, que d'une profonde connaissance des systèmes astronomique, géométrique et numérique, servant à symboliser les fonctions humaines  et particulièrement les fonctions physiologiques. Ils n'ont jamais possédé les clefs supérieures.

M. Gaston Maspero, le grand Egyptologue français, successeur de Mariette Bey, écrit :

Toutes les fois que j'entends parler de la religion de l'Egypte, je suis tenté de demander de laquelle des religions de l'Egypte on veut parler ? Est-ce de la religion égyptienne de la quatrième dynastie, ou de celle de la période ptolémaïque ? Est-ce de la religion de la foule, ou de celle des érudits ? De la religion que  l'on enseignait dans les écoles d'Héliopolis, ou de celle qui vivait dans le mental et les conceptions de la classe sacerdotale de Thèbes ? Car entre le premier tombeau Memphite, qui porte le cartouche d'un roi de la troisième dynastie et les dernières pierres gravées à Esneh sous Philippe-César, l'Arabe, il y a un intervalle d'au moins cinq mille ans. Laissant de côté l'invasion des  Pasteurs, la [II 12] domination des Ethiopiens et des Assyriens, la conquête perse, la colonisation grecque et les mille révolutions de sa vie politique, l'Egypte a traversé, durant ces cinq mille ans, bien des vicissitudes morales et intellectuelles. Le chapitre XVII du Livre des Morts, qui semble contenir la description du système du monde tel qu'on le comprenait à Héliopolis, à l'époque des premières dynasties, ne nous est connu que par quelques rares copies, datant des onzième et douzième dynasties. Chacun des versets qui le composent avait déjà été interprété de trois ou quatre façons différentes, si différentes même, que, suivant telle ou telle école, le Démiurge était, soit le feu solaire – Ra-shoo – soit l'eau primordiale. Quinze siècles plus tard, le nombre des significations avait considérablement augmenté. Le temps dans son cours avait beaucoup modifié leurs idées, au sujet de l'univers et des forces qui le gouvernaient. Durant sa courte existence de dix-huit siècles, le Christianisme a fondé, développé et transformé la plupart de ses dogmes ; combien de fois les prêtres égyptiens n'ont-ils donc pas modifié les leurs pendant le cours de ces cinquante siècles qui séparent Théodose des rois qui ont construit les pyramides 8.

8 Guide du Musée de Boulaq, pp. 148, 149.

 

Nous croyons que l'éminent égyptologue va ici trop loin. Il  est possible que les dogmes exotériques aient été souvent changés, mais les ésotériques jamais. Il ne tient pas compte de l'immuabilité sacrée des vérités primitives, révélées seulement pendant les mystères de l'Initiation. Les prêtres égyptiens avaient beaucoup oublié, mais n'ont rien altéré. La perte d'une grande partie des enseignements primitifs a été due au décès soudain de grands hiérophantes, qui disparurent avant d'avoir eu le temps de tout révéler à leurs successeurs et surtout sans avoir pu trouver des héritiers dignes de leur savoir. Ils ont cependant conservé dans leurs rituels et leurs dogmes les principaux enseignements de la DOCTRINE SECRETE.

Ainsi nous trouvons, dans le chapitre du Livre des Morts 9 dont parle Maspero,

9 Le Livre des Morts, trad. fr. de Pierret.

 

  1. Osiris disant qu'il est Toom – la force créatrice de la nature, qui donne la forme à tous les êtres, aux esprits comme aux hommes, soi-générée et soi-existante – issu de Noon, le fleuve céleste, appelé le Père-Mère des Dieux, la divinité primordiale, qui est le Chaos ou l'Abîme imprégné par l'Esprit invisible.
  2. Osiris a trouvé Shou, la force solaire, sur l'Echelle dans la Ville des Huit (les deux carrés du Bien et du Mal) et il a annihilé les Enfants de la Rébellion, les mauvais principes dans Noon (le Chaos).
  3. Il est le Feu et l'Eau, Noon le Parent Primordial et il créa les Dieux en les tirant de ses Membres – quatorze Dieux (deux fois sept), sept Dieux de ténèbres et sept de lumière – les [II 13] sept Esprits de la Présence des Chrétiens et les sept Mauvais Esprits des ténèbres.
  4. Il est la Loi de l'Existence et de l'Etre, le Bennoo, ou Phénix, l'Oiseau de la Résurrection dans l'Eternité, dans lequel la Nuit succède au Jour et le Jour à la Nuit – allusion aux cycles périodiques de résurrection cosmique et de  réincarnation humaine. En effet, quelle autre  signification  cela  pourrait-il avoir ? "Le voyageur qui traverse des millions d'années est le nom de l'un et le Grand Vert [l'Eau Primordiale ou le Chaos] celui de l'autre", l'un engendrant des millions d'années successives, l'autre les engouffrant, pour les faire reparaître.
  5. Il parle des Sept Entités Lumineuses qui suivent leur Seigneur, Osiris, qui rend la justice dans l'Amenti.

 On a maintenant montré que tout cela a été la source et l'origine des dogmes Chrétiens. Ce que les juifs ont pris à l'Egypte, par l'entremise de Moïse et d'autres Initiés, était assez confus et défiguré dans les derniers temps, mais ce que l'Eglise a pris à tous deux est encore plus mal interprété.

Il est toutefois établi que le système hébraïque, en ce qui concerne spécialement le symbolisme – cette clef des mystères de l'astronomie, dans leurs rapports avec ceux de la génération et de la conception –  est identique aux idées qui, dans les religions antiques, ont développé l'élément phallique de la théologie. Le système juif de mesures sacrées, appliqué aux symboles religieux, est le même, pour les combinaisons géométriques et numériques du moins, que celui de la Grèce, de la Chaldée et de l'Egypte, car il fut adopté par les Israélites pendant leur esclavage et leur captivité séculaires dans ces deux derniers pays 10.  Qu'était  ce système ? L'auteur de The Source of Measures croit fermement que "les livres de Moïse étaient destinés, au moyen d'artifices de langage, à exposer un système géométrique et numérique de science exacte, qui devait être employé comme origines des mesures". Piazzi Smyth partage la même opinion. Quelques érudits sont d'avis que ce système et ces mesures sont ceux mêmes [II 14] dont on s'est servi lors de la construction de la Grande Pyramide : mais ce n'est qu'en partie vrai. "La base de ces mesures était la proportion Parker", dit Ralston Skinner dans The Source of Measures.

10 Comme nous l'avons dit dans Isis Dévoilée (IV, 125) : "Jusqu'à présent, en dépit de toutes les controverses et de toutes les recherches, l'Histoire et la Science restent aussi ignorantes que jamais au sujet de l'origine des juifs. Ils peuvent aussi bien être les Chandâlas exilés de l'Inde ancienne, les "maçons" dont parlent Véda-Vyâsa et Manou, que les Phéniciens d'Hérodote, les Hyksos de Joseph, les descendants de bergers Pali, ou bien un mélange de tous ceux-ci. La Bible parle des Tyriens comme d'un peuple apparenté et prétend régner sur eux... Néanmoins, quoi qu'ils aient pu être, ils sont devenus un peuple hybride peu après l'époque de Moïse, car la Bible nous les montre s'unissant librement par les liens du mariage, non seulement avec les Chananéens, mais encore dans toutes les nations ou races, avec lesquelles ils venaient en contact."

 

L'auteur de ce livre très extraordinaire dit qu'il l'a découverte en employant le rapport intégral du diamètre à la circonférence d'un cercle, découvert par John A. Parker, de New York. Cette proportion est 6561 comme diamètre et de 20612 comme circonférence. En outre, dit-il, cette proportion géométrique était l'origine, très ancienne et probablement divine, de ce qui est maintenant devenu, par suite de manipulations exotériques et d'applications pratiques, les mesures linéaires   britanniques, "dont l'unité sous-jacente, c'est-à-dire le pouce, était aussi la base d'une des coudées royales égyptiennes et du pied romain".

Il découvrit aussi qu'il existait une autre forme de cette proportion, soit 113 à 355, et que, tandis que cette dernière se rapportait par son origine  à la valeur exacte de n, ou rapport de 6561 à 20612, elle servait aussi de base aux calculs astronomiques. L'auteur découvrit qu'un système de science exacte, géométrique, numérique et astronomique, basé sur ces proportions et dont on constate la mise en pratique pour la construction de la Grande Pyramide d'Egypte, constituait en partie le fardeau imposé à cette langue, telle qu'elle est contenue et dissimulée sous le verbiage du texte hébreu de la Bible. Il fut démontré que le pouce et la mesure de deux pieds de 24 pouces, ainsi mis en usage au moyen des éléments du cercle et des proportions précitées, formaient la base ou l'assise de ce système scientifique naturel, égyptien et hébreu, en même temps qu'il paraît évident que le système en lui-même était considéré comme ayant une origine divine et comme étant dû à une révélation divine 11.

11 Voir Manuscrit, p. 7.

 

Mais voyons ce que disent les adversaires des mesures que le professeur Piazzi Smyth donne de la Pyramide.

M. Petrie semble refuser de les admettre et paraît avoir complètement détruit les calculs de Piazzi Smyth sous leur aspect biblique. M. Proctor, le champion des "coïncidences", depuis plusieurs années, dans toutes les questions d'arts et de science antiques, fait de même. Parlant "du grand nombre de rapports, indépendants de la Pyramide qui ont pris naissance pendant que les pyramidalistes essayaient de relier la Pyramide au système solaire", il dit :

Ces coïncidences [qui n'en existeraient pas moins s'il n'y avait pas de Pyramide] sont bien plus  curieuses qu'aucune de celles qui [II 15] existent entre la Pyramide et les nombres astronomiques. Les premières sont aussi mystérieuses et aussi remarquables qu'elles sont réelles, tandis que les dernières, qui ne sont qu'imaginaires (?), n'ont  été  établies  qu'au  moyen  de  ce  que  les écoliers appellent "des blagues" et, grâce aux nouvelles et récentes mesures, tout le travail est à refaire 12.

A ce sujet, M. C. Staniland Wake remarque avec justesse :

Elles doivent cependant avoir été plus que de simples coïncidences si les constructeurs de la pyramide possédaient le savoir astronomique, utilisé pour sa parfaite orientation et ses autres traits notoirement astronomiques 13.

12 Knowledge, vol. I : voir aussi la lettre de Petrie The Academy du 17 décembre 1881.

13 The Origin and Significance of the Great Pyramid, p. 8. Note. 1882.

 

Ils le possédaient assurément et c'est sur ce "savoir" qu'était fondé le programme des MYSTERES et de la série des Initiations. Il en résulta la construction de la Pyramide, éternelles archives et symbole indestructible de ces Mystères et de ces Initiations sur Terre, comme l'est dans le ciel la course des étoiles. Le cycle de l'Initiation était une reproduction en miniature de cette grande série de changements cosmiques, à laquelle les astronomes ont donné le nom d'Année Tropique ou Sidérale. De même qu'à la fin du cycle de l'Année Sidérale (25.868 ans), les corps célestes reviennent aux positions relatives mêmes qu'ils occupaient à son début, de même, à la fin du cycle de l'Initiation, l'Homme Intérieur a regagné l'état primitif de pureté et de connaissance divines, d'où il est parti pour entreprendre son cycle d'incarnation terrestre.

Moïse, Initié de la Mystagogie égyptienne, basa les mystères religieux de la nouvelle nation qu'il fonda, sur les mêmes formules abstraites dérivées de ce cycle sidéral, symbolisé par la forme et les dimensions du Tabernacle, qu'il est supposé avoir construit dans le Désert. Sur ces données, les Grands-Prêtres juifs postérieurs édifièrent l'allégorie du Temple de Salomon – construction qui n'a jamais réellement existé, pas plus que le Roi Salomon lui-même, qui n'est qu'un mythe solaire, tout comme le plus récent Hiram Abif des Maçons, ainsi que l'a bien prouvé Ragon. Par conséquent, si les mesures de ce Temple allégorique, symbole du cycle de l'Initiation, coïncident avec celles de la Grande Pyramide, cela tient à ce qu'elles en dérivent en passant par les mesures du Tabernacle de Moïse. [II 16]

 

14 Se rapporte semble-t-il au livre juste mentionné de C. Staniland Wake. N.D.E.

 Que notre auteur 14 ait incontestablement découvert une et même deux des clefs est pleinement démontré dans l'ouvrage que nous venons de citer. Il suffit de le lire pour sentir une conviction croissante que la signification cachée des allégories et des paraboles des deux Testaments est maintenant dévoilée. Mais il est non moins certain, même peut-être plus encore, qu'il doit cette découverte beaucoup plus à son propre génie qu'à Parker et à Piazzi Smyth. En effet, comme nous venons de l'exposer, il n'est nullement certain que les mesures de la Grande Pyramide, adoptées par les Pyramidalistes Bibliques, soient au-dessus du soupçon. On en trouve la preuve dans l'ouvrage de M. F. Petrie, intitulé The Pyramids and Temples of Gizeh, et aussi dans d'autres livres écrits tout récemment à l'encontre de ces mêmes calculs, que leurs auteurs qualifient de "préconçus". D'après ce que nous voyons, presque toutes les mesures de Piazzi Smyth diffèrent de celles prises plus récemment et avec plus de soin par M. Petrie,  qui termine l'Introduction de son ouvrage par ces mots :

En ce qui concerne le résultat final des recherches, bien des théoriciens partageront peut-être l'opinion d'un Américain qui, lorsqu'il arriva à Gizeh, était un ardent partisan des théories sur les pyramides. J'ai eu le plaisir de passer là deux jours avec lui et, pendant notre dernier repas commun, il me dit avec tristesse : "Eh bien, monsieur ! J'éprouve l'impression d'avoir été à un enterrement. Accordons aux anciennes théories des obsèques convenables, mais ayons soin, dans notre hâte, de n'enterrer vivante aucune des blessées."

En ce qui concerne les calculs faits par J. A. Parker, en général, et surtout sa troisième proposition, nous avons consulté d'éminents mathématiciens, et voici le résumé de ce qu'ils disent :

Le raisonnement de Parker repose sur des considérations sentimentales plutôt que mathématiques, et n'est pas logiquement concluant.

 La proposition III, entre autres, qui dit que :

Le cercle est la base naturelle de toute superficie, et faire du carré cette base, dans la science mathématique, n'est qu'artificiel et arbitraire.

est un exemple de proposition arbitraire, à laquelle on ne saurait se fier dans un raisonnement mathématique. La même remarque s'applique, avec plus de force encore, à la proposition VII, qui déclare que : [II 17]

Puisque le cercle est la forme primaire dans la nature et par suite la base de superficie, et puisque le cercle a pour mesure un carré et ne lui est égal que dans le rapport  de la demi-circonférence au rayon, il s'ensuit que la circonférence et le rayon, et non pas le carré du diamètre, sont les seuls éléments naturels et légitimes de superficie, au moyen desquels toutes les formes régulières peuvent être ramenées au carré et au cercle.

La proposition IX est un échantillon remarquable de raisonnement vicieux, bien que ce soit celui sur lequel repose principalement la Quadrature de M. Parker ; elle dit que :

Le cercle et le triangle équilatéral sont opposés l'un à l'autre dans tous les éléments de leur construction, d'où il résulte que le diamètre fractionnel d'un cercle donné, qui est égal au diamètre d'un carré donné, est inversement proportionnel au double du diamètre d'un triangle équilatéral dont la superficie est l'unité, etc.

En admettant, pour les besoins du raisonnement, qu'on puisse parler du rayon d'un triangle, dans le sens que nous donnons au mot rayon d'un cercle – car ce que Parker appelle le rayon d'un triangle est celui du cercle inscrit et par conséquent nullement le rayon du triangle – et en admettant provisoirement toutes les propositions, tant fantaisistes  que mathématiques, qu'il fait entrer dans ses prémisses, pourquoi en conclurions-nous que, si le triangle équilatéral et le cercle sont opposés dans tous les éléments de leur construction, le diamètre d'un cercle quelconque est inversement proportionnel au double du diamètre d'un triangle équivalent quelconque ? Quelle relation nécessaire y a-t-il entre les prémisses et la conclusion ? Un raisonnement de cette sorte est inconnu en géométrie et n'est pas acceptable pour de rigoureux mathématiciens.

Que le système archaïque Esotérique ait donné naissance au pouce britannique ou non, cela n'a toutefois que peu d'importance pour le métaphysicien rigoureux et vrai. Et la façon ésotérique de lire la Biblede

  1. Ralston Skinner ne devient pas incorrecte par cela seul que les mesures de la Pyramide peuvent ne pas concorder avec celles du temple de Salomon, de l'arche de Noé, etc., ou parce que les mathématiciens refusent d'accepter la Quadrature du Cercle de M. Parker. Le procédé de  M. Skinner s'appuie, en effet, avant tout, sur les méthodes Cabalistiques et sur la valeur que les rabbins donnaient aux lettres de l'alphabet hébreu. Mais il est extrêmement important d'établir si les mesures employées dans l'évolution de la religion symbolique des Aryens, dans la construction de leurs temples, dans les chiffres que renferment les Pouranas et surtout dans leur chronologie, leurs symboles [II 18] astronomiques, la durée des cycles et dans d'autres computations, étaient ou n'étaient pas les mêmes que celles employées dans les calculs et les glyphes de la Bible. Cela prouverait, en effet, que les juifs, à moins qu'ils n'aient emprunté leurs mesures et leur coudée sacrée aux Egyptiens – Moïse ayant été initié par leurs prêtres – doivent les avoir tirées de l'Inde. En tout cas, ils les ont transmises aux premiers chrétiens. Ce sont donc les Occultistes et les Cabalistes qui sont les vrais héritiers de la Connaissance, ou Sagesse Secrète, qu'on trouve encore dans la Bible, car eux seuls en comprennent maintenant la vraie signification, tandis que les profanes, juifs et chrétiens, ne s'attachent qu'à l'extérieur et à la lettre morte. Il est aujourd'hui prouvé par l'auteur de The Source of Measures que c'est à ce système de mesures que fut due l'invention des noms d'Elohim et de Jéhovah ainsi que leur adaptation au Phallicisme et que Jéhovah est une copie peu flatteuse d'Osiris. Mais ce même auteur et M. Piazzi Smyth semblent être tous les deux sous l'impression
    1. que la Priorité du système appartient aux Israélites, la langue hébraïque étant la langue divine, et
    2. que cette langue universelle appartient à la révélation directe !

Cette dernière hypothèse n'est correcte que dans le sens indiqué  dans le dernier paragraphe de la Section précédente ; mais il nous reste à nous entendre sur la nature et le caractère du divin "Révélateur". La justesse   de la première hypothèse, au sujet de la priorité, dépendra sans doute pour les profanes,

  1. des preuves internes et externes de la révélation et
  2. des préconceptions individuelles de chacun.

Ce qui n'empêchera du reste pas le Cabaliste Théiste, ou l'Occultiste Panthéiste, de croire chacun à sa façon ; aucun des deux ne convainquant l'autre. Les données de l'histoire sont trop maigres et trop peu satisfaisantes pour que l'un des deux puisse prouver au sceptique que c'est lui qui a raison.

D'autre part, les preuves fournies par la tradition sont rejetées avec trop de persistance pour que nous puissions espérer résoudre la question à l'époque actuelle. En attendant, la Science Matérialiste se moquera aussi bien des Cabalistes que des Occultistes. Mais, la difficile question de priorité une fois mise de côté, la Science, en ce qui concerne la Philologie et les Religions Comparées, finira par se trouver prise à partie  et sera forcée d'admettre les affirmations communes.

[Les affirmations sont admises, l'une après l'autre, à mesure que les Savants se voient successivement forcés de reconnaître les faits avancés par la DOCTRINE SECRETE, bien qu'ils ne reconnaissent que rarement, si même ils le font jamais, qu'ils ont été devancés dans leurs déclarations. Par exemple, à l'époque où l'opinion de M. Piazzi Smyth faisait autorité au [II 19] sujet de la Pyramide de Gizeh, il soutenait la théorie que le sarcophage de porphyre de la Chambre du Roi était "l'unité de mesure de deux des nations les plus éclairées de la terre, l'Angleterre et l'Amérique", et n'était autre qu'un "coffre à blé". C'est ce que nous avons énergiquement nié dans Isis Dévoilée, qui venait d'être publiée à ce moment. Aussi la presse de New York (principalement les journaux le Sun et le World) prit- elle les armes à la seule idée que nous avions la prétention d'en remontrer à un tel astre de savoir. Dans cet ouvrage nous avions dit qu'Hérodote, lorsqu'il parlait de cette Pyramide :

... aurait pu ajouter, qu'extérieurement elle symbolisait le principe créateur de la Nature et mettait en lumière les principes de la géométrie, des mathématiques, de l'astrologie et de l'astronomie. Intérieurement, c'était un temple majestueux, dans les sombres profondeurs duquel les Mystères étaient célébrés et dont les murs avaient été souvent témoins des cérémonies de l'initiation de membres de la famille royale. Le sarcophage de porphyre, que le Professeur Piazzi Smyth, Astronome Royal d'Ecosse, rabaisse au niveau d'un coffre à blé, était les fonts baptismaux au sortir desquels le néophyte était "né une seconde fois" et devenait un adepte 15.

On s'est moqué alors de ce que nous disions. On nous  a accusée d'avoir tiré nos idées de la "manie" de Shaw, écrivain anglais, qui avait soutenu que le sarcophage avait servi à la célébration des Mystères d'Osiris, bien que nous n'eussions jamais entendu parler de cet écrivain. Et maintenant que six ou sept années se sont écoulées (1882), voici ce qu'écrit

  1. Staniland Wake :

La prétendue Chambre du Roi – en parlant de laquelle un pyramidiste enthousiaste s'écrie : "Les murs polis, les matériaux de choix, les imposantes proportions et la situation dominante, parlent éloquemment de gloires à venir", à moins d'être "la chambre des perfections" du tombeau de Chéops, était probablement l'endroit où était admis le néophyte, après avoir traversé le passage étroit et montant et la grande galerie avec son extrémité peu élevée, qui le préparaient peu à peu à la phase finale des Mystères sacrés 16.

Si M. Staniland Wake avait été un Théosophe, il aurait pu ajouter que l'étroit passage montant conduisant à la Chambre du Roi, avait en vérité une "porte étroite", cette même "porte étroite" qui "conduit à la vie" ou à la nouvelle renaissance spirituelle, à laquelle Jésus fait allusion dans [II 20] Saint-Matthieu 17, et que c'était à cette porte du Temple de l'Initiation que pensait l'écrivain en rapportant les mots qu'on prétend avoir été prononcés par un Initié.]

15 Op. cit., II, 321.

16 The Origin and Significance of the Great Pyramid, p. 98. 1882.

17 VII, 14.

 

Ainsi les plus grands érudits de la Science, au lieu de se moquer de cette prétendue "masse de fictions et de superstitions absurdes" comme on appelle ordinairement la littérature Brâhmanique, essayeront d'apprendre la langue symbolique universelle, avec ses clefs numérique et géométrique. Mais ici encore ils auront peu de succès, s'ils s'imaginent que le système cabaliste juif contient la clef de tout le mystère, car il n'en est rien. Elle ne se trouve du reste, actuellement, dans aucune autre Ecriture, puisque les Védas elles-mêmes ne sont pas complètes. Chaque ancienne religion ne représente qu'un ou deux chapitres du volume entier des mystères archaïques primordiaux ; or l'Occultisme oriental seul peut se vanter de posséder le secret tout entier, avec ses sept clefs. On établira des comparaisons et l'on donnera autant d'explications que possible dans cet ouvrage ; le reste sera laissé à l'intuition personnelle de l'étudiant. En disant que l'Occultisme Oriental possède le secret, l'auteur ne prétend pas posséder un savoir "complet", ni même approximatif, car ce serait absurde. Ce que je sais, je le donne ; ce que je ne puis expliquer, il faut que l'étudiant le découvre par lui-même.

Mais quoique nous puissions supposer que le cycle entier de  la Langue universelle des Mystères ne sera pas connu avant bien des siècles, il n'en est pas moins vrai que le peu qui en a été découvert dans la Bible, par quelques savants, suffit à lui seul pour en démontrer mathématiquement l'existence. Comme le Judaïsme faisait usage de deux clefs sur sept et que l'on vient de les découvrir de nouveau, il ne saurait plus être question de spéculation ou d'hypothèse individuelle,  encore moins de "coïncidence", mais simplement de la lecture correcte des textes Bibliques, tout comme une personne connaissant l'arithmétique lit et vérifie le total d'une addition. [En un mot, tout ce que nous avons dit dans Isis Dévoilée, est maintenant corroboré dans l'Egyptian Mystery ou The Source of Measures, par cette façon d'interpréter la Bibleau moyen des clefs numérique et géométrique.]

D'ici à quelques années, ce système tuera l'interprétation de la Biblebasée sur la lettre morte, en même temps que celle de toutes les autres croyances exotériques, en montrant les dogmes sous leur jour véritable et dépouillé. C'est alors que cette signification indéniable, quoique incomplète, dévoilera le mystère de l'Etre et changera en même temps entièrement les systèmes scientifiques modernes d'Anthropologie, d'Ethnologie [II 21] et surtout de Chronologie. L'élément Phallique que l'on trouve dans chacun des noms donnés à Dieu, dans chacun des récits de l'Ancien  Testament  et, dans une certaine mesure, dans le  Nouveau Testament, finira peut-être par changer,    avec le temps, les idées matérialistes modernes sur la Biologie et la Physiologie.

Dépouillés de leur choquante crudité moderne, ces tableaux de la Nature et de l'homme dévoileront, en s'appuyant sur l'autorité des corps célestes et de leurs mystères, les évolutions du mental humain et prouveront à quel point cette manière de voir était naturelle. Les prétendus symboles phalliques ne sont devenus choquants qu'en raison de l'élément matériel et animal qu'ils contiennent. Au début, ces symboles n'étaient que naturels, parce qu'ils avaient pris naissance parmi les races archaïques, qui, se sachant issues d'ancêtres androgynes, représentaient, à leurs propres yeux, les premières manifestations phénoménales, de la séparation des sexes et du mystère en vertu duquel ils créaient à leur tour. Si les races postérieures et surtout "le peuple élu" ont dégradé ces symboles, cela ne change en rien leur origine. Cette petite tribu Sémite – l'un des moindres rameaux issus, après la disparition du grand Continent, du mélange des quatrième et cinquième sous-races, les Mongolo-Touraniens et les prétendus Indo-Européens – ne pouvait accepter ses symboles que dans le sens qui leur était donné par les nations qui les lui avaient fournis. Il est probable qu'au début de la période Mosaïque les symboles n'étaient pas aussi grossiers qu'ils le devinrent plus tard, sous la direction d'Ezra qui refondit le Pentateuque tout entier. Pour en donner un exemple, le glyphe de la fille de Pharaon (la femme), du Nil (le Grand Abîme et l'Eau), et de l'enfant masculin que l'on trouva flottant dessus, dans une corbeille d'osier, ne fut pas tout d'abord composé pour Moïse, ni par lui. Il avait déjà servi, d'après des fragments trouvés sur les carreaux babyloniens, dans l'histoire du roi Sargon qui avait vécu bien avant Moïse.

 

18 p. 224.

19 Vol. I, Part. I, 46.

20 X, 10

[Dans ses Assyrian Antiquities 18, M. George Smith dit : "Dans  le palais de Sennachérib, à Kouyundjik, j'ai trouvé un autre fragment de la curieuse histoire de Sargon... traduit par moi dans les Transactions of the Society of Biblical Archeology 19. La capitale de Sargon, le Moïse babylonien, était la grande ville d'Agadi, que les sémites appellent Akkad et dont la Genèsefait mention 20 comme de la capitale de Nemrod... Akkad se trouvait non loin de la ville de Sippara sur [II 22] l'Euphrate et au nord de Babylone 21." Il y a une autre "coïncidence" étrange dans le fait que le nom de Sippara, la ville voisine, est le même que celui de la femme de Moïse – Zipporah 22. Il va sans dire que cette histoire est une habile interpolation d'Ezra qui ne pouvait ignorer la véritable. Cette curieuse histoire se trouve sur des fragments de tablettes provenant de Kouyundjik et elle est ainsi conçue :

  1. Sargina, le roi puissant, le roi d'Akkad, c'est moi.
  2. Ma mère était une princesse, mon père je ne l'ai pas connu : un frère de mon père gouvernait le pays.
  3. Dans la ville d'Azupiranu, située près du fleuve l'Euphrate.
  4. Ma mère, la princesse, me conçut : c'est avec difficulté qu'elle me mit au monde.
  5. Elle me mit dans une corbeille d'osier dont elle enduisit le fond de bitume.
  6. Elle me mit à flots sur le fleuve qui ne me noya pas.
    1. Le fleuve me porta jusqu'à Akki, le porteur d'eau, qui m'éleva.
    2. Akki, le porteur d'eau, dans la  tendresse  de  ses  entrailles, me prit 23.

Comparons maintenant cela au récit de la Bibledans l'Exode :

Et lorsqu'elle [la mère de Moïse] ne put le cacher plus longtemps, elle prit une corbeille de joncs, l'enduisit d'argile et de poix et y mit l'enfant, puis la déposa parmi les roseaux au bord de la rivière 24.

21 Voir Isis Dévoilée, IV, 129.

22 Exode, II, 21.

23 George Smith, Chaldean Account of Genesis, pp. 299-300.

24 II, 3.

 

M. G. Smith continue :

On suppose que le fait se produisit environ 1.600 ans avant J.-C., un peu antérieurement à l'époque assignée à Moïse et, comme nous savons que la renommée de Sargon est parvenue jusqu'en Egypte, il est probable que ce récit a quelques rapports avec les événements mentionnés dans le livre II de l'Exode, car tout acte qui a été accompli a une tendance à se répéter.

Mais maintenant que le professeur Sayce a eu le courage de reculer de deux mille ans les dates assignées aux rois chaldéens et assyriens, Sargon se trouve avoir précédé Moïse d'au moins 2.000 ans. L'aveu est suggestif, mais il manque encore un ou deux zéros au nombre ci-dessus.]

Quelle conclusion logique tirerons-nous de cela ?  C'est assurément que nous avons le droit de dire que l'histoire de Moïse, [II 23] racontée par Ezra, avait été apprise par lui pendant son séjour à Babylone et qu'il appliqua au législateur juif l'allégorie concernant Sargon. En un mot, que l'Exode n'a jamais été écrit par Moïse, mais refait par Ezra, avec d'anciens matériaux.

S'il en est ainsi, pourquoi d'autres glyphes et symboles, beaucoup plus grossiers dans leur élément phallique, ne pourraient-ils pas avoir  été ajoutés par cet adepte du culte phallique postérieur des Sabéens et Chaldéens ? On nous enseigne que les croyances primitives des Israélites étaient tout à fait différentes de celles qui ont été développées bien des siècles après, par les Talmudistes et, avant eux, par David et Ezéchiel.

Tout cela, en dépit de l'élément exotérique, tel qu'on le rencontre maintenant dans les deux Testaments, suffit amplement à classer la Bibleparmi les ouvrages ésotériques et à rattacher son système secret au symbolisme Indien, Chaldéen et Egyptien. Le cycle entier des glyphes et des chiffres Bibliques, tel qu'il est suggéré par les observations astronomiques – l'Astronomie et la Théologie étant intimement liées – se trouve dans les systèmes Indiens, tant exotériques qu'ésotériques. Ces figures et leurs symboles, les signes du zodiaque, les planètes,  leurs aspects et leurs nœuds – ce dernier terme étant même passé dans notre Botanique moderne – sont connus en Astrologie sous les noms de Sextiles, Quadratures et ainsi de suite, et les nations archaïques s'en sont servi pendant des siècles et des siècles ; dans un sens, ils ont la même signification que les chiffres hébreux. Les premières formes de la géométrie élémentaire doivent certainement avoir été suggérées par les observations des corps célestes et de leurs groupements. Par conséquent, les symboles les plus antiques de l'Esotérisme Oriental sont le cercle, le point, le triangle, le carré, le pentagone, l'hexagone et d'autres figures planes à côtés et à angles divers. Cela montre que la  connaissance et l'usage de la symbologie géométrique sont aussi vieux que le monde.

En partant de là, il est facile de comprendre comment la Nature, même sans l'aide de ses instructeurs divins, a pu enseigner à l'humanité primitive les premiers principes d'une langue symbolique,  numérique  et géométrique 25. C'est pourquoi [II 24] nous trouvons les nombres et les chiffres employés pour exprimer et enregistrer la pensée dans toutes les antiques Ecritures Saintes symboliques. Ce sont toujours les mêmes, sauf certaines variations qui découlent des premiers chiffres. Ainsi  l'évolution et la corrélation des mystères du Cosmos, de sa croissance et de son développement – spirituels et physiques, abstraits et concrets – furent d'abord enregistrées par des modifications géométriques de forme. Chaque Cosmogonie Commença par un cercle, un point, un triangle et un carré 26, jusqu'au nombre 9 et fut alors synthétisée par la première ligne et un cercle – la Décade mystique de Pythagore, la somme totale, contenant et exprimant les mystères du Cosmos tout entier ; mystères rapportés avec cent fois plus d'exactitude qu'ailleurs dans le système hindou, pour celui qui peut en comprendre le langage mystique. Les nombres 3 et 4, dont la combinaison donne 7, ainsi que les nombres 5, 6, 9 et 10, sont les pierres angulaires des Cosmogonies Occultes. Cette Décade, avec ses mille combinaisons, se retrouve dans toutes les parties du globe. On la reconnaît dans les cavernes et les temples taillés dans le roc, de l'Hindoustan et de l'Asie Centrale, dans les Pyramides et les Lithoi d'Egypte et d'Amérique, dans les Catacombes d'Ozimandyas, sur les sommets neigeux des étendues du Caucase, dans les ruines de Palenque, dans l'île de Pâques, partout où l'homme de jadis a posé les pieds. Le 3 et le 4, le triangle et le carré, ou les glyphes universels, masculin et féminin, montrant le premier aspect de la divinité évoluante, sont à jamais représentés dans les Cieux par la Croix du Sud, comme ils le sont par la Croix Ansée égyptienne. Comme le dit si bien l'auteur de The Source of Measures :

  Le développement du Cube donne, soit le Tau, ou croix de forme égyptienne, soit la croix chrétienne... En ajoutant un cercle à la première, on a la croix ansée... les nombres 3 et 4 comptés sur la croix donnant la forme du chandelier (Hébreu) d'or (dans le Saint des Saints) et 3 + 4 = 7 ou 6 + 1 = 7 donnant l'idée des Jours de la semaine comme des 7 lumières du soleil. De même que  la semaine de sept lumières est l'origine du mois et de l'année, de même elle marque la date des naissances... La forme de la croix étant ainsi établie par l'emploi simultané de la formule 113 : 355, le symbole est complété par l'attachement d'un homme sur la Croix27. Ce genre de mesure était relié à l'idée de l'origine de la vie humaine, d'où la forme phallique 28. [II 25]

25 Pour rappeler combien de fois la religion ésotérique de Moïse a été écrasée et remplacée par le culte de Jéhovah tel que l'avait rétabli David, entre autres par Ezéchiel, comparez avec Isis Dévoilée (IV, 122). Assurément il devait y avoir de bonnes raisons pour que les Sadducéens, qui fournissaient presque tous les Grands-Prêtres de Judée, se fussent attachés aux Lois de Moïse et eussent rejeté les prétendus "Livres de Moïse", le Pentateuque de la synagogue et le Talmud.

26 Cube, dans l'édition de 1888.

 27 Souvenez-vous, encore une fois, de l'Hindou Wittoba [une forme de Vishnou] crucifié dans l'espace ; de l'importance du "signe sacré", la Svastika ; de l'Homme crucifié dans l'espace, de Platon, etc.

28 Voir manuscrit, p. 27, etc.

 

Les STANCES nous montrent la croix et ces nombres jouant un rôle important dans la Cosmogonie archaïque. En attendant, nous pouvons profiter des preuves rassemblées par le même auteur, dans la partie qu'il intitule, avec raison, les "Vestiges primordiaux de ces Symboles", pour montrer l'identité des symboles et de leur signification ésotérique sur toute la surface du globe.

Après avoir jeté un coup d'œil d'ensemble sur la nature des formes numériques... il devient très intéressant de rechercher où et quand elles prirent naissance et furent d'abord employées. Est-ce le produit d'une révélation faite dans ce que nous appelons les temps historiques – époques excessivement modernes lorsque nous considérons l'âge de  la race humaine ? Il semble, en effet, en ce qui concerne leur emploi par l'homme, qu'elles datent d'une époque bien plus éloignée des anciens Egyptiens que ceux-ci ne le sont de nous.

Les Iles de Pâques, au "milieu du Pacifique", ont l'air d'être tout ce qui reste des pics de montagnes appartenant à un continent submergé, attendu que ces pics sont couverts de statues cyclopéennes, reliques de la civilisation d'un peuple nombreux et cultivé, qui a dû, nécessairement, occuper une surface très étendue. Sur les dos de ces statues, on trouve la "croix ansée" et cette même croix modifiée de façon à présenter les contours de la forme humaine. On en trouve, dans le numéro de janvier 1870 du London Builder, une description détaillée, accompagnée de gravures, représentant le pays planté d'un grand nombre de statues et donnant le dessin de celles-ci...

Dans l'un des premiers numéros (environ 36) du Naturalist, publié à Salem, Massachusetts, on trouve la description de très curieuses et très anciennes sculptures découvertes sur les crêtes des montagnes de l'Amérique du Sud et incontestablement bien antérieures aux races actuelles. Ce qu'ont d'étrange ces sculptures, c'est qu'elles représentent les contours d'un homme étendu sur une croix 29, dans une série de dessins dans lesquels la forme d'un homme finit par devenir celle d'une croix, mais qui sont faits de telle sorte qu'on peut prendre la croix pour l'homme ou l'homme pour la croix...

 29 Voyez plus loin la description de la première Initiation Aryenne : Vishvakarman crucifiant, sur une planche en forme de croix, le Soleil, Vikarttana, dépouillé de ses rayons.

 

Il est connu que les Aztèques avaient gardé la tradition bien nette du déluge... Le baron de Humboldt dit que nous devons chercher le pays d'Aztalan, pays d'origine des Aztèques, au moins à la hauteur du 42ème parallèle nord, d'où leurs voyages finirent par les amener dans la vallée  de Mexico. Dans cette vallée, les buttes [II 26] de terre de l'extrême nord deviennent les élégantes pyramides de pierres et les autres édifices dont on trouve aujourd'hui les vestiges. Les rapports qui existent entre les reliques des Aztèques et celles des Egyptiens sont bien connus... Atwater, après en avoir examiné des centaines, est convaincu que leurs auteurs connaissaient l'astronomie. L'une des plus parfaites constructions, en forme de pyramide, laissées par les Aztèques, est ainsi décrite par Humboldt :

"La forme de cette Pyramide [celle de Papantla], qui a sept étages, est plus effilée que celle d'aucun des autres monuments du même genre qu'on ait encore découvert, mais sa hauteur n'a rien de remarquable, puisqu'elle n'atteint que 57 pieds et que sa base ne mesure que 25 pieds de chaque côté. Elle a cependant ceci de remarquable : c'est qu'elle est entièrement construite en pierres de taille énormes et que sa forme est très pure.

 Trois escaliers dont les marches étaient ornées de hiéroglyphes sculptés et de petites niches disposées avec beaucoup de symétrie, conduisaient au sommet. Le nombre de ces niches semble se rapporter aux 318 signes simples et composés des jours de leur calendrier civil."

Le nombre 318 représente chez les Gnostiques la valeur du mot Christ, ainsi que le fameux nombre des serviteurs exercés ou circoncis d'Abraham. Si l'on  considère que 318 est un nombre abstrait et universel, exprimant la valeur d'un diamètre dont la circonférence est l'unité, son emploi dans la composition d'un calendrier civil devient manifeste 30.

30 Skinner, Source of Measures, édition de 1875, Sect. II, § 24, pp. 54 à 59.

 

On trouve en Egypte, au Pérou, au Mexique, dans l'Ile de Pâques, aux Indes, en Chaldée et dans l'Asie Centrale, des glyphes, des nombres et des symboles ésotériques identiques – des Hommes Crucifiés et les symboles de l'évolution de races issues des Dieux – et cependant nous voyons la Science repousser l'idée d'une race humaine qui ne serait pas faite à notre image ; la Théologie se cramponner à ses 6.000 années depuis la création ; l'Anthropologie nous enseigner que nous descendons du singe et le Clergé nous faire remonter à Adam, 4.004 ans avant J.-C. !

Faut-il, de crainte d'être qualifié de fou superstitieux et même de menteur, s'abstenir de donner d'aussi bonnes preuves que possible, pour la seule raison que nous sommes encore loin du jour où les SEPT CLEFS seront données à la Science, ou plutôt aux érudits et aux chercheurs qui étudient la symbologie ? En présence des découvertes écrasantes de la Géologie et de l'Anthropologie en ce qui concerne l'antiquité de l'homme, devons-nous – pour éviter le châtiment qui attend [II 27] habituellement ceux qui sortent des chemins battus de la Théologie ou du Matérialisme – nous attacher aux 6.000 ans et à la "création spéciale" ou accepter, avec une admiration pleine de soumission, la généalogie qui nous fait descendre du singe ? Non pas, du moins tant que nous saurons que les Archives Secrètes contiennent les SEPT CLEFS du mystère de la Genèsede l'homme. Si erronées, matérialistes et préconçues que puissent être les théories scientifiques, elles sont mille fois plus près de la vérité que les divagations de la Théologie. Celles-ci en sont à leurs derniers jours, pour tous ceux qui ne sont pas des bigots et des fanatiques irréconciliables. [Il faut même que quelques-uns de leurs défenseurs aient perdu la raison. En effet, que peut-on penser, lorsque, malgré l'absurdité de la lettre morte  de la Bible, celle-ci est encore publiquement défendue, avec autant de force que jamais, et que l'on trouve encore des Théologiens pour soutenir que, bien que "les Ecritures Saintes s'abstiennent (?) soigneusement de contribuer directement au savoir scientifique, ils n'ont jamais butté sur aucune déclaration qui ne fût de nature à supporter la lumière de la Science en progrès !" 31.]

Notre seule ressource est donc ou d'accepter aveuglément les déductions de la Science, ou bien de rompre avec elle et de lui faire résolument face, en proclamant ce que nous enseigne la DOCTRINE SECRETE et en étant entièrement prêts à en supporter les conséquences.

