LA DOCTRINE SECRETE VOL 6 http://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-6 Sat, 18 May 2019 21:03:31 +0000 Joomla! - Open Source Content Management fr-fr bon.christo@free.fr (MAITRE M) LA DOCTRINE SECRETE - VOLUME VI http://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-6/641-la-doctrine-secrete-volume-vi http://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-6/641-la-doctrine-secrete-volume-vi

LA DOCTRINE SECRETE

VOLUME VI

  

Synthèse de la Science, de la Religion et de la Philosophie

 H. P. BLAVATSKY

 

MISCELLANEES

 (Suite et fin)

 

TABLES

  

DIAGRAMMES

Diagramme I....................................................................................................................................................................................... 443

Diagramme II..................................................................................................................................................................................... 453

Diagramme III.................................................................................................................................................................................... 490

Diagramme IV.................................................................................................................................................................................... 512

Diagramme V       594

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bon.christo@free.fr (Super User) LA DOCTRINE SECRETE VOL 6 Sat, 17 Jan 2015 10:49:31 +0000
SECTION XXXV - SYMBOLISME DU SOLEIL ET DES ETOILES http://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-6/639-section-xxxv-symbolisme-du-soleil-et-des-etoiles http://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-6/639-section-xxxv-symbolisme-du-soleil-et-des-etoiles

SECTION XXXV

SYMBOLISME DU SOLEIL ET DES ETOILES

 

Et le Ciel était visible dans Sept Cercles et les planètes apparaissaient avec tous leurs signes, sous la forme d'étoiles et les étoiles étaient divisées et dénombrées avec les Chefs qui s'y trouvaient et le cours de leur évolution grâce à l'action de l'Esprit divin 1.

Ici Esprit veut dire Pneuma, la Divinité collective, manifestée dans ses "Constructeurs" ou, suivant l'expression de l'Eglise, "les Sept Esprits de la Présence", les mediantibus angelis dont saint Thomas d'Aquin dit que "Dieu n'œuvre jamais que par leur entremise".

Ces sept "chefs" ou Anges médiateurs étaient les Dieux Kabires des Anciens. C'était si évident que l'Eglise fut obligée, à la fois d'admettre le fait et d'en donner une explication et une théorie dont la maladresse et les sophismes évidents les rendaient incapables de faire impression. On invite le monde à croire qu'alors que les Anges Planétaires de l'Eglise sont des Etres divins, sont les véritables "Séraphins" 2, ces mêmes anges, avec des noms et des planètes identiques, étaient et sont encore "faux" – en tant que Dieux des Anciens. Ce ne sont que des simulateurs ; les  artificieuses copies des Véritables Anges, exécutées d'avance grâce à l'habileté et à la puissance de Lucifer et des Anges déchus. Que sont donc les Kabires ? [VI 4]

 Kabires, en tant que nom, est dérivé de   Habir,ךיבח

grand, et aussi  de Vénus, cette Déesse étant appelée jusqu'à présent Kabar, comme l'est aussi son étoile. Les Kabires étaient l'objet d'un culte à Hébron, la ville des Anakim ou anakas (rois, princes). Ce sont les plus hauts Esprits Planétaires, les "plus grands Dieux" et "les puissants". Varron, suivant l'exemple d'Orphée, appelle ces Dieux ευ̉δυνατοὶ [bonnes forces]. "Puissances divines". Le mot Kabirim, lorsqu'il s'applique à des hommes et les mots Héber, Ghéber (par rapport à Nemrod ou aux "géants" de la Genèse, VI) et Kabir, sont tous dérivés du "Mot mystérieux" – l'Ineffable et "l'Imprononçable". Aussi que ce sont eux qui représentent tsaba la "légion du ciel". Cependant l'Eglise qui s'incline devant l'ange Anael (le régent de Vénus) 3, rattache la planète Vénus à Lucifer, chef des rebelles sous Satan – que le prophète Isaïe apostrophe si poétiquement en ces termes : "ô Lucifer, fils du matin 4". Tous les Dieux de Mystères étaient des Kabires. Comme ces "sept licteurs" se rapportent directement à la Doctrine Secrète, leur statut réel a la plus grande importance.

1 Hermès, IV. 6.

2 De Saraph ףרש "igné, brûlant", pluriel (voyez Isaïe, VI, 2-6). Ils sont considérés comme les serviteurs personnels du Tout-puissant, "ses messagers", anges ou métatrons. Dans l'Apocalypse ce sont les "sept lampes qui brûlent", placées devant le trône.

3 Vénus, pour les Chaldéens et les Egyptiens, était l'épouse de Protée et est considérée comme la mère des Kabires, fils de Phta ou Emepth – la lumière divine ou le Soleil. Les anges correspondent aux étoiles dans l'ordre suivant : le Soleil, la Lune, Mars, Vénus, Mercure, Jupiter et Saturne ; Michel, Gabriel, Samael, Anael, Raphaèl, Zacharie et Orifiel ; c'est dans la religion et le Cabalisme Chrétien ; astrologiquement et ésotériquement, les places des "régents" sont différentes, de même que dans la Cabale juive ou plutôt la véritable Cabale Chaldéenne.

4 Loc. cit. XIV, 12.

 

Suidas définit les Kabires comme les Dieux qui commandent à tous les autres dæmons (Esprit), καβείρους δαίµονας [Kabeirons daimonas]. Macrobe les présente comme :

Les Pénates et divinités tutélaires, par lesquelles nous vivons, nous apprenons et nous savons (Saturne, I, III, ch. IV).