Mais voyons si la Science, dans ses spéculations matérialistes, et même la Théologie, qui râle dans sa lutte suprême pour concilier les 6.000 ans depuis Adam avec les Geological Evidences of the Antiquity of Man de Sir Charles Lyell, ne nous prêtent pas inconsciemment une main secourable. L'Ethnologie, de l'aveu de quelques-uns de ses plus érudits partisans, reconnaît déjà qu'il est impossible d'expliquer les variétés de la race humaine, si l'on n'admet pas l'hypothèse de la création de plusieurs Adams. Ils parlent "d'un Adam blanc et d'un Adam noir, d'un Adam rouge et d'un Adam jaune" 32. Des Hindous énumérant les renaissances de Vâmadeva, d'après le Linga Pourâna, n'en pourraient guère dire davantage. En effet, lorsqu'ils énumèrent les naissances successives de Shiva, ils nous le montrent dans un Kalpa avec un teint blanc, dans un autre avec un teint noir, puis ensuite avec un teinte rouge, après quoi le Kumâra se transforme "en quatre adolescents de couleur jaune". Cette étrange "coïncidence", comme dirait M. Proctor, plaide en [II 28] faveur de  l'intuition scientifique, car Shiva-Kumâra n'est que la représentation allégorique des Races humaines pendant la Genèsede l'homme. Elle a donné naissance à un autre phénomène d'intuition – dans les rangs des théologiens cette fois. L'auteur inconnu de Primeval Man, dans un effort désespéré pour protéger la Révélation Divine contre les impitoyables et éloquentes découvertes de la Géologie et de l'Anthropologie, fait remarquer "qu'il serait fâcheux que les défenseurs de la Biblefussent soumis à l'alternative d'abandonner le caractère inspiré de l'Ecriture Sainte, ou de nier les conclusions des Géologues" et trouve un compromis. Il consacre même un gros volume à prouver ceci : "Adam ne fut pas le premier homme 33 créé sur cette terre." Les reliques de l'homme pré-Adamique qui ont été exhumées, "au lieu d'ébranler notre confiance  dans  l'Ecriture  Sainte,  corroborent sa véracité" 34. Comment cela ? De la façon la plus simple du monde ; car l'auteur déclare que, dorénavant, "nous [le clergé] pourrons laisser les hommes de science continuer leurs études, sans chercher à les contraindre par la crainte de l'hérésie". En vérité, quel soulagement pour MM. Huxley, Tundall et Sir Charles Lyell !

31 Primeval Man Unveiled, ou the Anthropology of the Bible, par l'auteur (inconnu) de The Stars and the Angels, 1870, p. 14.

32 Op. cit., p. 195.

 

Le récit biblique ne commence pas avec la création, comme on le suppose ordinairement, mais avec la formation d'Adam et d'Eve, des millions d'années après la création de notre planète. Son  histoire antérieure, en ce qui concerne les Ecritures, n'est pas encore rédigée... Il se peut qu'il y ait eu, non pas une, mais vingt races différentes sur la terre, avant l'époque d'Adam, de même qu'il y a peut-être vingt différentes races d'hommes dans d'autres mondes 35.

33 Surtout en présence de la preuve qu'en fournit la Bible autorisée elle-même dans la Genèse(IV, 16, 17) où l'on parle de Caïn allant au pays de Nod pour y prendre femme.

34 Primeval Man Unveiled, p. 194.

35 Ibid., p. 55.

 

Qu'étaient donc ces races, puisque l'auteur soutient toujours qu'Adam est le premier homme de notre race ? C'étaient la Race et les Races Sataniques ! "Satan (ne fut) jamais dans le ciel, les Anges et les hommes (étant) une seule espèce." Ce fut la race pré-Adamique des "Anges qui péchèrent". Nous lisons que Satan "était le premier prince de ce monde". Ayant succombé à la suite de sa rébellion, il resta sur la terre comme esprit désincarné et tenta Adam et Eve.

Les premiers âges de la race  Satanique  et  surtout  du  vivant  de Satan (!!!), peuvent avoir été une période de civilisation patriarcale et de repos relatif l'époque des Tubal-caïns et des Jubales, alors que les sciences et les arts essayèrent d'implanter leurs racines dans la terre maudite... Quel sujet pour un poème épique !... [II 29] Il a dû se produire des incidents inévitables. Nous voyons devant nous... le joyeux amant  primordial, faisant la cour à sa rougissante bien-aimée, lorsque tombe la rosée du soir, sous les chênes danois, qui poussaient alors où ne pousse plus maintenant aucun chêne... ce vieux patriarche primordial... la jeunesse primordiale gambadant innocemment à ses côtés... Un millier de tableaux de ce genre se dressent devant nous 36.

  36 Ibid., pp. 206-7.

 

L'évocation rétrospective de cette "rougissante fiancée" Satanique, à l'époque de l'innocence de Satan, ne perd pas en poésie ce qu'elle gagne en originalité. Bien au contraire. La fiancée chrétienne moderne – qui ne rougit guère de nos jours en présence de ses joyeux amoureux – pourrait même prendre une leçon de morale de cette fille de Satan, créée par l'exubérante imagination de son premier biographe humain. Ces tableaux – qu'on ne peut vraiment apprécier qu'en les étudiant dans le volume où ils sont décrits – sont tous suggérés par le désir de concilier l'infaillibilité de l'Ecriture Sainte révélée, avec l'Antiquity of Man de Sir Charles Lyell et avec d'autres ouvrages scientifiques dangereux. Mais cela n'empêche pas de constater que ces divagations, que l'auteur n'a pas osé signer ni de son nom ni même d'un nom d'emprunt, ont pour base des faits véridiques. Car ces Races pré-Adamiques – non pas Sataniques, mais tout simplement Atlantéennes, ainsi que les races Hermaphrodites qui les ont précédées – sont mentionnées dans la Bible, si on la lit ésotériquement, tout comme elles le sont dans la DOCTRINE SECRETE. Les SEPT CLEFS ouvrent les mystères passés et futurs des sept grandes Races-Racines et des sept Kalpas. Bien que la Genèsede l'homme et même la géologie de l'Esotérisme doivent être sûrement rejetées par la science aussi bien que les races Sataniques et pré-Adamiques, cependant, si les Savants, faute de pouvoir sortir autrement d'embarras, sont forcés de choisir entre les deux, nous sommes convaincus que en dépit de l'Ecriture Sainte – dès que la Langue des Mystères sera approximativement comprise, c'est l'enseignement archaïque qui sera accepté.

 [II 30]

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bon.christo@free.fr (Super User) LA DOCTRINE SECRETE VOL 2 Fri, 16 Jan 2015 19:10:31 +0000
SECTION III - SUBSTANCE PRIMORDIALE ET PENSEE DIVINE https://m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-2/134-section-iii-substance-primordiale-et-pensee-divine https://m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-2/134-section-iii-substance-primordiale-et-pensee-divine

SECTION III

SUBSTANCE PRIMORDIALE ET PENSEE DIVINE

 

De même qu'il serait déraisonnable d'affirmer que nous connaissons déjà toutes les causes existantes, il faut, si c'est nécessaire, pouvoir supposer un agent entièrement nouveau...

En présumant, ce qui n'est pas encore strictement exact, que l'hypothèse des ondes explique tous les faits, il nous reste à décider si elle démontre l'existence de l'éther ondulatoire. Nous ne pouvons pas affirmer positivement qu'aucune autre supposition n'expliquera les faits... Il est admis que l'hypothèse corpusculaire de Newton s'est brisée sur les Interférences ; et il n'y a actuellement pas de rival. Cependant il est très désirable, dans toutes les hypothèses de ce genre, de découvrir quelque confirmation accessoire, quelques preuves aliunde [ailleurs] de l'existence de l'Ether supposé... Quelques hypothèses consistent en suppositions au sujet du détail de la structure et des opérations des corps. Par la nature des choses, le bien-fondé de ces suppositions ne peut être directement prouvé. Leur seul mérite consiste à être de nature à exprimer les phénomènes. Ce sont des Fictions Représentatives.

Logic, par Alexandre BAIN, L.L.D., IIème  partie, pp. 131-132 (1873).

 

L'ETHER – cet hypothétique Protée, l'une des "fictions représentatives" de la Science moderne, qui fut, néanmoins, si longtemps accepté – est l'un des "principes" inférieurs de ce que nous appelons la Substance Primordiale (Akâsha, en sanscrit), l'un des rêves de jadis, qui est redevenu le rêve de la Science moderne. C'est la plus grande, comme c'est la plus hardie, parmi les spéculations des philosophes antiques ayant survécu. Pour les Occultistes, cependant, l'ETHER comme la Substance Primordiale sont des réalités. Bref, l'ETHER est la Lumière Astrale, et la Substance Primordiale est l'AKASHA, l'UPADHI de la PENSEE DIVINE.

Dans le langage moderne, on appellerait plutôt cette dernière l'IDEATION COSMIQUE, l'Esprit, et on donnerait à l'Ether le nom de SUBSTANCE COSMIQUE ou Matière. Cet Alpha et cet Oméga de l'Etre ne sont que les deux aspects de l'unique Existence Absolue. Dans l'antiquité on ne s'adressait jamais à l'Absolu, on ne le mentionnait même sous aucun nom, sauf dans les allégories. Dans la plus ancienne des races Aryennes, la race Hindoue, le culte des classes intellectuelles n'a jamais [II 31] consisté dans une adoration, si fervente qu'elle fût, des merveilles de la forme et de l'art, comme chez les Grecs, adoration qui aboutit, plus tard, à l'anthropomorphisme. Mais tandis que le philosophe grec adorait la forme et que le Sage hindou, seul, "percevait le rapport réel de la beauté terrestre et de la vérité éternelle", les ignorants de toutes les nations n'ont jamais compris, ni l'une ni l'autre.

Ils ne les comprennent pas même de nos jours. L'évolution de l'idée de Dieu a lieu concurremment avec la propre évolution intellectuelle de l'homme. C'est si vrai, que l'idéal le plus noble que puisse atteindre l'esprit religieux d'une époque semble n'être, aux yeux de philosophes de l'époque suivante, qu'une grossière caricature ! Les philosophes eux-mêmes avaient à être initiés à certains mystères de perception avant de pouvoir comprendre la véritable idée que se faisaient les anciens de cette question de haute métaphysique. Autrement – c'est-à-dire sans cette Initiation – la capacité intellectuelle de chaque penseur lui dirait : "tu iras jusque-là, mais pas plus loin", aussi clairement et aussi évidemment que la loi de Karma impose une limite au progrès de chaque nation, ou race, dans leur cycle. Sans Initiation, l'idéal de la pensée religieuse contemporaine aura toujours les ailes rognées et restera incapable d'un haut envol, car les penseurs idéalistes et réalistes et même les libres penseurs ne sont que le résultat et le produit naturel de leur propre milieu et de leur temps. L'idéal de chacun d'eux n'est que le résultat inévitable de son tempérament et le produit du degré de progrès intellectuel auquel est parvenue une nation, prise dans son ensemble. C'est pourquoi, ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer, les plus hautes envolées de la métaphysique Occidentale moderne sont restées bien au-dessous de la vérité. La plupart des spéculations Agnostiques sur l'existence de la "Cause Première" ne sont que du Matérialisme déguisé – il n'y a que la terminologie qui diffère. Un aussi grand penseur que M. Herbert Spencer lui-même parle parfois de "l'Inconnaissable" en termes qui prouvent l'influence fatale de la pensée matérialiste qui, semblable au sirocco mortel fane et flétrit toutes les théories ontologiques courantes.

[Par exemple, lorsqu'il appelle la "Cause  Première", "l'Inconnaissable", un "pouvoir qui se manifeste par des phénomènes" et une "énergie infinie et éternelle", il est clair qu'il n'a saisi que l'aspect physique du Mystère de l'Etre, les Energies de la Substance Cosmique seulement. L'aspect coéternel de l'UNIQUE REALITE, l'Idéation Cosmique, n'est absolument pas pris en considération et, quant à son Noumène, il ne semble pas exister dans l'esprit du grand penseur. Sans aucun doute, cette façon partiale de traiter le problème est [II 32] due, dans une large mesure, à la fâcheuse habitude que l'on a en Occident de subordonner la Conscience (à la matière) ou de le considérer comme un "sous-produit" du mouvement moléculaire.]

Depuis les premiers temps de la Quatrième Race, alors que l'on n'adorait que l'Esprit et que le Mystère se trouvait manifesté, jusqu'aux derniers jours de splendeur de l'art grec, à l'aube du Christianisme, les Hellènes seuls avaient osé élever publiquement un autel au "Dieu Inconnu". Quelle qu'ait pu être la pensée profonde de saint Paul lorsqu'il déclarait aux Athéniens que cet "Inconnu" qu'ils adoraient sans  le connaître était le vrai Dieu dont il annonçait la venue, cette Divinité n'était pas "Jéhovah" et n'était pas non plus "le créateur du monde et de toutes choses". Car ce n'est pas le "Dieu d'Israël", mais "l'Inconnu" des Panthéistes anciens et modernes, qui "n'habite pas dans des temples faits de mains d'hommes" 37.

37 Actes, XVII, 23, 24.

 

La Pensée Divine ne peut être définie ni sa signification expliquée sauf par les innombrables manifestations de la Substance Cosmique, dans laquelle cette pensée est perçue spirituellement par ceux qui en sont capables. Dire cela, après l'avoir dépeinte comme la Divinité Inconnue, abstraite, impersonnelle, sans sexe, qui doit être placée à la racine de toute Cosmogonie et à son évolution ultérieure, équivaut à ne rien dire du tout. C'est comme si l'on essayait de résoudre une équation transcendante de conditions en ne disposant, pour déterminer la valeur réelle de ses termes, que d'un certain nombre de quantités inconnues. Sa place se trouve dans les antiques chartes symboliques de jadis, où, comme nous l'avons déjà dit, elle est représentée par des ténèbres infinies, sur la surface desquelles apparaît, en blanc, le premier point central – symbole de l'Esprit-Matière contemporain et coéternel faisant son apparition dans le monde phénoménal, avant sa première différenciation. Lorsque "l'Unique devient Deux", on peut alors le qualifier d'Esprit et de Matière. On peut attribuer à "l'Esprit" chaque manifestation, de Conscience, réfléchie ou directe, et "l'intention inconsciente adopter une expression moderne qu'emploie la prétendue philosophie Occidentale – comme le prouve le Principe Vital et la soumission de la Nature à l'ordre majestueux de la Loi immuable. Il faut considérer la "Matière" comme la plus pure abstraction de l'objectivité, la base existant par elle-même, dont les différenciations manvantariques septénaires constituent la réalité objective qui se cache sous les phénomènes [II 33] de chaque phase de l'existence consciente. Pendant la période d'Universel Pralaya, l'Idéation Cosmique n'existe pas ; et les états diversement différenciés de la Substance Cosmique sont réabsorbés dans l'état primordial d'objectivité potentielle abstraite.

L'impulsion manvantarique commence avec le réveil de l'Idéation Cosmique, du Mental Universel, de son état pralayique non différencié, conjointement et parallèlement à l'émergence primordiale de la Substance Cosmique – cette dernière étant le véhicule manvantarique du premier. La Sagesse Absolue se reflète alors dans son Idéation qui, par un processus transcendantal, supérieur à la Conscience humaine et incompréhensible pour elle, se transforme en Fohat, l'Energie Cosmique. Vibrant dans le sein de la Substance inerte, Fohat la pousse à l'activité et dirige ses premières différenciations sur tous les sept plans de la Conscience Cosmique. Il y a ainsi Sept Protyles – comme on les appelle maintenant, tandis que l'antiquité Aryenne les appelait les Sept Prakritis ou Natures – servant chacun de base relativement homogène, qui, au cours de l'hétérogénéité croissante, dans l'évolution de l'Univers, se différencient dans la merveilleuse complexité des phénomènes qui se produisent sur les plans de perception. Le terme "relativement" est employé à dessein, parce que l'existence même d'un tel processus ayant pour résultat les ségrégations primaires de la Substance Cosmique non différenciée, suivant ses sept bases  d'évolution, nous oblige à considérer le Protyle de chaque plan, comme n'étant qu'une phase intermédiaire traversée par la Substance pendant son passage de l'objectivité abstraite à l'objectivité complète 38.

On dit que l'idéation cosmique n'existe pas durant les périodes pralayiques, pour la simple raison qu'il n'y a rien ni personne pour en percevoir les effets. Il ne peut pas y avoir de manifestation de conscience, de semi-conscience, ou même "d'intention inconsciente", sans un véhicule de Matière, c'est-à-dire que sur notre plan actuel, où la conscience humaine, dans son état normal, ne peut s'élever au-dessus de ce que l'on appelle la métaphysique transcendante, ce n'est [II 34] qu'en vertu de certaines agrégations, ou constructions moléculaires, que l'Esprit surgit comme un torrent de subjectivité individuelle, ou sous-consciente. Et comme la Matière, séparée de la perception, n'est qu'une pure abstraction, ces deux aspects de l'ABSOLU – la Substance Cosmique et l'Idéation Cosmique – dépendent mutuellement l'un de l'autre. Pour être strictement correct et éviter toute confusion et toute fausse conception, le mot "Matière" devrait être appliqué à l'ensemble des objets dont la perception est possible et le mot "Substance" aux Noumènes. En effet, puisque les phénomènes de notre plan sont les créations de l'Ego qui perçoit – des modifications de sa propre subjectivité – tous les "états de matière qui représentent l'ensemble des objets perçus" ne peuvent avoir qu'une existence relative et purement phénoménale pour les enfants de notre plan. Comme diraient les Idéalistes modernes, la coopération du Sujet et de l'Objet a pour résultat l'objet des sens ou le phénomène.

Mais cela ne conduit pas nécessairement à la conclusion qu'il en est de même sur tous les autres plans ; que la coopération des deux, sur les plans de leur différenciation septénaire, a pour résultat un ensemble septénaire de phénomènes également non existants per se, bien qu'étant des réalités concrètes pour les Entités, dont ils forment une partie de l'expérience, de même que les rochers et les fleuves autour de nous sont réels aux yeux du Physicien, tout en n'étant que de trompeuses illusions des sens pour le Métaphysicien. Ce serait une erreur de dire, ou même de concevoir pareille chose. Au point de vue de la métaphysique la plus haute, l'Univers entier, y compris les Dieux, est une illusion (Mâyâ). Mais l'illusion de celui qui n'est lui-même qu'une illusion, varie sur chaque plan de conscience et nous n'avons pas plus le droit de dogmatiser sur la nature possible des facultés de perception d'un Ego du sixième plan, par exemple, que nous n'avons le droit d'identifier nos perceptions avec celles d'une fourmi, ou de  les prendre pour type de son mode de conscience. L'Idéation  Cosmique centrée dans un Principe, ou Oupâdhi (Base), a pour résultat la conscience de l'Ego individuel. Sa manifestation varie suivant la nature de l'Oupâdhi. Avec celui que nous appelons Manas, par exemple, elle se manifeste comme Conscience Mentale ; avec Bouddhi, formée d'éléments plus finement différenciés (sixième état de la matière) et ayant pour base l'expérience de Manas, elle se manifeste sous forme d'un courant d'Intuition Spirituelle.

Le pur Objet, séparé de la conscience, nous est inconnu, tant que nous vivons sur le plan de notre monde à trois dimensions, car nous ne connaissons que les états mentaux qu'il suscite dans l'Ego qui le perçoit. Et tant que durera le [II 35] contraste entre le Sujet et l'Objet – c'est-à-dire tant que nous ne jouirons que de nos cinq sens et que nous ne saurons pas comment dégager notre Ego, qui perçoit tout, de l'esclavage de ces sens  – il sera impossible à l'Ego personnel de rompre la barrière qui le sépare d'une connaissance des "choses-en-soi" ou Substance.

Cet Ego, progressant suivant un arc de subjectivité ascendante, doit épuiser l'expérience de chaque plan. Mais avant que l'Unité soit  noyée dans le TOUT, que ce soit sur ce plan ou sur tout autre, et avant que Sujet et Objet ne disparaissent tous deux dans l'absolue négation de l'Etat Nirvânique – négation, rappelons-le, par rapport à notre plan seulement – on ne pourra pas gravir ce sommet de l'Omniscience qui est  la connaissance des choses-en-soi, et approcher de la solution de l'énigme plus terrible encore, devant laquelle le plus haut des Dhyân Chohan lui- même doit se prosterner silencieusement sans comprendre – de l'Indicible Mystère, de ce que les Védantins appellent PARABRAHMAN.

Aussi, les choses étant ce qu'elles sont, tous ceux qui ont essayé de donner un nom au Principe Inconnaissable l'ont simplement dégradé. Parler même de l'Idéation Cosmique – sauf dans son aspect phénoménal – équivaut à essayer d'emmagasiner le Chaos primordial, ou de coller une étiquette sur l'ETERNITE.

 Qu'est donc la "Substance Primordiale", cette chose mystérieuse dont parlait toujours l'Alchimie et qui servait de thème aux spéculations philosophiques de toutes les époques ? Que peut-elle bien être, en définitive, même dans sa prédifférenciation phénoménale ? Même cela est le TOUT de la Nature manifestée et – n'est rien pour nos sens. On en parle sous divers noms dans toutes les Cosmogonies, on s'y réfère dans toutes les Philosophies et, jusqu'à nos jours, c'est bien le Protée de la Nature, se dérobant toujours à l'étreinte. Nous la touchons sans la sentir ; nous la regardons sans la voir ; nous la respirons sans en avoir conscience ; nous l'entendons et la sentons sans avoir la moindre notion de sa présence, car elle se trouve dans chaque molécule de ce que, dans notre illusion et notre ignorance, nous considérons comme de la Matière sous une quelconque de ses formes, ou que nous concevons comme une sensation, une pensée, une émotion. En un mot, c'est l'Oupâdhi, ou le Véhicule de tout phénomène possible, qu'il soit physique, mental ou psychique. Dans les premières phrases de la Genèseet dans la Cosmogonie Chaldéenne, dans les Pourânas de l'Inde et dans le Livre des Morts d'Egypte ; partout elle ouvre le cycle de manifestation. On l'appelle le Chaos et la Face des Eaux couvées par [II 36] l'Esprit jaillissant de l'Inconnu, quel que soit le nom de cet Esprit. (Voir section 4.)

Les auteurs des Ecritures Saintes de l'Inde vont plus profondément dans l'origine de l'évolution des choses que ne le font Thalès ou Job, car ils disent :

 "De l'Intelligence [appelée Mahat dans les Pourânas] associée avec l'Ignorance [Ishvara, comme divinité personnelle], assistée de son pouvoir de projection, dans lequel domine la lourdeur [tamas, l'insensibilité], procède l'Ether – de l'éther, l'air ; de l'air, la chaleur ; de la chaleur, l'eau et de l'eau, la terre avec tout ce qu'elle contient." 39

"De Ceci, de ce même Soi, l'Ether fut produit", dit le Véda 40.

39 Comparez Sânkhya Kârikà, V, III et Commentaires.

40  Taittirîyaka Upanishad. Second Vallî, Premier Anuvâka. Voir aussi Neuf Upanishads, trad. fr. de Mareault, p. 123.

Il devient ainsi évident que ce n'est pas cet Ether – issu au quatrième degré d'une émanation de "l'Intelligence associée avec l'Ignorance" – qui est le Principe supérieur, l'Entité divine adorée par les Grecs et les Latins sous le nom de "Pater Omnipotens Æther" et sous celui de  "Magnus Æther" dans son agrégat collectif. La gradation septénaire et les innombrables subdivisions et différences établies par les Anciens entre les pouvoirs de l'Ether collectivement – depuis la frange extérieure de ses effets qui est si familière à notre Science, jusqu'à la "Substance Impondérable" dont on admettait jadis l'existence, comme "Ether de l'Espace", mais que l'on est maintenant sur le point d'écarter – ont toujours été une déconcertante énigme pour toutes les branches du savoir. Les Mythologues et les Symbolistes de nos jours, déroutés par l'incompréhensible glorification, d'une part, et par, de l'autre, la dégradation d'une seule et même Entité divinisée, dans les mêmes systèmes religieux, ont été souvent conduits à des erreurs ridicules. L'Eglise, aussi ferme qu'un roc dans chacune de ses premières erreurs d'interprétation, a fait de l'Ether la demeure de ses légions Sataniques. La Hiérarchie tout entière des "Anges déchus" est là : les Cosmocratores ou "Porteurs du Monde", selon Bossuet ; Mundi Tenentes, les "Soutiens du Monde", comme Tertullien les appelle ; Mundi Domini, "les Dominations du Monde" ou plutôt les Dominateurs ; les Curbati ou "Courbés" etc., faisant ainsi des étoiles et des globes célestes dans leur course – des Diables !

[C'est en effet, ainsi que l'Eglise a interprété le verset : "Car nous ne luttons pas contre la chair et le sang, mais [II 37] contre les principautés, contre les pouvoirs, contre ceux qui gouvernent  les  ténèbres  de  ce monde 41." Saint Paul fait plus loin mention des malices spirituelles REPANDUES DANS L'AIR – spiritualia nequitiæ cœlestibus 42 – et les textes latins donnent divers noms à ces "malices" qui sont les innocents "Elémentals". Mais, cette fois, l'Eglise a raison, bien qu'elle ait tort de les qualifier tous de Démons. La Lumière Astrale, ou Ether inférieur, est bondée d'entités conscientes, semi-conscientes et inconscientes ; seulement l'Eglise a moins de pouvoir sur elles que sur les microbes invisibles ou sur les moustiques.]

 41 Ephésiens, VI, 12.

42 [Littéralement : entités iniques dans les "plans" supérieurs.]

 

 La distinction établie entre les sept états de l'Ether – qui n'est, lui- même, qu'un des Sept Principes Cosmiques, tandis que l'Æther des anciens est le Feu Universel – peut être constatée dans les commandements respectifs de Zoroastre et de Psellus. Le premier disait : "ne le consulte que lorsqu'il n'a ni forme, ni figure – absque formâ et figurâ – ce qui signifie, sans flammes, ni charbons ardents. "Lorsqu'il est revêtu d'une forme, enseigne Psellus, n'y fais pas attention, mais lorsqu'il est sans forme obéis- lui, car c'est alors le feu sacré et tout ce qu'il te révélera sera vrai 43." Cela prouve que l'Ether, qui est lui-même un des aspects de l'Akâsha, possède à son tour plusieurs aspects ou "principes".

Toutes les nations anciennes déifiaient l'Æther, sous son aspect et son pouvoir impondérables. Virgile appelle Jupiter, Pater Omnipotens Ether, le "Grand Æther 44". Les Hindous l'ont aussi classé parmi leurs divinités sous le nom d'Akâsha, la synthèse de l'Æther. Et l'auteur du système Homœomérien de philosophie, Anaxagoras de Clazomène, croyait fermement que les prototypes spirituels de toutes choses, tout comme leurs éléments, se trouvaient dans l'Æther illimité, où ils étaient générés, d'où ils évoluaient et où ils rentraient, c'est de l'enseignement Occulte.

43 Les Oracles de Zoroastre, "Effatum", XVI.

44 Géorgiques, Livre II, 325.

 

Il devient donc évident que c'est de l'Æther, dans son aspect synthétique le plus élevé, que jaillit, lorsqu'il fut anthropomorphisé, la première idée d'une Divinité Créatrice personnelle. Pour les philosophes hindous, les Eléments sont tâmasa, c'est-à-dire "non-illuminés par l'intellect qu'ils obscurcissent".

Il faut maintenant épuiser la question de la signification mystique du "Chaos Primordial" et du Principe-Racine et [II 38] montrer comment ils étaient liés, dans les anciennes philosophies, avec l'Akâsha, mal traduit par Æther, et aussi avec Mâyâ, l'Illusion, dont Ishvara est l'aspect masculin. Nous parlerons plus loin du Principe intelligent, ou plutôt des propriétés invisibles et immatérielles des éléments visibles et matériels  "qui surgissent du Chaos Primordial".

En effet, "qu'est-ce que le Chaos Primordial, sinon l'Æther ?", demande-t-on dans Isis Dévoilée. Non pas l'Ether moderne ; non pas tel qu'il est admis maintenant, mais tel qu'il était connu des philosophes anciens, bien avant l'époque de Moïse – l'Æther avec toutes ses propriétés mystérieuses et occultes contenant en lui-même les germes de la création universelle. L'Æther Supérieur, ou Akâsha, est la Céleste Vierge et Mère de toutes les formes et de tous les êtres qui existent, du sein de laquelle sont appelées à l'existence la Matière et la Vie, la Force et  l'Action, aussitôt qu'elles ont été soumises à "l'incubation" de l'Esprit  Divin. L'Æther est l'Aditi des Hindous et c'est en même temps l'Akâsha. L'électricité, le magnétisme, la chaleur, la lumière et l'action chimique sont si peu compris, même de nos jours, alors que des faits  nouveaux élargissent sans cesse le champ de nos connaissances. Qui sait où finit le pouvoir de ce géant protéen – l'Æther ; ou quelle est son origine mystérieuse ? Qui peut nier l'Esprit qui travaille en lui et en évolue toutes les formes visibles ?

Ce sera une tâche facile de démontrer que les légendes cosmogoniques par toute la terre sont basées sur la connaissance qu'avaient les Anciens de ces sciences qui, de nos jours, se sont unies pour soutenir la doctrine de l'évolution. De plus amples recherches pourraient démontrer que ces anciens connaissaient bien mieux que nous l'évolution elle-même et ses aspects physiques et spirituels.

Chez les anciens philosophes, l'évolution était un théorème universel, une doctrine qui embrassait le tout et un principe établi, tandis que nos évolutionnistes modernes ne peuvent nous offrir que des théories spéculatives, avec des théorèmes partiels sinon tout à fait négatifs. Il est inutile, de la part des représentants de notre sagesse moderne, de clore le débat et de prétendre que la question est résolue, simplement parce que la phraséologie obscure du récit... mosaïque n'est pas d'accord avec l'exégèse déterminée de la "Science Exacte" 45.

45 Isis Dévoilée.

 

Si nous considérons les Lois de Manou, nous y trouvons le prototype de toutes ces idées. Bien que la plupart soient perdues, dans leur forme originale, pour le monde occidental, [II 39] défigurées par des interpolations et des additions, elles n'en ont pas moins conservé assez de traces de leur ancien esprit, pour en indiquer le caractère.

"[Dissipant les ténèbres], le Seigneur existant par lui- même [Vishnou,   Nârâyana, etc.]  se manifesta... [et] voulant produire des êtres de son corps [Essence], ne créa, d'abord, que l'eau seule. Dans cette eau il jeta de la semence. Cette semence devint un œuf d'or." 46

D'où vient ce Seigneur existant par lui-même ? On l'appelle CECI et on le qualifie de "Ténèbres imperceptibles, sans qualités définies, indiscernables, inconnaissables, comme plongées dans un profond sommeil 47. Ayant habité cet Œuf pendant toute une Année Divine, celui "que le monde appelle Brahmâ" 48 brise cet Œuf en deux, forme le ciel de sa partie supérieure et la terre de sa partie inférieure et du centre le firmament et "l'éternel emplacement des eaux 49".

46 Op. cit., I, V, 6-9. Voir traduction A.C. Burnell.

47 Op. cit., V, 5.

48 Op. cit., V, 11.

49 Op. cit., V (13), traduction anglaise de Burnell. Voir aussi les traductions françaises de Loiseleur et de Pauthier, dans les Livres sacrés de l'Orient, par G. Pauthier, Paris, Abel Pilon, 1875, p. 333.

 

Mais, immédiatement après ces versets des Lois de Manou, il y a encore quelque chose de plus important pour nous, car cela corrobore absolument nos enseignements Esotériques. Du verset 14 au verset 36, l'évolution est donnée dans l'ordre que décrit la Philosophie Esotérique. Cela ne peut guère être contesté. Medhâtithi, lui-même, fils de Virasvâmin et auteur du commentaire intitulé le Manoubhâsya, qui date, selon les Orientalistes occidentaux, de l'an 1000 de notre ère, nous vient en aide, grâce aux remarques qu'il fait pour élucider la vérité. Il se montre, soit réticent, parce qu'il savait ce que l'on doit taire aux profanes, soit très embarrassé. Cependant le peu qu'il divulgue suffit à établir clairement le principe septénaire dans l'homme et dans la Nature.

Commençons par le Chapitre I des Ordonnances ou "Lois", après que le Seigneur existant par lui-même, le Logos non manifesté des "Ténèbres" Inconnues, se soit manifesté dans l'Œuf d'Or. C'est de cet Œuf, de

11. "Cela qui est la cause imperceptible [indifférenciée], éternelle, qui est et qui n'est pas, de Cela est issu ce Mâle qui est appelé dans le monde Brahmâ."

 Ici, comme dans tous les systèmes philosophiques authentiques, nous trouvons même l' "Œuf", ou le Cercle, ou le Zéro, l'Infini Sans-Borne, désigné par le mot "Cela" 50 et [II 40] Brahmâ, qui n'est que la première Unité, appelé le Dieu Mâle, c'est-à-dire le Principe fructifiant. C'est     ou 10 (dix), la Décade. Sur le plan du Septénaire, c'est-à-dire sur notre Monde seulement, il est appelé Brahmâ. Sur celui de la Décade Unifiée, dans le royaume de la Réalité, ce Brahmâ mâle est une Illusion.

14. Du soi (Atmanah) il créa le Mental (manas), qui  est et n'est pas ; et du Mental, l'Ego-ïsme [la Soi- Conscience] (a), le régent (b), le Seigneur" 51.

50 Le sommet idéal du Triangle de Pythagore.

51 Traduction Pauthier, p. 334.

52 Voir la traduction de A. Coke Burnell, éditée par Ed. W. Hopkins, Ph. D.

 

  1. Le Mental est Manas. Medhâtithi, le commentateur, fait observer ici avec raison que c'est juste le contraire et que cela prouve déjà l'existence d'interpolations et d'arrangements ; en effet, c'est Manas qui jaillit de l'Ahamkâra ou Soi-Conscience (universelle), de même que Manas, dans le microcosme, surgit de Mahat ou Mahâ-Bouddhi (Bouddhi dans l'homme). Manas est double. Comme le prouve Colebrooke dans sa traduction, "le Mental, servant pour les sens comme pour l'action, est un organe, par affinité,  qui  est  analogue  au reste 52" ; par "le reste" on entend ici que Manas, notre Cinquième Principe (cinquième parce qu'on nommait le corps le premier, ce qui est contraire au véritable ordre philosophique), est en affinité à la fois avec Atmâ-Bouddhi, et avec les Quatre Principes inférieurs. C'est pourquoi nous enseignons, notamment, que Manas suit Atmâ-Bouddhi en Dévachan et que le Manas Inférieur, c'est-à-dire le résidu ou la lie de Manas, reste avec le Kâma-Roupa dans les Limbes, ou le Kâma-Loka, qui est la demeure des "Coques".
  2. Tel est le sens de Manas qui "est et qui n'est pas". Medhâtithi le traduit par "celui qui est conscient du Je", ou l'Ego, et non pas par "le régent", comme le font les orientalistes. C'est ainsi qu'ils traduisent aussi la shloka suivante :

 16. "Ayant fait pénétrer les parties subtiles de ces six [le Grand Soi et les cinq organes des sens], d'une splendeur sans mesure dans les éléments du soi (âtmamâtrâsou), il créa aussi tous les êtres." 53. [II 41]

53 Traduction Pauthier, p. 33. – La traduction littérale de la traduction de Burnell  est  assez différente ; nous la reproduisons ici : 16. "Lui aussi, ayant donné aux parties subtiles de ces six (le grand Moi et les cinq organes des sens) un éclat démesuré, pour entrer dans les éléments du soi (âtmamâtrâsou), créa tous les êtres." (NAT.)

 

Tandis que, d'après Medhâtithi, on devrait lire mâtrâbhih au lieu de âtmamâtrâsou et traduire ainsi :

"Lui, ayant pénétré les parties subtiles de ces six d'un éclat démesuré, par des éléments de soi, créa tous les êtres."

Cette dernière traduction doit être la seule correcte, puisque Lui, le Soi, est ce que nous appelons Atmâ et constitue ainsi le septième principe, la synthèse des "six". Telle est aussi l'opinion de l'éditeur du Mânava Dharma Shâstra, qui paraît être entré, par intuition, beaucoup plus avant dans l'esprit de la philosophie que ne l'a fait le traducteur des "Ordonnances de Manou", feu le docteur Burnell ; il n'hésite guère, en effet, entre le texte de Kullûka Bhatta et le commentaire de Medhâtithi. Rejetant les tanmâtras, ou éléments subtils, et l'âtmamâtrasou de Kullûka Bhatta, il dit, en appliquant les principes au Soi Cosmique :

"Les six paraissent être plutôt le manas plus les cinq premiers principes de l'éther, de l'air, du feu, de l'eau et de la terre ; ayant uni cinq de ces six parties avec l'élément spirituel [le septième], il créa (ainsi) toutes les choses qui existent ;... âtmamâtra est par conséquent l'atome spirituel, par opposition à l'atome élémentaire et non pas la réflexion des "éléments de lui-même".

Il corrige ainsi la traduction du verset 17 :

"Comme les éléments subtils des formes corporelles de cet Unique, dépendent de ces six, il en résulte que les sages appellent sa forme Sharîra."

 Et il ajoute que "éléments" signifie ici portions, ou parties (ou principes), interprétation appuyée par le verset 19 qui dit :

"Cet (Univers) non-éternel sort donc de l'Eternel, au moyen des éléments subtils des formes de ces sept Principes très glorieux (Pourousha)."

En commentant cet amendement de Medhâtithi, l'éditeur fait remarquer que "l'on entend probablement par-là les cinq éléments plus le mental [Manas] et la soi-conscience [Ahamkara] 54, les "éléments subtils" [signifiant], comme auparavant, "les parties fines de la forme [ou principes]". Le verset 20 le montre en disant de ces cinq éléments, "ou [II 42] parties fines de la forme" (Roupa avec l'addition de Manas et de la Soi-Conscience) qu'ils constituent les "Sept Pourousha" ou Principes, appelés dans les Pourânas les "Sept Prakritis".

En outre, ces "cinq éléments", ou "parties fines" sont décrits dans le verset 27 comme "ceux que l'on appelle les parties atomiques destructibles", et, dès lors, "distinctes des atomes du Nyâya".

Ce Brahmâ créateur, qui sort de l'Œuf d'Or du Monde, réunit en lui- même les principes mâle et femelle. Il est, en un mot, le même que tous les Protologoï créateurs. De Brahmâ, cependant, on n'aurait pu dire, comme de Dionysos, "πρωτόγονον διφυη̃ τρίγονον Βακχει̃ον ̃Ανακτα  ̉΄Αγριον άρρητὸν κρύφιον δικέρωτα δίµορφον" [qu'il est "premier-né, bisexué, d'aspect triple, Seigneur Bachique sans contrainte, saint, à ne pas mentionner ouvertement, bicornu et double" ] – un Jéhovan lunaire, un vrai Bacchus, avec David dansant nu devant son symbole dans l'arche – car il n'a jamais été établi de Dionysiaques licencieuses en son nom, ou en son honneur. Tout culte public de ce genre était exotérique et les grands symboles universels étaient partout défigurés, comme ceux de Krishna le sont maintenant par les Vallabâchâryas de Bombay, les sectateurs du Dieu enfant. Mais ces dieux populaires sont-ils la vraie Divinité ? Sont-ils le sommet et la synthèse de la Septuple Création, y compris  celle  de l'homme ? C'est impossible ! Chacun d'eux et tous sont des degrés de cette échelle septénaire de   Conscience   Divine, qu'elle soit Païenne, ou Chrétienne. On dit que Ain Soph se manifeste par les Sept Lettres du nom de Jéhovah qui, ayant usurpé la place de l'Inconnu sans Limites, fut doté par ses adorateurs des Sept Anges de la Présence – en réalité ses Sept Principes. On en parle pourtant dans presque chaque école. Dans la pure philosophie Sânkhya, Mahat, Ahamkâra et les cinq tanmâtras sont appelés les Sept Prakritis, ou Natures et sont énumérés depuis Mahâ-Bouddhi, ou Mahat, jusqu'à la Terre 55.

55 Voir Sânkhya Kârikà, III et les Commentaires. (Voir traduction française des Essais sur la Philosophie des Hindous, par Pauthier. N.d.T.)

 

Cependant, quelque défigurée qu'ait été pour des fins Rabbiniques la version originale Elohistique par Ezra, quelque répugnante que puisse être parfois l'interprétation ésotérique des textes hébreux, encore bien plus que ne peut l'être son voile ou vêtement extérieur – dès que les parties Jéhoviques sont éliminées, on trouve que les Livres Mosaïques sont remplis d'inestimables connaissances purement occultes, surtout dans les six premiers chapitres. [II 43] En les lisant à l'aide de la Cabale, on trouve un temple sans pareil de vérités occultes, une source de beauté profondément cachée sous un édifice dont l'architecture visible, malgré sa symétrie apparente, est incapable de résister à la critique de la froide raison, ou de révéler son âge, car elle appartient à tous les âges. Il y a plus de Sagesse cachée sous les fables exotériques des Pourânas et de la Bible, que dans tous les faits et toute la science exotériques de la littérature du monde entier et plus de vraie Science OCCULTE qu'il n'y a de savoir exact dans toutes les académies. Ou, pour parler plus clairement et plus énergiquement, il y a autant de sagesse ésotérique dans quelques parties des Pourânas exotériques et dans le Pentateuque, qu'il y a de sottise et d'imagination volontairement enfantine, lorsqu'on n'en lit que la lettre morte, avec les criminelles interprétations des religions dogmatiques et surtout de leurs sectes.

 Qu'on lise les premiers versets de la Genèseet qu'on y réfléchisse. On y voit "Dieu" commander un autre "dieu" qui lui obéit – et cela, même dans la traduction autorisée et circonspecte des protestants anglais de l'époque de Jacques Ier.

 Au "commencement" – la langue hébraïque n'ayant pas de mot pour exprimer l'idée d'éternité 56 – "Dieu"  forme le Ciel et la Terre ; et cette dernière est "sans forme et vide", tandis que le premier est, en fait, non pas le Ciel, mais "l'Abîme", le Chaos, voilé d'obscurité 57. [II 44]

"Et l'esprit de Dieu se mouvait sur la face des eaux" 58, c'est-à-dire sur le Grand Abîme de l'Espace Infini. Et cet esprit est Nârâ-yana, ou Vishnou.

"Et Dieu dit, que le firmament soit..." (I-6) Et "Dieu" le second, obéit et "fit le firmament" (I-7). "Et Dieu dit que la lumière soit". Et "la lumière fut". Ce dernier verset ne signifie d'ailleurs pas la lumière, mais comme dans la Cabale, l'androgyne "Adam Kadmon", ou Sephira (la Lumière Spirituelle), car ils ne font qu'un ; ou, selon le Livre des Nombres Chaldéen, les anges secondaires, les premiers étant les Elohim, qui sont l'agrégat de ce Dieu "façonnant" : Car à qui sont adressés ces mots de commandement ? Et qui est-ce qui commande ? Ce qui commande c'est la Loi éternelle et celui qui obéit c'est l'Elohim, la quantité connue agissant dans et avec x, ou le coefficient de la quantité inconnue, la Force de la Force UNIQUE. Tout cela est de l'Occultisme et on le trouve dans les STANCES archaïques. Il est absolument sans importance d'appeler ces "Forces" les Dhyan Chohans, on les Auphanim, comme le fait Ezéchiel.

 "La Lumière Universelle unique qui, pour l'homme, est  Ténèbre, existe toujours", dit le Livre des Nombres Chaldéen. C'est d'elle que procède périodiquement l'Energie, qui est réfléchie dans l'Abîme, ou le Chaos, cet entrepôt des mondes futurs, et qui, une fois réveillée, agite et féconde les Forces latentes qui constituent les potentialités éternellement présentes en lui. Alors, s'éveillent de nouveau les Brahmâs et les Bouddhas – les forces coéternelles – et un nouvel Univers en existence...

56 Le mot "éternité", par lequel les théologiens chrétiens interprètent le terme "pour toujours et toujours" n'existe pas dans la langue hébraïque. "Oulam", dit Le Clerc, ne signifie qu'une époque dont le commencement et la fin ne sont pas connus. Il ne signifie pas "durée infinie" et le terme "pour toujours" dans l'Ancien Testament ne signifie qu'une "époque de longue durée". On ne se sert pas non plus dans les Pourânas du mot "éternité" dans le sens chrétien. Car dans le Vishnou Pourâna on explique clairement que par Eternité et Immortalité on n'entend que "l'existence jusqu'à la fin du Kalpa". (Livre II, Chap. VIII.)

57 La Théogonie Orphique est purement Orientale et Indienne dans son esprit. Les transformations successives qu'elle a subies l'ont grandement séparée maintenant de l'esprit de  l'antique Cosmogonie, comme on peut le voir même en la comparant à la Théogonie d'Hésiode. Le véritable esprit Aryen hindou perce cependant partout dans les systèmes Hésiodiques et Orphiques. (Voir le travail remarquable de James Darmesteter, "Cosmogonies Aryennes", dans ses Essais Orientaux). De sorte que la conception grecque originale du Chaos est celle de la Religion Sagesse Secrète. Dans Hésiode, aussi, le Chaos est infini, sans bornes, d'une durée sans commencement ni fin, en un mot une abstraction et une présence visible tout à la fois, l'espace rempli de ténèbres, qui est la matière primordiale dans son état précosmique. Car, dans son sens étymologique, le Chaos et l'Espace, selon Aristote, et l'Espace, dans notre philosophie, est La Divinité toujours Invisible et Inconnaissable.

58 Genèse, I, 2.

 

Dans le Sepher Yetzirah, le Livre Cabalistique de la Création, l'auteur a évidemment répété les paroles de Manou. La Substance Divine y est représentée comme ayant seule existé de toute éternité, illimitée et absolue, et comme ayant émis d'elle-même l'Esprit 59. "L'Esprit du Dieu vivant est Unique, béni soit SON nom, qui vit à jamais ! La Voix, l'Esprit et le Verbe, voilà ce qu'est le Saint-Esprit 60." Et c'est la Trinité Cabalistique abstraite, anthropomorphisée, sans façon, par les Pères chrétiens. De cette triple UNITE est émané le Cosmos tout entier. D'abord, du Un est sorti le Deux, ou l'Air (le Père), l'Elément créateur, puis le Trois, l'Eau (la Mère), procéda de l'Air ; l'Ether, ou le Feu complète le Quatre Mystique, [II 45] l'Arbo-al 61. "Lorsque le Caché des cachés voulut Se révéler, il fit d'abord un Point [le point primordial, ou la première Sephira 62, l'Air, ou le Saint- Esprit], moulé dans une Forme sacrée [les Dix Sephiroth, ou l'Homme Céleste] et le couvrit d'un vêtement riche et splendide, qui est le monde 63."

"Il fait des Vents Ses messagers, des  Feux  flamboyants  Ses serviteurs 64", dit le Yetzirah, montrant le caractère cosmique des Eléments evhéméristés plus tard et prouvant que l'Esprit pénètre chaque atome du Cosmos.

59 L'Esprit manifesté : l'Esprit Divin Absolu est un avec la Substance Divine absolue ;  Parabraham et Mūlaprakriti ont la même essence. Par conséquent, l'Idéation Cosmique et la Substance Cosmique, dans leur caractère primordial, ne font aussi qu'un.

60 Sepher Yetzirah, Chap. I, Mishma IX.

61 Ibid. C'est "d'Arba" qu'est dérivé Abraham.

62 Séphiroth dans l'édit. 1888.

63 Zohar, I, 2, a.

64 Sepher Yetzirah, Mishna IX, 10.

 

 [Partout dans les Actes Paul appelle les Etres Cosmiques invisibles, les "éléments". Mais, maintenant, on  a dégradé les Eléments et on les a réduits au rang d'atomes, dont on ne connaît encore rien et qui ne sont que "les enfants de la nécessité", comme l'Ether lui-même. Nous avons dit dans Isis Dévoilée : "Les pauvres Eléments primordiaux ont été longtemps exilés et nos ambitieux Physiciens luttent entre eux de vitesse, à qui ajoutera une nouvelle substance élémentaire à la couvée des soixante et quelques que nous avons déjà." En attendant, la guerre fait rage dans la Chimie moderne, au sujet des dénominations. On nous dénie le droit d'appeler ces substances "des éléments chimiques", car ce ne sont pas "des principes primordiaux, des essences existantes en soi, dont l'univers a été formé", suivant Platon. De telles idées, associées avec le mot élément, étaient  assez bonnes pour "l'antique Philosophie grecque", mais la science moderne les rejette, car, ainsi que l'a dit le Prof. William Crookes, "ce sont des termes malheureux" et la Science expérimentale ne veut "rien avoir à faire avec un genre quelconque d'essence, en dehors de celles qu'elle peut voir, sentir ou goûter. Elle laisse les autres aux métaphysiciens...". Nous devons encore être reconnaissants pour ce peu !]

Cette "Substance primordiale" est appelée par quelques-uns le Chaos. Platon et les Pythagoriciens la nommaient l'Ame du Monde, après qu'elle avait été, imprégnée par l'Esprit de ce qui plane sur les Eaux Primordiales, ou le Chaos. C'est en s'y réfléchissant, disent les Cabalistes, que le Principe qui couve créa la fantasmagorie d'un Univers visible et manifesté. Le Chaos avant, l'Ether après cette "réflexion", c'est toujours la Divinité qui pénètre l'Espace et toutes choses. C'est l'Esprit Invisible et impondérable des choses et le fluide invisible, mais qui n'est que trop tangible, qui jaillit des doigts du magnétiseur sain, car c'est l'Electricité Vitale – la Vie elle- même. Ironiquement dénommé le "Tout-puissant nébuleux", par le Marquis de Mirville, il n'en est pas moins [II 46] appelé, jusqu'à nos jours, "le  Feu  vivant" 65    par  les  Théurgistes  et  les  Occultistes  et  il  n'y  a pas d'Hindou, pratiquant à l'aurore une certaine sorte de méditation, qui n'en connaisse les effets. C'est "l'Esprit de Lumière" et c'est Magnès. Comme le dit si bien un adversaire, Magus et Magnès sont deux branches issues du même tronc et produisant les mêmes résultantes. Et dans cette appellation de "Feu vivant" nous pouvons aussi découvrir la signification de la phrase énigmatique du Zend Avesta : il y a un "Feu qui donne la connaissance de l'avenir, la science et la facilité d'élocution", c'est-à-dire qui développe une éloquence extraordinaire chez la sybille, le sensitif et même chez certains orateurs.

On parle de ce "Feu" dans tous les Livres Sacrés Hindous, comme aussi dans les ouvrages de Cabale. Le Zohar le décrit comme le "feu blanc caché dans la Risha Havurah" (la Tête blanche), dont la Volonté est cause que le fluide ardent coule en 370 courants dans toutes les directions de l'Univers. Il est identique au "serpent qui court en faisant 370 bonds" du Siphrad Dtzenioutha, le Serpent qui, lorsque "l'Homme Parfait", le Metatron, est produit, c'est-à-dire lorsque l'homme divin habite dans l'homme animal, devient trois esprits, ou Atmâ-Bouddhi-Manas, suivant notre phraséologie théosophique 66.

Aussi l'Esprit, ou l'Idéation Cosmique, et la Substance Cosmique – dont l'un des "principes" est l'Ether – ne font qu'un et comprennent les ELEMENTS dans le sens que leur [II 47] donne saint Paul. Ces éléments sont la Synthèse voilée qui représente les Dhyân-Chohans, les Dévas, les Sephiroth, les Amshaspends, les Archanges, etc. L'Ether de la Science – l'Ilus de Bérose, ou le Protyle de la Chimie – constitue, pour ainsi dire, la matière relativement grossière dont les "Constructeurs", dont nous avons déjà parlé, forment les systèmes du Cosmos, suivant le plan qui leur est éternellement tracé dans la PENSEE DIVINE. On nous dit que ce sont des "mythes". Nous répondrons que ce ne sont pas plus des mythes que ne le sont l'Ether et les Atomes. Ces deux derniers sont des nécessités absolues pour la Science Physique et les Constructeurs sont une nécessité aussi absolue pour la métaphysique. On nous raille en objectant : Vous ne les avez jamais vus. Nous demandons aux Matérialistes : avez-vous jamais vu l'Ether, ou vos atomes, ou même votre FORCE ? D'ailleurs, l'un des plus grands Evolutionnistes Occidentaux de nos jours, celui qui a fait la même découverte que Darwin, M. A. R. Wallace, discutant l'insuffisance de la Sélection Naturelle pour expliquer à elle seule la forme physique de l'Homme, admet l'action dirigeante "d'intelligences supérieures" comme une "partie nécessaire des grandes lois  qui  gouvernent  l'Univers matériel" 67.

65 En traitant cette question dans Isis Dévoilée, nous avons dit : "Le Chaos des anciens, le Feu Sacré de Zoroastre, ou l'Atash-Behram des Parsis ; le Feu-Hermès, le Feu Elmès des anciens Germains ; l'Eclair de Cybèle, la Torche Flamboyante d'Apollon, la Flamme sur l'autel de Pan, le Feu Inextinguible du temple de l'Acropole et de celui de Vesta, la Flamme de feu du casque de Pluton, les Etincelles brillantes des coiffures des Dioscures et de la tête de la Gorgone, du casque de Pallas et du bâton de Mercure, le Ptah-Ra des Egyptiens, le Zeus Cataibates grec (Celui qui descend) de Pausanias, les Langues de Feu de la Pentecôte, le Buisson Ardent de Moïse, la Colonne de Feu de l'Exode et la "Lampe Brûlante" d'Abraham, le Feu Eternel de "l'Abîme sans fond", les Vapeurs de l'oracle de Delphes, la Lumière sidérale des Rose-Croix, L'akasha des Adeptes hindous, la Lumière Astrale d'Eliphas Lévi, l'Aura Nerveuse et le Fluide des Magnétiseurs, l'Od de Reichenbach, les Forces Psychodes et Ecténiques de Thury, la Force Psychique de Sergeant Cox et le magnétisme atmosphérique de quelques Naturalistes, le galvanisme et enfin l'électricité – tout cela n'est que la terminologie variée des multiples manifestations, ou des effets de la même Cause mystérieuse et omnipénétrante, l'Archée Grecque." Nous pouvons ajouter maintenant : c'est tout cela et bien plus encore.

66 Voir ultérieurement (Vol. 4, Partie 2, Section 4) les Nombreuses Significations de la "Guerre dans le Ciel".

 67 Contributions to the Theory of Natural Selection.

Ces "intelligences supérieures" sont les Dhyân-Chohans des Occultistes.

 

Il est vrai qu'il y a peu de Mythes, dans quelque religion digne de ce nom que ce soit, qui n'aient une base historique, aussi bien que scientifique. Les "mythes", comme Pococke le fait remarquer avec raison, "sont actuellement tenus pour des fables en proportion de la fausse interprétation que nous leur donnons ; et pour des vérités dans la mesure où on les comprenait jadis".

L'idée la plus saillante et la plus répandue que nous rencontrons dans tous les enseignements anciens, au sujet de l'Evolution Cosmique et de la première "création" de notre Globe, avec tous ses produits, organiques et inorganiques mot étrange sous la plume d'un Occultiste ! – est que le Cosmos entier a jailli de la PENSEE DIVINE. Cette Pensée imprègne la Matière, qui est coéternelle avec la REALITE UNIQUE, et tout ce qui vit et respire découle des émanations de l'Immuable UNITE, Parabrahman- Mūlaprakriti, la Racine Unique éternelle. La première partie de cette expression, considérée comme Point Central affecté, pour ainsi dire, à des régions absolument inaccessibles à l'intellect humain, est l'abstraction absolue, tandis que, sous son aspect de Mūlaprakriti, la Racine éternelle de tout, elle nous donne, tout au moins, une vague idée du Mystère de l'Etre. [II 48]

On enseignait, par conséquent, dans les temples intérieurs, que cet Univers visible d'Esprit et de Matière n'est que l'Image concrète de l'Abstraction idéale ; qu'il était construit sur le Modèle de la première Idée Divine. Notre Univers existait donc de toute éternité à l'état latent. L'Ame qui anime cet Univers purement spirituel est le Soleil Central, la  Divinité la plus haute Elle-même. Ce ne fut pas l'Unique qui construisit la forme concrète de l'idée, mais le Premier-Engendré et comme elle était construite suivant la forme géométrique du dodécaèdre 68, le Premier-Engendré "se plut à employer 12.000 ans à sa création". Ce dernier nombre est exprimé dans la Cosmogonie Tyrrhénienne 69, qui montre l'homme créé dans le sixième millénium. C'est d'accord avec la théorie égyptienne des 6.000 "ans" 70 et avec la computation hébraïque. Mais ceci en est la forme exotérique. La computation secrète explique que les "12.000 ans et les 6.000 ans" sont des Années de Brahmâ ; un Jour de Brahmâ égalant 4.320.000.000 ans. Sanchoniathon, dans sa Cosmogonie 71, déclare que lorsque le Vent (l'Esprit) se prit d'amour pour ses propres principes (le Chaos), une union intime eut lieu, laquelle union fut appelée Pothos (πόθος) et de cela sortit la semence de tout. Et le Chaos ne connut pas sa propre production, car il était dépourvu de sens, mais de son embrassement avec le Vent fut généré Môt, ou l'Ilus (le Limon) 72. De cela sortirent les semences de la création et de la génération de l'Univers 73.

Zeus-Zên (l'Ether) et Chthonia (la Terre Chaotique) et Métis (l'Eau) ses épouses ; Osiris – représentant aussi l'Æther, la première émanation de la Divinité Suprême, Ammon, la source primordiale de Lumière – et Isis Latone, la Déesse Terre et aussi Eau ; Mithras 74, le Dieu né du rocher, le symbole du Feu du Monde masculin, ou la Lumière Primordiale personnifiée et Mithra, la Déesse du Feu, à la fois sa mère et sa femme – le pur élément du Feu, le principe actif, ou masculin, considéré comme lumière et chaleur, en conjonction avec la Terre et l'Eau, ou la matière, l'élément féminin ou passif, l'élément de la génération cosmique – Mithras qui est le fils de Bordj, la montagne persane du monde 75, de laquelle il jaillit sous forme d'un radieux rayon de lumière ; [II 49] Brahmâ, le Dieu du Feu et sa féconde épouse et l'Agni hindou, la resplendissante Divinité dont le corps émet mille courants de gloire et sept langues de flamme et en l'honneur de qui certains Brahmanes entretiennent encore de nos jours un feu perpétuel ; Shiva personnifié par Mérou, la montagne du monde des hindous, le terrible Dieu du Feu qui, selon la légende, descendit du ciel, comme le Jéhovah des Juifs, "dans une colonne de feu" et une douzaine d'autres divinités archaïques aux deux sexes – tous proclament à haute voix leur signification secrète. Et quelle pourrait être la  double signification de ces mythes, si ce n'est le principe psycho-chimique de la création primordiale ; la Première Evolution dans sa triple manifestation d'Esprit, de Force et de Matière ; la corrélation divine, à son point de départ, représentée par l'allégorie du mariage du Feu et de l'Eau, les produits de l'Esprit électrisant – l'union du principe mâle actif avec l'élément femelle passif – qui deviennent les père et mère de leur enfant tellurien, la Matière Cosmique, la Prima Materia, dont l'Ame est l'Æther et dont l'Ombre est la Lumière Astrale 76 !

68 PLATON, Timée.

69 SUIDAS, sub. voc. "Tyrrhenia". Voir les Ancient Fragments de Cory, p. 309, 2ème éd.

70 Le lecteur comprendra que par "années" on veut dire "époques" et non, tout simplement, des périodes de 13 mois lunaires.

71 Voir la traduction grecque de Philon de Byblos.

72 CORY, Op. Cit., P. 3.

73 Isis Dévoilée, 71.

74 Mithras était considéré, par les Perses, comme le Theos ek petras – le Dieu sortant du rocher.

 75 Bordj est appelée une montagne de feu, un volcan ; par conséquent elle contient le feu, le roc, la terre et l'eau : les éléments mâles ou actifs et les éléments femelles ou passifs. Le mythe est suggestif.

76 Op. cit., I, 156.

 

Mais les fragments des systèmes cosmogoniques qui nous sont parvenus sont maintenant rejetés comme des fables absurdes. Néanmoins la Science Occulte – qui a survécu même au Grand Déluge qui engloutit les Géants antédiluviens et jusqu'à leur souvenir, à l'exception des annales conservées dans la DOCTRINE SECRETE, dans la Bibleet dans d'autres Ecritures – détient encore la clef de tous les problèmes du Monde.

Appliquons donc cette Clef aux rares fragments de Cosmogonies depuis longtemps oubliées et, au moyen de leurs parties éparses, essayons de rétablir la Cosmogonie jadis Universelle, de la DOCTRINE SECRETE.La Clef s'adapte à toutes. Nul ne peut étudier  sérieusement  les philosophies antiques sans s'apercevoir que la similarité frappante de leurs conceptions, visible souvent dans leur forme exotérique et toujours dans leur esprit caché, résulte, non d'une simple coïncidence, mais d'un plan commun ; et que, durant l'enfance de l'humanité, il n'existait qu'un langage, un savoir, une religion universelle, quand il n'y avait ni églises, ni credos, ni sectes, chaque homme étant son propre prêtre. Et si l'on montre qu'à ces époques lointaines et cachées à notre vue par une luxuriante floraison de traditions, la pensée religieuse humaine se développait déjà sur toutes les parties du globe avec une sympathie uniforme, il devient dès lors évident que cette pensée religieuse, sous quelque latitude qu'elle soit née, dans le nord glacé ou le sud brûlant, en occident ou en orient, était inspirée par les mêmes révélations, et que les hommes étaient élevés à l'ombre protectrice du même ARBRE DE LA CONNAISSANCE.

 [II 50]

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bon.christo@free.fr (Super User) LA DOCTRINE SECRETE VOL 2 Fri, 16 Jan 2015 19:11:13 +0000
SECTION IV - CHAOS : THEOS : COSMOS https://m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-2/135-section-iv-chaos-theos-cosmos https://m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-2/135-section-iv-chaos-theos-cosmos

SECTION IV

CHAOS : THEOS : COSMOS

 

Ce sont les trois contenus de l'Espace ; ou, comme l'a défini un Cabaliste érudit : "L'Espace, qui n'est pas contenu mais qui contient tout, est l'incorporation primaire de l'unité simple... l'extension sans bornes. 77" "L'extension sans bornes de quoi ?" ajoute-t-il, et il répond avec raison : "le contenant inconnu de tout l'espace, la Cause première inconnue." Voilà une définition et une réponse qui sont très correctes ; très ésotériques et vraies à tous les points de vue de l'Enseignement Occulte.

L'Espace, que, dans leur ignorance et avec leur tendance iconoclaste à détruire toutes les conceptions philosophiques de jadis, les savants modernes prétendent être "une idée abstraite" et un vide, est, en réalité, le Contenant et le corps de l'Univers dans ses sept principes. C'est un corps d'une étendue sans limites, dans les PRINCIPES, suivant la phraséologie Occulte – chacun étant lui-même un septénaire – ne manifestent dans notre Monde phénoménal que la partie la plus grossière de leurs subdivisions. "Personne n'a jamais vu les Eléments dans leur plénitude", enseigne la DOCTRINE. Nous devons puiser notre sagesse dans les expressions originales et les synonymes des premiers peuples. Même les derniers de ceux-ci, les Juifs, présentent la même idée dans leurs enseignements Cabalistiques, lorsqu'ils parlent du Serpent à sept têtes de l'Espace, appelé la "grande Mer".

Au commencement les Alhim créèrent les Cieux et la Terre ; les Six [Séphiroth]... ils en créèrent six et sur ceux-ci toutes choses sont basées. Et ceux-ci [ces six] dépendent des sept formes du Crâne jusqu'à la Dignité de toutes les Dignités 78.

77 HENRY PRATT, M. D., New Aspects of Life, pp. 3-4.

78 Siphrah Dzenioutha, I, 16.

 

Or le Vent, l'Air et l'Esprit ont toujours été synonymes chez tous les peuples. Pneuma (l'Esprit), et Anemos (le vent), chez les Grec, Spiritus et  Ventus chez les Latins étaient des termes interchangeables, même en les séparant de l'idée originales du Souffle de Vie. Dans les "Forces" de la Science, nous ne voyons que l'effet matériel de l'effet spirituel de l'un ou l'autre des quatre éléments primordiaux, qui nous [II 51] ont été transmis par la Quatrième Race, comme nous transmettrons l'Ether, ou plutôt sa subdivision la plus grossière dans sa plénitude, à la sixième Race-Racine.

Le "Chaos" était qualifié de dépourvu de sens par les Anciens, parce que – Chaos et Espace étant synonymes – il représentait et contenait en lui-même tous les Eléments, dans leur Etat rudimentaire et non-différencié. Ils firent de l'Ether, ou cinquième Elément, la synthèse des quatre autres, car l'Ether des philosophes grecs n'était pas son résidu, quoiqu'en vérité ils en connussent plus que n'en sait maintenant la science sur ces résidus que l'on considère à juste titre comme l'agent opérateur de bien des forces qui se manifestent sur Terre. Leur Ether était l'Akâsha des Hindous ; l'Ether des physiciens n'est qu'une de ses subdivisions sur notre plan, la Lumière Astrale des Cabalistes avec tous ses effets, bons et mauvais.

L'Essence de l'Ether, ou l'Espace Invisible, était tenue pour divine parce qu'on la supposait être le Voile de la Divinité ; elle fut considérée comme l'Intermédiaire entre cette vie et la suivante. Les Anciens croyaient que lorsque les intelligences actives dirigeantes – les Dieux – se retiraient de n'importe quelle partie de l'Ether, dans notre Espace, ou des quatre royaumes qu'elles gouvernent, cette partie spéciale se trouvait livrée au mal ainsi appelé en raison de l'absence du bien.

L'existence de l'Esprit dans l'Intermédiaire commun, l'Ether, est niée par le Matérialisme, tandis que la Théologie en fait un Dieu Personnel. Mais le Cabaliste maintient que les uns et les autres ont tort et dit que dans l'Ether, les éléments ne représentent que la Matière, les Forces Cosmiques aveugles de la Nature ; tandis que l'Esprit représente l'Intelligence qui les dirige. Les doctrines cosmogoniques aryennes, hermétiques, orphiques et pythagoriciennes, aussi bien que celles de Sanchoniathon et de Bérose, sont toutes basées sur une formule irréfutable, à savoir, que l'Æther et le Chaos, ou, suivant le langage platonicien, le Mental et la Matière, étaient les deux principes primordiaux et éternels de l'Univers, entièrement indépendants de toute autre chose. Le premier était le principe intellectuel qui vivifie tout, tandis que le Chaos était un principe liquide, sans  "forme ni sens" ; et de leur union naquit l'Univers, ou plutôt le Monde Universel, la  première  Divinité  Androgyne  –  la  Matière  Chaotique  devenant  son Corps et l'Ether son Ame. Selon la phraséologie d'un fragment d'Hermias : "Le Chaos, par son union avec l'Esprit, obtenant des sens, rayonna de plaisir et ainsi fut créé Protogonos, la Lumière (Première Née). 79" [II 52] C'est la Trinité universelle, basée sur les conceptions métaphysiques des Anciens, qui, raisonnant par analogie, firent de l'homme, qui est un composé d'Intellect et de Matière, le Microcosme du Macrocosme ou Grand Univers 80.

79 Damascius, dans sa Théogonie, l'appelle Dis, "le dispensateur de toutes choses". CORY, Ancient Fragments, p. 314.

80 Isis Dévoilée, II, 31.

 

"La Nature a horreur du Vide", disaient les Péripatéticiens, qui, bien que Matérialistes dans leur genre, comprenaient peut-être pourquoi Démocrite et son maître Leucippe enseignèrent que les premiers principes de toutes choses contenues dans l'Univers étaient des Atomes et le vide. Ce dernier signifie tout simplement la Divinité ou Force latente qui, avant sa première manifestation – lorsqu'elle devint VOLONTE, qui communiqua la première impulsion à ces atomes – était le grand Néant, Ain Soph ou RIEN et, par conséquent, dans tous les sens, un Vide ou le CHAOS.

Ce Chaos, cependant, devint "l'Ame du Monde", selon Platon et les Pythagoriciens. Selon l'enseignement hindou, la Divinité, sous la forme de l'Æther ou de l'Akâsha, pénètre toutes choses. C'est pourquoi il fut appelé par les Théurgistes le "Feu Vivant", "l'Esprit de Lumière" et quelquefois "Magnès". Selon Platon, la plus haute Divinité construit elle-même l'Univers, dans la forme géométrique du Dodécaèdre et son "premier engendré" naquit du Chaos et de la Lumière Primordiale – le Soleil Central. Ce "Premier-Né", n'était cependant que l'agrégat de l'Armée des "Constructeurs", les premières forces constructrices appelées dans les Cosmogonies anciennes, les Anciens nés de l'Abîme ou Chaos et le "Premier Point". C'est, pour ainsi dire, le Tétragrammaton qui se trouve à la tête des Sept Séphiroths inférieurs. C'était aussi la croyance des Chaldéens. Philon, le Juif, parlant très inconsidérément des premiers instructeurs de ses ancêtres, écrivit ce qui suit :

Ces Chaldéens étaient d'avis que le Cosmos, au milieu des choses qui existent [?], est un simple Point, étant lui-même Dieu [Théos] ou renfermant Dieu en lu et contenant l'Ame de toutes choses 81.

81 "Migration of Abraham", 82.

 

Chaos, Théos et Cosmos ne sont que les trois aspects de leur synthèse – l'ESPACE. On ne saurait espérer résoudre jamais le mystère de ce Tétraktys, en se cramponnant à la lettre morte, même des vieilles philosophies, telles qu'elles existent actuellement. Mais, même dans celles- ci, CHAOS, THEOS, COSMOS = l'ESPACE sont identifiés de toute Eternité, comme formant l'Espace Unique Inconnu, dont le dernier mot ne sera peut-être jamais connu avant notre Septième Ronde. [II 53] Néanmoins, les allégories et les symboles métaphysiques au sujet du CUBE primordial et parfait sont remarquables, même dans les Pourânas exotériques.

Là aussi, Brahmâ est Théos, évoluant hors du Chaos ou du Grand "Abîme", les Eaux sur la face desquelles l'Esprit ou l'ESPACE personnifié par ayana [périodes] l'Esprit se mouvant sur la surface du Cosmos futur et sans bornes plane en silence durant la première heure du réveil. C'est aussi Vishnou dormant sur Ananta-Shesha, le grand Serpent de l'Eternité,  dont la Théologie Occidentale, ignorante de la Cabale, seule clef qui ouvre les secrets de la Bible, a fait – le Diable. C'est le premier triangle ou la triade Pythagoricienne, le Dieu aux trois aspects", avant sa transformation, par la quadrature parfaite du Cercle infini, en Brahmâ "aux quatre visages". "De celui qui est et cependant n'est pas, du Non-Etre, la Cause Eternelle, est né l'Etre, Pourousha", dit Manou le législateur.

Dans la mythologie égyptienne, Kneph, l'Eternel, Dieu Non-Révélé, est représenté sous l'emblème du serpent de l'Eternité enroulé autour d'un vase d'eau, la tête s'agitant au-dessus de l'eau qu'il féconde de son souffle. Dans ce cas le serpent est l'Agatho-daïmon, le Bon Esprit ; dans son aspect opposé c'est le Kako-daïmon, l'Esprit Mauvais. Dans les Eddas scandinaves, la rosée de miel, le fruit des Dieux et des laborieuses abeilles créatrices Yggdrasil, tombe durant les heures de la nuit, lorsque l'atmosphère est imprégnée d'humidité et dans les mythologies du Nord, comme principe passif de la création, elle typifie la création de l'Univers issu de l'Eau. Cette rosée est la Lumière Astrale dans l'une de ses combinaisons et possède des propriétés créatrices, aussi bien que destructives. Dans la légende chaldéenne de Bérose, Oannès ou Dagon, l'homme-poisson, instruisant le peuple, montre le Monde nouveau-né comme issu de l'Eau et tous les êtres comme sortant de cette Prima Materia. Moïse enseigne qu'il n'y a que la Terre et l'Eau  qui puissent donner naissance à une Ame Vivante et nous lisons dans les Ecritures que l'herbe ne pouvait pousser, jusqu'au moment où l'Eternel fit pleuvoir sur la Terre. Dans le Popol Vuh mexicain, l'homme est créé de boue ou d'argile (terre glaise), prise au fond de l'Eau. Brahmâ, assis sur son Lotus, ne crée le grand Mouni, ou premier homme, qu'après avoir appelé les esprits à la vie, qui eurent ainsi la priorité d'existence sur les mortels, et il le tire de l'Eau, de l'Air et de la Terre. Les alchimistes prétendent que la Terre primordiale ou préadamique, lorsqu'elle est réduite à sa  substance première, est, dans son stage second de transformation, comme de l'Eau claire, tandis qu'elle est, dans le premier, l'Alkahest proprement dit. Cette substance primordiale contient dit-on en soi l'essence de tout ce qui sert à édifier l'homme ; elle contient non seulement tous les éléments de son être physique, mais même le [II 54] "souffle de vie" à l'état latent et prêt à être éveillé. Elle tire celui-ci de l' "incubation" de "l'Esprit de Dieu" sur la surface des Eaux – le Chaos. En fait, cette substance est le Chaos lui- même. C'est d'elle que Paracelse prétendait pouvoir faire ses Homoncules et c'est pourquoi Thalès, le grand philosophe naturel, soutint que l'Eau était le principe de toutes choses dans la nature 82... Job dit que  les choses mortes sont formées au-dessous des Eaux,  ainsi  que  ses  propres habitants 83. Dans le texte original, au lieu de "choses mortes", il y a Rephaïm morts, les Géants ou les puissants Hommes Primitifs, d'où l'évolution fera peut-être descendre un jour notre race actuelle 84.

82 Chez les Grecs, les "Dieux des fleuves", tous les Fils de l'Océan Primordial – le Chaos sous son aspect masculin – étaient respectivement les ancêtres des races Hellènes. Pour eux l'océan était le Père des Dieux, de sorte que de ce côté ils avaient anticipé les théories de Thalès, comme Aristote le fait remarquer avec raison (Métaph., I, 3-5).

83 XXVI, 5.

84 Isis Dévoilée, I, 258.

 

"Dans l'état primordial de la création", dit la Mythologie des Hindous de Polier, "l'Univers rudimentaire, submergé dans l'eau, reposait dans le sein de Vishnou. Issu de ce chaos et de ces ténèbres, Brahmâ, l'architecte du monde, soutenu par une feuille de lotus, flotta [se mût] sur les eaux, incapable de discerner autre chose que l'eau et les ténèbres". Remarquant un aussi triste état de choses, Brahmâ, consterné, se dit à lui-même :   "Qui suis-je ? D'où suis-je venu ?" Il entendit alors une Voix 85 : "Dirigez vos pensées sur Bhagavat." Brahmâ, quittant sa position natatoire, s'assied sur le lotus dans une attitude de contemplation et réfléchit sur l'Eternel qui, satisfait par cette preuve de piété, disperse les ténèbres primordiales et ouvre sa compréhension. "Après cela Brahmâ sort de l'Œuf Universel [le chaos Infini] sous forme de Lumière, car sa compréhension est maintenant éveillée et il se met à l'œuvre. Il se meut sur les Eaux éternelles, ayant en lui l'esprit de Dieu et, dans son rôle de Moteur des Eaux, il est Vishnou ou Nârâyana."

C'est évidemment exotérique ; cependant, d'une façon générale, c'est aussi identique que possible avec la Cosmogonie égyptienne, qui, dans ses premières phrases, montre Athtor 86 ou la Nuit-Mère, représentant les ténèbres sans limites comme l'élément primordial recouvrant l'abîme infini, animé par l'Eau et par l'esprit universel de l'Eternel, habitant seul le Chaos. De même, dans les Ecritures juives, l'histoire de la [II 55] création commence avec l'Esprit de Dieu et son Emanation créatrice – une autre Divinité 87.

Le Zohar enseigne que ce sont les éléments primordiaux – la trinité du Feu, de l'Air et de l'Eau – les quatre points cardinaux et toutes les Forces de la Nature, qui forment collectivement la voix de la VOLONTE, Memrab ou le "Verbe", le Logos du TOUT Absolu et Silencieux.  "Le Point indivisible, sans limites et inconnaissable", s'étend sur l'espace et forme ainsi un Voile, la Mūlaprakriti de Parabrahman, qui cache ce Point Absolu.

Dans les Cosmogonies de toutes les nations, ce sont les "Architectes", synthétisés par le Démiurge, dans la Biblel'Elohim ou Alhim, qui façonnent le Cosmos du Chaos et qui sont le Théos collectif, mâle-femelle, Esprit et Matière. "Par une série (yom) de fondations (hasoth), l'Alhim fait naître la terre et le ciel 88." Dans la Genèse, c'est d'abord Alhim, ensuite Jahva-Alhim, et finalement Jéhovah – après la séparation des sexes, au quatrième chapitre. Il est à remarquer que nulle part, sauf dans les plus récentes, ou plutôt dans les dernières Cosmogonies de notre cinquième Race, on ne voit le NOM ineffable et indicible 89 – symbole de la Divinité Inconnue, dont on ne se servait que dans les MYSTERES – être employé à propos de la "Création" de l'Univers. Ce sont les Remueurs, les Moteurs, les Théoi (de θέειν, courir), qui procèdent au travail de la formation, les "Messagers" de la Loi Manvantarique, devenus maintenant dans le Christianisme de simples "Messagers" (Malachim). Il semble en avoir été de même dans l'Hindouisme et dans le Brahmanisme naissant, car dans le Rig Véda ce n'est pas Brahmâ qui crée, mais les Prajâpatis, les "Seigneurs de l'Etre" qui sont aussi les Richis ; le terme de Richi, selon le professeur Mahadeo Kunte, étant rattaché au mot mouvoir, conduire, qui leur est appliqué lorsque dans leur caractère terrestre, en qualité de Patriarches, ils conduisent leurs Armées sur les Sept Rivières.

85 L'Esprit, ou la Voix cachée des Mantras ; la manifestation active de la Force  latente  ou du pouvoir occulte.

86 Orthographe du Archaic Dictionary.

87 Nous ne parlons pas de la Bibleordinaire ou acceptée, mais des vraies Ecritures Juives qui sont maintenant expliquées à l'aide de la Cabale.

88 Voir la Genèse, II, 4.

 89 Il est "indicible" pour la simple raison qu'il n'existe pas. Ce ne fut jamais ni un nom ni un mot mais une idée impossible à exprimer. On en créa une représentation dans le siècle qui précéda notre ère.

90 Dieu. (N.d.T.)

91 Bien ou Bon. (N.d.T.)

 

En outre, le mot "Dieu" lui-même, au singulier, embrassant tous les Dieux ou Theoi, est parvenu aux nations d'une civilisation "supérieure" d'une étrange source, une source aussi complètement et aussi extraordinairement phallique que l'est le Lingham Indien dans sa franchise brutale. L'idée [II 56] de faire dériver le mot God 90 du synonyme Anglo- Saxon Good 91 est abandonnée, car dans aucune autre langue, depuis le Khoda persan jusqu'au Deus latin, on n'a trouvé d'exemple du nom de Dieu dérivé de la qualité de Goodness (Bonté). Pour les races latines, il vient de l'Aryen Dyaus (le Jour) ; pour les Slaves du Bacchus grec (Bagh-Bog) et pour les races saxonnes directement de l'hébreu Yod ou Jod. Ce dernier est י, la lettre-chiffre 10, mâle et femelle, et Yod est le crochet phallique. De là vient le saxon Godh, le Gott Germanique et le God anglais. On peut dire que ce terme symbolique représente le Créateur de l'Humanité Physique sur le plan terrestre, mais sûrement il n'a rien à faire avec la Formation ou "Création" tant de l'Esprit que des Dieux ou du Cosmos.

Chaos – Théos – Cosmos, la Triple Divinité est tout dans tout. C'est pourquoi l'on dit qu'elle est mâle et femelle, bonne et mauvaise, positive et négative ; toute la série des qualités contraires. Lorsqu'elle est latente, en Pralaya, elle est inconnaissable et devient la Divinité impossible à concevoir. Elle ne peut être connue que dans ses fonctions actives, par conséquent comme Force-Matière et comme Esprit vivant, corrélations et résultat, ou expression, sur le plan visible, de l'Unité ultime et à jamais inconnue.

A son tour, cette Triple Unité est l'auteur des Quatre éléments Primaires 92 qui sont connus, dans notre Nature terrestre visible, comme les sept (jusqu'à présent les cinq) Eléments, divisibles chacun en quarante- neuf – sept fois sept – sous-éléments, parmi lesquels la Chimie en connaît à peu près soixante-dix. Chaque Elément Cosmique, tel que le Feu, l'Air, l'Eau et la Terre, ayant sa part des qualités et des défauts de ses Primaires, est, par sa nature, Bien et Mal, Force ou Esprit et Matière, etc., et chacun, par suite, est en même temps Vie et Mort, Santé et Maladie, Action et Réaction. Ils forment constamment de la Matière, sous l'impulsion incessante de l'Elément Unique, de l'Inconnaissable, représenté dans le monde des phénomènes par l'Æther. Ce sont "les Dieux immortels qui donnent la naissance et la vie à tout".

Dans les Ecrits philosophiques de Salomon Ben Yehudah Ibn Gebirol, il est dit, au sujet de la formation de l'Univers : [II 57]

  1. Yehudah commença ainsi, écrit-on : "Elohim dit : qu'il y ait un firmament au milieu des eaux" (Genèse, I, 6). Venez voir : Lorsque le Très Saint... créa le monde. Il créa 7 cieux en Haut. Il créa 7 terres en Bas, 7 mers, 7 jours, 7 fleuves, 7 semaines, 7 années, 7 époques et 7.000 années durant lesquelles le monde a existé. Le Saint est dans le septième de tout (le millenium) 93.

Outre que ceci a une étrange ressemblance avec la Cosmogonie des Pourânas 94, cela corrobore tous nos enseignements touchant le nombre sept, comme ils sont brièvement exposés dans le Bouddhisme Esotérique.

 92 Le Tabernacle Cosmique de Moïse, érigé par lui dans le Désert, était carré et représentait les quatre Points Cardinaux et les quatre Eléments, comme Josèphe l'explique à ses lecteurs (Antiq., I, VIII, ch. II). L'idée avait été tirée des pyramides d'Egypte et de celles de Tyr, où les pyramides devinrent des piliers. Les Génies, ou Anges, habitent respectivement ces quatre points.

93 Qabbalah d'Isaac Myer, publiée en 1888, p. 415.

94 Comme, par exemple, dans Vishnou Pourâna, livre I-1.

 

Les Hindous ont une interminable série d'allégories pour exprimer cette idée. Dans le Chaos Primordial, avant qu'il n'ait été transformé en Sapta Samoudra ou les Sept Océans emblème des Sept Gounas ou qualités conditionnées, composées de Trigounas (Sattva, Rajas et Tamas) – se trouvent à l'état latent Amrita, ou l'Immortalité, ainsi que Visha ou le Poison, la Mort, le Mal. Cela se retrouve dans le Barattement allégorique de l'Océan par les Dieux. Amrita est au-dessus de tous les Gounas, car elle est non-conditionnée, per se ; mais dès qu'elle fut tombée dans la création phénoménale, elle se mêla au Mal, au Chaos, renfermant Théos à l'état latent, avant que le Cosmos ne fût évolué. C'est pourquoi nous voyons Vishnou, qui est la personnification de la Loi Eternelle, appelant périodiquement le Cosmos à l'activité, ou, suivant la phraséologie allégorique, extrayant par barattement de l'Océan Primitif, ou du Chaos Sans Bornes, l'Amrita de l'Eternité réservée uniquement aux Dieux et aux Dévas et, dans l'accomplissement de sa tâche, il doit employer Nâgas et Assouras, ou les Démons de l'hindouisme exotérique. L'allégorie tout entière est hautement philosophique et, en effet, nous la trouvons reproduite dans tous les antiques systèmes de philosophie. Nous la trouvons, par exemple, dans Platon qui, ayant pleinement embrassé les idées que Pythagore avait rapportées de l'Inde, les compila et les publia sous une forme plus compréhensible que le mystérieux système numérique originel du Sage Grec. Ainsi le Cosmos, chez Platon, est le "Fils" ayant pour Père et Mère la Pensée Divine et la Matière95.

"Les Egyptiens", dit Dunlap, "établissaient une distinction entre un Horus Aîné et un Cadet ; le premier était le frère d'Osiris, le second le fils d'Osiris et d'Isis 96." Le premier représente l'Idée du Monde restant dans le Mental du Démiurge "né dans les Ténèbres avant la Création du Monde". [II 58] Le second Horus est cette "Idée" rayonnant du Logos, se revêtant de matière et assumant une existence réelle 97.

Les Oracles chaldéens parlent du "Dieu du Monde, éternel, sans bornes, jeune et vieux, de forme ondoyante" 98. Cette "forme ondoyante" est une métaphore pour exprimer le mouvement vibratoire de la Lumière Astrale que les prêtres anciens connaissaient parfaitement, bien que le nom "Lumière Astrale" ait été inventé par les Martinistes.

La Science moderne

95 PLUTARQUE, De Iside et Osiride, LVI.

96 Vestiges of the Spirit History of Man, par S.F. Dunlap, p. 189 (1858).

97 MOVERS, Phoinizer, 268.

98 CORY, Ancient Fragments, 240.

montre avec mépris du doigt la superstitieuse Cosmolâtrie. Cette science, cependant, avant d'en rire, devrait, comme le lui conseillait un savant français, "réformer complètement son propre système d'éducation cosmo-pneumatologique". Satis eloquentiae, sapientiae parum ! [Beaucoup de mots, mais peu de sens.] La Cosmolâtrie, comme le Panthéisme, dans son expression finale, peut être considérée comme employant les termes mêmes dont se servent les Pourânas pour décrire Vishnou :

Il n'est que la cause idéale des pouvoirs qui doivent être produits dans l'œuvre de la création et de lui procèdent les pouvoirs qui doivent être créés, après qu'ils sont devenus la cause réelle. A l'exception de cette cause idéale, il n'en existe aucune à laquelle on puisse rapporter le mot... Par le pouvoir de cette cause toute chose créée survient par sa nature propre 99.

 99 Vishnou Pourâna, I-66.

 [II 59]

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bon.christo@free.fr (Super User) LA DOCTRINE SECRETE VOL 2 Fri, 16 Jan 2015 19:11:53 +0000
SECTION V - LA DIVINITE CACHEE, SES SYMBOLES ET SES GLYPHES https://m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-2/136-section-v-la-divinite-cachee-ses-symboles-et-ses-glyphes https://m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-2/136-section-v-la-divinite-cachee-ses-symboles-et-ses-glyphes

SECTION V

LA DIVINITE CACHEE, SES SYMBOLES ET SES GLYPHES

 

Le Logos, ou Divinité Créatrice, le "Verbe fait Chair" de toute religion, doit être suivi jusqu'à sa source et son Essence primordiales. Aux Indes,  c'est  un  Protée  dont  chacune  des  transformations  personnelles a 1.008 noms et aspects divins, depuis  Brahmâ-Pourousha, jusqu'aux Avatars divino-humains, en passant par les Sept Richis divins et les Sept Prajâpatis Semi-divins qui sont aussi des Richis. Le même problème énigmatique de "l'Un en plusieurs" et de la multitude en Un se retrouve dans d'autres Panthéons ; ceux des Egyptiens, des Grecs et des Judéo- Chaldéens, ces derniers ayant augmenté encore la confusion en représentant leurs Dieux comme des evhémérisations, sous formes de Patriarches. Et ces Patriarches sont aujourd'hui acceptés par ceux qui écartent Romulus comme un mythe et sont représentés comme des Entités vivantes et historiques. Verbum satis sapienti ! [Un mot suffit au sage.]

Dans le Zohar, Ain-Soph est aussi l'Un, l'Infinie Unité. Quelques-uns parmi les plus érudits des Pères de l'Eglise savaient aussi que Jéhovah n'était pas le Dieu "le plus haut" mais une Puissance de troisième ordre. Mais tout en se plaignant amèrement des Gnostiques et en disant : "nos Hérétiques croient... que PROPATOR n'est connu que du fils SEUL ENGENDRE 100 (qui est Brahmâ), c'est-à-dire du Mental [Nous]", Irénée omit de dire que les Juifs en faisaient autant dans leurs véritables livres secrets. Valentin, "le plus profond docteur de la Gnose" était d'avis "qu'il avait existé, avant Bythos [le premier Père de l'insondable nature qui est le Second Logos] un Aiôn parfait appelé Propatôr". C'est cet AION qui jaillit comme un Rayon d'Ain-Soph, qui ne crée pas et c'est cet Aiôn qui crée ou plutôt, par l'intermédiaire de qui tout est créé ou évolue. Car, ainsi que l'enseignèrent les Basilidiens, "il y avait un Dieu Suprême, Abrasax par qui fut créé le Mental [Mahat, en Sanskrit ; Nous, en Grec]. Du Mental procéda le Verbe, Logos ; du Verbe, la Providence [ou plutôt la Lumière Divine] ; puis de celle-ci la Vertu et la Sagesse, en [II 60] Principautés, Pouvoirs, Anges, etc. "Par ces Anges furent créés les 365  Æons." En vérité, parmi les moins hauts et parmi ceux qui firent ce monde, Basilides place au dernier rang le Dieu des Juifs, qu'il refuse [avec raison] d'admettre comme Dieu et qu'il affirme être un des Anges."

100 De même, Mūlaprakriti n'est connue que d'Ishvara, le Logos, comme l'appelle T. Subba Row.

 

Nous trouvons donc ici le même système que dans les Pourânas où l'Incompréhensible laisse tomber une Semence, qui devient l'Œuf d'Or d'où sort Brahmâ. Brahmâ produit Mahat, etc. Cependant la vraie Philosophie Esotérique ne parle ni de "création" ni "d'évolution", dans le sens que les religions exotériques donnent à ces mots. Tous ces Pouvoirs personnifiés ne sont pas évolués les uns des autres, mais sont autant d'aspects de l'unique et seule manifestation du TOUT ABSOLU.

Le même système que celui des Emanations Gnostiques prévaut dans les aspects Séphirotiques d'Ain-Soph, et comme ces aspects sont dans l'Espace et le Temps, un certain ordre est maintenu dans leurs apparitions successives. Il devient donc impossible de ne pas tenir compte des grands changements que le Zohar a subis par suite de la manipulation de la part de maintes générations de Mystiques Chrétiens. Car même dans la métaphysique du Talmud, la "Face Inférieure", "l'Apparence Moindre", ou Microprosopus, ne pouvait jamais être placée sur le même plan d'idées abstraites que la Supérieure ou "Apparence Majeure", ou Macroprosopus. Ce dernier est, dans la Cabalechaldéenne, une pure abstraction, le Verbe ou LOGOS, ou, en Hébreu, DABAR : lequel Verbe, bien qu'il devienne en fait un nombre pluriel, ou "Verbes", D (a) B (a) R (i) M, lorsqu'il se réfléchit lui-même, on tombe jusqu'à l'aspect d'une Légion (d'Anges ou de Séphiroth – le "Nombre") n'en est pas moins collectivement UN et sur le plan idéal un zéro, 0, "Rien". Il est sans forme ou être, "ne ressemblant à rien d'autre 101". Philon lui-même appelle le Créateur, le LOGOS, qui vient juste après Dieu, le "SECOND DIEU" lorsqu'il parle du "Second Dieu qui est sa SAGESSE à lui [le Dieu Supérieur] 102". La Divinité n'est pas Dieu. Elle est le RIEN et les TENEBRES. Elle n'a point de nom et c'est pourquoi elle est appelée Ain-Soph, le mot "Ayin signifiant rien 103". Le "Dieu Supérieur", le Logos Non-Manifesté, est Son Fils.

 101 FRANCK, La Cabbale, Paris, 1843.

102 PHILON, Quœst. et Solut.

103 FRANCK, Op. Cit., 153. Voir aussi Section 12, "La Théogonie des Dieux Créateurs".

 

La plupart des systèmes Gnostiques qui nous sont parvenus, mutilés comme ils le sont par les Pères de l'Eglise, ne [II 61] sont aussi rien de mieux que les coques défigurées des spéculations originales. Ils n'ont, du reste, jamais été ouverts au public, ou au lecteur ordinaire : car si leur signification cachée ou leur ésotérisme avait été révélés ce n'aurait plus été un enseignement ésotérique et cela ne pouvait être. Marcus, le chef des Marcosiens, qui vécut au milieu du deuxième siècle, et qui enseigna que la divinité devait être étudiée sous le symbole de quatre syllabes, révéla au public plus de vérités ésotériques qu'aucun autre Gnostique. Mais lui- même ne fut jamais bien compris. Car ce n'est qu'à la surface, ou en s'en tenant à la lettre morte de sa Révélation qu'il semble que Dieu soit un Quaternaire, à savoir, "l'Ineffable, le Silence, le Père et la Vérité", puisqu'en réalité c'est tout à fait erroné et ne divulgue qu'une énigme ésotérique de plus. Cet enseignement de Marcus fut celui des premiers Cabalistes et c'est le nôtre. Car il fait de la divinité le Nombre 30, en quatre syllabes, ce qui, traduit ésotériquement, signifie une Triade, ou un Triangle et un Quaternaire, ou Carré, sept en tout, qui, sur le plan inférieur, ont constitué les sept lettres divines, ou secrètes, dont est composé le nom de Dieu. Cela exige une démonstration. Dans sa Révélation, en parlant des mystères divins exprimés au moyen de lettres et de nombres, Marcus raconte comment la "Tétrade Suprême descendit" jusqu'à lui, "de la région qui ne peut être ni vue ni nommée, sous une forme féminine, parce que le monde eût été incapable de supporter son apparition sous une forme masculine" et comment elle lui révéla "la génération de l'univers qui n'avait jamais été révélée auparavant, ni aux Dieux ni aux hommes".

La première phrase renferme déjà un double sens. Pourquoi une apparition féminine serait-elle supportée ou écoutée par le monde plus facilement qu'une forme masculine ? Au premier abord, cela paraît un non- sens. Mais pour celui qui connaît la Langue des Mystères, c'est tout à fait clair et simple. La Philosophie Esotérique, ou Sagesse Secrète, était symbolisée par une forme féminine, tandis qu'une forme masculine représentait le Mystère Non Dévoilé. C'est pourquoi le monde, n'étant pas prêt à le recevoir, ne pouvait pas le supporter, et la Révélation de Marcus devait être donnée allégoriquement. C'est ainsi qu'il écrit :

Lorsque d'abord son père [de la tétrade] ;... l'Inconcevable, le Sans-être, le Sans-sexe [l'Ain-Soph cabalistique], désira que Son Ineffable [le  Premier Logos, ou Æon] naquît, et que Son Invisible se revêtît d'une forme, Sa bouche s'ouvrit et prononça le Verbe comme pour Lui-même. Ce Verbe [Logos] se tenant à côté Lui montra ce qu'Il était, se manifestant sous la forme de l'Invisible Unique. Le Nom [Ineffable] fut émis [par le Verbe] de la façon suivante. Lui [le Logos Suprême] prononça le premier Mot de [II 62]  Son Nom... qui était une combinaison [syllabe] de quatre éléments [lettres]. Puis la seconde combinaison, composée aussi de quatre éléments, fut ajoutée. Enfin la troisième, composée de dix éléments, et ensuite la quatrième, contenant douze éléments, furent prononcées. L'émission du nom entier comprenait donc trente éléments et quatre combinaisons. Chaque élément a ses propres lettres, son caractère particulier,  sa prononciation, ses groupements et ses similitudes ; mais aucun d'eux ne perçoit la forme de ce dont il est l'élément, ni ne comprend la parole de son voisin mais ce que chacun prononce lui-même, comme s'il articulait tout [ce qu'il peut], il trouve bon de l'appeler le tout... Et ce sont ces sons qui en forme manifestent l'Æon Sans-Etre et Sans-Génération et ce sont ces formes que l'on appelle les Anges qui regardent sans cesse la Face du Père 104 [le Logos, "le Second Dieu" qui se tient juste après Dieu "l'Inconcevable" selon Philon] 105.

 104 D'après les Chrétiens, les "Sept Anges de la Face".

105 Philosophumena, VI, 42.

 

C'est aussi clair que le permettait le secret ésotérique antique. C'est aussi Cabalistique, quoique moins voilé, que le Zohar, dans lequel les noms ou attributs mystiques sont aussi des mots de quatre, de douze, de quarante-deux et même de soixante-douze syllabes ! La Tétrade montre à Marcus la VERITE sous la forme d'une femme nue et désigne par une lettre chacun des membres de cette forme, appelant sa tête ΑΩ, son cou ΒΨ, ses épaules et ses mains ΓΧ, etc. On reconnaît facilement en elle Séphira ; la tête, ou Couronne, Kether, portant le numéro 1 ; le cerveau, ou Chokmah, 2 ; le cœur, ou Intelligence, Binah, 3 et les sept autres Séphiroth représentant les membres du corps. L'Arbre Séphirothal est l'Univers, et, en Occident, il est personnifié par Adam Kadmon, comme par Brahmâ en Inde.

Partout les Dix Séphiroth sont représentés comme divisés en Trois supérieurs, ou la Triade spirituelle, et en un Septénaire inférieur. La vraie signification ésotérique du nombre sacré Sept, quoique soigneusement voilée dans le Zohar, est trahie par la double façon d'écrire l'expression, "Au commencement", ou Be-rasheeth et Be-raishath, ce dernier mot signifiant "la Sagesse Supérieure, ou la plus haute". Comme l'ont démontré

  1. L. Mac-Gregor Mathers 106 et Isaac Myer 107, chacun de ces cabalistes s'appuyant sur les meilleures autorités antiques, ces mots ont une signification double et secrète. Braisheeth barah Elohim signifie que les six, au-dessus desquels se tient la septième Séphira, appartiennent à la classe inférieure et matérielle, ou, comme le dit l'auteur : "Sept... [II 63] sont appliqués à la Création Inférieure et Trois à l'Homme Spirituel, le Prototypique Céleste Adam ou Premier Adam."

Lorsque les Théosophes et les Occultistes disent que Dieu n'est pas un ETRE, car Ce n'est Rien, AUCUNE CHOSE, ils sont plus révérencieux et religieusement respectueux envers la Divinité, que ceux qui appellent Dieu IL, et font, par conséquent, de Lui Un MALE gigantesque.

Celui qui étudie la Cabaledécouvrira bientôt la même idée dans la pensée finale de ses auteurs, les premiers et grands initiés hébreux, qui reçurent cette Sagesse Secrète à Babylone des Hiérophantes Chaldéens, comme Moïse acquit la sienne en Egypte. Le système du Zohar ne peut être bien jugé par ses traductions latines et autres, alors que toutes ses idées ont été adoucies et conformées aux idées et à la politique des adaptateurs chrétiens ; car ses idées originales sont identiques à celles de tous ces autres systèmes religieux. Les différentes Cosmogonies démontrent que l'Ame Universelle 108 était considérée par chaque nation archaïque comme le "Mental" du Créateur Démiurge, et qu'elle fut appelée la Mère, Sophia ou la Sagesse féminine, par les Gnostiques, Séphira par les Juifs, Saravasti ou Vâch par les Hindous : le Saint-Esprit étant aussi un Principe féminin.

 106 The Kabbalah Unveiled, 47.

107 Qabbalah, 233.

108 Dans l'édition de 1888 la phrase est la suivante : "L'âme archaïque Universelle était considérée par chaque nation."

 

Par conséquent, le Kurios ou Logos né d'elle, était, chez les Grecs, le "Dieu, le Mental" (Nous). "Koros (Kurios)... [signifie] la nature pure et sans mélange de l'intellect [Sagesse]", dit Platon, dans Cratyle, et Kurios est Mercure, (Mercurios, Mar Kurios), la Sagesse Divine et "Mercure est Sol [le Soleil] 109", de qui Thot-Hermès reçut cette Sagesse Divine. Aussi tandis que les Logoï de tous les pays et de toutes les religions sont corrélatifs, sous leurs aspects sexuels, avec l'Ame féminine du Monde ou du "Grand Abîme", la Divinité dont sont issus ces Deux en Un est toujours cachée et appelée l'Un Caché et n'est reliée  qu'indirectement  à  la "Création 110", parce qu'elle ne peut agir que par l'entremise de la Force Double qui émane de l'Essence Eternelle. Esculape, lui-même, qu'on a nommé le "Sauveur de tous", est identique, selon les anciens écrivains classiques, au Ptah égyptien, l'Intellect créateur ou Sagesse Divine et à Apollon. Baal, Adonis et Hercule 111, et Ptah, sous l'un de ses aspects, est "l'Anima Mundi", l'Ame Universelle de Platon, "l'Esprit [II 64] Divin des Egyptiens, le "Saint-Esprit" des premiers Chrétiens et des Gnostiques, l'Akâsha des Hindous et, même, sous son aspect inférieur, la Lumière astrale. Car Ptah était originairement le "Dieu des Morts", celui dans le sein duquel ils étaient reçus, d'où les Limbes des Chrétiens Grecs ou la Lumière Astrale. Ce fut beaucoup plus tard que l'on classa Ptah parmi les Dieux Solaires, son nom signifiant "celui qui ouvre", car il est représenté comme étant le premier à dévoiler la face de la momie morte et à appeler l'Ame à la vie dans son sein 112. Kneph, l'Eternel Non-Révélé,  est représenté par l'emblème du serpent de l'éternité entourant un vase  d'eau, la tête se mouvant sur les "Eaux" qu'il féconde de son souffle, ce qui est une autre forme de l'unique idée originale des "Ténèbres" avec son Rayon se mouvant sur les Eaux, etc. Comme "Ame du Logos", cette permutation est appelée Ptah ; comme Logos-Créateur, elle devient Imhotep, son fils, le "Dieu au beau visage". Dans leurs caractères primitifs, ces deux-là étaient la première Duade Cosmique, Noot, l'Espace ou "Ciel" et Noon, les "Eaux Primordiales", l'Unité Androgyne, au-dessus de laquelle était le SOUFFLE Caché de Kneph. Et on leur consacrait, à tous, les animaux et les plantes aquatiques, l'ibis, le cygne, l'oie, le crocodile et le lotus.

 109 ARNOBE, VI, XII.

110 Nous employons le terme dans l'acception qui est consacrée par l'usage et qui est, par conséquent, plus compréhensible pour le lecteur.

111 Voir DUNLAP, Sôd ; "The Mysteries of Adoni", 23.

112 Musée de Boulaq de Maspéro.

 

Revenant à la Divinité Cabalistique, cette Unité Cachée est donc Ain- Soph (ףוס ןיא) Τὸ πάν, τὸ ὰ̉πειρον [le tout, l'infini]), Sans Fin, Sans Bornes, Non-Existant tant que l'Absolu est contenu en Oulom 113, le Temps Sans- Bornes et sans limites ; comme tel, Soph ne peut être ni le Créateur, ni le Modeleur de l'Univers, ni même Aur (la Lumière). Par conséquent, Ain- Soph est aussi l'Obscurité. L'infini immuable et le Sans-Bornes absolu ne peuvent ni vouloir, ni penser, ni agir. Pour le faire, il faut devenir Fini et cela il l'accomplit en faisant pénétrer son Rayon dans l'Œuf du Monde, ou Espace Infini, et en en sortant comme un Dieu Fini. Tout cela est laissé au Rayon qui est latent dans l'Un. Lorsque le moment arrive, la volonté absolue déploie naturellement la Force qui est en elle, selon la Loi dont elle est l'Essence intérieure et finale. Les Hébreux n'adoptèrent pas l'Œuf comme symbole, mais ils le remplacèrent par les "Doubles Cieux", car, traduite correctement, la phrase "Dieu créa les Cieux et la Terre" devrait être rendue ainsi : "Dans et en dehors de son essence, comme [II 65] Matrice [l'Œuf du Monde], Dieu créa les Deux Cieux". Les Chrétiens, cependant, ont choisi la Colombe, l'oiseau et non l'œuf, comme symbole de leur Saint-Esprit.

113 Chez les anciens Juifs, comme l'a démontré Le Clerc, le mot Oulom signifiait tout simplement un temps dont le commencement et la fin n'étaient pas connus. A proprement parler, le mot "Eternité" n'avait pas dans la langue Hébraïque la signification que les Védantins attachent, par exemple, à Parabrahman.

 

"Quiconque acquiert la connaissance de Houd (דוח), de la Mercabah et du Lahgash [langue ou incantation secrète], apprend le secret des secrets". La signification de Lahgash est presque identique à celle de Vâch, la puissance cachée des Mantras.

Lorsque la période active est arrivée, Séphira, le Pouvoir actif, appelé le Point Primordial et la Couronne, Kether, jaillit de l'éternelle essence d'Ain-Soph. Ce n'est que par son entremise que la "Sagesse Sans-Bornes" pouvait donner une forme concrète à la Pensée abstraite. Deux côtés du Triangle supérieur, par lequel l'Essence ineffable et son corps manifesté, l'Univers, sont symbolisés, le côté droit et la base sont composés de lignes continues, le troisième côté, le gauche, est en pointillé. C'est à travers ce dernier qu'émerge Séphira. Se répandant dans toute direction, elle entoure finalement le Triangle entier. Dans cette émanation, la triple Triade est formée. De la Rosée invisible qui tombe de l'Uni-Triade supérieure, la "Tête" – ne laissant ainsi que sept Séphiroth – Séphira crée les Eaux Primordiales, ou, en d'autres termes, le Chaos prend forme. C'est la première étape vers la solidification de l'Esprit qui, à la suite de diverses modifications, produira la Terre. "Il faut, dit Moïse, de la terre et de l'eau pour faire une âme vivante." Il faut l'image d'un oiseau aquatique pour la relier à l'Eau, l'élément féminin de la procréation, à l'œuf et à l'oiseau qui le féconde.

Lorsque Séphira émerge comme Pouvoir Actif hors de la Divinité Latente, elle est femelle ; lorsqu'elle prend le rôle d'un Créateur, elle devient mâle ; par suite elle est androgyne. Elle est le "Père et la Mère, Aditi" de la Cosmogonie Hindoue et de la DOCTRINE SECRETE. Si les plus anciens écrits Hébreux avaient été conservés, l'adorateur moderne de Jéhovah aurait trouvé que les symboles du Dieu créateur étaient multiples et malséants. La grenouille dans la lune, emblème typique de son caractère générateur, était le plus fréquent. Tous les oiseaux et les animaux que la Bibleappelle maintenant "impurs", ont été dans les anciens temps les symboles de cette Divinité. Un masque d'impureté leur était imposé pour les protéger contre la destruction, et cela parce qu'ils étaient trop sacrés. Le serpent d'airain n'a rien de plus poétique que le cygne ou l'oie, si l'on doit prendre les symboles à la lettre.

Suivant les termes employés dans le Zohar :

Le Point Indivisible, qui n'a pas de limites et qui ne peut être compris à cause de Sa pureté et de Son éclat, se dilata de l'extérieur, [II 66] donnant naissance à une splendeur qui servit de Voile au Point Indivisible ; [cependant ce voile, lui aussi] ne pouvait être contemplé à cause de Sa Lumière infinie. Lui aussi se dilata de l'extérieur et cette expansion forma son Vêtement. Ainsi, par une succession de soulèvements [mouvements], le monde finit par prendre naissance 114.

114 Zohar, Partie I, fol. 20 a.

 

La substance spirituelle qui jaillit de la lumière infinie est la première Séphira ou Shekinah. Séphira, exotériquement, contient en elle-même les neuf autres Séphiroth ; ésotériquement, elle n'en contient que deux, Chokmah ou la Sagesse, "pouvoir masculin actif dont le nom divin est Jah (הי)" et Binah ou l'Intelligence, pouvoir féminin passif, représenté par le nom divin de Jéhovah (הוהי). Ces deux pouvoirs forment, avec Séphira comme troisième, la Trinité Juive, ou la Couronne, KETHER. Ces deux Séphiroth appelés Abba, Père et Amona, Mère, sont la Duade ou le Logos bisexué, de qui sortirent les sept autres Séphiroth. Ainsi, la  première Triade Juive (Séphira, Chokmah et Binah) est la Trimourti Hindoue 115. Quelque voilé qu'il soit, même dans le Zohar et encore plus dans le Panthéon exotérique de l'Inde, chaque détail qui se rapporte à l'un est reproduit dans l'autre. Les Prajâpatis sont les Séphiroth. Dix avec Brahmâ, ils ne sont plus que sept lorsque la Trimourti, ou la Triade Cabalistique, est séparée du reste. Les sept Constructeurs (ou Créateurs) deviennent les sept Prajâpatis, ou les sept Richis dans le même ordre que les Séphiroth deviennent les Créateurs, puis les Patriarches, etc. Dans les deux Systèmes Secrets, l'Essence Unique Universelle est incompréhensible et inactive dans son état Absolu et ne peut être reliée à la construction de l'Univers que d'une façon indirecte. Dans tous deux, le Principe primordial Mâle- Femelle, ou Androgyne, et ses dix et sept Emanations – Brahmâ-Virâj et Aditi-Vâch d'une part et l'Elohim-Jéhovah, ou Adam-Adami (Adam- Kadmon) et Séphira-Eve d'autre part, avec leurs Prajâpatis et leurs Séphiroth – représentent, dans leur totalité, en premier lieu l'Homme Archétype, le Protologos et ce n'est que sous leurs aspects secondaires qu'ils deviennent des pouvoirs Cosmiques et des corps astronomiques ou sidéraux. Si Aditi est la Mère des Dieux, Déva-Matri, Eve est la Mère de Tous les Vivants : toutes les deux sont la Shakti, ou Pouvoir Générateur, de "l'Homme Céleste" sous son aspect féminin et toutes les deux sont aussi des Créateurs complexes. Une Gouptâ Vidyâ Soutra dit : [II 67]

Au commencement, un Rayon jaillissant de Paramârthika [l'unique et seule Vraie Existence] se manifesta en Vyâvahârïka [l'existence conditionnelle], qui fut employé comme Vâhan pour descendre dans la Mère Universelle et l'amener à se dilater [se gonfler, brih].

115 Dans le Panthéon indien, le Logos bisexué est Brahmâ, le Créateur dont les "fils nés du Mental" sont les Richis primordiaux les Constructeurs.

Et il est dit dans le Zohar :

 L'Unité Infinie, sans forme et sans similitude, après que la Forme de l'Homme Céleste fut créée, s'en servit. La Lumière Inconnue 116 [Obscurité] se servit de la Forme Céleste עילאה םדא – Adam-Ilaäh comme d'un Chariot ( הבכרמ – Mercabah) au moyen duquel elle descendit et désira être appelée par le nom de cette Forme, qui est le nom sacré de Jéhovah.

Et le Zohar dit encore, plus loin :

Au commencement fut la Volonté du Roi, antérieure à toute autre existence... Elle [la Volonté] esquissa la forme de toutes choses qui avaient été cachées, mais qui maintenant apparurent. Et comme un secret caché, il jaillit de la tête d'Ain-Soph une nébuleuse étincelle de matière, sans contours, ni forme... La vie est tirée d'en bas et la source se renouvelle par en haut, la mer est toujours pleine et étend partout ses eaux.

La Divinité est ainsi comparée à une mer sans rivages, à l'Eau qui est la "fontaine de la vie 117". Le septième palais, la fontaine de vie, est le premier en commençant par en haut 118. De là vient le dogme Cabalistique que nous trouvons sur les lèvres du très cabalistique Salomon, qui dit dans les Proverbes : "La sagesse a construit sa maison ; elle a façonné ses sept piliers 119."

D'où viendrait donc toute cette identité d'Idées, s'il n'y avait pas en une Révélation Universelle Primordiale ? Les quelques points présentés jusqu'ici ne sont que quelques brins de paille arrachés à une meule, en comparaison de ce que l'on expliquera dans la suite de l'ouvrage. Si nous nous reportons à la Cosmogonie Chinoise, la plus brumeuse de toutes, là aussi nous trouvons la même idée. Tsi-Tsai, le Soi-Existant, est l'Obscurité inconnue, la racine du Wu-liang-sheu (l'Age sans Bornes) ; ce n'est que plus tard que vinrent Amitâbha et Tien [II 68] (le Ciel). Le "grand Extrême" de Confucius donne la même idée, malgré ses "pailles". Ces dernières amusent beaucoup les missionnaires, qui se moquent de toute religion "païenne", méprisent et détestent celle de leurs frères chrétiens appartenant à d'autres dénominations et cependant, tous tant qu'ils sont, acceptent littéralement leur propre Genèse.

Si nous examinons la Cosmogonie chaldéenne, nous y trouvons Anou, la Divinité Cachée, l'Unique, dont le nom seul indique l'origine sanscrite, car Anou, en sanscrit, signifie atome, anîyâmsam-anîyâsâm (le plus petit des petits) étant un nom de Parabrahman dans la philosophie Vedanta où Parabrahman est représenté comme plus petit que le  plus petit atome et plus grand que le plus grand globe ou univers, Anagranîyas et Mahatorouvat 120. Dans les premiers versets de la Genèse Akkadienne, comme on l'a découverte dans les textes cunéiformes, sur les carreaux babyloniens ou Lateres Coctiles et comme elle a été traduite par George Smith, nous trouvons Anou, la Divinité Passive ou Ain-Soph ; Bel, le créateur, l'esprit de Dieu (Séphira) se mouvant sur la Surface des Eaux, par conséquent l'Eau elle-même et Hea, l'Ame universelle ou la sagesse des trois réunis.

116 Rabbi Siméon dit : "Camarades, l'homme, comme émanation, était en même temps homme et femme, était autant du côté du "Père" que du côté de la "Mère". Et telle est la signification des mots : "Et Elohim dit : Que la lumière soit et la Lumière fut",… et c'est l'homme double." (Auszüge aus dem Sohar, 13, 15.) Par conséquent, la lumière, dans la Genèse, représente le rayon androgyne, ou "l'Homme Céleste".

117 Zohar, III, 290.

118 Op. cit., II, 261.

119 IX, I.

120 Le plus grand des grands.

 

Voici les huit premiers versets :

  1. Lorsqu'en haut les cieux n'étaient pas créés.
  2. Et qu'en bas, sur la terre, pas une plante n'avait poussé.
  3. Les abîmes n'avaient pas encore rompu leurs bornes.
  4. Le Chaos (ou l'eau), Tiamat (la mer), était la Mère productrice de tous. [C'est l'Aditi et la Séphira Cosmiques.]
  5. Ces eaux, au commencement, furent ordonnées, mais
  6. Aucun arbre n'avait poussé, aucune fleur ne s'était épanouie.
  7. Lorsque pas un des Dieux n'avait surgi, 
  8. Aucune plante n'avait poussé et l'ordre n'existait pas 121.

C'était la période chaotique, ou ante-génétique ; le Cygne double et le Cygne Sombre qui devint blanc lorsque la Lumière fut créée 122.

Le symbole choisi pour l'idéal majestueux du Principe Universel, paraîtra peut-être répondre fort peu à son caractère sacré. Une oie, ou même un cygne, semblera sans doute un symbole peu approprié pour représenter la majesté de l'Esprit. Néanmoins, il doit avoir eu une profonde signification occulte, puisque, non seulement on le trouve dans toutes les Cosmogonies [II 69] et dans toutes les Religions du Monde, mais qu'il fut encore choisi par les Croisés, ces Chrétiens du moyen âge, comme le véhicule du Saint-Esprit, qu'on supposait conduire l'armée en Palestine, pour arracher le tombeau du Sauveur des mains des Sarrasins. Si nous devons en croire ce que dit le Professeur Draper, dans son Intellectual Development of Europe, les Croisés, conduits par Pierre l'Ermite, avaient comme conducteur, à la tête de l'armée, le Saint-Esprit, sous la forme d'un jars blanc accompagné d'une chèvre. Seb, le Dieu Egyptien du temps, porte une oie sur sa tête ; Jupiter prend la forme d'un cygne, ce que fait aussi Brahmâ, et la racine de tout cela est le mystère des mystères : L'ŒUF DU MONDE. Il faudrait apprendre la raison d'un symbole avant de le décrier. L'élément double de l'Air et de l'Eau est celui de l'ibis, du cygne, de l'oie et du pélican, des crocodiles et des grenouilles, de la fleur de lotus et du nénuphar, etc., et le résultat en est le choix des symboles les plus malséants, par les mystiques de tous les temps, anciens et modernes. Pan, le grand Dieu de la Nature, était généralement représenté en compagnie d'oiseaux aquatiques, surtout des oies, et il en fut de même d'autres Dieux. Si, plus tard, avec la graduelle dégénérescence de la religion, les Dieux auxquels les oies étaient consacrées devinrent des divinités Priapiques, il ne s'ensuit pas que les oiseaux aquatiques aient été consacrés à Pan et à d'autres divinités phalliques, comme le disent quelques railleurs même anciens 123, mais que le pouvoir abstrait et divin de la Nature Procréatrice avait été grossièrement anthropomorphisé. Le cygne de Léda ne représente pas davantage "des actes priapiques dont elle se serait réjouie", comme le dit chastement M. Hargrave Jennings, car ce mythe n'est qu'une autre version de la même idée philosophique de la Cosmogonie. On trouve souvent les cygnes associés à Apollon, parce qu'ils sont les emblèmes de l'eau et du feu et aussi de la lumière du soleil, avant la séparation des Eléments.

Nos symbologistes modernes pourraient profiter de quelques remarques faites par un écrivain bien connu, Mme Lydia Maria Child, qui dit :

 De temps immémorial, un emblème a été adoré dans l'Hindoustan comme le type de la création, ou  de l'origine de la vie... Shiva, ou le Mahâdéva, étant non seulement le reproducteur des formes humaines, mais aussi le principe fructifiant, le pouvoir générateur qui pénètre l'Univers. L'emblème maternel est aussi un type religieux. Ce respect pour la production de la vie introduisit les emblèmes sexuels dans le culte d'Osiris. Est-il étrange qu'ils aient considéré avec respect le grand mystère de la naissance [II 70] humaine ? Etaient-ils impurs en le considérant ainsi ? Ou sommes-nous impurs nous en ne le considérant pas de la même façon ? Mais aucune intelligence pure et réfléchie ne pouvait les considérer ainsi... Nous avons beaucoup voyagé, et par des sentiers bien impurs, depuis l'époque où les vieux ermites parlèrent pour la première fois de Dieu et de l'âme, dans les profondeurs solennelles de leurs premiers sanctuaires. Ne sourions pas de leur façon de suivre la Cause infinie et incompréhensible à travers tous les mystères de la nature, de peur qu'en le faisant nous ne projetions l'ombre de notre propre grossièreté sur leur simplicité patriarcale 124.

 121 Chaldean Account of Genesis, 62, 63.

122 Les sept cygnes que l'on croit descendre du ciel sur le lac Mânosarovara représentent, dans l'imagination populaire, les Sept Richis de la Grande-Ourse, qui prennent cette forme pour visiter la localité où furent écrites les Védas.

123 Voyez PETRONIUS, Satyricon, CXXXVI.

 124 Progress of Religious Ideas, I, 17 et seq.

 

[II 71]

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SECTION VI

L'ŒUF DU MONDE

 

D'où vient ce symbole universel ? L'Œuf a figuré comme emblème sacré dans les Cosmogonies de tous les peuples de la terre et a été vénéré, tant à cause de sa forme qu'à cause du mystère qu'il renferme. Dès l'origine des premières conceptions mentales de l'homme, il a été considéré comme le symbole qui représentait le mieux l'origine et le secret de l'Etre. Le développement graduel du germe imperceptible dans la coquille fermée ; le travail intérieur qui, sans l'aide apparente d'une force extérieure, avec un rien latent, produit un quelque chose d'actif, sans autre apport que la chaleur et qui, après avoir graduellement évolué une créature vivante et concrète, brise sa coquille et apparaît aux sens extérieurs de tous comme un être auto-généré et auto-créé ; tout cela a dû constituer dès le commencement un miracle permanent.

L'Enseignement Secret explique cette vénération par le Symbolisme des races préhistoriques. Au commencement, la "Cause Première" n'avait pas de nom. Plus tard, elle fut représentée dans l'imagination des penseurs par un Oiseau, toujours invisible et mystérieux, laissant tomber dans le Chaos un Œuf qui devint l'Univers. C'est pourquoi Brahmâ fut appelé Kâlahamsa, le "Cygne dans [l'Espace et] le Temps". Devenant "le Cygne de l'Eternité", Brahmâ pond, au commencement de chaque Mahâmanvantara, un Œuf d'Or qui typifie le grand Cercle, ou 0, qui est lui-même un symbole de l'Univers et de ses corps sphériques.

La seconde raison pour laquelle l'Œuf a été choisi comme la représentation symbolique de l'Univers et de notre Terre, c'est sa forme. C'est un Cercle et une Sphère ; et la forme ovoïde de notre Globe doit avoir été connue dès les débuts de la symbologie, puisque l'œuf a été si universellement adopté. La première manifestation du Cosmos sous la forme d'un Œuf, était la croyance la plus répandue de l'antiquité.  Comme le  démontre  Bryant 125,  c'était  un  symbole  adopté  chez  les  Grecs, les Syriens, les Perses et les Egyptiens. Dans le Rituel égyptien, Seb, le Dieu du Temps et de la Terre, est représenté comme ayant pondu un Œuf, ou l'Univers, un [II 72] "Œuf conçu à l'heure du grand un  de  la  Force Double 126".

Ra est représenté, comme Brahmâ, se développant dans l'Œuf de l'Univers. Le Défunt est "resplendissant  dans  l'œuf  du  Pays  des Mystères 127", car c'est "l'Œuf à qui la Vie est donnée parmi les Dieux 128". "C'est l'Œuf de la grande Poule qui chante, l'Œuf de Seb, qui en sort sous l'aspect d'un faucon 129."

125 An Analysis of Ancient Mythology, III, 165.

126 Livre des Morts.

127 Ch. XXII, 1.

128 Ch. XLII, 13.

129 Ch. Liv. I, 2 ; Ch. LXXVII, 1.

130 Vishnou Pourâna, I, 39 (note).

 

Chez  les  Grecs,  l'Œuf  Orphique  est  décrit  par  Aristophane  et  faisait partie  des  Mystères  Dionysiaques  et  autres,  pendant  lesquels  l'Œuf  du monde était consacré et sa signification expliquée. Porphyre aussi nous le montre comme étant une représentation du Monde "Ερµηνεὺει δὲ τὸ ώὸν τον κόσµον" [L'œuf exprime (représente) le monde]. "Faber et Bryant ont essayé  de  démontrer  que  l'Œuf  représentait  l'Arche  de  Noé,  croyance hardie, à moins de l'accepter comme purement symbolique et allégorique. Il ne peut avoir représenté l'Arche que comme un synonyme de la Lune, comme  l'Argha  qui  porte  la  semence  universelle  de  vie,  mais  n'avait assurément rien à faire avec l'Arche de la Bible. En tout cas, la croyance que  l'Univers  existait  au  commencement  sous  la  forme  d'un  Œuf  était générale. Et, comme dit Wilson :

Un récit semblable de la première agrégation des éléments sous la forme d'un Œuf est donné dans tous les Pourânas, avec l'épithète habituelle de Haima ou Hiranya "d'or", comme on la trouve dans Manou, I, 9 130.

Hiranya, néanmoins, signifie "resplendissant", "brillant", plutôt que "d'or", comme le prouve le grand lettré hindou, feu Swâmi Dayanand Sarasvatî, dans ses polémiques inédites avec le professeur Max Müller. Ainsi qu'il est dit dans le Vishnou Pourâna :

 L'Intellect [Mahat]... y compris les éléments grossiers [non manifestés] forma un œuf... et le Seigneur de l'Univers l'habita lui-même, sous le personnage de Brahmâ. Dans cet œuf, O Brâhman, se trouvaient les continents, les mers et les montagnes, les planètes et les divisions de l'univers, les dieux, les démons et le genre humain 131.

En Grèce comme aux Indes, le premier Etre mâle visible réunissant en lui-même la nature des deux sexes, habita l'œuf ; et en sortit. Le "Premier- Né du Monde" était, selon quelques [II 73] Grecs, Dyonysos, le Dieu qui émana de l'Œuf du Monde et de qui furent tirés les mortels et les immortels. Le Dieu Ra, dans le Livre des Morts, est représenté comme reluisant dans son œuf [le Soleil] et il en part aussitôt que le Dieu Shou [l'Energie Solaire] s'éveille et lui donne l'impulsion 132. "Il est dans l'Œuf Solaire, l'Œuf à qui la Vie est donnée parmi les Dieux" 133. Le Dieu Solaire s'écrie "Je suis l'Ame créatrice de l'Abîme Céleste. Nul ne voit mon Nid, nul ne peut briser mon Œuf. Je suis le Seigneur ! 134".

A cause de cette forme circulaire, le "|" émanant du 0 ou de l'Œuf, ou le mâle émanant de la femelle dans l'androgyne, il est étrange de trouver un lettré prétendant que, puisque les manuscrits hindous les plus anciens n'en portent aucune trace, cela prouve que les anciens Aryens ignoraient la notation décimale. Le 10, étant le nombre sacré de l'Univers, était secret et ésotérique, tant en ce qui concernait l'unité, qu'en ce qui concernait le zéro, ou cercle. Le professeur Max Müller nous dit en outre que "les deux mots cipher et zéro, qui n'en font qu'un, suffisent à prouver que nos chiffres sont empruntés aux Arabes 135". Cipher est le mot arabe cifron et signifie "vide" ; c'est une traduction du sanscrit shûnyam, ou "rien", dit le professeur 136.   Les Arabes tirèrent leurs chiffres de l'Hindoustan et n'ont jamais prétendu en avoir fait la découverte eux- mêmes. Quant aux Pythagoriciens, nous n'avons qu'à nous reporter aux anciens manuscrits du traité de Bœthius, De Arithmetica, composé au sixième siècle, pour trouver dans la numération Pythagoricienne le "1"  et le "0" comme premier et dernier chiffres 137. Et Porphyre, qui cite le Pythagoricien Moderatus 138, dit que la numération de Pythagore consistait en "symboles hiéroglyphiques, au moyen desquels il expliquait des idées concernant la nature des choses" ou l'origine de l'univers.

131 Op. cit., ibid.

132 Chap. XVII, 50, 51.

133 Chap. XLII, 13.

134 Chap. LXXX, 9.

135 Voir "Our Figures", par Max Müller.

136 Un cabaliste serait plutôt porté à croire que, de même que le mot arabe cifron venait du mot indien shûnyam, rien, de même les Sephiroth cabalistiques juifs (Sephrim) venaient du mot cipher, non pas dans le sens d'un vide, mais dans le sens de la création par les nombres et les degrés de l'évolution. Et les Sephiroth sont au nombre de 10 ou.

 

Or, si, d'une part, les manuscrits indiens les plus anciens ne portent, jusqu'à présent, aucune trace de notation décimale et si Max Müller déclare très nettement qu'il n'y a encore trouvé que neuf lettres initiales  des chiffres sanscrits, d'autre [II 74] part nous avons des archives aussi anciennes qui peuvent fournir la preuve demandée. Nous entendons parler des sculptures et des images sacrées qui se trouvent dans les temples les plus antiques de l'Extrême-Orient. Pythagore tira son savoir de l'Inde et nous voyons le professeur Max Müller corroborer cette affirmation tout au moins jusqu'à admettre que les Néo-Platoniciens furent les premiers à enseigner l'art des chiffres chez les Grecs et les Romains ; "Qu'à Alexandrie ou en Syrie, ils apprirent à connaître les chiffres indiens et les adaptèrent à l'Abacus Pythagoricien (nos chiffres)". Cette admission circonspecte implique que Pythagore lui-même ne connaissait que neuf chiffres. Nous pourrions donc répondre avec raison que, bien que nous ne possédions exotériquement aucune preuve absolue établissant que Pythagore, qui vécut à la fin même de l'époque archaïque 139, connaissait la notation décimale, nous avons cependant assez de preuves pour établir que la série complète des chiffres, telle que la donne Bœthius, était connue des Pythagoriciens, même avant la construction d'Alexandrie 140.  Nous trouvons ces preuves dans Aristote qui dit que "quelques philosophes prétendent que les idées et les nombres sont de la même nature et sont au nombre de Dix en tout 141". Cela, croyons-nous, suffira pour prouver que la notation décimale leur était déjà connue, au moins quatre siècles avant   J.- C., car Aristote ne paraît pas traiter la question comme une innovation des Néo-Pythagoriciens.

Mais nous en savons encore davantage : nous savons que l'humanité des premiers âges archaïques a dû se servir du système décimal, puisque toute la partie astronomique et géométrique de la langue  sacerdotale secrète était basée sur le nombre 10, ou la combinaison des principes mâle et femelle et que la "Pyramide de Chéops", comme on l'appelle, est construite d'après des mesures appartenant à cette notation décimale, ou plutôt suivant les chiffres et leurs combinaisons avec le zéro. Nous nous sommes, du reste, assez étendus sur ce sujet dans Isis dévoilée, pour qu'il soit inutile d'y revenir.

137 Voir Gnostics and their Remains, de King, p. 370 (2ème édition).

138 De vita Pythag.

139 On fixe sa naissance à l'an 608 avant J.-C.

140 C'est-à-dire en l'an 332 avant J.-C.

141 Métaphysique, VII, F.

 

Le symbolisme des Divinités Lunaires et Solaires est mélangé d'une façon si inextricable qu'il est presque impossible de séparer les uns des autres des glyphes tels que l'Œuf, le Lotus et les Animaux "Sacrés". L'Ibis, par exemple, était hautement vénéré en Egypte. Il était consacré à Isis, qui est souvent représentée avec la tête de cet oiseau, et était aussi consacré à Mercure ou Thoth qu'on dit avoir pris sa forme [II 75] au moment où il fuyait Typhon. Il y avait  deux  sortes  d'ibis  en  Egypte,  nous dit Hérodote 142 ; l'une entièrement noire et l'autre noire et blanche. On prétend que la première combattait et exterminait les serpents ailés qui venaient tous les printemps de l'Arabie et infestaient le pays. L'autre était consacrée à la Lune, parce que cette planète est blanche et brillante du côté externe, et noire et obscure du côté qu'elle ne montre jamais à la Terre. De plus, l'ibis tue les serpents de terre et détruit des quantités énormes d'œufs de crocodiles et... par conséquent, protège l'Egypte contre le danger de voir le Nil infesté par ces horribles sauriens. On prétend que l'oiseau accomplit cette besogne au clair de Lune et, par conséquent, avec l'aide d'Isis dont la Lune est le symbole sidéral. Mais la plus correcte vérité ésotérique, cachée sous ces mythes populaires, c'est qu'Hermès, comme  l'explique Abenephius 143, veillait sur les Egyptiens sous la forme de cet oiseau et leur enseignait les arts et les sciences Occultes. Cela veut dire tout simplement que l'ibis religiosa possédait, et possède encore, des propriétés "magiques", comme beaucoup d'autres oiseaux, surtout l'albatros et le cygne blanc mythique, le Cygne de l'Eternité ou du Temps, le KALAHANSA.

142 Euterpe, 75, 76.

143 De Cultu Egypt.

 

S'il en avait été autrement, pourquoi tous les peuples anciens, qui n'étaient pas plus bêtes que nous, auraient-ils eu une crainte superstitieuse de tuer certains animaux ? En Egypte, celui qui tuait un ibis ou le Faucon Doré, symbole du Soleil et d'Osiris, risquait la mort et pouvait difficilement y échapper. La vénération que quelques nations avaient pour les oiseaux était telle, que Zoroastre, dans ses préceptes, défend leur destruction comme un crime hideux. De nos jours nous nous moquons de toute espèce de divination et pourtant comment se fait-il que tant de générations aient cru à la divination par les oiseaux et même à la Zoomancie144, apportée, à ce que dit Suidas, par Orphée, qui enseigna à voir, sous certaines conditions, dans le jaune et le blanc d'un œuf, ce que l'oiseau qui devait en naître aurait vu pendant sa courte vie. Cet art Occulte qui, il y a 3.000 ans, exigeait un grand savoir et l'emploi des calculs mathématiques les plus difficiles, est tombé aujourd'hui au dernier degré de la dégradation ; ce sont aujourd'hui les vieilles cuisinières et  les diseuses de bonne aventure qui lisent l'avenir dans un blanc d'œuf mis dans un verre, pour les soubrettes à la recherche d'un mari.

Les chrétiens eux-mêmes n'en ont pas moins, de nos jours encore, leurs oiseaux sacrés ; par exemple, la Colombe, [II 76] qui est le symbole du Saint-Esprit. Ils n'ont pas, non plus, négligé les animaux sacrés et la zoolâtrie évangélique, avec son Taureau, son Aigle, son Lion et son Ange– en réalité, le Chérubin ou Séraphin, le Serpent aux ailes ardentes – est aussi Païenne que celle des Egyptiens et des Chaldéens. Ces quatre animaux sont, en réalité, les symboles des quatre Eléments et des quatre Principes inférieurs de l'homme. Ils n'en correspondent pas moins, physiquement et matériellement, aux quatre constellations, qui forment, pour ainsi dire, la suite ou le cortège du Dieu Solaire et qui, pendant le solstice d'hiver, occupent les quatre points cardinaux du cercle zodiacal. On peut voir ces quatre "animaux" dans plusieurs éditions du Nouveau Testament des catholiques romains où se trouvent les portraits des Evangélistes. Ce sont les animaux de la Mercabah d'Ezéchiel.

144 Oomancie dans l'édition de 1893.

 

Comme le dit Ragon, avec raison :

Les anciens Hiérophantes ont combiné avec tant d'art les dogmes et les symboles de leurs philosophies religieuses, qu'on ne peut expliquer ces symboles d'une manière satisfaisante que par l'emploi et la connaissance de toutes les clefs.

On ne peut les interpréter qu'approximativement, même si l'on découvre trois de ces sept systèmes, c'est-à-dire les systèmes anthropologique, psychique et astronomique. Les deux interprétations principales, la plus haute et la plus basse, la spirituelle et la physiologique, étaient conservées très secrètes, jusqu'au moment où la dernière  tomba dans le domaine des profanes. Nous ne parlons que des Hiérophantes préhistoriques, pour lesquels ce qui est devenu maintenant purement – impurement – phallique, était une science aussi profonde et aussi mystérieuse que le sont aujourd'hui la Biologie et la Physiologie. C'était leur propriété exclusive, le fruit de leurs études et de leurs découvertes. Les deux autres interprétations étaient celles qui traitaient des Dieux Créateurs, ou de la Théogonie et de l'homme créateur : c'est-à-dire de l'idéal et de la pratique des Mystères, Ces interprétations étaient si adroitement combinées et voilées, que nombreux étaient ceux qui, tout en découvrant une signification, ne réussissaient pas à déchiffrer les autres et ne pouvaient jamais les démêler assez pour commettre des indiscrétions dangereuses. Les plus hautes de toutes, la première et la quatrième – la Théogonie dans ses rapports avec l'Anthropogonie – étaient presque impossibles à approfondir. Nous en trouvons les preuves dans "l'Ecriture Sainte" des Juifs.

C'est parce que le serpent est ovipare qu'il devient le symbole de la Sagesse et l'emblème des Logoï, ou des NES D'EUX-MEMES. Dans le temple de Philæ, dans la Haute Egypte, [II 77] on préparait artificiellement un œuf, avec de l'argile mêlée à divers encens. On le faisait éclore par un procédé spécial et il en sortait un céraste, ou vipère à cornes. On en faisait jadis autant dans les temples des Indes, pour le cobra. Le Dieu créateur émerge de l'Œuf qui sort de la bouche de Kneph, sous forme d'un Serpent ailé, car le Serpent est le symbole de la Toute Sagesse. Chez les Hébreux, la même Divinité est représentée par les "Serpents Ardents", ou Volants, de Moïse, dans le désert ; et chez les Mystiques d'Alexandrie, elle devint l'Orphio-Christos, le Logos des Gnostiques. Les Protestants essaient de prouver que l'allégorie du Serpent d'Airain et des "Serpents Ardents" a un rapport direct avec le mystère du Christ et de la Crucifixion, tandis qu'en réalité elle a des rapports infiniment plus proches avec le mystère de la génération lorsqu'elle est dissociée d'avec l'Œuf qui a un Germe Central, ou  d'avec  le  Cercle  et  son  Point  Central. Les Théologiens Protestants voudraient que nous acceptions leur interprétation [uniquement parce que le serpent d'airain était dressé sur un mât ! Alors que cela se rapportait plutôt à l'Œuf Egyptien, tenu debout et supporté par le Tau sacré, puisque l'Œuf et le Serpent sont inséparables dans l'ancien culte et dans la symbologie de l'Egypte et que les Serpents d'Airain comme les Serpents Ardents, étaient des Séraphins, les Messagers brûlants "Ardents" ou les Dieux-Serpents, les Nâgas de l'Inde. Sans l'Œuf, c'était un symbole purement phallique, mais lorsqu'on l'y associait, il se rapportait à la création cosmique]. Le Serpent d'Airain n'avait nullement la signification sacrée que les protestants voudraient lui attribuer et il ne fut pas non plus glorifié au-dessus des "serpents ardents" contre la morsure desquels il n'était qu'un remède naturel ; la signification symbolique du mot "Airain" étant le principe féminin et celle des mots "Ardent" ou "Or" le principe masculin.

[L'airain était un métal qui symbolisait le monde inférieur... celui de la matrice où doit être donnée la vie... Le mot qui voulait dire serpent en Hébreu était Nachash, mais ce mot signifie aussi airain.

Il est dit dans les Nombres que les Juifs se plaignaient du désert où il n'y avait pas d'eau 145, après quoi "le Seigneur envoya des serpents ardents" pour les mordre et ensuite, pour plaire à Moïse, il lui donna  comme remède le serpent d'airain sur un mât, pour qu'ils le regardassent ; après quoi "tout homme, lorsqu'il regarda le serpent d'airain... vécut" (?). Ensuite le "Seigneur", rassemblant le peuple au [II 78] puits de Beer, lui donna de l'eau et Israël reconnaissant entonna le chant, "Jaillis, ô Source" 146. Lorsque, après avoir étudié la symbologie, le lecteur chrétien commence à comprendre la signification intérieure de ces trois symboles, de l'Eau, de l'Airain et du Serpent, et de quelques autres encore, dans le sens qui leur est donné dans la Sainte Bible, il n'a guère envie d'établir un rapport entre le nom sacré de son Sauveur et l'incident du "Serpent d'Airain". Les Séraphins םיפרש ou Serpents Ailés Ardents, sont sans doute inséparablement liés à l'idée du "Serpent de l'éternité – Dieu", comme c'est expliqué dans l'Apocalypse de Kenealy, mais le mot Chérubin signifiait aussi Serpent dans un sens, quoique sa signification courante fût différente, car les Chérubins et les Dragons Ailés des Perses (Γρυ̉πες) qui sont les gardiens de la montagne d'or, ne font qu'un et la composition du nom des premiers explique leur caractère, car il est formé de Kr (רכ) cercle et de aub ou ob (בוא) serpent et signifie, par conséquent, un "serpent dans un cercle". Cela établit le caractère phallique du Serpent d'Airain et justifie Ezéchiel de l'avoir détruit 147. Verbum satis sapienti. !]

145 XXI, 5, et seq.

146 Ibid, 16-7.

 

Dans le Livre des Morts, comme nous venons de le montrer 148, on parle souvent de l'Œuf. Ra, le puissant, reste dans son Œuf pendant la lutte entre les "enfants de la révolte" et Shou, l'Energie Solaire et le Dragon des Ténèbres. Le défunt est resplendissant dans son Œuf, lorsqu'il s'achemine vers la terre de mystère. Il est l'Œuf de Seb. L'Œuf était le symbole de la Vie dans l'immortalité et l'éternité et, en même temps, le glyphe de la matrice génératrice, tandis que le Tau, qui lui était associé, n'était que le symbole de la vie et de la naissance dans la génération. L'Œuf du Monde était placé dans Khoom, "l'Eau de l'Espace", le principe féminin abstrait, Khoom devenant, après la chute de l'humanité dans la génération et le phallicisme, Ammon le Dieu créateur. Lorsque Ptah, le "Dieu Ardent", porte l'Œuf du Monde dans sa main, le symbolisme devient tout à fait terrestre et concret dans sa signification. Avec le Faucon, le symbole d'Osiris-Soleil, le symbole est double et a trait aux deux vies – la mortelle et l'immortelle. La gravure d'un papyrus, dans l'Œdipus Egyptiacus montre un œuf flottant de Kircher 149, au-dessus de la momie. C'est le symbole de l'espoir et de la promesse d'une seconde naissance pour le Mort Osirifié ; son Ame, après la purification nécessaire dans l'Amenti, accomplira sa période de gestation dans cet Œuf de l'Immortalité, [II 79] pour en renaître dans une nouvelle vie sur la terre. Car cet Œuf, selon la Doctrine Esotérique, est le Dévachan ou demeure de la Félicité ; le scarabée ailé en est un autre symbole. Le "globe ailé" n'est qu'une autre forme de l'Œuf et a la même signification que le scarabée, le Khoproo – de la racine Khoproo devenir, renaître – qui se rapporte à la renaissance de l'homme, aussi bien qu'à sa régénération spirituelle.

 147 IIème Livre des Rois, XVIII, 4.

148 Supra, pp. 73-74.

149 III, 124.

 

Dans  la  Théogonie  de  Mochus,  nous  trouvons  d'abord  l'Æther,  puis l'Air,   les   deux   principes   par   lesquels   Ulom,   la   Divinité   intelligible (Νοητὸς), l'Univers visible de Matière, est né de l'Œuf du Monde 150.

Dans les Hymnes Orphiques, Eros-Phanes évolue hors de l'Œuf divin que les Vents éthériques imprègnent. Le vent signifiant ici "l'Esprit de Dieu" ou plutôt "l'Esprit des Ténèbres Inconnues" – l'Idée Divine de Platon

– que l'on dit se mouvoir dans l'Æther 151. Dans le Kathopanishad hindou, Pourousha, l'Esprit Divin, se tient déjà devant la Matière Originelle "et de leur union sort la grande âme du monde" Mahâ-Atmâ, Brahmâ, l'Esprit de Vie 152, etc. ; [ces dernières appellations étant toutes identiques à l'Anima Mundi, ou "Ame Universelle", la Lumière Astrale du Cabaliste et de l'Occultiste, ou "L'Œuf de Ténèbres"]. Il y a en outre plusieurs allégories charmantes sur ce sujet, que l'on trouve disséminées dans les Livres Sacrés des Brahmanes. Dans l'une d'elles, c'est le créateur femelle qui est d'abord un germe, puis une goutte de rosée céleste, une perle et enfin un œuf. Dans ces cas, qui sont trop nombreux pour être énumérés séparément, l'œuf donne naissance aux quatre Eléments contenus dans le cinquième, l'Ether, et il est couvert de sept enveloppes, qui deviennent plus tard les sept mondes supérieurs et les sept mondes inférieurs. La coquille, se cassant en deux, forme les Cieux et son contenu forme la Terre, le blanc constituant les Eaux terrestres. C'est ensuite Vishnou qui sort de l'Œuf tenant un Lotus à la main. Vinatâ, fille de Daksha et femme de Kashyapa, "l'Auto-généré issu du Temps", l'un des sept "créateurs" de notre Monde, pondit un Œuf qui donna naissance à Garouda, le véhicule de Vishnou ; cette dernière allégorie se rapporte seulement à notre Terre parce que Garouda est le Grand Cycle.

150 MOVERS, Phoinizer, 282.

151 Voir Isis Dévoilée, I, 151.

152 WEBER, Akad-Vorles, 213 et seq.

 

L'Œuf était consacré à Isis, aussi ses prêtres ne mangeaient-ils jamais d'œufs.

[On représente presque toujours Isis tenant d'une main un Lotus et de l'autre un Cercle et une Croix (crux ansata)]. [II 80]

Diodore de Sicile dit qu'Osiris était né d'un Œuf, de même que Brahmâ. De L'Œuf de Léda naquirent Apollon et Latone, ainsi que Castor et Pollux, les brillants Gémeaux. Et, bien que les Bouddhistes n'attribuent pas la même origine à leur fondateur, cependant, pas plus que les anciens Egyptiens et les Brahmanes modernes, ils ne mangent d'œufs de peur de détruire le germe de vie qui s'y trouve latent et de commettre ainsi un péché. Les Chinois croient que leur Premier Homme naquit d'un Œuf que Tien laissa tomber du Ciel sur la terre, dans les Eaux 153. Ce symbole est encore considéré par quelques-uns comme représentant l'Idée de l'origine de la vie, ce qui est une vérité scientifique, bien que l'ovum humain soit invisible à l'œil nu. Aussi voyons-nous que, dès les temps les plus reculés, ce symbole était tenu en respect par les Grecs, les Phéniciens, les Romains, les Japonais, les Siamois, les tribus de l'Amérique du Nord et du Sud et même par les sauvages des îles les plus éloignées.

Chez les Egyptiens, le Dieu caché était Ammon [ou Mon, le "caché", l'Esprit Suprême]. Tous leurs Dieux étaient doubles – la Réalité scientifique pour le sanctuaire, son double, l'Entité fabuleuse et mythique pour les masses. Par exemple, comme nous l'avons fait remarquer dans la Section intitulée "Chaos, Theos, Cosmos", Horus l'Aîné représentait l'Idée du Monde, encore contenue dans l'Esprit Démiurgique "né dans les Ténèbres, avant la création du Monde" ; le second Horus représentait la même Idée procédant du Logos, se revêtant de matière et assumant une existence réelle 154. [Horus "l'Aîné" ou Haroiri, est un aspect ancien du Dieu Solaire contemporain de Râ et Shou. On confond souvent Haroiri avec Hor (Horsusi), fils d'Osiris et d'Isis. Les Egyptiens représentaient très souvent le Soleil levant sous la forme de Hor, l'Aîné, sortant d'un Lotus épanoui, l'Univers, et l'on trouve toujours le disque solaire sur la tête de faucon de ce Dieu. Haroiri est Khnoom.] Il en est de même de Khnoom et d'Ammon ; tous deux sont représentés avec des têtes de béliers et on les confond souvent, bien que leurs attributions soient différentes. Khnoom est le "modeleur des hommes" tirant les hommes et les choses de l'Œuf du Monde et les façonnant sur un tour de potier. Ammon-Ra, le Générateur, est l'aspect secondaire de la Divinité Cachée. On adorait Khnoom à Elephantine [II 81] et à Philæ 155   et Ammon à Thèbes. Mais c'est  Emepht, le Principe Planétaire Unique et Suprême, qui fait jaillir l'Œuf de sa bouche avec son souffle et qui est, par conséquent, Brahmâ. L'ombre de la Divinité Cosmique et Universelle, de ce qui couve l'Œuf et le pénètre de son Esprit vivifiant, jusqu'à ce que le Germe qui y est contenu soit mûr, était le Dieu de Mystère dont le nom ne pouvait pas être prononcé. C'est Ptah, cependant, "celui qui ouvre", qui ouvre la Vie et la Mort 156 et qui sort de l'Œuf du Monde pour commencer son double travail 157.

153 Les Chinois paraissent avoir ainsi devancé la théorie de Sir William Thomson, en vertu de laquelle le premier germe vivant serait tombé sur la Terre de quelque comète errante. Une question : Pourquoi cette idée serait-elle considérée comme scientifique et l'idée chinoise comme une théorie superstitieuse et insensée ?

154 Comparez avec le Phoinizer de Movers, 268.

155 Les déesses de sa triade sont Sati et Anouki.

 

D'après les Grecs, le fantôme de Chemis (Chemi, l'Egypte ancienne) qui flotte sur les vagues éthérées de la Sphère Empyrée, était créé par Horus-Apollon, le Dieu-Soleil, qui le fit évoluer hors de l'Œuf du Monde.

[La Brahmânda Pourâna contient, tout au long, le mystère de l'Œuf d'Or de Brahmâ, et c'est peut-être pour cela que cette Pourâna n'est pas accessible aux Orientalistes qui disent que, pas plus que la Skanda, "on ne peut se la procurer dans son entier", mais "qu'elle est représentée par un certain nombre de Khandas et de Mâhâtmyas que l'on prétend  en être tirés".  La  Brahmânda  Pourâna  est  décrite  comme  ayant  proclamé    en

12.200 vers la splendeur de l'Œuf de Brahmâ et comme contenant une description des Kalpas futurs et qu'elle a été révélée par Brahmâ" 158. Tout cela est vrai et bien plus encore peut-être.]

Dans la Cosmogonie Scandinave, que le professeur Max Müller tient pour "bien antérieure aux Védas", dans le poème de Wöluspa (le Chant de la Prophétesse), on retrouve encore l'Œuf du Monde dans le Germe- fantôme de l'Univers, qui est représenté comme gisant dans le Ginnungagap, la Coupe de l'Illusion, Mâyâ, l'abîme sans bornes et vide. Dans la Matrice de ce Monde, autrefois région de nuit et de désolation, NEFELHEIM (le siège de la brume, de la nébuleuse, comme on l'appelle maintenant, dans la Lumière Astrale), fit tomber un Rayon de Lumière Froide qui fit déborder cette coupe et y gela. L'Invisible fit souffler un Vent brûlant qui fit fondre les Eaux gelées et dissipa la brume. Ces Eaux (le Chaos), appelées les torrents d'Elivagar, se répandant en [II 82] gouttes vivifiantes, tombèrent et créèrent la Terre, ainsi que le géant Ymir qui n'avait que "l'apparence d'un homme" (l'Homme Céleste) et la Vache, Adumla ("la Mère", la Lumière Astrale, ou l'Ame Cosmique), des pis de laquelle jaillirent quatre ruisseaux de lait – les quatre points cardinaux ; les quatre sources des quatre rivières de l'Eden, etc. – lesquels "quatre" sont symbolisés allégoriquement par le Cube dans toutes ses multiples et mystiques significations.

156 Ptah fut d'abord le Dieu de la Mort et de la destruction comme Shiva. Il n'est un Dieu solaire qu'en vertu de ce que le feu du Soleil tue en même temps qu'il vivifie. C'était le Dieu national de Memphis, le Dieu radieux et "à la belle figure". (Voir les bronzes de Saquara. Epoque Saïtique.)

157 Book of Numbers.

158 Wilson, Vishnou Pourâna, I, Préf. LXXXIV-V.

 

Les Chrétiens – surtout les Eglises Grecque et Latine – ont adopté complètement ce symbole et y voient une commémoration de la vie éternelle, du salut et de la résurrection. C'est corroboré par l'ancienne coutume d'échanger des "Œufs de Pâques". Depuis l'anguinum, "l'Œuf" du Druide "païen", dont le nom seul fit trembler Rome de frayeur, jusqu'à l'Œuf de Pâques rouge du paysan Slavon, un cycle s'est écoulé. Et cependant, que ce soit dans l'Europe civilisée, ou parmi les sauvages dégradés de l'Amérique Centrale, nous trouvons toujours la même pensée primitive archaïque, si nous nous donnons simplement la peine de la chercher et si nous n'abusons pas de notre prétendue supériorité mentale et physique, pour défigurer l'idée originale du symbole.

[II 83]

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SECTION VII

LES JOURS ET LES NUITS DE BRAHMA

 

Tels sont les noms donnés aux périodes appelées MANVANTARA (MANOU-ANTARA, ou entre les Manous) et PRALAYA ou Dissolution ; la première se rapporte aux périodes actives de l'Univers, l'autre à ses époques de repos relatif et de Repos complet, qu'ils aient lieu à la fin d'un Jour, ou d'un "Age" (d'une vie) de Brahmâ. Ces périodes qui se suivent avec régularité, sont aussi appelées les petits et les grands Kalpas, les Kalpas mineurs et les Mahâ Kalpas, bien qu'à proprement parler le Mahâ Kalpa ne soit jamais un "jour", mais toute une vie ou tout un âge de Brahmâ, car il est dit dans le Brahmâ Vaivarta : "Les chronologistes comptent un Kalpa pour chaque Vie de Brahmâ. Les Kalpas mineurs, comme Samvarta et les autres sont nombreux." En réalité, leur nombre est infini, car ils n'ont jamais eu de commencement ou, en d'autres termes, il n'y a jamais eu de premier Kalpa et il n'y aura jamais de dernier dans l'Eternité.

Un Parârdha, ou la moitié de l'existence de Brahmâ, dans l'acception ordinaire de cette mesure du temps, s'est déjà écoulé dans le Mahâ Kalpa actuel. Le dernier Kalpa était le Padma, ou celui du lotus d'Or ; le Kalpa actuel est le Varâha 159  l'Incarnation ou l'Avatar du "Sanglier". [II 84]

 159 Il y a un renseignement assez curieux, dans les traditions ésotériques des Bouddhistes. La biographie exotérique ou allégorique de Gâutama Bouddha nous montre ce grand Sage mourant d'une indigestion de "porc et de riz" ; fin bien prosaïque en vérité, bien peu solennelle en elle- même ! On explique ce récit en le représentant comme une allusion allégorique à ce qu'il est né dans le Kalpa du "Sanglier" ou Varâha-Kalpa, lorsque Vishnou prit la forme de cet animal pour faire sortir la Terre des "Eaux de l'Espace". Or, comme les Brahmanes descendent directement de Brahmâ et sont, pour ainsi dire, identifiés avec lui et comme ils sont, en même temps, les ennemis mortels de Bouddha et du Bouddhisme, nous avons là le fin mot de cette curieuse combinaison allégorique. Le Brahmanisme (du Kalpa du Sanglier, ou Varahâ Kalpa) a détruit la religion du Bouddha dans l'Inde et l'a balayée du pays. C'est pourquoi Bouddha, qui est identifié avec sa philosophie passe pour être mort parce qu'il avait mangé la chair d'un porc sauvage. L'idée seule que celui qui a établi le végétarisme et le respect de la vie, les plus rigoureux, qui refusait  de manger des œufs parce qu'ils étaient les véhicules d'une vie latente future, ait pu mourir d'une indigestion de viande, est absurde au plus haut point et contradictoire et elle a dérouté plus d'un Orientaliste. Toutefois, l'explication que nous donnons maintenant, dévoile l'allégorie et explique tout le reste. Le Vahâra, cependant, n'est pas un simple Sanglier, mais paraît avoir désigné jadis quelque animal lacuste antédiluvien "se plaisant à s'ébattre dans l'eau" (Vâyou Pourâna).

 

Il y a une chose que l'on doit surtout noter en étudiant la religion hindoue dans les Pourânas. On ne doit jamais prendre littéralement et dans un seul sens les déclarations que l'on y trouve, et celles qui se rapportent aux Manvantaras ou aux Kalpas doivent surtout être prises avec leurs différentes significations. C'est ainsi que ces Périodes se rapportent, dans les mêmes termes, aux grandes et aux petites Périodes, aux Mahâ Kalpas et aux Cycles mineurs. Le Matsya, ou l'Avatar du Poisson, eut lieu avant l'Avatar du Sanglier ou Varâha ; les allégories, par conséquent, doivent se rapporter aussi bien au Padma Manvantara qu'au Manvantara  actuel et aussi aux Cycles mineurs qui se sont écoulés depuis la réapparition de notre Chaîne de Mondes et de la Terre. Et comme le Matsya Avatar de Vishnou et le Déluge de Vaïvasvata sont liés, avec raison, à un événement qui se produisit sur notre Terre pendant la Ronde actuelle, il est évident que tout en pouvant se rapporter à des événements précosmiques (au point de vue de notre Cosmos ou Système solaire), il se rapporte, dans notre cas, à une période géologique éloignée. La philosophie Esotérique elle-même ne peut prétendre savoir, sauf par déduction analogique, ce qui s'est passé avant la réapparition de notre Système Solaire et avant le dernier Mahâ Pralaya. Toutefois, elle enseigne clairement qu'après le premier trouble géologique qui se produisit dans l'axe de la Terre, trouble qui se termina par l'écroulement au fond des mers du second Continent tout entier, avec ses races primordiales – Continents ou "Terres" successifs, dont Atlantis était le quatrième – un autre trouble se produisit car l'axe reprit son ancien degré d'inclinaison aussi vite qu'il avait été modifié ; lorsque la Terre fut effectivement tirée de nouveau des Eaux – en haut, comme en bas et vice versa. Il y avait à cette époque des "Dieux" sur la Terre ; des Dieux et non pas des hommes, comme nous les connaissons maintenant, dit la tradition. Comme nous le démontrerons dans le volume III, la computation des périodes, dans l'Hindouisme exotérique, se rapporte tant aux grands événements cosmiques, qu'aux petits événements et aux petits cataclysmes terrestres et l'on peut prouver qu'il en est de même en ce qui concerne les noms. Par exemple, le nom de Youdishthira – le premier roi des Sacae ou Shakas [II 85] qui ouvre l'ère de Kali Youga, dont la durée doit être de 432.1 ans, "un roi réel qui vécut 3.102 ans avant J.-C." – s'applique aussi au grand Déluge, à l'époque du premier engloutissement d'Atlantis. C'est le  "Youdishthira" 160 né sur la montagne aux cent pies, à l'extrémité du monde et au-delà de laquelle personne ne peut aller et "immédiatement après le déluge" 161. Nous n'avons connaissance d'aucun "Déluge" 3.102 ans avant J.-C., pas même celui de Noé, car, d'accord avec la chronologie Judéo- chrétienne, il eut lieu 2.349 ans avant Jésus-Christ.

160 Selon le Colonel Wilford, la "Grande Guerre" prit fin 1.370 ans avant J.-C. (Asiatic Researches, IX, pp. 88-9) ; selon Bentley, 575 ans avant J.-C. ! ! ! Nous pouvons encore espérer voir, avant la fin de ce siècle [le XIXème], l'épopée du Mahâbhârata proclamée identique aux guerres du grand Napoléon.

161 Voir Royal Asiat. Soc., IX, 364.

 

Cela se rapporte à une division ésotérique du temps et à un mystère que nous expliquerons ailleurs et que nous pouvons, par  conséquent, laisser de côté pour le moment. Qu'il nous suffise de dire, pour l'instant, que tous les efforts d'imagination des Wilford, des Bentley et autres soi- disant Œdipes de la Chronologie ésotérique hindoue, ont piteusement échoué. Aucune computation, tant des Quatre Ages que des Manvantaras, n'a jamais encore été tirée au clair par nos très savants Orientalistes qui ont, en conséquence, tranché le Nœud Gordien en déclarant que le tout n'était "qu'une fiction du cerveau brahmanique". Soit, et que les grands savants reposent en paix ! Cette "fiction" est donnée à la fin des Commentaires de la STANCE II de l'Anthropogenèse, dans le Volume III, avec des additions Esotériques.

Voyons, cependant, quels étaient les trois genres de Pralayas et quelle est la croyance populaire à leur sujet. Pour une fois, elle s'accorde avec l'Esotérisme.

Au sujet du Pralaya avant lequel s'écoulent quatorze Manvantaras, ayant à leur tête un même nombre de Manous pour les diriger et à la fin desquels a lieu la Dissolution "incidente" ou Dissolution de Brahmâ, il est dit, en substance, dans le Vishnou Pourâna :

A la fin de mille périodes de quatre âges, qui complètent un jour de Brahmâ, la terre est presque épuisée. L'éternel (Avyaya) Vishnou assume alors le rôle de Roudra, le destructeur (Shiva) et réunit à lui-même toutes (ses) créatures. Il entre dans les sept rayons du Soleil et boit toutes les eaux du (globe) ; il fait évaporer l'humidité, desséchant ainsi toute la terre. Les océans et les  rivières, les torrents des montagnes et les sources, sont tous absorbés. Ainsi nourris d'humidité abondante, les sept rayons solaires deviennent, [II 86] par dilatation, sept Soleils et finalement incendient les trois mondes. Hari, le destructeur de toutes choses, qui est la flamme du temps (Kâlâgni), [finit par consumer la Terre]. Alors Roudra, devenant Janârdana, exhale des nuages et de la pluie 162.

Il y a plusieurs genres de Pralayas, mais on parle surtout dans les vieux livres hindous de trois périodes principales. La première, comme le démontre Wilson, est appelée NAIMITTIKA 163, "occasionnelle" ou "incidente" et est causée par les intervalles entre les "Jours de Brahmâ" ; c'est la destruction des créatures, de tout ce qui vit et a une forme, mais non pas de la substance, qui reste dans le statu quo jusqu'à la nouvelle AURORE qui suit cette Nuit. La seconde est appelée PRAKRITIKA et arrive à la fin de l'Age ou Vie de Brahmâ, lorsque tout ce qui existe est refondu dans l'Elément Primordial, pour être modelé de nouveau à la fin de cette Nuit plus longue. La troisième, l'Atyantika, ne concerne ni les Mondes, ni l'Univers, mais seulement les individualités de quelques personnes. C'est donc la Pralaya individuel, ou NIRVANA, après avoir atteint celui-ci, il n'y a plus d'existence ultérieure possible, il n'y a plus de renaissance jusqu'après le Mahâ Pralaya. Cette dernière Nuit – dont la durée est de trois cent onze trillions et quarante milliards d'années, avec la possibilité d'être presque doublée pour l'heureux Jîvanmoukta qui atteint Nirvâna presque au début d'un Manvantara – est assez longue pour être regardée comme éternelle bien qu'elle ne soit pas sans fin. La Bhâgavata Pourâna 164 parle d'un quatrième genre de Pralaya, le Nitya, ou dissolution constante et le décrit comme étant le changement qui se produit, imperceptiblement, mais sans cesse, dans tout ce que contient cet Univers, depuis le globe jusqu'à l'atome. C'est la croissance et le dépérissement, la vie et la mort.

 162 Livre VI, chap. III.

163 Dans le Védânta et le Nyâya, Nimitta, d'où Naimittika, est traduit par la Cause Efficiente, lorsqu'il est mis en opposition avec Oupâdâna, la Cause Physique ou Matérielle. Dans le Sânkhya, Pradhâna est une cause inférieure à Brahmâ, ou, plutôt, Brahmâ étant lui-même une cause, est supérieur à Pradhâna. Par conséquent "Incidente" est une mauvaise traduction et devrait être remplacé, selon quelques érudits, par cause "Idéale" : Cause Réelle aurait même été mieux.

164 XII, IV, 3[La Bhâgavata Pourâna, par Pournendou Narayan Sinba. Skanda XII, ch. IV, donne les quatre Pralayas comme : Nitya, Nimittika, Prakritika et Atyantika.]

 

Lorsque arrive le Mahâ Pralaya, les habitants de Svarloka (la sphère supérieure), troublés par les conflagrations, se réfugient "avec les Pitris leurs ancêtres, les Manous, les sept Richis, les divers ordres d'Esprits célestes et les Dieux [II 87] dans le Mahar-loka". Lorsque ce dernier lieu est atteint aussi, tous les êtres que nous venons d'énumérer émigrent à leur tour du Mahar-loka et s'en vont dans le Jana-loka, "dans leurs formes subtiles, destinés à se réincarner, avec des capacités similaires à celles qu'ils avaient auparavant, lorsque le monde est renouvelé au commencement du Kalpa suivant" 165.

Des nuages énormes et remplis de tonnerre remplissent tout l'Espace [Nabhas-tala]. Versant des torrents d'eau, ces nuages éteignent les feux terribles... et il pleut ainsi sans cesse pendant cent années [divines] et c'est un déluge pour le monde tout entier [le Système solaire]. Tombant en gouttes de la grosseur de dés à jouer, ces pluies envahissent la terre, remplissent la région moyenne (Bhouva-loka) et inondent les Cieux. Le monde est alors enveloppé de ténèbres et, toutes les choses animées ou inanimées ayant péri, les nuages continuent à déverser leurs eaux... [et la Nuit de Brahmâ règne suprême sur la scène de désolation] 166.

165 Vâyou Pourâna.

166 Wilson, Vishnou Pourâna, Vol. V, p. 194.

 

C'est ce que nous appelons dans la Doctrine Esotérique un Pralaya Solaire. Lorsque les Eaux ont atteint la région des Sept Richis, et que le monde, notre Système Solaire, est devenu un Océan, elles s'arrêtent. Le souffle de Vishnou devient un vent violent qui souffle aussi pendant cent Années [divines], jusqu'à ce que tous les nuages soient dispersés. Le vent est alors réabsorbé et ce qui donne naissance à toutes choses, le Seigneur par qui tout existe, Celui qui est inconcevable, sans commencement, qui est le commencement de l'Univers, se repose en dormant sur Shesha [le Serpent de l'Infini] au milieu de l'abîme. Le Créateur ["?" Adikrit] Hari, dort (sur l'océan) [de l'Espace] sous la forme de Brahmâ – glorifié par Sanaka 167 et les Saints (Siddhas) de Jana-loka et contemplé par les saints habitants de Brahmâ-loka qui désirent leur libération finale – plongé dans un sommeil mystique, personnification céleste de ses propres illusions... Voilà la dissolution ["?" Pratisanchara] appelée Incidente parce que Hari est sa cause incidente [idéale] 168. Lorsque l'Esprit universel s'éveille, le monde reprend vie ; lorsqu'il ferme les yeux, toutes les choses tombent dans un sommeil mystique. De même que mille grands âges constituent un jour de Brahmâ [dans l'original c'est Padmayoni, le même que Abjayoni "né du Lotus" et non pas Brahmâ] de même sa [II 88] nuit est composée des mêmes périodes... s'éveillant à la fin de sa nuit, le non-né... crée de nouveau l'univers 169.

167 Le principal Koumara, ou Dieu-Vierge, un Dhyân Chohan qui refuse de créer. Un prototype de saint Michel qui refusa aussi de le faire.

168 Voir les dernières lignes de la Section intitulée : "Chaos, Théos, Cosmos".

169 Ibid., V, pp. 195-6.

170 Cette perspective ne serait guère d'accord avec la Théologie chrétienne qui préfère pour ses adhérents un enfer éternel, sans fin.

 

Tel est le Pralaya "incident". Qu'est-ce que la dissolution Elémentale [Prâkritika] ? Parâshara la décrit comme suit, à Maîtreya :

Lorsque par la disette et le feu tous les mondes et les Pâtâlas [Enfers] sont détruits... 170 le progrès de la dissolution élémentale est commencé. Alors, en premier lieu, les eaux absorbent la propriété de la terre (qui est le rudiment de l'odorat) et la terre privée de cette propriété commence à se détruire... et finit par ne faire qu'un avec l'eau... Lorsque l'univers est ainsi envahi par les ondes de l'élément aqueux sa saveur rudimentaire est absorbée par l'élément du feu... et les eaux elles-mêmes sont détruites... et ne font plus qu'un avec le feu ; l'univers est, dès lors, entièrement rempli de la flamme [éthérée] qui... se répand peu à peu sur la terre entière. Lorsque l'espace n'est plus qu' [une] flamme... l'élément du vent s'empare de la propriété rudimentaire, ou de la forme, qui est la cause de la lumière et celle-ci étant retirée (pralina) tout devient de la nature de l'air. Le rudiment de la forme étant détruit et le feu ["?" Vibhâvasou] dépourvu de son rudiment, l'air éteint le feu et se répand... à travers l'espace qui est privé de lumière, en même temps que le feu se mêle à l'air. Alors l'air, accompagné du Son, qui est la source de l'éther, s'étend partout à travers les dix régions... jusqu'à ce que l'éther ait acquis le contact ["?" Sparsha, la Cohésion, le Toucher ?], sa propriété rudimentaire, dont la perte amène la destruction de  l'air et l'éther ["?" Kha] reste sans modifications ; sans forme, sans goût, sans toucher (Sparsha) et sans odorat ; il existe [non, incarné [mourttimat] et vaste et pénètre tout l'espace. L'éther [Akâsha] dont la  propriété caractéristique et le rudiment est le son [le "Verbe"] existe seul, occupant tout le vide de l'espace [ou plutôt, occupant toute la capacité de l'Espace]. Alors l' (Origine) [le noumène ?] des éléments (Bhoûtâdî) dévore le Son [le Démiurge collectif] ; [et les légions des Dhyân-Chohans] et tous les Eléments [existants] 171 sont à  la  fois, immergés dans leur original. Cet élément primaire est la conscience combinée avec la propriété de l'obscurité [Tâmasa plutôt l'Obscurité Spirituelle] et il est lui-même absorbé [désintégré] par Mahat [l'Intellect universel], dont la propriété caractéristique est l'intelligence [Bouddhi] et la terre et Mahat sont les [II 89] limites intérieures et extérieures de l'univers. De sorte que, de même [qu'au commencement] on a compté les sept formes de la nature [Prakriti] depuis Mahat jusqu'à la terre, de même... ces sept rentrent successivement l'une dans l'autre 172.

 171 Il faut ici entendre par le terme "Eléments" non seulement les éléments visibles et physiques, mais aussi ce que saint Paul appelle éléments – les Pouvoirs spirituels Intelligents – Anges et Démons sous leurs formes manvantariques.

172 Lorsque cette description sera correctement comprise par les Orientalistes, dans sa signification ésotérique, on reconnaîtra que cette corrélation Cosmique des Eléments du Monde, explique mieux la corrélation des forces physiques que les corrélations que nous connaissons maintenant. En tout cas les Théosophes remarqueront que Prakriti a sept formes ou principes "comptés depuis Mahat jusqu'à la Terre". Les "Eaux" signifient ici la "Mère" mystique ; la Matrice de la Nature Abstraite, dans laquelle est conçu l'Univers Manifesté. Les sept "zones" se rapportent aux Sept Divisions de cet Univers, ou aux Noumènes des Forces qui sont cause de son existence. Le tout est allégorique.

 

L'œuf de Brahmâ (Sarva-mandala) est dissous dans les eaux qui l'entourent, avec ses sept zones (dvîpas), sept océans, sept régions et leurs montagnes. Le revêtement aqueux est bu par le feu ; la (couche de) feu est absorbée par (la couche) d'air : l'air se mêle avec l'éther [Akâsha] ; l'élément primaire [Bhoûtâdî, l'origine ou, plutôt, la cause de l'élément primaire] dévore l'éther et est (lui-même) détruit par l'intellect [Mahat, le Grand, l'Universel mental] qui, avec tous ceux-ci, est saisi par la Nature [Prakriti] [et disparaît]... Cette Prakriti est essentiellement la même, qu'elle soit composée de parties distinctes ou non, seulement, ce qui est composé de parties distinctes est finalement perdu ou absorbé dans ce qui ne l'est pas. L'Esprit [Poums] aussi, qui est un, pur, impérissable, éternel, qui pénètre tout, est une partie de cet esprit suprême qui est toutes choses. Cet esprit [sarvesha] qui diffère de l'esprit (incarné) et dans lequel il n'y a pas les attributs de nom, d'espèce [nâman et jâti, ou roupa, par conséquent corps plutôt qu'espèce] et autres... [subsiste] comme la (seule) existence [Sattâ]. La nature et l'esprit [Pourousha] se résolvent [finalement] l'un et l'autre dans l'esprit suprême 173.

C'est là le PRALAYA final 174, la Mort du Cosmos, après quoi son Esprit repose en Nirvâna, ou dans le sein de CELA pour qui il n'y a ni Jour ni Nuit. Tous les autres Pralayas sont périodiques et succèdent régulièrement aux Manvantaras, comme la nuit succède au jour pour toute créature humaine, tout animal et toute plante. Le cycle de création des vies du Cosmos est écoulé ; l'énergie du "Verbe" manifesté ayant sa croissance, sa culmination et son déclin, comme toutes les [II 90] choses temporaires, quelque longue que soit leur durée. La Force Créatrice est Eternelle, en tant que Noumène ; en tant que manifestation phénoménale, sous ses divers aspects, elle a un commencement et doit, par conséquent, avoir une fin. Durant ce temps elle a ses périodes d'activité et ses périodes de repos, qui sont les Jours et les Nuits de Brahmâ. Mais Brahman, le Noumène, ne se repose jamais puisqu'IL ne change jamais, mais qu'il EST toujours, bien que l'on ne puisse dire qu'IL soit en un endroit quelconque...

 173 Vishnou Pourâna. Livre VI, chapitre IV, après correction des fautes de Wilson et avec les termes originaux mis entre parenthèses.

174 Comme le Pralaya décrit ici est le Mahâ, le grand, ou celui que l'on appelle le Final, tout est réabsorbé dans l'Elément Unique original ; les "Dieux eux-mêmes, Brahmâ et le reste" disparaissaient, dit-on, durant cette longue Nuit.

 

Les Cabalistes Juifs ont senti la nécessité de cette immutabilité chez une Divinité éternelle, infinie et ont, par suite, fait l'application de cette pensée au Dieu anthropomorphe. L'idée est poétique et très convenable dans son application. Dans le Zohar nous lisons ceci :

Comme Moïse veillait sur le Mont Sinaï, en compagnie de la Divinité, qui était cachée à sa vue par un nuage, il sentit une grande crainte l'envahir et demanda, tout à coup : "Seigneur, où es-tu... dors-tu, O Seigneur ?..." Et l'Esprit lui répondit : "Je ne dors jamais ; si je venais à m'endormir un seul instant AVANT MON TEMPS, toute la création tomberait aussitôt en ruines."

"Avant mon temps" est très suggestif. Cela démontre que le Dieu de Moïse n'est qu'un substitut temporaire, comme Brahmâ, le mâle, un substitut et un aspect de CELA qui est immuable et qui, par conséquent, ne peut aucunement participer aux "jours" ou aux "nuits", ni s'occuper en aucune façon de réaction ou de dissolution.

Tandis que les Occultistes de l'Orient ont sept modes d'interprétation, les Juifs n'en ont que quatre, savoir : l'interprétation réelle-mystique, l'allégorique, la morale et la littérale ou Pashout. Cette dernière est la clef des Eglises exotériques et ne mérite pas discussion. Voici quelques phrases qui, lues au moyen de la première clef, ou clef mystique,  montrent l'identité de la base sur laquelle reposent toutes les Ecritures Saintes. Elles sont données dans l'excellent livre d'Isaac Myer sur les ouvrages Cabalistiques qu'il paraît avoir bien étudiés. Je cite textuellement.

"B'raisheeth barah elohim ath hashama' yem v'ath haa'retz, c'est-à-dire : Au commencement, le(s) Dieu(x) créa(èrent) les cieux et la terre : (ce qui signifie) les six (Séphiroth de construction) 175, au-dessus desquels  se tient B'raisheeth, appartiennent tous au Bas. Il en créa six (et) sur ceux-ci reposent (existent) toutes Choses. Et celles-ci dépendent des sept formes du crâne jusqu'à la Dignité de toutes les Dignités. La seconde "Terre" n'entre pas dans les [II 91] calculs et c'est pourquoi l'on a dit : "Et d'elle (cette Terre) qui a subi la malédiction, il en sortit... Elle (la Terre) était sans forme et vide et les ténèbres étaient sur la surface de l'Abîme et l'esprit d'Elohim... soufflait (me'racha'pheth, c'est-à-dire planait, couvait se mouvait...) sur les eaux. Treize dépendent de treize (formes) de la Dignité la plus respectable.  Six mille années gisent dans (se rapportent aux) six premiers mots. Le septième (mille, le millénaire) au-dessus d'elle (la Terre maudite) est celui qui est fort par Lui-même. Et elle fut ravagée entièrement pendant douze heures (un... jour...). Durant la Treizième, Elle (la Divinité) les rétablira... et tout sera renouvelé comme auparavant et tous ces six continueront 176."

175 Les "Constructeurs" des STANCES.

 176 De la Siphra Dtzenioutha, c. 1, § 16 et seq. ; telle qu'elle est citée dans la Qabbalahde Myer, 232-3.

177 Agents symbolisés par le double triangle entrelacé dont la reproduction n'a pu être faite conformément à l'original. N.D.L.R.

 

Les "Sephiroth de Construction" sont les six Dhyân-Chohans, ou Manous, ou Prajâpatis, synthétisés par le septième "B'raisheeth", la Première Emanation, ou Logos, et qui sont appelés, par conséquent, les Constructeurs de l'Univers Inférieur ou physique, appartenant tous au bas. Ces six agents 177 "dont l'essence est du Septième, sont l'Oupâdhi, la base ou la Pierre Fondamentale sur laquelle l'Univers objectif est édifié, le noumène de toutes choses. Ils sont donc, en même temps, les Forces de la Nature ; les Sept Anges de la Présence ; le sixième et le septième Principes de l'Homme ; les Sphères spirituo-psycho-physiques de la Chaîne Septénaire, les Races-Mères, etc. Ils "relèvent tous des Sept formes du Crâne", jusqu'au plus haut. La "seconde" Terre "n'entre pas dans les calculs", parce que ce n'est point une Terre, mais le Chaos ou l'Abîme de l'Espace, dans lequel reposait le paradigme, ou Univers modèle dans l'idéation de la SUR-AME qui le couve. Le mot "Malédiction" trompe ici beaucoup, car il signifie tout simplement Destin ou sort, ou cette fatalité qui l'envoya dans l'état objectif. C'est démontré par le fait que la "Terre", soumise à la "Malédiction", était représentée comme "sans forme et vide" dans les abîmes profonds de laquelle le "Souffle" de l'Elohim (on des Logoï collectifs) produisit, ou, pour ainsi dire, photographia, la première IDEATION Divine des choses à venir. Ce processus est répété après chaque Pralaya, avant le commencement d'un nouveau Manvantara, ou période d'existence sensible et individuelle. "Treize dépendent de treize formes" se rapporte aux treize Périodes, personnifiées par les treize Manous, avec Svâyambhouva, le quatorzième – 13 au lieu de 14, ne constituant qu'un voile additionnel – ces quatorze Manous qui règnent pendant la durée [II 92] d'un Mahâ Youga, d'un "Jour" de Brahmâ. Ces (treize-quatorze) de l'Univers objectif dépendent des treize-(quatorze) formes paradigmatiques et idéales. La signification des "six mille Ans" qui "gisaient dans les premiers six mots" doit être encore recherchée dans la Sagesse Indienne. Ils se rapportent aux six (sept) premiers "Rois d'Edom" qui typifient les mondes ou les sphères de notre Chaîne, pendant la Première Ronde, aussi bien que les hommes primordiaux de notre Ronde. Ils sont la Première Race-Racine, septénaire et pré-Adamique, ou ceux qui existèrent avant la Troisième Race Séparée. Comme ils étaient des ombres, dépourvues de sens, car ils n'avaient pas encore goûté au fruit de l'Arbre de la Connaissance ils ne pouvaient pas voir les Parzuphim, ou "la Face ne pouvait voir la Face", c'est-à-dire que les hommes primordiaux étaient "inconscients". "C'est pourquoi les (sept) Rois primordiaux moururent", c'est-à-dire furent détruits 178. Maintenant qui sont ces Rois ? Ces Rois sont les "sept Richis, certaines divinités (secondaires), Indra [Shakra] Manou et les rois ses fils [qui] sont créés et périssent durant une période", comme nous le dit le Vishnou Pourâna 179. Pour le septième ("mille") qui n'est pas le millénium du Christianisme exotérique, mais celui de l'Anthropogenèse, il représente, en même temps, la "Septième période de création", celle de l'homme physique, d'après le Vishnou Pourâna et le septième Principe, tant macrocosmique que microcosmique, et aussi le Pralaya qui suit la septième Période, la "Nuit", qui a la même durée que le "Jour" de Brahmâ. "Elle fut ravagée entièrement pendant douze heures." C'est dans la treizième (deux fois six et la Synthèse) que tout sera rétabli et les "six continueront".

C'est donc avec raison que l'auteur de la Qabbalahfait remarquer que :

 Bien avant son époque [d'Ibn Gébirol]... bien des siècles avant l'ère chrétienne, il existait au centre de l'Asie une "Religion Sagesse" dont des fragments existèrent plus tard parmi les hommes érudits de l'Egypte archaïque, chez les anciens Chinois, les Hindous, etc. [Et que] la Qabbalah provint vraisemblablement de sources aryennes, par l'Asie Centrale, la Perse, l'Inde et la Mésopotamie, car c'est d'Ur et de Haran qu'Abraham et plusieurs autres vinrent en Palestine 180.

178 Comparez avec la Siphra Dtzenioutha.

179 Livre I, chap. III.

 180 pp. 219, 221.

 

Telle était aussi la ferme conviction de C. W. King, l'auteur de The Gnostics and Their Remains. [II 93]

Vâmadeva Moudaliyar décrit très poétiquement la "nuit" future. Bien que nous l'ayons cité dans Isis Dévoilée, cela mérite d'être répété.

On entend de tous côtés des bruits étranges... Ce sont les bruits précurseurs de la Nuit de Brahmâ ; le crépuscule monte à l'horizon et le Soleil se couche derrière le treizième degré de Makara [le dixième signe du Zodiaque] et n'atteindra plus le signe de Minas [le signe zodiacal des Poissons]. Les Gourous des Pagodes, chargés de veiller sur le Râshichakram [Zodiaque], peuvent maintenant briser leur cercle et leurs instruments, car ils sont dorénavant inutiles.

La lumière pâlit peu à peu, la chaleur diminue, les lieux inhabités se multiplient sur la terre, l'air devient de plus en plus raréfié ; les sources d'eau tarissent, les grands fleuves voient s'épuiser leurs ondes, l'océan laisse voir son fond de sable et les plantes périssent. La taille des hommes et des animaux décroît tous les jours. La vie  et le mouvement perdent leur force, les planètes gravitent avec peine à travers l'espace ; elles s'éteignent l'une après l'autre, comme une lampe que la main du chokra [serviteur] néglige de remplir. Soûrya [le Soleil] vacille et s'éteint, la matière tombe en dissolution [Pralaya] et Brahmâ rentre dans Dyaus, le Dieu Non-Révélé, et, sa tâche étant accomplie, il s'endort. Un nouveau jour vient de s'écouler, la nuit commence et continue jusqu'à l'Aurore future.

Et maintenant rentrent de nouveau dans l'œuf d'or de sa pensée, les germes de tout ce qui existe, comme nous   le dit l'Homme divin. Pendant Son paisible repos, les êtres animés, doués des principes de l'action, cessent leurs fonctions et tout sentiment [Manas] s'endort. Lorsqu'ils sont tous absorbés dans L'AME SUPREME, cette Ame de tous les êtres dort dans un repos complet, jusqu'au Jour où elle reprend sa forme et se réveille encore de son obscurité primitive 181.

Comme le "Satya Yoûga" est toujours le premier dans la série des quatre Ages ou Yoûgas, de même le Kali vient toujours le dernier. Le Kali Yoûga règne aujourd'hui souverainement dans l'Inde et semble coïncider avec celui de l'Age Occidental. En tout cas, il est curieux de voir à quel point l'auteur du Vishnou Pourâna était prophétique sur presque tous les sujets, lorsqu'il prédisait à Maîtreya quelques-unes des influences sombres et des péchés de ce Kali Yoûga. Car après avoir dit que les "barbares" seraient maîtres des bords de l'Indus, de Chandrabhâgâ et de Kâshmir, il ajoute :

 [Il Y] aura des monarques contemporains régnant sur la terre, [II 94] rois à l'esprit brutal et au caractère violent, sans cesse adonnés au mensonge et à la méchanceté. Il tueront des femmes, des enfants et des vaches ; ils s'empareront des biens de leurs sujets [ou, suivant une autre tradition, ils désireront les femmes des autres] ; ils auront un pouvoir limité... leurs vies seront courtes, leurs désirs insatiables... Les peuples de divers pays, se mêlant à eux, suivront leur exemple, et, les barbares étant puissants [en Inde] sous la protection des princes, tandis que les tribus pures seront négligées, le peuple périra [ou, comme dit le commentateur : "les Mlechchhas seront dans le centre et les Aryas au bout"] 182. Les richesses  et la piété diminueront chaque jour, jusqu'à ce que  le monde soit entièrement dépravé... Les biens seuls conféreront le rang ; les richesses seront la seule source de dévotion ; la passion sera le seul lien entre les sexes ; le mensonge sera le seul moyen de succès dans les litiges et  les  femmes  ne  seront  que  des  objets  servant  à la gratification des sens... Les types externes seront la seule distinction des divers ordres de vie, le manque d'honnêteté [anyâya] sera le moyen (universel) de subsistance ; la faiblesse... la cause de la dépendance ; la menace et la présomption seront substituées au savoir ; la libéralité sera dévotion... le consentement mutuel remplacera le mariage ; les beaux vêtements tiendront lieu de dignité... Celui qui sera le plus fort régnera... le peuple, incapable de supporter les fardeaux si lourds [Khara-bhâra, le poids des impôts], se réfugiera dans les vallées... Ainsi, dans l'âge de Kali, la décadence continuera sans arrêt jusqu'à ce que la race humaine approche de son annihilation [pralaya]. Lorsque... la fin de l'âge de Kali sera toute proche, une partie de cet Etre divin qui existe par sa propre nature spirituelle [Kalkî Avatâra]... descendra sur la terre... doué des huit facultés surhumaines... Il rétablira la justice sur la terre... et le mental de ceux qui vivront vers la fin du Kali Yoûga seront réveillés et seront aussi transparents que le cristal. Les hommes ainsi changés... constitueront la semence d'Etres humains et donneront naissance à une race qui suivra les lois de l'âge de Krita [ou âge de pureté]. Comme il est dit : "Lorsque le Soleil, la Lune (l'astérisme lunaire) Tishya et la planète Jupiter seront dans une même maison, l'Age de  Krita  [ou  de  Satya] reparaîtra... 183.

181 Voyez les Fils de Dieu et l'Inde des Brahmes, de JACOLLIOT, p. 230.

182 Si cela n'est pas prophétique, qu'est-ce donc ?

183 WILSON, Vishnou Pourâna, livre IV, chap. IV.

184 Le Matsya Pourâna dit Katâpa.

185 Vishnou Pourâna, ibid.

 

Deux personnes, Devâpi, de la race de Kourou, et Marou [Morou], de la famille d'Ikshvâkou... continuent à vivre durant les Quatre Ages et demeurent à... Kalâpa 184. Ils retourneront ici au commencement de l'Age de Krita 185... Marou [II 95] [Morou] 186, le fils de Shîghra, grâce au pouvoir de la dévotion (Yoga), vit encore... et sera celui qui rétablira la race Kshattriya de la Dynastie Solaire 187.

Que ce soit vrai ou faux en ce qui concerne cette dernière prophétie, les bénédictions du Kali Yoûga sont bien décrites et s'accordent admirablement, même avec ce que l'on voit et entend en Europe et dans d'autres pays civilisés et chrétiens en plein dix-neuvième siècle et  à l'aurore du vingtième de notre grande ère de LUMIERE.

 186 Max Müller traduit le nom de Morya, de la dynastie Morya, à laquelle appartenait Chandragoupta (Voir History of Ancient Sanskrit literature). Dans le Matsya Pourâna, chapitre CCLXXII, on cite une dynastie de dix Moryas, ou Maureyas. Dans le même chapitre, il est dit que les Moryas régneront un jour sur l'Inde, après avoir rétabli la race Kshattriya, dans bien des milliers d'années. Seulement, ce règne sera purement Spirituel et "pas de ce monde". Ce sera le royaume  du prochain Avatar. Le Colonel Tod croit que le nom de Morya (ou Maurya) est une corruption de Mori, nom d'une tribu Radjpoute et le commentaire du Mahâvanso croit que quelques princes ont tiré leur nom de Maurya de leur ville de Mori, ou, d'après le professeur Max Müller, de Morya- Nâgara, ce qui est plus correct d'après le Mahâvanso original. L'Encyclopédie sanscrite Vâchaspattya, nous dit notre frère Devan Bâdhâdur R. Ragoonath Rao, de Madras, place Katâpa (Kalâpa) sur le côté nord des monts Himalayas, par conséquent au Tibet. On dit la même chose dans le Bhâgavata Pourâna, Skanda XII.

187 Ibid., chap. III, p. 325. Le Vayou Pourâna déclare que Morou rétablira les Kshattriyas dans le dix-neuvième Yoûga futur. (Voir Five Years of Theosophy, 482, article intitulé : "The Puranas on the Dynasty of the Moryas and on Koothoomi").

[II 96]

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SECTION VIII - LE LOTUS, SYMBOLE UNIVERSEL https://m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-2/139-section-viii-le-lotus-symbole-universel https://m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-2/139-section-viii-le-lotus-symbole-universel

SECTION VIII

LE LOTUS, SYMBOLE UNIVERSEL

 

Il n'y a pas de symboles anciens auxquels ne soit attachée une signification profonde et philosophique, dont l'importance et le sens augmentent en raison de leur antiquité. Tel est le Lotus. C'est la fleur consacrée à la Nature et à ses Dieux ; elle représente les Univers  Abstrait et Concret, et elle est l'emblème des pouvoirs de reproduction aussi bien de la nature spirituelle que de la nature physique. Dès la plus haute antiquité, elle était considérée comme sacrée par les Hindous Aryens, les Egyptiens et, après eux, les Bouddhistes. Elle a été vénérée en Chine et au Japon et adoptée comme emblème Chrétien par les Eglises Grecque et Latine, qui en firent un messager, comme le font maintenant les Chrétiens, qui l'ont remplacée par le nénuphar.

[Dans tout tableau le l'Annonciation de la religion Chrétienne, l'Archange Gabriel apparaît à la Vierge Marie tenant à la main une tige de nénuphar. Cette branche représentant le feu et l'Eau, ou l'idée de création et de génération, symbolise précisément la même idée que le Lotus que tient dans sa main le Bodhisattva qui annonce à Mahâ-Mâyâ, mère de Gautama, la naissance de Bouddha, le Sauveur du Monde. De même, Osiris et Horus étaient constamment représentés par les Egyptiens avec la fleur du Lotus, car ils étaient tous deux des Dieux Solaires ou Dieux du Feu, de même que le Saint-Esprit est encore typifié dans les "Actes" par des "langues de feu".]

Le Lotus avait et a toujours sa signification mystique, identique chez toutes les nations de la terre. Nous renvoyons le lecteur à Sir William Jones 188. Chez les Hindous, le Lotus est l'emblème du pouvoir producteur de la Nature, par l'entremise du feu et de l'eau ou de l'esprit et de la matière. "O Eternel ! Je vois Brahm, le Créateur, intronisé en toi au-dessus du Lotus !" dit un verset de la Bhagavad Gîtâ. Et Sir W. Jones démontre, comme c'est déjà mentionné dans les STANCES, que les graines du Lotus, même avant de germer, renferment des feuilles parfaitement formées, miniatures des [II 97] plantes parfaites qu'elles deviendront un jour. Le Lotus, en Inde, est le symbole de la terre prolifique et, qui plus est, du Mont Mérou. Les quatre Anges ou Génies des quatre quartiers du Ciel, les Mahârâjahs des STANCES, se tiennent chacun sur un Lotus. Le Lotus est le double type de l'Hermaphrodite Divin et Humain, ayant, pour ainsi dire, les deux sexes.

188 Voir Dissertations relating to Asia.

 

Chez les Hindous, l'Esprit du Feu (ou de la Chaleur) – qui anime, fertilise et développe en une forme concrète (tirée de son prototype idéal), tout ce qui est né de l'EAU ou la Terre Primordiale – évolua Brahmâ. La fleur de Lotus, représentée comme sortant du nombril de Vishnou, le Dieu qui se repose dans les eaux de l'Espace sur le Serpent de l'Infini, est le symbole 189 le plus descriptif que l'on ait jamais imaginé. C'est l'Univers qui évolue hors du Soleil central, le POINT, le Germe à jamais caché. Lakshmî, qui est l'aspect femelle de Vishnou et qui est aussi appelée Padma, le Lotus, dans le Râmâyana, est également représentée flottant sur une fleur de Lotus, à la "Création" et durant le "barattement de l'océan" de l'Espace, comme aussi sortant de "la Mer de Lait" comme  Vénus Aphrodite de l'Ecume de l'Océan.

189 Allégorie dans l'édition de 1888.

 

... Alors, assise sur un Lotus,

La Déesse brillante de Beauté, la Shri sans pareille, Sortit des ondes...

Ainsi chante un orientaliste et poète anglais, Sir Monier Williams.

L'idée sous-entendue, dans ce symbole, est très belle et possède en outre une filiation identique dans tous les systèmes religieux. Que ce  soit le Lotus ou le nénuphar, elle implique une seule et même idée philosophique ; à savoir, l'émanation de l'objectif du subjectif, l'Idéation divine passant de l'abstrait au concret, ou à la forme visible. Car aussitôt que les TENEBRES, ou plutôt ce qui est "ténèbres" pour l'ignorance, ont disparu en leur propre royaume de Lumière Eternelle, ne laissant derrière elles que leur Idéation divine manifestée, la compréhension des Logoï créateurs est ouverte et il voient dans le Monde Idéal (jusqu'alors caché dans la Pensée Divine), les formes archétypes de tout et se mettent a copier et à construire, ou à façonner, sur ces modèles, des formes éphémères et transcendantes.

Durant cette phase de l'Action, le Démiurge n'est pas encore l'Architecte. Né dans le Crépuscule de l'Action, il doit encore se rendre compte, au préalable, du Plan, se faire une idée des Formes Idéales qui sont cachées dans le sein de [II 98] l'Idéation Eternelle,  exactement comme les feuilles du lotus, les pétales immaculés, sont cachés dans la graine de cette plante 190.

Dans un chapitre du Livre des Morts, intitulé "La Transformation en Lotus", le Dieu, représenté par une tête sortant de cette fleur, s'écrie :

Je suis le pur Lotus émergeant de Ceux qui sont Lumineux... J'apporte les messages d'Horus. Je suis  le pur Lotus qui vient des Champs Solaires 191.

Comme nous l'avons dit dans Isis Dévoilée, l'idée du lotus peut être retrouvée même dans le premier chapitre Elohistique de la Genèse. C'est dans cette idée que nous devons chercher l'origine et l'explication du verset suivant de la Cosmogonie Juive : "Et Dieu dit : Que la terre produise... l'arbre fruitier portant un fruit de son espèce, qui renferme sa graine en lui- même" 192. Dans toutes les religions primitives, le Dieu Créateur est "le Fils du Père", c'est-à-dire sa Pensée rendue visible et avant l'ère Chrétienne, depuis la Trimourti des Hindous, jusqu'aux trois Têtes Cabalistiques des Ecritures, comme les expliquent les Juifs, la Triple Divinité de chaque nation était pleinement définie et établie dans ses allégories.

190 Dans la philosophie ésotérique, le Démiurge, ou Logos, considéré Comme le Créateur, n'est qu'un terme abstrait, une idée, comme le mot "armée". De même que ce dernier mot est un terme générique pour désigner un groupement de forces actives ou d'unités d'action, de soldats, de même le Démiurge est le composé qualitatif d'une multitude de Créateurs ou de Constructeurs. E. Burnouf, le Grand Orientaliste, a parfaitement saisi l'idée, lorsqu'il a dit que Brahmâ ne crée pas plus la Terre que le reste de l'univers. Il dit – "S'étant évolué hors de l'Ame du Monde, une fois séparé de la Cause Première, il s'évapore et émane toute la Nature hors de lui-même. Il ne la domine pas, mais y est mêlé ; Brahmâ et l'Univers forment un seul Etre, dont chaque parcelle est, en son essence, Brahmâ lui-même, qui procéda de lui-même."

191 Ch. LXXXI.

192 I, II

 

Telle est la signification cosmique et idéale de ce grand symbole chez les  peuples  Orientaux.  Mais  lorsqu'il  est  appliqué  au  culte  pratique et exotérique, qui avait aussi sa symbologie ésotérique, le Lotus devint, avec le temps, le véhicule et le réceptacle d'une idée plus terrestre. Aucune religion dogmatique n'a jamais échappé à l'influence de l'élément sexuel et, jusqu'à nos jours, elle souille la beauté morale de l'idée-mère de la symbologie. Ce qui suit est extrait du même manuscrit cabalistique que nous avons déjà cité plusieurs fois : [II 99]

Le Lotus poussant dans les eaux du Nil indiquait  la même signification. Son mode de croissance le rendait particulièrement propre à servir de symbole aux activités génératrices. La fleur du Lotus, qui porte  la semence pour la reproduction, après sa maturité, est rattachée, par son lien en forme de placenta, à la terre-mère, ou matrice d'Isis, à travers l'eau de la matrice, c'est-à-dire à  travers la rivière le Nil, par la longue tige en forme de corde, sorte de cordon ombilical. Rien ne saurait être plus clair que ce symbole et, pour le rendre parfait au point de vue de la signification qui lui est donnée, on représente quelquefois un enfant assis dans la fleur ou en sortant 193. C'est ainsi qu'Osiris et Isis, enfants de Kronos, ou temps sans fin, dans le développement de leurs forces naturelles, deviennent dans ce tableau les parents de l'homme, sous le nom d'Horus.

Nous ne pouvons trop nous appesantir sur l'usage de cette fonction génératrice comme base d'un langage symbolique et façon de parler scientifique. En réfléchissant à cette idée, on est amené tout de suite à méditer sur le sujet de la cause créatrice. On remarque que la nature dans ses travaux a façonné un merveilleux mécanisme vivant, gouverné par une âme vivante ajoutée dont le développement vital et l'histoire passée, présente et future, dépassent tous  les  efforts  de  l'intellect humain 194. Le nouveau-né est un miracle à répétition,  un témoignage que dans l'atelier de la matrice un pouvoir intelligent et créateur est intervenu pour relier une âme vivante à une machine  physique. L'étonnante étrangeté du fait attache une sainteté spéciale à tout ce qui se rapporte aux organes de la reproduction, comme la demeure et le lien de l'évidente intervention constructrice de la divinité 195.

193 Dans les Pourânas indiens, ce sont Vishnou, le Premier, et Brahmâ, le Second Logos, ou les créateurs idéal et pratique, qui sont respectivement représentés, l'un comme manifestant le Lotus, l'autre comme en sortant.

194 Pas, toutefois, les efforts des facultés psychiques exercées d'un Initié dans la Métaphysique Orientale et dans les Mystères de la Nature créatrice. Ce sont les profanes des âges passés qui ont dégradé le pur Idéal de la création cosmique en un simple emblème de reproduction humaine et de fonctions sexuelles. Ce sont les Enseignements Esotériques et les Initiés de l'Avenir qui ont et qui auront la mission de relever et d'ennoblir les conceptions primitives, si tristement profanées par leur application crue et grossière aux dogmes et personnifications exotériques par des religionistes théologiques et ecclésiastiques. Le culte silencieux de la Nature abstraite et nouménale, la seule manifestation divine, est la seule religion de l'humanité qui soit ennoblissante.

195 The Source of Measures, manuscr. pp. 15-16.

196 A coup sûr, les paroles de l'ancien Initié dans les Mystères primitifs du Christianisme : "Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu"(I Corinthiens, III, 16) ne pouvaient pas s'appliquer dans Ce sens à l'homme, bien que ce Fût certainement la signification qu'elles avaient dans l'esprit des compilateurs Hébreux de l'Ancien Testament. Tel est l'abîme qui existe entre le symbolisme du Nouveau Testament et le droit canon des Juifs. Cet abîme n'aurait pas disparu et se serait élargi sans cesse, si le Christianisme et, surtout et avec le plus d'éclat, l'Eglise Latine n'avait jeté un pont au travers. La Papauté moderne l'a maintenant entièrement comblé par son dogme des deux Immaculées conceptions et par le caractère anthropomorphique en même temps qu'idolâtre qu'elle attribue à la Mère de son Dieu.

 

 

Voilà une correcte interprétation des  idées  fondamentales antiques, des conceptions purement panthéistes, impersonnelles et respectueuses des philosophes archaïques des époques [II 100] préhistoriques. Il n'en est cependant pas de même lorsqu'elles sont appliquées à l'humanité pécheresse, à l'idée grossière attachée à la personnalité. Par conséquent, aucun philosophe panthéiste ne manquerait de considérer les  remarques qui suivent ce qui précède et qui représentent l'anthropomorphisme de la symbologie Judaïque comme dangereuses pour la sainteté de la vraie religion et comme appropriées seulement à notre époque matérialiste, qui est le résultat direct et le produit de ce caractère anthropomorphique. Car elle est la note principale de l'esprit entier et de l'essence de l'Ancien Testament, comme dit le manuscrit qui traite du symbolisme et  des artifices de langage de la Bible.

C'est pourquoi l'emplacement de la matrice doit être considéré comme le Lieu le Plus Sacré, le Sanctum- Sanctorum, et le vrai temple du Dieu Vivant 196. Chez l'homme la possession de la femme a toujours été considérée  comme  une  partie  essentielle  de  lui-même pour fondre deux êtres en un et a été jalousement gardée comme sacrée. La partie même de la maison ordinaire réservée à l'habitation de la femme était appelée le penetralia, la partie secrète ou sacrée, et c'est ce qui donna naissance à la métaphore du Saint des Saints et aux constructions sacrées inspirées par l'idée de sainteté des organes de la génération. La métaphore, poussant la description jusqu'à l'extrême 197, décrit cette partie de la maison, dans les Livres Sacrés, comme se trouvant "entre les cuisses de la maison" et quelquefois l'idée est développée au point de vue architectural dans la grande ouverture des portes d'Eglises placées en retrait entre deux arcs-boutants 198.

Aucune pensée semblable "poussée à l'extrême" n'a jamais existé chez les vieux Aryens primitifs. C'est prouvé par le fait que, durant la période Védique, leurs femmes n'étaient pas séparées des hommes dans les penetralia ou Zenanas. Cette  séparation  ne  commença  que  lorsque les [II 101] Mahométans – premiers héritiers du symbolisme Hébraïque, après l'ecclésiasticisme Chrétien – eurent conquis le pays et imposé, peu à peu, leurs manières et leurs coutumes aux Hindous. La femme, avant comme après la période Védique, était aussi libre que l'homme et aucune pensée terrestre impure ne se mêla jamais à la symbologie religieuse des premiers Aryens. L'idée et son application sont purement sémitiques.  C'est corroboré par l'auteur de cette très érudite révélation Cabaliste, lorsqu'il termine les passages que nous venons de citer en disant :

Si à ces organes, comme symboles d'agents créateurs cosmiques, on peut attacher l'idée de l'origine des mesures, aussi bien que des périodes de temps,  il est alors vrai que dans la construction des Temples, comme Demeures de la Divinité ou de Jéhovah, la partie appelée le Saint des Saints ou l'Endroit le Plus Saint, devait emprunter son nom à la sainteté reconnue des organes générateurs, considérés comme symboles de mesures aussi bien que de cause créatrice. Chez les anciens sages, il n'existait ni nom, ni idée, ni symbole se rapportant à une Cause première 199.

197 Il n'en a été ainsi que dans la Bible hébraïque et dans sa copie servile, la Théologie chrétienne.

198 The Source of Measures, 16-17.

199 Ibid., p. 17.

200 La même idée est représentée exotériquement, dan l'exode d'Egypte. Le Seigneur Dieu tente cruellement Pharaon et "l'afflige de grands fléaux" de peur que le roi n'échappe au châtiment et ne laisse aucun prétexte à un nouveau triomphe de son "peuple élu".

 

Assurément, non. Plutôt n'y jamais penser et le laisser à jamais innommé, comme le faisaient les anciens Panthéistes, que de dégrader la sainteté de cet Idéal des Idéals, en abaissant ces symboles à des formes aussi anthropomorphiques ! Ici encore on constate l'abîme qui existe entre les pensées religieuses Aryenne et Sémitique, les deux pôles opposés, la Sincérité et la Dissimulation. Chez les Brâhmanes, qui n'ont jamais associé les fonctions naturelles procréatrices de l'humanité à un élément de "péché originel", c'est un devoir religieux que d'avoir un fils. Un Brâhmane, dans les temps jadis, après avoir rempli sa mission de créateur  humain, se retirait dans la jungle et passait le restant de ses jours dans la méditation religieuse. Il avait rempli son devoir envers la nature, comme homme mortel et comme collaborateur, et dès lors consacrait toutes ses pensées à la partie spirituelle et immortelle de lui-même, considérant la partie terrestre comme une simple illusion, un rêve éphémère – ce qu'elle est, en vérité. Chez le Sémite il en était autrement. Il inventa une tentation de la chair dans le jardin d'Eden et montra son Dieu – ésotériquement le Tentateur et Régent de la Nature – MAUDISSANT à Jamais un acte qui faisait logiquement partie du programme de cette Nature 200. Tout cela exotériquement, [II 102] comme sous le manteau et la lettre morte de la Genèseet du reste. En même temps, ésotériquement, il considérait ce prétendu péché et cette CHUTE comme un acte si sacré, qu'il choisit l'organe, auteur du péché originel comme le symbole le plus approprié et le plus saint pour représenter ce Dieu, qu'il nous montre flétrissant son entrée en fonctions comme une désobéissance et un éternel PECHE !

Qui approfondira jamais les abîmes de paradoxes de l'esprit Sémite ! Et cet élément paradoxal, dépourvu de sa signification secrète, a passé maintenant tout entier dans la théologie et dans le dogme Chrétiens !

C'est à la postérité de décider si les premiers Pères de l'Eglise connaissaient la signification ésotérique du Testament hébreu, ou si quelques-uns d'entre eux, seulement, la connaissaient, tandis que les autres en ignoraient le secret. Une chose au moins est certaine. Comme l'ésotérisme du Nouveau Testament s'accorde parfaitement avec celui des Livres Mosaïques Hébreux et qu'en même temps un certain nombre de symboles purement Egyptiens et de dogmes Païens en général – la Trinité par exemple – ont été copiés et incorporés dans les Synoptiques et dans Saint Jean, il devient évident que l'identité de ces symboles était connue des écrivains du Nouveau Testament, quels qu'ils aient été. Ils ont dû avoir aussi connaissance de la priorité de l'Esotérisme Egyptien, puisqu'ils ont adopté plusieurs symboles qui typifient des conceptions et des croyances purement Egyptiennes dans leurs significations extérieures et intérieures et que l'on ne trouve pas dans le Canon Juif. L'un de ces symboles est le nénuphar que l'on place entre les mains de l'Archange dans les premiers tableaux représentant son apparition à la Vierge Marie – et ces images symboliques sont conservées jusqu'à nos jours dans l'iconographie des Eglises Grecque et Romaine. Ainsi l'Eau, le Feu et la Croix, aussi bien que la Colombe, l'Agneau et d'autres Animaux Sacrés, avec toutes leurs combinaisons, ont ésotériquement une signification identique et doivent avoir été adoptés comme – une amélioration du Judaïsme pur et simple.

Le Lotus et l'Eau se trouvent en effet parmi les symboles les plus anciens et leur origine est purement Aryenne, bien qu'ils soient devenus la propriété de tous au cours de la ramification de la Cinquième Race. Pour en donner un exemple, les lettres aussi bien que les nombres étaient tous mystiques, qu'ils fussent pris en combinaison ou séparément. La lettre la plus sacrée est la lettre M. Elle est à la fois féminine et masculine, ou androgyne et symbolise l'EAU dans son origine, le grand Abîme. C'est une lettre mystique dans toutes les langues Orientales et Occidentales et elle sert de glyphe [II 103] pour représenter ainsi les ondes : LLL. Dans l'Esotérisme Aryen, comme dans celui des Sémites, cette lettre a toujours représenté les Eaux. En sanscrit, par exemple, MAKARA, le dixième signe du Zodiaque, signifie un crocodile, ou plutôt un monstre  aquatique toujours associé à l'Eau. La lettre MA équivaut et correspond au nombre 5 qui est composé d'un Binaire, le symbole des deux sexes séparés, et d'un Tertiaire, le symbole de la Troisième Vie, le produit du Binaire. C'est encore souvent symbolisé par un Pentagone, ce dernier étant  un signe sacré, un Monogramme divin. MAITREYA est le nom secret  du cinquième Bouddha et du Kalkî-Avatar des Brâhmanes,  le dernier MESSIE qui viendra à la fin du Grand Cycle. C'est aussi la lettre initiale du mot grec Métis ou Sagesse Divine ; de Mimra, le "Verbe"ou Logos et de Mithras [le Mihr], la Monade, le Mystère. Tous ces éléments sont nés dans le Grand Abîme et en sont issus et sont les Fils de Mâyâ, la Mère ; en Egypte, Moot ; en Grèce, Minerve (sagesse divine) ; de Marie ou Miriam, Myrrha, etc., la Mère du Logos Chrétien et de Mâyâ, la mère de Bouddha. Mâdhava et Mâdhavi sont les titres des Dieux et des Déesses les plus importants du Panthéon Hindou. Enfin Mandala veut dire en sanscrit un "cercle" ou un Orbe et désigne aussi les dix divisions du Rig Véda. Les noms les plus sacrés de l'Inde commencent ordinairement par cette lettre, depuis Mahat, le premier Intellect manifesté et Mandara, la grande montagne dont se servirent les Dieux pour baratter l'Océan, jusqu'à Mandâkinî, le Gangâ (ou Gange) céleste, Manou, etc., etc.

Dira-t-on que c'est une coïncidence ? C'en serait une bien étrange, en vérité, lorsque nous voyons que même Moïse, trouvé dans les eaux du Nil, a dans son nom la consonne symbolique. Et la fille de Pharaon "lui donna le nom de Moïse, en disant : c'est parce que je l'ai retiré des Eaux" 201. En outre, dans la langue hébraïque, le nom sacré de Dieu qui s'applique à cette lettre M est Méborach, le "Saint" ou le "Béni" et le nom de l'Eau du Déluge est Mbul. Pour en finir avec ces exemples, on peut rappeler les "Trois Maries" au Crucifiement et leur rapport avec Mare, la Mer ou l'Eau. C'est pour cela que dans le Judaïsme et le Christianisme, le Messie est toujours lié avec l'Eau par le Baptême et aussi avec les Poissons, le signe du Zodiaque qui s'appelle en sanscrit Mînam, de même qu'avec l'avatar de Matsya (Poisson) et le [II 104] Lotus, symbole de la matrice, ou avec le nénuphar qui a la même signification.

201 Exode, II, 10, Jusqu'aux sept filles du prêtre Madianite, qui vinrent Puiser de l'eau et que Moïse aida à abreuver leurs troupeaux : service pour lequel le Madian donna pour femme à Moïse sa fille Zipporah ou Sippara, l'Onde brillante (Exode, II, 16-21). Tout cela a la même signification occulte.

 

Parmi les reliques de l'Egypte ancienne, plus les symboles votifs et les emblèmes des objets exhumés sont antiques, plus on trouve les fleurs de Lotus et l'Eau en rapport avec les Dieux Solaires. Le Dieu Khnoom, le Pouvoir Humide ou l'Eau, comme l'enseignait Thalès, étant le principe de toutes choses, est assis sur un trône enchâssé dans un Lotus. Le Dieu  Bes se tient sur un Lotus, prêt à dévorer ses enfants. Thot, le Dieu du Mystère et de la Sagesse, le Scribe sacré de l'Amenti portant comme coiffure le disque solaire, ayant une tête de taureau, le taureau sacré de Mendès étant une des formes de Thot et un corps humain, est assis sur un Lotus épanoui. Enfin c'est la Déesse Hiqit, sous la forme d'une grenouille, qui se repose sur le Lotus, marquant ainsi son rapport avec l'eau. Et c'est par la forme peu poétique de ce symbole de la grenouille, incontestablement le glyphe de la plus ancienne des Divinités Egyptiennes, que les Egyptologues ont, en vain, tenté de démêler le mystère et les fonctions de la Déesse. Son adoption dans l'Eglise, par les premiers Chrétiens, montre qu'ils le connaissaient mieux que nos Orientalistes modernes. La "Divinité grenouille ou crapaud" était l'une des principales  Divinités Cosmiques liées à la Création, à cause de la nature amphibie de cet animal et, surtout, à cause de sa résurrection apparente après de longues périodes de vie solitaire, enfoui dans de vieux murs, dans des rochers, etc. Non seulement elle participait à l'organisation du monde, en même temps que Khnoom, mais elle était aussi liée au dogme de la Résurrection 202. Il doit y avoir eu une signification très profonde et très sacrée attachée à ce symbole, puisque, au risque d'être accusés de pratiquer une forme dégoûtante de Zoolâtrie, les premiers Chrétiens Egyptiens l'adoptèrent dans leurs Eglises. Une grenouille ou un crapaud, enchâssé dans une fleur de Lotus, ou même sans ce dernier emblème, était la forme choisie pour les lampes d'Eglise, sur lesquelles étaient gravés les mots "̉Εγὼ είµὶ ή άναστάσις". Je suis la Résurrection 203. Ces déesses-grenouilles se retrouvent aussi sur toutes les momies.

202 Chez les Egyptiens, c'était la résurrection par renaissance après, 3.000 ans de purification, soit en Dévachan, soit dans les "Champs de Félicité".

203 On peut voir de ces "Déesses-grenouilles" à Boulaq, dans le Musée du Caire. Pour ce que nous venons de dire au sujet des lampes d'Eglise et de leurs inscriptions, M. Gaston Maspero, le savant ex-directeur du Musée de Boulaq, en est responsable. (Voir son Guide au Musée de Boulaq, p. 146.)

 

[II 105]

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bon.christo@free.fr (Super User) LA DOCTRINE SECRETE VOL 2 Fri, 16 Jan 2015 19:14:23 +0000
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SECTION IX

LA LUNE ; DEUS LUNUS, PHŒBE

 

Ce symbole archaïque est le plus poétique de tous les symboles et en même temps le plus philosophique. Les anciens Grecs lui ont donné une place importante et les poètes modernes l'ont usé jusqu'à  la  corde. La Reine de la Nuit, parcourant les Cieux dans toute la majesté de sa lumière sans pareille, plongeant tout, même Hespérus, dans l'obscurité et étendant son manteau d'argent sur le monde sidéral tout entier, a toujours été le thème favori de tous les poètes de la Chrétienté, depuis Milton et Shakespeare jusqu'au plus moderne des versificateurs. Mais la brillante lampe de la nuit, avec son cortège d'étoiles innombrables, ne parlait qu'à l'imagination des profanes. Il y a peu de temps encore, la Religion et la Science ne s'occupaient pas de ce beau mythe. Cependant, la Lune  froide et chaste, celle qui, d'après Shelley :

... rend beau tout ce qu'effleure son sourire,

Ce sanctuaire errant d'une flamme douce, mais glaciale Qui se transforme toujours et cependant reste la même, Qui ne chauffe pas, mais illumine... 204.

204 Dans Epipsychidion.

 

possède avec la Terre des rapports plus étroits que n'en a aucun autre globe sidéral. Le Soleil donne la Vie au Système Planétaire tout entier ; la Lune la donne à notre Globe et c'est ce que comprenaient et savaient les races primitives dès leur enfance. Elle est la Reine et elle est le Roi. Elle était le Roi Soma avant d'être transformée en Phœbé et en la chaste Diane. Elle est par-dessus tout la Divinité des Chrétiens, par le fait des Juif, Mosaïques et Cabalistes, bien que le monde civilisé ait pu l'ignorer pendant très longtemps ; en fait, depuis que le dernier initié Père de l'Eglise mourut en emportant avec lui dans la tombe les secrets des temples païens. Pour des "Pères" tels qu'Origène ou Clément d'Alexandrie, la Lune était le symbole vivant de Jéhovah ; le dispensateur de la Vie et de la Mort, qui dispose de l'Etre – dans notre Monde. Car si Artémise était Luna dans le ciel et, pour les Grecs, sur la Terre, Diane qui présidait à l'enfantement et à la vie, pour [II 106] les Egyptiens elle était, dans l'Enfer, Hékat (Hécate) la Déesse de la Mort, qui régnait sur la magie et les enchantements. Bien plus, en tant que personnification de la Lune, dont les phénomènes sont triadiques, Diana-Hécate-Luna est les trois en un. Car elle est Diva triformis, tergemina, triceps [La déesse aux trois formes, triple, aux trois têtes], trois têtes sur un seul cou 205, comme Brahmâ-Vishnou-Shiva. C'est pourquoi elle est le prototype de notre Trinité, qui n'a pas toujours été entièrement masculine. Le nombre sept, si proéminent dans la Bible, si sacré durant le septième jour, celui du Sabbat, vint de l'antiquité aux Juifs et tire son origine du quadruple nombre 7 contenu dans les 28 jours du mois lunaire, dont chaque partie septénaire est caractérisée par un quartier de la Lune.

205 La déesse Τρι̉µορφος [aux trois formes] dans la statuaire d'Alcaménès.

 

Il vaut la peine, dans cet ouvrage, de présenter une vue à vol d'oiseau sur l'origine et le développement du mythe et du culte lunaires dans l'antiquité historique, de notre côté du globe. Son origine première ne peut être retrouvée par la Science exacte qui rejette toute tradition, tandis que pour la Théologie, qui, sous l'habile direction des Papes, a mis l'interdit sur tout fragment de littérature qui ne portait pas l'imprimatur de l'Eglise de Rome, l'histoire archaïque de ce mythe est un livre scellé. Que la philosophie religieuse Egyptienne, ou bien celle des Aryens Hindous  soit la plus ancienne – la DOCTRINE SECRETE affirme que c'est cette dernière – cela importe peu dans l'espèce, car les "cultes" Lunaire  et Solaire sont les plus anciens du monde. Tous deux ont survécu et existent encore de nos jours dans le monde entier ; chez les uns ouvertement, chez d'autres – comme, par exemple, dans la symbologie Chrétienne – secrètement. Le chat, symbole lunaire, était consacré à Isis qui, dans un certain sens, était la Lune, de même qu'Osiris était le Soleil et on le voit souvent sur le sommet du Sistrum dans la main de la Déesse. Cet animal était tenu en grande vénération dans la ville de Bubaste qui portait un deuil sévère lors de la mort des chats sacrés, parce qu'Isis, en tant que Lune, était particulièrement adorée dans cette ville des mystères. Le symbolisme astronomique qui y était attaché a déjà été indiqué dans la Section I et personne ne l'a mieux décrit que M. Gerald Massey dans ses Lectures et dans The Natural Genesis. On dit que l'œil du chat semble suivre les phases lunaires dans leur croissance et leur déclin et ses globes brillent comme deux étoiles dans l'obscurité de la nuit. C'est de là que vient l'allégorie mythologique qui montre Diane se cachant dans [II 107] la Lune, sous la forme d'un chat, lorsqu'elle cherchait, avec d'autres divinités, à échapper à la poursuite de Typhon, ainsi qu'il est raconté dans les Métamorphoses d'Ovide. La Lune, en Egypte, était en même temps "l'œil d'Horus" et "l'œil d'Osiris", le Soleil.

Il en était de même du Cynocéphale. Le singe à tête de chien était un glyphe servant à symboliser tour à tour le Soleil et la Lune, bien qu'en réalité, le Cynocéphale fût plutôt un symbole Hermétique qu'un symbole religieux. C'est, en effet, l'hiéroglyphe de la planète Mercure et du Mercure des philosophes Alchimistes, qui disent que :

Mercure doit toujours être près d'Isis, comme son ministre, car sans Mercure, ni Isis ni Osiris ne peuvent accomplir quoi que ce soit dans le GRAND ŒUVRE.

Lorsque le Cynocéphale est représenté avec le Caducée, le Croissant ou le Lotus, c'est un glyphe du Mercure "philosophique", mais lorsqu'on le voit avec un roseau ou un rouleau de parchemin, il représente Hermès, le secrétaire et le conseiller d'Isis, fonctions qu'Hanumân remplissait auprès de Bâma.

Quoique les Adorateurs Réguliers du Soleil, les Parsis, soient peu nombreux, il n'en est pas moins vrai, non seulement que la plus grande partie de la mythologie Hindoue et de son histoire est basée sur ces deux cultes auxquels elle est mêlée, mais qu'il en est encore ainsi de la religion Chrétienne elle-même. Depuis leur origine jusqu'à nos jours, cette mythologie a coloré les théologies de l'Eglise Catholique Romaine et des Eglises Protestantes. En réalité, la différence entre la foi Aryenne Hindoue et celle des Aryens Européens est très Petite, si l'on ne considère que leurs idées fondamentales. Les Hindous s'enorgueillissent de s'intituler des Soûryavamshas et des Chandravamshas issus des dynasties Solaire et Lunaire. Les Chrétiens prétendent considérer cela comme de l'idolâtrie et cependant leur propre religion est entièrement basée sur le culte Solaire et Lunaire. C'est en vain que les Protestants se répandent en clameurs contre les Catholiques Romains à-propos de leur "Mariolâtrie" basée sur le culte antique des déesses lunaires, puisque eux-mêmes adorent Jéhovah qui est par excellence un Dieu lunaire et puisque les deux Eglises acceptent dans leurs théologies le Christ-Soleil et la Trinité Lunaire.

On sait fort peu de choses du Culte Chaldéen de la Lune et du Dieu Babylonien Sin, que les Grecs appelaient "Deus Lunus" et ce peu de choses est de nature à égarer souvent l'étudiant profane qui ne saisit pas la signification ésotérique [II 108] des symboles. D'après la croyance populaire des anciens écrivains et philosophes profanes – car les initiés étaient, par serment, voués au silence – les Chaldéens étaient les adorateurs de la lune sous ses divers noms, masculins et féminins, tout comme les Juifs qui vinrent après eux.

Dans le manuscrit inédit sur la Façon de Parler, dont nous avons déjà parlé et qui donne une clef de la formation de l'antique langue symbolique, on présente une raison d'être logique pour expliquer ce double culte. Cet ouvrage est écrit par un Mystique érudit merveilleusement bien informé qui donne cette raison d'être sous la forme facile à saisir d'une hypothèse. Celle-ci, toutefois, devient forcément un fait établi de l'histoire de l'évolution religieuse, pour quiconque a jamais entrevu le secret de la symbologie ancienne. Voici ce qu'il dit :

L'une des premières occupations des hommes, parmi celles qui sont réellement nécessaires, serait la notion des périodes de temps 206 marquées sur la voûte des cieux qui s'élève au-dessus de la surface unie de l'horizon ou du niveau des eaux tranquilles. Ces périodes seraient déterminées par le jour et la nuit, les phases de la Lune, ses révolutions stellaires et synodiques et par la durée de l'année solaire avec le retour des saisons, en appliquant à ces périodes la mesure naturelle du jour et de la nuit, ou du jour divisé en lumière et en obscurité. On découvrirait aussi qu'il y avait, dans la même période d'une année solaire, un jour solaire plus long et un autre plus court que tous les autres, ainsi que deux journées solaires durant lesquelles le jour et la nuit avaient la même  durée et que l'époque de l'année qui correspondait à ces journées pouvait être marquée avec la plus grande précision dans les groupes d'étoiles des cieux ou dans les constellations, sous réserve de leur mouvement rétrograde qui, avec le temps, exigerait une correction par intercalation, comme c'était le cas pour le récit du Déluge, où une correction de 150 jours fut faite pour une période de 600 années, durant laquelle la confusion des signes indicateurs du temps avait augmenté... [Cela] devait naturellement s'appliquer à toutes les races, dans toutes les époques, et l'on doit considérer cette connaissance comme inhérente à la race humaine, avant ce que nous appelons la période historique, aussi bien que pendant cette période 207. [II 109]

206 La Mythologie antique comprend l'Astronomie aussi bien que l'Astrologie. Les planètes étaient les aiguilles marquant, sur le cadran de notre système Solaire, les heures de certains événements périodiques. Ainsi Mercure était le messager qui devait tenir compte du temps pendant les phénomènes journaliers, solaires et lunaires, et se trouvait d'autre part en rapport avec le Dieu et la Déesse de la Lumière.

207 pp. 7-8.

 

Sur cette base l'auteur cherche une fonction naturelle physique possédée en commun par la race humaine et liée aux manifestations périodiques, telle que "le lien entre les deux sortes de phénomènes... devint fixé dans l'usage commun ou populaire". C'est ce qu'il trouve dans :

  1. [Le phénomène physiologique féminin] qui se produit à chaque mois lunaire de 28 jours, ou 4 semaines de 7 jours chacune, de sorte que 13 répétitions de la période se produisent en 364 jours, qui constituent l'année solaire divisée en 52 semaines de 7 jours chacune.
  2. Le mouvement du fœtus qui est marqué par une période de 126 jours ou 18 semaines de 7 jours chacune.
  3. La période que l'on appelle "la période de viabilité" est une période de 210 jours, ou de 30 semaines de 7 jours chacune.
  4. La période de l'enfantement est accomplie en 280 jours, ou période de 40 semaines de 7 jours chacune, soit de 10 mois lunaires de 28 jours ou de 9 mois du calendrier de 31  jours chacun, le tout en comptant sur l'arc royal des cieux pour la mesure de la période traversée, du fond des ténèbres de la matrice jusqu'à la lumière et la gloire de l'existence consciente, ce mystère et ce miracle insondables et sans cesse renouvelés... Ainsi, les périodes observées et qui marquent l'élaboration de la fonction de la génération, seraient naturellement devenues une base de calculs astronomiques... Nous pouvons affirmer... que tel était le mode de calcul employé chez toutes les nations, soit de leur propre mouvement, soit indirectement et par l'intermédiaire de l'enseignement. C'était le mode employé par les Hébreux, car maintenant encore ils basent leur calendrier sur les 354 et les 355 jours de l'année lunaire et nous possédons des données spéciales qui nous permettent de dire que le même mode était usité chez les anciens Egyptiens ; en voici la preuve :

L'idée fondamentale de la philosophie religieuse des Hébreux était que Dieu contenait toutes choses en lui- même 208 et que l'homme, ainsi que la  femme, étaient faits à son image... La place de l'homme et de la femme chez les Hébreux, était occupée, chez les Egyptiens, par le taureau et la vache, consacrés à Osiris et à Isis 209, qui étaient représentés respectivement par un homme à tête de taureau et par une femme à tête de vache et on rendait un culte à ces symboles. Il était notoire qu'Osiris représentait le Soleil et le fleuve Nil, l'année tropicale de 365 jours, nombre qui correspond à la valeur du mot Neilos, et le taureau, comme il était aussi le principe du feu et de la force vivifiante ; tandis qu'Isis était la lune, le lit du fleuve Nil, ou notre mère la terre, pour les énergies gestatrices de laquelle l'eau était une nécessité, l'année lunaire de [II 110] 354-364 jours, la régulatrice des périodes de la gestation et la vache marquée par la nouvelle lune croissante...

208 Notion travestie et rapetissée de l'idée Védantine de Parabrahman contenant en soi l'Univers tout entier, parce qu'il est lui-même sans borne et que rien n'existe en dehors de lui-même.

209 Exactement comme ils le sont encore de nos jours dans l'Inde ; le taureau de Shiva et la vache représentent plusieurs Shaktis ou déesses.

 

Mais le fait que les Egyptiens réservaient à la vache le rôle que la femme jouait chez les Hébreux, n'impliquait pas une différence radicale, mais plutôt une identité voulue dans l'enseignement et simplement la substitution d'un symbole de signification commune, à savoir que la période de gestation chez la vache et la femme était considérée comme étant la même, c'est-à-dire de 280 jours ou 10 mois lunaires de quatre semaines chacun. C'est dans la durée de cette période que résidait la valeur essentielle de ce symbole animal dont l'emblème était la lune croissante 210... On peut remarquer que ces périodes naturelles de gestation ont servi de base au symbolisme dans le monde entier... les Hindous s'en servaient ainsi et on reconnaît que les anciens Américains les mettaient clairement en avant, sur les tablettes de Richardson et de Gest, dans la Croix de Palenque et ailleurs et elles servaient manifestement de base à la formation des calendriers des Mayas de Yucatán, des Hindous, des Assyriens et des Babyloniens anciens, aussi bien qu'à ceux des Egyptiens et des anciens Hébreux.  Les symboles naturels... seraient, soit le phallus, soit le phallus  et le yoni.... mâle  et femelle. En effet, les mots traduits par les termes généraux de mâle et femelle dans le 27ème verset du premier chapitre de la Genèsesont... sacr et n'cabvah ou, littéralement, phallus et yoni 211. Tandis que la représentation des emblèmes phalliques devait  à  peine  indiquer  les  organes  génitaux  du corps

humain, lorsque l'on considère leurs fonctions et le développement des vésicules séminales, il en découlerait plutôt l'indication d'un moyen de mesurer les périodes lunaires et, par celles-ci, les périodes solaires 212.

210 C'est de là que vient le culte que les Hébreux vouent à la Lune.

211 "Il les créa mâle et femelle".

212 Manuscrit, pp. 11-15.

 

C'est là la clef physiologique ou anthropologique du symbole Lunaire. La clef qui ouvre le mystère de la Théogonie ou de l'évolution des Dieux manvantariques, est plus compliquée et ne comporte rien de phallique. Là tout est mystique et divin. Mais les Juifs, outre qu'ils établissaient une relation directe entre Jéhovah et la Lune, en qualité de Dieu générateur, préféraient ignorer les hiérarchies supérieures et ont fait leurs Patriarches de quelques-unes de ces constellations zodiacales et de ces dieux, planétaires, exotérisant ainsi l'idée purement Théosophique et la rabaissant au niveau de l'humanité pécheresse. Le manuscrit dont on a extrait ce que nous venons de dire explique très clairement à quelle hiérarchie de Dieux appartenait Jéhovah et ce qu'était ce Dieu juif ; car il démontre dans un langage précis ce sur quoi l'auteur a [II 111] toujours insisté, à savoir que le Dieu dont les chrétiens ont accepté le fardeau n'était autre que le symbole lunaire de la faculté reproductive ou génératrice de la Nature. Ils ont même toujours ignoré le Dieu Hébreu secret des Cabalistes, Ain Soph, conception que les premières idées Cabalistiques et mystiques faisaient aussi grande que Parabrahman. Mais ce n'est pas la Kabalah de Rosenroth qui peut jamais donner les vrais enseignements originaux de Siméon ben Yochaï qui étaient aussi métaphysiques et philosophiques que n'importe lesquels. Et combien y en a-t-il parmi les étudiants de la Kabalah qui en sachent quelque chose, si ce n'est par leurs traductions latines incorrectes ? Examinons un instant l'idée qui a conduit les anciens Juifs à adopter un substitut pour le TOUJOURS-INCONNAISSABLE et qui a induit en erreur les Chrétiens, au point de leur faire prendre le substitut pour la réalité.

 Si l'idée de... périodes de temps peut être attachée à ces organes [le phallus et le yoni] comme symboles des pouvoirs créateurs cosmiques, alors, en vérité, dans la construction des Temples comme Demeures de la Divinité ou de Jéhovah, la partie désignée comme  le Saint des Saints ou l'Endroit le Plus Sacré emprunterait son titre à la sainteté reconnue des organes générateurs considérés aussi bien comme symboles de mesures que comme cause créatrice.

Chez les anciens sages, il n'y avait ni nom, ni idée, ni symbole d'une Cause Première 213. Chez les Hébreux, la conception indirecte en était exprimée en un terme de compréhension négative, c'est-à-dire Ain-Soph ou Sans Bornes. Mais le symbole de sa première manifestation compréhensible était la conception d'un cercle avec son diamètre pour donner une idée à la fois géométrique, phallique et astronomique... car l'unité prend naissance du zéro ou du cercle, sans lequel elle ne pourrait exister  et  du  1  ou  de  l'un  primordial  sortent  les  neuf  chiffres  et, géométriquement, toutes les formes planes. Ainsi, dans la Cabale, ce cercle avec son diamètre représente les 10 Séphiroth ou Emanations composant l'Adam Kadmon ou Homme Archétype, origine créatrice de toutes choses... Cette idée d'établir un rapport entre la représentation du cercle et de son diamètre, c'est-à-dire entre le nombre 10 ou la signification des organes génitaux et l'Endroit le Plus Sacré était appliquée à la construction de la Chambre du Roi ou du Saint des Saints de la Grande Pyramide, du Tabernacle de Moïse et du Saint des Saints du Temple de Salomon... C'est la représentation d'une [II 112] double matrice, car en Hébreu la lettre Hé (ה) est en même temps le nombre 5 et le symbole de la matrice et deux fois 5 font 10, c'est-à-dire le nombre phallique 214.

213 Parce qu'elle était trop sacrée. Dans les Védas on en parle comme de Cela. C'est la "Cause Eternelle" et on ne peut, dès lors, en parler comme de la "Cause Première", terme qui implique l'absence de Cause à un moment donné.

 214 Manuscrit, pp. 18-20.

215 Ibid., pp. 21-22.

 

Cette "double matrice" montre aussi la dualité de l'idée transportée du plan supérieur ou spirituel au plan inférieur ou terrestre et limitée à ce dernier par les Juifs. Chez eux, par conséquent, le nombre sept a pris la place la plus importante dans la religion exotérique qui est le culte des formes extérieures et des cérémonies vides, comme par exemple, leur Sabbat, le septième jour consacré à leur Divinité la Lune, symbole du Jéhovah générateur. Mais chez d'autres peuples, le nombre sept représentait l'évolution théogonique, les cycles, les plans cosmiques et les Sept Forces ou Pouvoirs Occultes du Cosmos considéré comme un Tout Sans Bornes, dont le premier Triangle supérieur était inaccessible à l'intellect limité de l'homme. Tandis que d'autres nations, dans leur limitation forcée du Cosmos dans l'Espace et le Temps, ne s'occupaient donc que de son plan septénaire manifesté, les Juifs ne plaçaient  ce nombre que dans la Lune et basaient dessus tous leurs calculs sacrés. C'est pourquoi nous voyons l'auteur réfléchi du manuscrit que nous venons de citer faire remarquer, à propos de la métrologie des Juifs, que :

Si l'on multiplie 20.612 par 4/3, le produit donnera une base pour arriver à déterminer la révolution moyenne de la lune et si l'on multiplie encore ce produit par 4/3, le nouveau produit donnera une base pour fixer la période exacte de l'année solaire moyenne... cette forme... devenant d'une grande utilité pour trouver les périodes astronomiques de temps 215.

 Ce double nombre – mâle et femelle – est symbolisé aussi par quelques idoles bien connues ; par exemple :

Ardhanâri-Ishvara, l'Isis des Hindous, Eridanus ou Ardan, ou le Jourdain des Hébreux, ou source de la descente. Elle se tient sur une feuille de lotus flottant sur l'eau. Mais cela signifie... qu'elle est androgyne ou hermaphrodite, c'est-à-dire le phallus et le yoni combinés, le nombre 10, la lettre hébraïque Yod [י] le contenu de Jéhovah. Elle, ou plutôt elle-il, [donne] les minutes du même cercle de 360 degrés 216.

216 Ibid., pp. 23-24.

 

"Jéhovah", sous son meilleur aspect, est Binah la "Mère Supérieure médiatrice, la Grande Mer ou le Saint-Esprit" et, par conséquent, plutôt un synonyme de Marie, Mère de Jésus, que de son Père ; cette "Mère qui  est le mot latin Mare", la [II 113] Mer, est ici aussi Vénus, la Stella del Mare ou "l'Etoile de la Mer".

Les ancêtres des mystérieux Akkadiens – les Chandravamshas ou Indouvamshas, les Rois Lunaires que la tradition montre comme régnant à Prayâga (Allahabad), longtemps avant notre ère – étaient venus de l'Inde et avaient apporté avec eux le culte de leurs ancêtres, de Soma et de son fils Boudha, culte qui devient plus tard celui des Chaldéens. Cependant cette adoration, différente de l'Astrolâtrie et de l'Héliolâtrie populaires, n'était nullement de l'idolâtrie. Pas plus, en tout cas, que le symbolisme moderne des Catholiques Romains qui établit un rapport entre la Vierge Marie, la Magna Mater des Syriens et des Grecs avec la Lune.

Les Catholiques Romains les plus pieux sont très fiers de ce culte et le proclament hautement. Dans un Mémoire adressé à l'Académie française, le Marquis de Mirville dit :

Il n'est que naturel que, comme une prophétie inconsciente, Ammon-Râ soit le mari de sa mère, puisque la Magna Mater des chrétiens est précisément l'épouse du fils qu'elle conçoit... Nous [Chrétiens] pouvons maintenant comprendre pourquoi Neïth projette la lumière sur le Soleil tout en restant la Lune, puisque la Vierge, qui est la Reine des Cieux comme l'était Neïth, vêt le Christ-Soleil comme le fait Neïth et est vêtue par lui : "Tu vestis Solem et te Sol vestit" [comme chantent les catholiques romains durant leurs offices].

Nous [Chrétiens] comprenons aussi comment il se fait que l'inscription fameuse de Saïs ait dit que "nul n'a jamais soulevé mon voile [peplum]", puisque cette phrase, traduite littéralement, est le résumé de ce que l'on chante à l'église le jour de l'Immaculée Conception 217.

217 Pneumatologie : Des Esprits, t. III, p. 117 ; "Archéologie de la Vierge Mère".

 

Assurément rien ne pourrait être plus sincère que cela ! Cela justifie entièrement ce qu'a dit M. Gerald Massey dans sa Conférence sur la "Luniolâtrie ancienne et moderne" :

L'homme dans la Lune [Osiris-Sut, Jéhovah-Satan, Christ-Judas et autres Jumeaux Lunaires], est souvent accusé de mauvaise conduite... Dans les phénomènes lunaires la lune était une, en tant que lune, qui était double de sexe et triple de caractère, en sa qualité de mère, d'enfant et de mâle adulte. Par conséquent, l'enfant de la lune devient l'époux de sa propre mère ! Cela ne pouvait être évité si la reproduction devait avoir lieu. Il était forcé d'être son propre père ! Ces sortes de parentés étaient repoussées par la sociologie postérieure et l'homme primitif dans la lune devint tabou. Cependant, dans sa dernière phase, la plus inexplicable, c'est devenu la [II 114] doctrine fondamentale de la superstition la plus grossière que le monde ait jamais vue, car ces phénomènes lunaires et leurs parentés humainement représentées, y compris les incestueuses, sont la base même de la Trinité Chrétienne dans l'Unité. Par ignorance du symbolisme, la simple représentation des premiers temps est devenue le plus profond mystère religieux de la Luniolâtrie moderne. L'Eglise Romaine, sans avoir le moins du monde honte de la preuve, représente la Vierge Marie, revêtue du Soleil et ayant le croissant  de  la  Lune  sous  ses  pieds,  tenant l'enfant lunaire dans ses bras – en qualité d'enfant et d'époux  de la Lune-mère ! La mère, l'enfant et le mâle adulte sont fondamentaux...

De cette façon l'on peut prouver que notre Christologie n'est que la mythologie momifiée et la tradition légendaire qui nous ont été imposées, par l'Ancien et le Nouveau Testament, comme une révélation divine articulée par la voix même de Dieu 218.

218 Page 23.

 

On trouve dans le Zohar une allégorie charmante qui dévoile mieux qu'aucune autre le vrai caractère de Jéhovah ou YHVH, suivant la conception primitive des Cabalistes Hébreux. On la  trouve maintenant dans la philosophie de la Kabalah d'Ibn Gebirol, traduite par Isaac Myer.

Dans l'introduction écrite par R. 'Hiz' qee-yah, qui est très ancienne et forme une partie de l'édition Brody du Zohar (I. 5 b. sq.) il y a le récit d'un voyage entrepris par

  1. El'azar, fils de B. Shim-on b. Yo'haï, et R. Abbah... Ils rencontrèrent un homme portant un lourd fardeau... Ils causèrent ensemble... et les explications de la Thorah données par l'homme qui portait le fardeau furent si merveilleuses, qu'ils lui demandèrent son nom ; il répondit : "Ne me demandez pas qui je suis, mais nous continuerons tous l'explication de la Thorah [la Loi]." Ils demandèrent : "Qui t'a fait ainsi marcher et porter un aussi lourd fardeau ?" Il répondit : "La lettre, (Yod, qui = 10, qui est la lettre symbolique de Kether et l'essence ainsi que le germe du Nom Sacré הוהי YHVH) fit la guerre, etc."... Ils lui dirent : "Si tu consens à nous dire le nom de ton Père, nous baiserons la poussière de tes pieds." Il répliqua : "Quant à mon père, il habitait dans la Grande Mer où il était un poisson [comme Vishnou et Dagon ou Oannès] qui [d'abord] détruisit la Grande Mer…, et il était grand et puissant et "Ancien des Jours" jusqu'à ce qu'il eût avalé tous les autres poissons de la (Grande) Mer"... R. El'azar écouta ses paroles et lui dit : "Tu es le fils de la Flamme Sacrée, tu es le fils de Rab Ham-'nun-ah Sabah (le vieux),  [poisson  en Aramaïque ou en Chaldéen se dit nun (noon)], tu es le Fils de la Lumière de la Thorah [Dharma], etc." 219.

219 Qabbalah de Myer, 335-6.

 

L'auteur explique alors que la Séphira féminine Binah [II 115] est appelée par les Cabalistes la Grande Mer ; par conséquent Binah, dont les noms divins sont Jéhovah, Yah et Elohim, n'est autre que le Tiamat des Chaldéens, le Pouvoir Féminin, le Thalatth de Bérose qui préside au chaos et qui devient plus tard dans la Théologie Chrétienne le Serpent et le Diable. Elle-il (Yah-Hovah) est le Hé céleste et Eve. Ce Yahhovah, ou Jéhovah, est donc identique à notre Chaos – Père Mère, Fils – sur le plan matériel et dans le Monde purement physique, Deus et Démon tout ensemble ; le soleil et la lune, le bien et le mal, Dieu et le Démon.

 

Le magnétisme lunaire génère la vie, la conserve et la détruit, psychiquement aussi bien que physiquement. Et si, au point de vue astronomique, la Lune est l'une des sept planètes du monde ancien, dans la Théogonie elle est l'un de ses Régents – chez les Chrétiens maintenant comme chez les Païens, les premiers y faisant allusion sous le nom d'un de leurs Archanges et les seconds sous celui d'un de leurs Dieux.

Aussi la signification du "conte de fées" traduit par Chwolsohn d'après la traduction Arabe d'un vieux manuscrit Chaldéen, dans lequel Qû-tâmy est instruit par l'idole de la Lune, est facile à comprendre. Seldenus nous en donne le secret, aussi bien que Maimonides dans son Guide pour ceux qui  sont  dans  la  perplexité 220.  Les  adorateurs  des  Téraphim  (oracles  des Juifs),  "sculptèrent  des  images  et  prétendirent  que  la  lumière  des  étoiles [planètes]  principales  les  ayant  complètement  pénétrées,  les  VERTUS Angéliques [ou les Régents des étoiles et des planètes] causaient avec eux et  leur  enseignaient  un  grand  nombre  de  choses  et  d'arts  utiles".  Et Seldenus explique que les Téraphim étaient construits et composés selon la position de certaines planètes, celles que les Grecs appelaient στοικει̃α [les éléments], d'après les figures placées dans les cieux et appelées άλζητήριοι [les  défenseurs]  ou  les  Dieux  tutélaires.  Ceux  qui  traçaient  les  στοιχεια étaient nommés στοιχεὶωµατιχοι ou devins par στοιχει̃α" 221.

 220 Moreh Nebhuchim, III, XXX.

221 Voir De Diis Syriis, Téraph., II, Synt., p. 31.

 

Ce sont pourtant de pareilles phrases dans l'Agriculture Nabathéenne qui ont effrayé les hommes de Science et leur ont fait proclamer que c'était "un ouvrage apocryphe ou un conte de fées indigne de l'attention d'un Académicien". En même temps, comme nous l'avons vu, des Catholiques Romains et des Protestants pleins de zèle l'ont métaphoriquement mis en lambeaux, les premiers parce qu'il "décrivait le culte des démons", les derniers parce qu'il n'était pas "pieux". Encore une fois tous ont tort. Ce n'est pas un conte de fées et, en ce qui concerne les pieux Ecclésiastiques, [II 116] on peut trouver le même culte dans leurs Ecritures Saintes, quelque défiguré qu'il soit par la traduction. Le culte Solaire et Lunaire, ainsi que le culte des Etoiles et des Eléments, peuvent être découverts dans la Théologie Chrétienne où ils ont trouvé place. Les Papistes prennent leur défense et les Protestants ne les nient qu'à leurs risques et périls. Nous pouvons citer deux exemples.

Ammianus Marcellinus enseigne que les antiques divinations étaient toujours accomplies à l'aide des Esprits des Eléments (Spiritus Elementorum et, en grec, πνεύµατα τω̃ν στοιχείων) 222.

222 I, I, 21.

 

Mais on a découvert maintenant que les Planètes, les Eléments et le Zodiaque étaient représentés, non seulement à Héliopolis par les douze pierres appelées "mystères des éléments" (Elementorum Arcana), mais aussi dans le Temple de Salomon et, comme l'ont fait remarquer les divers écrivains, dans plusieurs vieilles églises Italiennes et même à Notre-Dame de Paris, où l'on peut les voir aujourd'hui encore.

Aucun symbole, sans excepter celui du Soleil, n'était,  dans ses diverses significations, plus complexe que le symbole lunaire. Son sexe, cela va sans dire, était double. Pour les uns, il était mâle ; comme, par exemple, le "Roi Soma" Hindou et le Sin Chaldéen ; pour d'autres nations il était féminin, comme les belles déesses Diana-Luna, Ilithya [la déesse gracieuse ou propice], Lucine. Chez les Tauri, on sacrifiait des victimes humaines à Artémise, un des aspects de la déesse lunaire ; les Crétois l'appelaient Dictynna et les Mèdes ainsi que les Perses, Anaïtis, comme on peut le voir par une inscription de Colœ : ̉Αρτέµδι ̉Ανάεικι [Artémise ou Diane secourable]. Mais nous nous occupons maintenant surtout de la plus pure  et  de  la  plus  chaste  des  déesses  vierges  Luna-Artémise, à qui Pamphôs donna le premier le surnom de Καλλίρτη [la plus belle] et à propos de qui Euripide, dans Hippolyte, écrivit Καλλίρτα πολὺ παρθένων [la plus belle de bien des jeunes filles] 223 Cette Artémise Lochia, Déesse qui présidait à la conception et à l'enfantement (Iliade, Pausanias, etc), est, dans ses fonctions et en qualité de triple Hécate, la Divinité Orphique, prédécesseur du Dieu des Rabbins et des Cabalistes pré-Chrétiens et son type lunaire. La déesse Τρίµορφος [à la triple forme] était le symbole personnifié des aspects variés et successifs représentés par la Lune dans chacune de ses trois phases et cette interprétation était déjà celle des Stoïques 224, tandis que les Orphéens expliquaient l'épithète de Τρίµορφος par les trois règnes de la nature qu'elle [II 117] régissait. Jalouse, avide de sang, vindicative et exigeante, Hécate-Luna est la digne contrepartie du "Dieu jaloux" des prophètes Hébreux.

L'énigme entière des cultes Solaire et Lunaire, telle qu'elle  est spécifiée maintenant dans les églises, repose en effet sur ce mystère, vieux comme le monde, des phénomènes lunaires. Les forces corrélatives de "la Reine de la Nuit", qui sont encore latentes pour la Science Moderne, mais sont en pleine activité pour le savoir des Adeptes Orientaux, expliquent bien les mille et une images sous lesquelles la Lune était représentée par les Anciens. Elles démontrent aussi combien les Anciens étaient plus profondément versés dans les Mystères Séléniques que ne le sont nos Astronomes modernes. Le Panthéon entier des dieux et des déesses lunaires, Nephtys ou Neïth, Proserpine, Milytta, Cybèle, Isis, Astarté, Vénus et Hécate d'un côté et Apollon, Dionysos, Adonis, Bacchus, Osiris, Atys, Thammuz, etc, de l'autre, tous prouvent par leurs noms mêmes et leurs titres – ceux de "Fils"et "d'Epoux" de leurs "Mères" – leur identité avec la Trinité Chrétienne. Dans tout système religieux les Dieux ont fusionné leurs fonctions de Père, de Fils et d'Epoux en une seule et l'on identifiait les Déesses comme Epouse, Mère et Sœur du Dieu mâle. Les premiers synthétisant les attributs humains, en qualité de "Soleil Donneur de Vie", les dernières fondant tous les autres titres dans la grande synthèse connue sous le nom générique de Maia, Mâyâ, Maria, etc. – Maia, dans sa dérivation forcée, en est arrivée à signifier chez les Grecs "Mère", tiré de la racine ma (nourrice) et même à donner son nom au mois de mai qui, avant qu'on le consacrât à Maria, était consacré à toutes ces déesses 225. Sa signification primitive, toutefois, était Mâyâ, Durgâ, que les Orientalistes traduisent par "inaccessible", mais qui signifie en réalité "l'impossible à atteindre" dans le sens d'illusion et de non-réalité, comme étant la source et la cause des charmes, la personnification de l'illusion.

223 Voir Pausanias, VIII, 35-8.

224 CORNUTUS, De Natura Deorum, XXXIV, I.

225  C'est au païen Plutarque que les Catholiques Romains sont redevables de l'idée de consacrer le mois de Mai à la Vierge, car il démontre que "Mai est consacré à Maia (Μαι̃α) ou Vesta" (Aulu Gelle,  sub  voc.  Maia)  personnification  de  notre  mère  la  Terre,  de  celle  qui  nous  nourrit  et  nous soigne.

226 Thot-Lunus est le Bouddha-Soma de l'Inde, on "Mercure et la Lune".

 

Dans les rites religieux, la Lune servait à un double but personnifié comme déesse féminine pour les usages exotériques, ou comme dieu mâle dans l'allégorie et le symbole, notre satellite était considéré par la Philosophie Occulte comme un Pouvoir sans sexe, qu'il fallait bien étudier parce qu'il était à craindre. Chez les initiés Aryens, Khaldii [Chaldéens], Grecs et Romains, Soma, Sin, Artémise, Soteira (l'Apollon hermaphrodite dont l'attribut est la lyre et la Diane[II 118] barbue armée de l'arc et des flèches), Deus Lunus et surtout Osiris-Lunus et Thot-Lunus 226 étaient les pouvoirs occultes de la Lune. Mais qu'elle soit mâle ou femelle, qu'elle soit Thot ou Minerve, Soma ou Astoreth, la Lune est le mystère des mystères Occultes et plutôt un symbole du mal que du bien. Ses sept phases, dans la division originale ésotérique, sont réparties en trois phénomènes astronomiques et en quatre phases purement psychiques. Que la Lune n'était pas toujours respectée est montré dans les mystères où la mort du Dieu Lune – c'est-à-dire les trois phases de la décroissance graduelle et de la disparition finale – était symbolisée par la Lune représentant le génie du mal qui, pour un temps, triomphe du Dieu qui donne la vie et la lumière, le Soleil ; et il fallait toute l'habileté et tout le savoir des  anciens Hiérophantes en Magie pour changer ce triomphe en défaite.

C'était le plus ancien de tous les cultes, celui de la Troisième Race de notre Ronde, les Hermaphrodites, culte dans lequel la Lune mâle devint sacrée, lorsque après la "Chute" prétendue, les sexes eurent été séparés. "Deus Lunus" devint alors un androgyne, tour à tour mâle et femelle, pour être finalement employé, pour des pratiques de sorcellerie, en guise de pouvoir double par la Quatrième Race-Racine, les Atlantes. Avec la Cinquième, notre Race à nous, le culte lunaire-solaire divisa les nations en deux camps distincts et opposés. Ce fut la cause des événements décrits des æons plus tard dans la Guerre du Mahâbhârata, qui est considérée par les Européens comme la lutte fabuleuse et par les Hindous et les Occultistes comme la lutte historique entre les Souryavamshas et les Indouvamshas. Après avoir eu pour cause première le double aspect de la Lune, c'est-à-dire le culte des principes mâle et femelle, la lutte se termina par l'adoption des cultes Solaire et Lunaire distincts. Chez les races Sémitiques, le Soleil fut pendant longtemps féminin et la Lune masculine ; cette dernière conception avait été tirée par eux des traditions Atlantes. La lune était appelée le "Seigneur du Soleil", Bel-Shemesh, avant le culte de Shemesh. L'ignorance des raisons premières de cette distinction et des principes occultes, conduisit les nations au culte anthropomorphique des idoles. [Pendant cette période dont il n'est pas parlé dans les livres mosaïques, c'est-à-dire depuis l'exil de l'Eden jusqu'au Déluge allégorique, les Juifs comme les autres Sémites, adorèrent Dayanisi 227, ישניד, le "Souverain des Hommes", "le Juge", ou le SOLEIL. Bien que le canon Juif et le Christianisme aient fait du Soleil le "Seigneur Dieu" et "Jéhovah" dans la Bible, celle-ci n'en est pas moins pleine [II 119] d'allusions indiscrètes à la Divinité androgyne qui était Jéhovah, le Soleil, et Astoreth, la Lune, sous son aspect féminin, sans métaphore aucune, comme de nos jours. Dieu est un "feu consumant", il apparaît dans le feu et il "en est entouré". Ce ne fut pas seulement dans ses visions qu'Ezéchiel vit les Juifs "adorant le Soleil" 228. Le Baal des Israélites – le Shemesh des Moabites et le Moloch des Ammonites – était le même "Jéhovah-Soleil" et il est aujourd'hui encore "le Roi des Légions du Ciel", le Soleil, tout comme Astoreth était la "Reine du Ciel", ou la Lune. Ce n'est qu'actuellement que le "Soleil de Justice" est devenu une expression métaphorique.] Les religions de toutes les nations anciennes avaient d'abord été basées sur les manifestations Occultes d'une Force ou d'un Principe purement abstrait que l'on appelle aujourd'hui "Dieu". L'établissement même d'un tel culte montre, par ses détails et ses rites, que les philosophes qui établirent de pareils systèmes de la Nature, subjective et objective, possédaient  un savoir profond et connaissaient nombre de faits de caractère  scientifique. A part leur côté purement Occulte, les rites du culte Lunaire étaient, en effet, basés, comme nous venons de le voir, sur la connaissance de la Physiologie – science qui, pour nous, est tout à fait moderne – de la Psychologie,  des  Mathématiques  sacrées, de la Géométrie et de la Métrologie, dans leurs applications correctes aux symboles et aux figures, qui ne sont que des glyphes remémorant de faits naturels et scientifiques qui ont été observés, en un mot sur la connaissance la plus minutieuse et la plus profonde de la Nature. Comme nous venons de le dire, le magnétisme Lunaire génère la vie, la conserve et la détruit. Soma incarne le triple pouvoir de la Trimourti, bien qu'il ne soit pas reconnu jusqu'à présent par les profanes. L'allégorie qui représente Soma, la Lune, comme produite par le Barattement de l'Océan de Vie (l'Espace) par les Dieux durant un autre Manvantara, c'est-à-dire à une époque qui précéda la Genèsede notre Système Planétaire et le mythe 229 qui représente "les  Richis  trayant la Terre dont le veau était Soma ou la Lune" ont une profonde signification cosmographique, car ce n'est ni notre Terre qui est traite, ni la Lune que nous connaissons qui est le veau 230. Si [II 120] nos hommes de Science en savaient autant que les anciens Aryens sur les mystères de la Nature, ils n'auraient sûrement jamais imaginé que la Lune avait été projetée par la Terre. Encore une fois il faut se rappeler et prendre en considération les plus anciennes permutations de la Théogonie, le Fils devenant son propre Père et la Mère générée par le Fils, si l'on veut comprendre le langage symbolique des Anciens. Autrement la mythologie continuera à obséder les Orientalistes, comme n'étant "qu'une maladie qui apparaît à  une certaine époque de la culture humaine !" – comme le dit gravement Renouf dans une Conférence Hibbert.

229 Cette autre allégorie – dans l'édition de 1888.

230 Dans l'allégorie, la Terre fuit, pour sauver sa vie, devant Prithou qui la poursuit. Elle prend la forme d'une vache, et, tremblante de frayeur, court se cacher même dans les régions de Brahmâ. Ce n'est donc pas notre Terre. De même dans chaque Pourâna, le veau change de nom. Dans l'un c'est Manou Svâyambhouva, dans un autre c'est Indra, dans un troisième l'Himavat (l'Himalaya) lui- même et Mérou était celui qui trayait. Cette allégorie est plus profonde que l'on pourrait  le supposer.

 

Les Anciens enseignaient, pour ainsi dire,  l'auto-génération  des Dieux ; l'Essence Divine Unique non-manifestée engendrant continuellement un Second Soi manifesté, ce Second Soi, androgyne par nature, donne naissance d'une façon immaculée à toutes les choses macrocosmiques et microcosmiques dans cet Univers. C'est ce qui est démontré dans le Cercle et le Diamètre ou par le Dix-Sacré (10) que nous avons mentionnés un peu plus haut.

Mais nos Orientalistes, malgré leur extrême désir de découvrir un Elément homogène dans la Nature, ne veulent pas le voir. Limités dans leurs recherches par une pareille ignorance, les Aryanistes et les Egyptologues s'écartent constamment de la vérité dans leurs spéculations. Ainsi, de Rougé est incapable de comprendre, dans le texte qu'il traduit, la signification de ce qu'Ammon-Ra dit au roi Aménophès que l'on suppose être Memnon : "Tu es mon Fils, je t'ai engendré." Et comme il trouve cette même idée dans plusieurs textes et sous diverses formes, ce même Orientaliste très Chrétien en arrive à s'écrier :

Pour que cette idée soit entrée dans l'esprit d'un hiérogrammate, il faut qu'il y ait eu dans leur religion une doctrine plus ou moins définie, indiquant, comme un fait possible qui pouvait se présenter, une incarnation divine et immaculée sous une forme humaine.

C'est cela même. Mais pourquoi chercher l'explication dans une prophétie impossible, lorsque tout le secret est expliqué par la religion plus récente qui a copié l'ancienne ?

Cette doctrine était universelle et ce n'était pas le mental d'un hiérogrammate qui l'avait évoluée, car les Avatars Indiens sont la preuve du contraire. Après quoi, étant arrivé "à comprendre plus clairement 231", ce qu'étaient les "Divins [II 121] Père et Fils" chez les Egyptiens, de Rougé ne réussit pas davantage à expliquer et à concevoir ce qu'étaient les fonctions attribuées au Principe féminin dans cette génération primordiale. Il ne le trouve pas dans la Déesse Neïth de Saïs. Il cite, pourtant, la phrase du Commandeur à Cambyse lorsqu'il introduisit ce roi dans le temple Saïtique : "Je fis comprendre à Sa Majesté la dignité de Saïs, qui est la demeure de Neïth, la grande productrice (femelle) mère du Soleil qui est le premier né et qui n'est pas engendré, mais seulement enfanté" et qui est, par suite, le fruit d'une Mère Immaculée.

231 Cette compréhension claire est que les Egyptiens prophétisèrent Jéhovah (!) et son Rédempteur incarné (le bon serpent), etc. ; jusqu'à même identifier Typhon avec le méchant Dragon du jardin d'Eden. Et cela passe pour de la science sérieuse et censée !

 

Combien plus grandiose, plus philosophique et plus poétique – pour qui est capable de la comprendre et de l'apprécier – est la vraie distinction établie entre la vierge immaculée des anciens Païens et la conception Papale moderne. Chez les premiers, la Nature-Mère, toujours jeune, l'antitype de ses prototypes, le Soleil et la Lune, génère et enfante son Fils "né  du  mental", l'Univers. Le  Soleil  et  la  Lune  en  qualité  de divinités mâles-femelles, fertilisent la Terre, Mère microcosmique  et celle-ci conçoit et enfante à son tour. Chez les Chrétiens, le "Premier Né" (primogenitus) est, en effet, généré, c'est-à-dire engendré (genitus non factus, engendré, non créé) et positivement conçu et enfanté : "Virgo pariet [une Vierge enfantera]", explique l'Eglise Latine. C'est ainsi que cette Eglise rabaisse au niveau le plus terrestre l'idéal noble et spirituel de la Vierge Marie et la fait descendre au rang des plus basses déesses anthropomorphiques de la foule.

Il est vrai que Neïth, Isis, Diane, etc., quel que soit le nom qu'on lui donne, était "une Déesse démiurgique, à la fois visible et invisible ayant sa place dans le Ciel et aidant à la génération des espèces – la Lune, en un mot. Ses aspects et ses pouvoirs occultes sont sans nombre et sous l'un de ces aspects, la Lune devient chez les  Egyptiens  Hathor,  autre  aspect d'Isis 232, et l'on représente ces deux déesses comme allaitant Horus. Voyez dans la salle Egyptienne du British Museum, Hathor adorée par le Pharaon Thotmès qui se tient entre elle et le Seigneur des Cieux. Ce monolithe a été pris à Karnac. La légende suivante est inscrite sur le trône de cette même Déesse : "LA DIVINE MERE ET DAME, OU REINE DU CIEL", et aussi "ETOILE DU MATIN" et "LUMIERE DE LA MER". – Stella Matutina et Lux Maris. Toutes les déesses lunaires avaient un double  aspect ; l'un divin, l'autre infernal. Toutes étaient les Vierges Mères d'un Fils – le Soleil – né d'une façon immaculée. Raoul Rochette montre la Déesse Lunaire des Athéniens, Pallas ou Cybèle, Minerve ou bien encore Diane, tenant dans son giron son jeune fils, invoquée [II 122] à l'époque de ses fêtes sous le nom de Μονογενής Θεού̉, [Seul engendré de Dieu] la "Seule Mère de Dieu", assise sur un lion et entourée de douze personnages ; dans lesquels l'Occultiste reconnaît les douze grands Dieux et le pieux Orientaliste Chrétien les Apôtres, ou plutôt la Prophétie Païenne des Grecs à leur sujet.

232 Hathor est l'Isis infernale, la déesse par excellence de l'Occident ou monde inférieur.

 

Ils ont tous deux raison, car la déesse Immaculée de l'Eglise latine est une copie fidèle des anciennes déesses païennes ; le nombre des Apôtres est celui des douze tribus qui ne sont que la personnification des douze grands Dieux et des douze Signes du Zodiaque. Presque chaque détail du dogme Chrétien est emprunté aux Païens. Sémélé, épouse de Jupiter et Mère de Bacchus, le Soleil, est aussi, selon Nonnus, "portée" ou élevée, après sa mort, au Ciel où elle préside entre Mars et Vénus, sous le nom de "Reine du Monde" ou de l'Univers [πανβασίλεια] ; "à son nom" comme à ceux de Hathor, d'Hécate et d'autres Déesses infernales "tous les démons tremblent" 233.

"Σεµέλην τρέµουσι δαίµονες [Les démons s'enfuient de Sémélé]". Cette inscription grecque ornant un petit temple, et reproduite sur une pierre trouvée par Beger, et copie par Montfaucon comme nous le dit de Mirville, nous apprend ce fait étonnant que la Magna Mater du monde ancien était un impudent "plagiat" de la Vierge Mère Immaculée de son Eglise, effectué par le Démon. Qu'il en soit ainsi ou vice versa, ce n'est pas important. Ce qui est intéressant de noter, c'est l'identité parfaite entre la copie archaïque et l'original moderne.

Si l'espace nous le permettait, nous pourrions faire ressortir  l'aplomb et l'inconcevable impudence de certains membres de l'Eglise Catholique Romaine, lorsqu'ils sont forcés de regarder en face les révélations  du Passé. Aux remarques de Maury que la "Vierge a pris possession de tous les Sanctuaires de Cérès et de Vénus et que les rites Païens annoncés et célébrés en l'honneur de ces Déesses furent en grande partie transférés à la Mère du Christ" 234, le défenseur de Rome répond qu'il en est bien ainsi et que ce n'est que juste et tout à fait naturel.

Comme le dogme, la liturgie et les rites professés par l'Eglise Romaine Apostolique en 1862 sont trouvés gravés sur des monuments, inscrits sur des papyrus et des cylindres d'une date à peine postérieure au Déluge, il semble impossible de nier l'existence d'un premier Catholicisme [Romain] préhistorique dont le [II 123] nôtre n'est que la fidèle continuation... [Mais tandis  que le premier était le comble, le "summum" de l'impudence des démons et de la nécromancie goétique... le dernier est divin]. Si dans notre révélation [chrétienne], (Apocalypse), Marie, vêtue du Soleil et ayant sous ses pieds la Lune n'a plus rien de commun avec l'humble servante   de   Nazareth   [sic],   c'est parce qu'elle est maintenant devenue le plus grand des pouvoirs théologiques et cosmologiques de notre univers 235.

233 Tiré de de Mirville, qui avoue fièrement la similitude et il doit savoir. Voir "l'Archéologie de la Vierge Mère" dans son "Des Esprits", Tome III, pages 111-113.

234 Magie, p. 153.

235 De Mirville, Ibid., pp. 116 et 119.

236 Hymnes à Minerve, p. 19.

237 Pindare. Sermon sur la Sainte Vierge.

238 Verg. Ec., IV, 10.

239 Apoc., ch. XII.

 

Sans doute, puisque Pindare chante ainsi son "assomption" : "Elle est assise à la droite de son Père [Jupiter]... et elle est plus puissante que tous les autres [Anges ou] Dieux" 236 – hymne que l'on applique aussi à la Vierge. Saint Bernard aussi, cité par Cornélius à Lapide, s'adresse ainsi à la Vierge Marie : "Le Christ-Soleil vit en toi et tu vis en lui" 237.

Le même saint et véridique personnage admet aussi que la Vierge n'est autre que la Lune. Comme elle est la Lucine de l'Eglise, il lui applique, au moment de l'enfantement, ce vers de Virgile, "Casta fave Lucina, tuus jam regnat Apollo" [Sois favorable, ô chaste Lucine, c'est ton  Apollon qui règne maintenant] 238. "Comme la Lune, la Vierge est la Reine du Ciel", ajoute enfin l'innocent saint 239.

Cela tranche la question. D'après les écrivains du genre de de Mirville, plus il y a de similitude entre les conceptions Païennes et les dogmes Chrétiens, plus la religion Chrétienne apparaît divine, et plus on voit que c'est la seule qui soit vraiment inspirée, surtout dans sa forme Catholique Romaine. Les Savants et les Académiciens sceptiques qui pensent voir dans l'Eglise Latine tout le contraire d'une inspiration divine et qui refusent de croire aux tours Sataniques de plagiat par anticipation, sont sévèrement pris à partie. Mais alors, gémit l'auteur du mémoire, "ils ne croient à rien et écartent même l'Agriculture Nabathéenne comme étant un roman et une collection de superstitieuses sottises. Dans leur opinion insensée, l'idole de la Lune de Qû-tâmy et la statue de la Madone ne font qu'un" ! Un noble marquis [J.-E. de Mirville] écrivait, il y a vingt-cinq ans, six grands volumes, ou, comme il les appelle, six grands "Mémoires à l'Académie Française", dans le seul but de prouver que le Catholicisme Romain était une foi inspirée et révélée. Il fournit comme preuves, des faits sans nombre tendant tous à démontrer que l'Ancien Monde tout entier, depuis le Déluge, avait, avec l'aide du diable, [II 124] systématiquement plagié les rites, les cérémonies et les dogmes de la future Sainte Eglise qui ne devait naître que bien des siècles après. Qu'aurait donc dit ce fidèle fils de Rome, s'il avait entendu son coreligionnaire, M. Renouf, l'Egyptologue distingué du British Museum, déclarer dans l'une de ses savantes conférences que "ni les Hébreux, ni les Grecs n'avaient emprunté aucune de leurs idées à l'Egypte" ? 240

240 Cité dans une conférence de M. G. Massey.

241 Wâgner et Mc. Dowall, Asgard and the Gods, p. 86.

 

Mais M. Renouf voulait peut-être dire que c'était les Egyptiens, les Grecs et les Aryens qui avaient emprunté leurs idées à l'Eglise Latine ? Et s'il en est ainsi, pourquoi, au nom de la logique, les Papistes écartent-ils les renseignements supplémentaires que les Occultistes peuvent donner au sujet du culte de la Lune, puisqu'ils tendent tous à prouver que le culte de l'Eglise Catholique Romaine est aussi vieux que le monde – du SABEANISME ET DE L'ASTROLATRIE ?

Le pourquoi de l'Astrolâtrie des premiers Chrétiens et des Catholiques Romains qui leur succédèrent, ou le culte symbolique du Soleil et de la Lune, culte identique à celui des Gnostiques, bien que  moins philosophique et moins pur que le "culte du Soleil" des Zoroastriens, est le résultat naturel de sa naissance et de son origine. L'adoption par l'Eglise Latine de symboles tels que l'eau, le feu, le soleil, la lune, les étoiles et bien d'autres, n'est que la continuation par les premiers Chrétiens de l'ancien culte des nations Païennes. Ainsi Odin acquit sa sagesse, son pouvoir et sa connaissance en s'asseyant aux pieds de Mimir, le Jotun trois fois sage, qui passa sa vie auprès de la fontaine de Sagesse primordiale, dont les Eaux cristallines augmentaient tous les jours son savoir. "Mimir tira la plus haute connaissance de la fontaine, parce que le monde était né de l'eau, de sorte que la sagesse primordiale devait se trouver dans cet élément mystérieux. L'œil qu'Odin devait donner en gage pour acquérir cette connaissance est, peut-être, "le soleil qui illumine et pénètre toutes choses, son autre œil étant la lune dont la réflexion jaillit du fond des abîmes et qui, à la fin, lorsqu'elle disparaît, plonge dans l'Océan 241". Mais c'est quelque chose de plus. Loki, le Dieu de Feu, passe pour s'être caché dans l'eau, aussi bien que dans la Lune, le distributeur de lumière, dont il trouva l'image dans l'eau. Cette croyance que le Feu trouve un refuge dans l'eau n'était pas limitée aux anciens Scandinaves. Elle était partagée par toutes les nations et fut finalement adoptée par les premiers Chrétiens, qui symbolisèrent le Saint-Esprit sous la forme du Feu, "des langues fendues ressemblant à du feu" – le souffle du SOLEIL-Père. Ce feu descend aussi dans l'Eau ou dans la Mer – [II 125] Mare, Marie. La Colombe était pour plusieurs nations le symbole de l'Ame ; elle était consacrée à Vénus, la déesse née de l'écume de la mer, et elle devint plus tard le symbole de l'Anima Mundi Chrétienne ou Saint-Esprit.

L'un des chapitres les plus occultes du Livre des Morts est celui intitulé : "La transformation en Dieu qui donne la Lumière au sentier de l'Obscurité", où "la Femme-Lumière de l'Ombre" sert Thot dans sa retraite dans la Lune. On dit que Thot-Hermès s'y cache parce qu'il est le représentant de la Sagesse Secrète. Il est le Logos manifesté de son côté lumineux ; la Divinité cachée ou la "Sagesse Obscure", lorsqu'il est censé se retirer dans l'hémisphère opposé. En parlant de son pouvoir, la Lune se donne constamment le nom de : "La Lumière qui brille dans l'Obscurité", la "Femme-Lumière". Elle devint, en conséquence, le symbole accepté de toutes les déesses Vierges-Mères. De même que les méchants Esprits "du mal" luttèrent dans les premiers temps contre la Lune, ils sont supposés faire de même maintenant, sans cependant pouvoir l'emporter sur la Reine actuelle du Ciel, Marie, la Lune. C'est pourquoi la Lune était aussi intérieurement reliée, dans toutes les Théogonies Païennes, avec le Dragon son éternel ennemi. La Vierge ou Madone se tient sur le Satan mythique ainsi symbolisé, qui gît écrasé et impuissant sous ses pieds. Et cela parce que la tête et la queue du Dragon, qui jusqu'à nos jours, dans l'Astronomie Orientale, représentent les nœuds ascendants et descendants de la Lune, étaient aussi symbolisés dans la Grèce ancienne par les deux serpents. Hercule les tue le jour de sa naissance et l'Enfant dans les bras de sa Mère Vierge fait de même. Comme le dit avec raison M. Gerald Massey :

Tous ces symboles figuraient dès le commencement leurs propres faits et n'en spécifiaient pas d'autres d'un ordre tout à fait différent. L'iconographie [et les dogmes aussi] avaient survécu à Rome depuis une période bien antérieure à l'ère chrétienne. Il n'y avait ni falsification ni interpolation de types ; rien qu'une continuité d'images avec une perversion de leur signification.

 

[II 126]

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bon.christo@free.fr (Super User) LA DOCTRINE SECRETE VOL 2 Fri, 16 Jan 2015 19:15:12 +0000
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SECTION X

LE CULTE DE L'ARBRE, DU SERPENT ET DU CROCODILE

 

Qu'il soit un objet d'horreur ou d'adoration, les hommes ont pour le serpent une haine implacable, ou se prosternent devant son génie. Le mensonge l'appelle, la prudence le réclame, l'envie le porte dans son cœur et l'éloquence sur son caducée. En enfer, il arme le fouet des Furies ; au ciel, l'Eternité en fait son symbole.

CHATEAUBRIAND.

 

Les Ophites affirmaient qu'il y avait plusieurs sortes de Génies, depuis Dieu jusqu'à l'homme, que leur supériorité relative dépendait du degré de Lumière accordé à chacun d'eux et maintenaient que l'on devait faire constamment appel au Serpent et le remercier pour signaler le service qu'il avait rendu à l'humanité. C'est lui, en effet, qui avait appris à Adam que s'il mangeait du fruit de l'Arbre de la Connaissance du bien et du mal, il rehaussait énormément son Etre par le savoir et la sagesse qu'il acquerrait ainsi. Telle était la raison exotérique que l'on donnait.

Il est facile de voir d'où vient l'idée première du double caractère, semblable à celui de Janus, que l'on attribuait au Serpent – le bon et le mauvais. Ce symbole est l'un des plus anciens, parce que le reptile a précédé l'oiseau et celui-ci le mammifère. De là vient la croyance, ou plutôt la superstition, des tribus sauvages, qui croient que les âmes de leurs ancêtres vivait sous cette forme, comme aussi le rapprochement général établi entre le Serpent et l'Arbre. Les légendes au sujet des diverses significations qu'il représente sont innombrables, mais comme la plupart sont allégoriques, elles sont maintenant passées dans la catégorie des fables basées sur l'ignorance et la superstition la plus obscure. Par exemple, lorsque Philostrate racontait que les naturels de l'Inde et de l'Arabie se nourrissaient du cœur et du foie des Serpents, afin d'apprendre le langage de toutes les bêtes, faculté que l'on attribuait au Serpent, il ne s'attendait certainement pas à voir ses paroles prises à la lettre 242. Comme on le verra souvent au cours de cet ouvrage, on donnait les noms de "Serpents" et de "Dragons" aux Sages, aux Adeptes Initiés des anciens temps. C'était leur sagesse et leur savoir qui étaient absorbés ou assimilés par leurs disciples, ce qui donna naissance à l'allégorie. Lorsque le Sigurd Scandinave est représenté comme ayant fait rôtir le cœur du Dragon Fafner qu'il avait tué et comme étant ainsi devenu le plus [II 127] sage des hommes, la signification est la même. Sigurd avait appris les runes et les charmes magiques ; il avait reçu le "Mot" d'un Initié du nom de Fafner, ou d'un sorcier, après quoi ce dernier était mort comme tant d'autres après avoir "passé le mot". Epiphane dévoile un secret des Gnostiques, en essayant d'exposer leurs hérésies. Les Ophites Gnostiques, selon lui, avaient un motif pour honorer le Serpent ; c'était parce qu'il avait enseigné les Mystères aux premiers hommes 243. En effet ; toutefois, en enseignant ce dogme ils n'avaient pas dans l'esprit Adam et Eve dans le Jardin, mais simplement ce que nous venons de dire. Les Nâgas des Adeptes Hindous et Tibétains étaient des Nâgas (serpents) humains et non des reptiles. De plus, le Serpent a toujours été le type du rajeunissement successif ou périodique, de l'IMMORTALITE et du TEMPS.

242 Voir De Vita Apollonii, I, XIV.

243 Adv. Hœrès, XXXVII.

244 GERALD MASSEY, The Natural Genesis, I, 340 (1883).

 

Les nombreuses et très intéressantes discussions, ainsi que les interprétations et les faits au sujet du culte du Serpent, que l'on trouve dans la Natural Genesisde M. Gerald Massey, sont très ingénieux et scientifiquement corrects. Mais ils sont loin de représenter toutes les significations qu'il comporte. Ils ne divulguent que les mystères astronomiques et physiologiques, ainsi que quelques phénomènes cosmiques. Sur le plan le plus bas de matérialité, le Serpent était, sans doute, le "grand emblème du Mystère dans les Mystères" et était, très probablement, adopté comme type de la puberté féminine, à cause de son changement de peau et de son autorégénération. Il n'en était, toutefois, ainsi qu'en ce qui a trait aux mystères de la vie terrestre animale, attendu qu'en qualité de symbole de la "régénération et de la renaissance dans les Mystères [universels], sa phase finale" 244, ou plutôt les phases par lesquelles il débute et atteint son point culminant, il n'était pas de ce plan. Ces phases étaient générées dans le pur royaume de la Lumière Idéale et après avoir accompli le tour entier du cycle d'adaptations et de symbolisme, les "Mystères" retournaient là d'où ils étaient venus, dans l'essence de la causalité immatérielle. Ils appartenaient à la Gnose la plus haute et, assurément, ce n'est pas leur seule adaptation à des fonctions physiologiques et, spécialement, féminines, qui leur aurait jamais acquis leur nom et leur renommée !

Comme symbole, le Serpent avait autant d'aspects et de significations occultes que l'Arbre lui-même ; "l'Arbre de Vie" avec lequel il était emblématiquement et presque indissolublement relié. Qu'on les considère comme un symbole métaphysique ou physique, l'Arbre et le Serpent, ensemble ou séparément, n'ont jamais été aussi dégradés par l'antiquité [II 128] qu'ils le sont maintenant, à notre époque où l'on brise les idoles, non pas pour l'amour de la vérité, mais afin de glorifier la matière la plus grossière. Les révélations et les interprétations contenues dans Rivers of Life du Général Forlong auraient stupéfié les adorateurs de l'Arbre et du Serpent aux jours de la sagesse archaïque des Chaldéens et des Egyptiens et même les premiers Shaivas auraient reculé d'horreur devant les théories et les suggestions de l'auteur de cet ouvrage. "L'idée de Payne Knigt et d'Inman que la Croix ou Tau n'est qu'une copie des organes masculins sous une forme triadique, est entièrement fausse", écrit M. G. Massey, qui prouve ce qu'il avance. Mais c'est ce que l'on pourrait dire à juste titre de presque toutes les interprétations modernes des symboles anciens. The Natural Genesis, œuvre monumentale de recherche et de pensée, la plus complète qui ait jamais été publiée sur ce sujet, car elle  embrasse un champ plus large et donne plus d'explications que n'en ont donné tous les Symbologistes antérieurs, ne va cependant pas au-delà de la phase "psychothéiste" de la pensée antique. Payne Knigt et Inman n'avaient pourtant pas complètement tort, sauf en ce qu'ils ne se rendaient nullement compte que la signification de Croix et de Phallus qu'ils donnaient  à l'Arbre de Vie, ne s'adaptait à ce symbole que dans les dernières et les plus basses phases du développement évolutif de l'idée de DONNEUR DE VIE. C'était la dernière et la plus grossière transformation physique de la nature, chez l'animal, l'insecte, l'oiseau et même la plante, car le double magnétisme créateur, sous forme d'attraction des contraires ou de polarisation sexuelle, agit sur la constitution du reptile et de l'oiseau comme sur celle de l'homme. D'ailleurs, les Symbologistes et les Orientalistes modernes ignorant, du premier au dernier, les vrais Mystères révélés  par  l'Occultisme,  ne  peuvent  forcément  percevoir que cette dernière phase. Si on leur disait que ce mode de procréation, qui est commun sur cette terre à l'universalité des êtres, n'est qu'une phase passagère, un moyen physique de fournir les conditions nécessaires pour produire les phénomènes de la vie et qu'il changera durant l'existence de la Race actuelle pour disparaître avec la prochaine Race-Racine, ils riraient d'une idée aussi superstitieuse et aussi peu scientifique. Mais les Occultistes les plus instruits l'affirment, parce qu'ils le savent. Les êtres vivants, ceux qui procréent leur espèce, sont les témoins vivants de l'existence de divers modes de procréation dans l'évolution des espèces et des races animales et humaines et le Naturaliste devrait avoir l'intuition de cette vérité, tout en étant encore incapable de la démontrer. Comment le pourrait-il, en effet, avec la manière de penser actuelle ! Les points de repère de l'histoire archaïque du [II 129] Passé sont peu nombreux et ceux que les hommes de Science rencontrent sont pris par eux pour les poteaux indicateurs de notre ère infime. Même la prétendue "histoire universelle" (?) n'embrasse qu'un champ minuscule de l'étendue presque illimitée des régions inexplorées de notre Cinquième et dernière Race-Racine. Aussi, chaque nouveau poteau indicateur, chaque nouveau glyphe de l'archaïque Passé que l'on découvre, est ajouté au vieil amas d'informations pour être interprété de la même façon que les conceptions préexistantes et sans tenir aucunement compte du cycle spécial de la pensée auquel ce glyphe particulier peut appartenir. Comment la Vérité pourra-t-elle se faire jamais jour si l'on ne change pas de méthode ?

Au commencement de leur existence commune, en qualité de glyphe de l'Etre Immortel, l'Arbre et le Serpent étaient donc vraiment des images divines. L'Arbre était renversé, ses racines prenaient naissance dans le Ciel et émanaient de la Racine sans Racine du Tout-Etre. Son tronc grandit et se développa, traversant les plans du Plérôme ; il projeta en tous sens ses branches luxuriantes, d'abord sur le plan de la matière à peine différenciée, puis de haut en bas, jusqu'à ce qu'elles touchent le plan terrestre. C'est pourquoi l'Arbre Ashvattha de la Vie et de l'Etre, dont la destruction seule conduit à l'immortalité, est décrit dans la Bhaghavad Gîtâ comme poussant avec les racines en haut et les branches en bas 245. Les racines représentent l'Etre Suprême ou Cause Première, le LOGOS, mais il faut aller au-delà de ces racines pour s'unir avec Krishna qui, au dire d'Arjouna, est "plus grand que Brahman et que la Cause Première... l'indestructible, ce qui est, ce qui n'est pas et ce qui est au-delà d'eux" 246. Ses branches sont Hiranyagarbha (Brahmâ ou Brahman dans ses plus hautes manifestations, disent Shrîdhara Svâmin et Madhousoudana), les plus hauts Dhyan-Chohans ou Dévas. Les Védas sont ses feuilles. Celui-là seul qui va au-delà des racines ne reviendra jamais, c'est-à-dire ne se réincarnera plus pendant cet "Age" de Brahmâ.

245 Chapitre XV, v. 1-2.

246 Chapitre XI, v. 37.

 

Ce n'est que lorsque ses purs rameaux eurent touché la boue terrestre du Jardin d'Eden de notre Race Adamique que cet Arbre fut souillé par ce contact et perdit sa pureté primitive et que le Serpent de l'Eternité, le LOGOS Né du Ciel, fut finalement dégradé. Dans les temps jadis, à l'époque des Dynasties divines sur Terre, le reptile, aujourd'hui redouté, était considéré comme le premier rayon de lumière qui eût jailli de l'abîme du Mystère divin. Les formes qu'on lui prêtait étaient multiples et l'on y adapta de nombreux [II 130] symboles naturels, au cours des æons qu'il traversa ; c'est du Temps infini (Kâla) lui-même qu'il tomba dans l'espace et le temps évolués par la pensée humaine. Ces formes étaient Cosmiques et astronomiques, théistiques et panthéistiques, abstraites et  concrètes. Elles devinrent tour à tour le Dragon Polaire et la Croix du Sud, l'Alpha du Dragon des Pyramides et le Dragon Hindou-Bouddhiste qui menace toujours le Soleil durant ses éclipses, mais sans jamais l'avaler. Jusqu'alors l'Arbre restait toujours vert, car il était arrosé par les Eaux de la Vie ; le grand Dragon restait toujours divin tant qu'il était maintenu dans la limite des champs sidéraux. Mais l'Arbre poussait et ses branches inférieures finirent par toucher les régions infernales notre Terre. C'est alors que le grand serpent Nidhögg celui qui dévore les cadavres des méchants dans la "Salle de Misère" (la vie humaine), dès qu'ils sont plongés dans "Hwergelmir" le chaudron bouillonnant (des passions humaines) – rongea l'Arbre renversé du Monde. Les vers de la matérialité couvrirent les racines autrefois saines et puissantes et montent maintenant de plus en plus haut sur le tronc ; durant ce temps, le Serpent Midgard, enroulé sur lui-même au fond des Mers, entoure la Terre et, par l'influence de son souffle venimeux, la rend impuissante à se défendre.

Les Dragons et les Serpents de l'antiquité ont tous sept têtes d'après l'allégorie – "une tête pour chaque race, chaque tête porte sept cheveux". Oui, depuis Ananta, le Serpent de l'Eternité qui porte Vishnou durant le Manvantara, depuis le premier Shesha original dont les sept têtes sont transformées en "mille têtes" par l'imagination pourânique, jusqu'au Serpent Akkadien à sept têtes. Cela symbolise les Sept Principes dans toute la Nature et dans l'homme, et la tête la plus haute, ou celle du milieu, est la septième. Ce n'est plus du Sabbat Mosaïque ou Juif que parle Philon dans sa Création du Monde, lorsqu'il dit que le monde fut complété "d'après la nature parfaite du nombre 6", car :

Lorsque cette raison [nous] qui est sacrée  par accord avec le nombre 7 est entrée dans l'âme [ou plutôt dans le corps vivant] le nombre 6 se trouve arrêté, ainsi que toutes les choses mortelles issues de ce nombre.

Et aussi :

Le nombre 7 est le jour de fête de toute la Terre, l'anniversaire du monde. Je ne sais si quelqu'un serait capable de célébrer le nombre 7 en termes appropriés 247.

247 De Mundi Opif., Par., pp. 30 et 419.

 

L'auteur de The Natural Genesis pense que : [II 131]

Le groupe de sept étoiles qui est visible dans la Grande Ourse [les Saptarishis] et le Dragon à sept têtes, ont fourni visiblement une base à la division symbolique du temps par sept, citée plus haut. La déesse des sept étoiles était la mère du temps, en tant que Kep, d'où vinrent les mots Kepti et Sebti pour désigner les deux temps et le nombre 7. Elle est donc nommée l'étoile des  Sept. Sevekh (Kronos), fils de la déesse, est dénommé le sept ou le septième. Il en est de même de Sefekh Abu qui construit la maison en haut, de même que la Sagesse (Sophia) construisit la sienne avec sept piliers... Les kronotypes primitifs étaient sept, de sorte que le commencement du temps dans les cieux est basé sur le nombre sept et sur son nom, à cause des étoiles qui le démontrent. Les sept étoiles, au cours de leur révolution annuelle, conservaient, en quelque sorte, l'index de la main  droite  tendu  en  décrivant  un  cercle dans le ciel supérieur et le ciel inférieur 248. Le nombre 7 donna naturellement l'idée d'une mesure par sept, qui conduisit à ce que l'on pourrait appeler la numération Septagésimale et à l'arrangement et à la division du cercle en sept sections correspondantes qui furent assignées aux sept grandes constellations. C'est ainsi que fut formée dans les cieux l'heptanomis céleste de l'Egypte.

Lorsque l'heptanomis stellaire fut rompue et divisée en quatre parties, on la multiplia par quatre et les vingt-huit signes prirent la place des sept constellations primitives ; le zodiaque lunaire, qui comprenait vingt-huit signes, était le résultat trouvé en calculant vingt-huit jours pour la lune, ou pour un mois lunaire 249. Dans l'arrangement chinois, les quatre sept sont attribués à quatre génies qui président aux quatre points cardinaux 250, ou, plutôt les sept constellations du Nord constituent le Guerrier Noir, les sept de l'Orient (automne chinois) constituent le Tigre Blanc, les sept du Sud sont l'Oiseau Rouge et les sept de l'Occident (appelées printanières) sont le Dragon Bleu. Chacun de ces quatre esprits préside son heptanomis pendant une semaine lunaire. La source de la première heptanomis (Typhon des sept étoiles) prit alors un caractère lunaire... Dans cette phase nous constatons que la déesse Sefekh, dont le nom signifie le nombre 7, est le mot féminin, ou le Logos à la place de la mère du temps, qui était le premier Mot, en sa qualité de déesse des Sept Etoiles 251.

L'auteur montre que c'était la déesse de la Grande Ourse et la Mère du Temps qui était en Egypte, depuis les temps [II 132] les plus reculés, le "Mot Vivant", et que Sevekh-Kronos, dont le type était le Crocodile- Dragon, forme pré-planétaire de Saturne, était appelé son fils  et  son époux ; il était son Mot-Logos 252.

 248 C'est pour la même raison que la division des principes dans l'homme est ainsi comptée, parce qu'ils décrivent le même cercle dans la nature humaine supérieure et inférieure.

249 Ainsi la division septénaire est la plus ancienne et précéda la division quadruple. C'est la source de la classification archaïque.

250 Dans le Bouddhisme et l'Esotérisme chinois, les génies sont représentés par quatre dragons – les Mahârâjahs des Stances.

251 Op. Cit., II, 312-313.

252 Ibid., I, 321.

 Ce que nous venons d'écrire est très simple, mais ce ne fut pas seulement la connaissance de l'astronomie qui conduisit les Anciens à l'emploi de la numération Septagésimale. La cause première en est bien plus profonde, et nous l'expliquerons au moment voulu.

Les citations que nous venons de faire ne constituent pas des digressions. On les donne parce qu'elles expliquent la raison pour laquelle un Initié complet était appelé un "Dragon", un "Serpent", un "Nâga", et parce que les prêtres des premières dynasties d'Egypte se  servaient de notre division septénaire pour la même raison et en s'appuyant sur la même base que nous. Cela demande, pourtant, une explication complémentaire. Comme nous l'avons déjà dit, ce que M. Gerald Massey appelle les Quatre Génies des quatre points cardinaux, et les Chinois le Guerrier Noir, le Tigre Blanc, l'Oiseau Rouge et le Dragon Bleu, est appelé dans les Livres Secrets "Les Quatre Dragons Cachés de la Sagesse" et les "Nâgas Célestes". On a ailleurs montré que le Dragon-Logos aux sept têtes, ou septénaire, fut partagé, pour ainsi dire, au cours du temps en quatre portions heptanomiques, ou en vingt-huit parties. Dans le mois lunaire chaque semaine a un caractère occulte différent, chacun des vingt-huit jours a ses caractéristiques spéciales, car chacune des douze constellations, qu'elle soit prise séparément ou en combinaison avec d'autres signes, a une influence occulte tant pour le bien que pour le mal. Cela représente la somme de savoir que les hommes peuvent acquérir sur cette terre ; mais peu nombreux sont ceux qui l'acquièrent, et plus rares encore les hommes sages qui atteignent à la racine de la connaissance symbolisée par le grand Dragon-Racine, le LOGOS Spirituel de ces signes visibles. Mais ceux qui y arrivent reçoivent le nom de "Dragons", et sont les "Arhats des Quatre Vérités des Vingt-Huit Facultés" ou attributs, et on les a toujours appelés ainsi.

Les Néo-Platoniciens d'Alexandrie affirmaient que, pour devenir de vrais Chaldéens ou Mages, on devait s'assimiler la science ou la connaissance des périodes des Sept Régents du Monde, en qui réside toute sagesse. On attribue à Jamblique une autre version qui ne change cependant pas la signification de la précédente, car il dit :

Les Assyriens ont non seulement conservé les annales de vingt-sept myriades d'années, comme l'assure Hipparque, mais encore [II 133] celles de tous les apocatastases et de toutes les périodes des Sept Régents du Monde 253.

Les légendes de toutes les nations et de toutes les tribus, tant civilisées que sauvages, établissent la croyance, jadis universelle, dans la grande sagesse et dans l'habileté des Serpents. Ce sont des "charmeurs". Ils hypnotisent l'oiseau du regard et souvent l'homme lui-même ne réussit pas à surmonter leur influence fascinatrice. Le symbole est donc fort bien choisi.

Le crocodile est le Dragon des Egyptiens. C'était le double symbole du Ciel et de la Terre, du Soleil et de la Lune, et on le consacrait à Osiris et à Isis à cause de sa nature amphibie. D'après Eusèbe, les Egyptiens représentaient le Soleil dans un vaisseau dont il était le pilote, vaisseau tiré par un Crocodile, "pour indiquer le mouvement du Soleil dans l'Humidité (l'Espace)" 254. Le Crocodile était, en outre, le symbole de la Basse-Egypte elle-même, qui était la plus marécageuse des deux parties du pays. Les alchimistes prétendent avoir une autre interprétation. Ils disent que le symbole du Soleil dans le Vaisseau voguant sur l'Ether de l'Espace signifiait que la Matière Hermétique est le principe ou la base de l'Or, ou encore du Soleil philosophique. L'Eau dans laquelle nage le Crocodile est cette Eau ou cette Matière liquéfiée ; enfin le  Vaisseau lui-même représente le Vaisseau de la Nature, dans lequel le Soleil ou le principe sulfurique igné joue le rôle de pilote, parce que c'est le Soleil qui dirige le travail par son action sur l'Humidité ou Mercure. Cela n'est que pour les Alchimistes.

253 PROCLUS, Tim., I.

254 Prep. Evang., I, III, 3.

 

Le Serpent ne devint le type et le symbole du mal et du Diable que durant le Moyen Age. Les premiers Chrétiens, ainsi que les Gnostiques Ophites, avaient leur double Logos ; le Bon et le Mauvais Serpent, l'Agathodaïmon et le Kakodaïmon. C'est démontré par les écrits de Marcus, de Valentin et de beaucoup d'autres, et surtout dans Pistis Sophia, document datant certainement des premiers siècles du christianisme. Sur le sarcophage de marbre d'un tombeau découvert en 1852 près de la Porta Pia, l'on voit la scène de l'adoration des Mages, "ou bien", dit feu C. W. Kings, dans The Gnostics and Their Remains, "le prototype de cette scène, la Naissance du Nouveau Soleil". Le parquet en mosaïque laissait voir un curieux dessin qui eût pu représenter, ou bien Isis allaitant Harpocrate enfant, ou bien la Madone nourrissant l'enfant Jésus. Dans les sarcophages plus petits qui entouraient le plus grand on trouva plusieurs feuilles de plomb, roulées comme des manuscrits et dont onze portaient un texte que [II 134] l'on pouvait encore déchiffrer. On devrait considérer leur contenu comme la solution finale d'une question très controversée, car il prouve, soit que les premiers chrétiens, jusqu'au sixième siècle, furent des païens bona fide, soit que le Christianisme dogmatique fut un emprunt global et passa tel quel dans l'Eglise Chrétienne – Soleil, Arbre, Serpent, Crocodile et tout le reste.

Sur la première de ces feuilles l'ont voit Anubis... tenant un rouleau ; à ses pieds sont deux bustes féminins ; au-dessous du tout se voient deux serpents enroulés autour... d'un cadavre enveloppé comme une momie. Dans le second rouleau... Anubis tient une croix, le "Signe de Vie". Sous ses pieds gît le cadavre enveloppé dans les replis multiples d'un énorme serpent, l'Agathodaïmon, gardien du défunt... Dans le troisième rouleau... le même Anubis porte sur son bras un objet oblong... tenu de façon à donner à l'ensemble du personnage la forme d'une croix latine complète... Aux pieds du Dieu se trouve un rhomboïde, "l'Œuf du Monde" des Egyptiens, vers lequel rampe un serpent roulé en cercle... Sous les... bustes... est la lettre ω reproduite sept fois sur une ligne et rappelant l'un des "Noms"... Très remarquable aussi est la ligne de caractères, apparemment Palmyriens, qui sont sur les jambes du premier Anubis. Quant à la forme du serpent, en supposant que ces talismans émanent, non pas du culte d'Isis, mais de celui plus récent des Ophites, elle peut bien représenter ce "Serpent vrai et parfait" qui "mène hors de l'Egypte, c'est-à- dire du corps, les âmes de tous ceux qui ont confiance en lui, et les conduit à travers la Mer Rouge de la Mort dans la Terre Promise, en les protégeant durant la route contre les Serpents du Désert, c'est-à-dire contre  les Régents des Etoiles 255.

Ce "Serpent Vrai et parfait" est le Dieu aux sept lettres qui passe maintenant pour être Jéhovah, et Jésus Un avec lui. Le candidat à l'initiation est envoyé à ce Dieu aux sept voyelles par le  "Premier Mystère" 256, dans Pistis Sophia, œuvre qui est antérieure à l'Apocalypse de saint Jean et qui est évidemment due à la même école. Les (le Serpent des) sept tonnerres articulèrent ces sept voyelles, mais "scellez ces choses que les sept tonnerres ont articulées et ne les écrivez pas", dit l'Apocalypse 257. "Cherchez-vous ces mystères ?" demande Jésus dans Pistis Sophia. "Nul mystère n'est plus excellent qu'elles [les sept voyelles], car elles conduiront vos âmes dans la Lumière des Lumières", c'est-à-dire dans la vrai Sagesse. "Rien n'est donc plus excellent que les mystères [II 135] que  vous cherchez à l'exception du mystère des Sept Voyelles, de leurs quarante- neuf Pouvoirs et de leurs nombres".

255 Op. Cit., pp. 366-8.

256 "est envoyé par Christos" dans l'édition de 1888.

 

En Inde, c'était le mystère des sept FEUX, de leur quarante-neuf Feux ou aspects ou de "leurs nombres".

Ces Sept Voyelles sont représentées par les signes de la Svastika sur les couronnes des sept têtes du Serpent de l'Eternité, dans l'Inde, chez les Bouddhistes ésotériques, en Egypte, en Chaldée, etc., et chez les Initiés de tous les autres pays. Ce sont les Sept Zones de l'ascension post mortem dans les écrits Hermétiques, zones dans chacune desquelles le "Mortel" quitte l'une de ses "Ames" ou Principes, jusqu'à ce qu'arrivé au plan qui domine toutes les zones, il y reste en qualité de grand Serpent Sans Forme de la Sagesse Absolue ou de la Divinité Elle-même. Le Serpent à sept têtes a plus d'une signification dans les enseignements cachés. C'est le Dragon aux sept têtes dont chacune est une étoile de la Petite Ourse ; mais c'était aussi, et avant tout, le Serpent des Ténèbres, inconcevable et incompréhensible, dont les sept têtes étaient les sept Logoï, reflets de la première et unique Lumière manifestée – le Logos Universel. 

 257 X, 4.

[II 136]

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bon.christo@free.fr (Super User) LA DOCTRINE SECRETE VOL 2 Fri, 16 Jan 2015 19:15:45 +0000