Les téraphims, par lesquels les Hébreux consultaient les oracles des Urim et des Thummim, étaient les hiéroglyphes symboliques des Kabires. Néanmoins, les bons Pères ont fait de Kabir le synonyme de diable et de daïmon (esprit), un démon.

A Hébron, les Mystères des Kabires (Païens et Juifs) étaient présidés par les sept Dieux Planétaires, entre autres par Jupiter et Saturne sous leurs noms de mystères et ils sont désignés comme les άξιόχερσος [axioehersos] et άξιόχερσα [axiochersa] et par Euripide comme les άξιοχρεως ὸ θεὸς [le [VI 5]  dieu  le  plus  remarquable].  Greuzer  montre  en  outre  que,  tant  en Phénicie  qu'en  Egypte,  les  Kabires  furent  toujours  les  sept  planètes connues  dans  l'antiquité  et  qui,  avec  leur  Père  le  Soleil  –  mentionné ailleurs comme leur "frère aîné" composaient une puissance ogdoade 5 ; les huit puissances supérieures, en qualité de [Paredoi] ou assesseurs solaires, exécutaient autour de lui la danse circulaire sacrée, symbole de la rotation des planètes autour du Soleil. De plus Jéhovah et Saturne ne font qu'un.

Il est donc tout naturel de voir un auteur français,  d'Anselme, appliquer ces mêmes termes de άξιόχερσος et de άξιόχερσα à Jéhovah et à son verbe et cette application est correcte. En effet, si la "danse circulaire" prescrite par les Amazones pour les Mystères – et qui est la "danse circulaire" des planètes, caractérisée comme "le mouvement de l'Esprit divin porté sur les vagues du grand Abîme" – peut être qualifiée aujourd'hui "d'infernale" et de "lascive" lorsqu'elle est exécutée par les Païens, les mêmes épithètes devront alors être appliquées à la danse de David 6 et à la danse des filles de Shiloh 7, ainsi qu'aux bonds des prophètes de Baal 8 ; tout cela était identique et appartenait au culte Sabéen. La danse du roi David, durant laquelle il se découvrit sur une voie publique en présence de ses servantes, en disant :

Je jouerai (j'agirai lascivement) devant le Seigneur    הוהי

[Jehovah] et je serai encore plus vil que cela.

était assurément plus répréhensible que toutes les "danses circulaires" des Mystères, ou même que la moderne Râsa Mandala de l'Inde 9, qui est la même chose. Ce fut David qui introduisit le culte de Jéhovah en Judée, après un long séjour au milieu des Tyriens et des Philistins, chez qui ces rites étaient communs.

5 Cela prouve une fois de plus que les anciens connaissaient sept planètes. en plus du Soleil, car autrement quelle serait la huitième ? La septième, ainsi que deux autres, était comme nous l'avons dit, des planètes de "mystère", qu'il s'agisse d'Uranus ou de toute autre.

6 Sam., VI. 20-2.

7 Juges, XXI. 21 et seq,

8 Rois, XVIII. 26.

9 Cette danse – la Râsa Mandala, exécutée par les Gopis ou bergères de Krishna, le Dieu Soleil, est exécutée jusqu'à présent en Inde dans le Bâdjputâna, et c'est incontestablement la même danse symbolique théo-astronomique des planètes et des signes du Zodiaque, qui était dansée des milliers d'années avant notre ère.

 

David ignorait Moïse et s'il introduisit le culte de Jéhovah, ce ne fut pas sous son caractère monothéiste, mais  simplement  [VI 6]  comme  le  culte  de  l'un des nombreux dieux (Kabiriens) des nations  voisines, comme une divinité tutélaire qui lui était propre, תיתו et à laquelle il avait donné la préférence – qu'il avait choisie parmi "tous les autres dieux (Kabiri) 10"

et qui était l'un des "associés", Chabir, du Soleil. Les Shakers exécutent la "danse circulaire" jusqu'à présent, lorsqu'ils tournoient pour que le Saint- Esprit les mette en mouvement. Dans l'Inde, c'est Nârâyana qui est "celui qui se meut sur les eaux" ; or Nârâyana, c'est Vishnou sous la forme secondaire et Vishnou a pour Avatar, Krishna, en l'honneur duquel la "danse circulaire" est encore exécutée par les Nautch-girls (danseuses) des temples ; lui, représentant le Dieu-Soleil et elles les planètes symbolisées par les Gopis.

Que le lecteur se reporte aux œuvres de de Mirville, écrivain Catholique Romain, ou à Monumental Christianity du Dr Lundy, pasteur Protestant, s'il veut apprécier jusqu'à un certain point la subtilité casuistique de leurs raisonnements. Aucune personne, ignorant les versions occultes, ne peut manquer d'être impressionnée par les preuves mises en avant pour établir l'habileté et la persévérance avec lesquelles "Satan a travaillé durant de longs millénaires pour tenter une humanité" qui n'avait pas la bénédiction d'une Eglise infaillible, afin d'arriver à se faire reconnaître, lui, comme "l'Unique Dieu Vivant" et ses démons comme de saints Anges. Le lecteur doit faire preuve de patience et étudier avec attention ce que dit l'auteur pour le compte de son Eglise. Afin de les mieux comparer à la version des Occultistes, il est bon de citer ici quelques points, textuellement.

Saint Pierre nous dit : "Puisse le divin Lucifer se lever  dans  vos cœurs 11". [Or, le Soleil, c'est le Christ]... "J'enverrai mon Fils, du Soleil", dit l'Eternel par la voix des traditions prophétiques, et la prophétie étant devenue histoire, les Evangélistes répétèrent à leur tour : "Le Soleil se levant d'en haut nous a Visités 12". [VI 7]

10 Isis Dévoilée, III. 62.

11 II. Epitre, I. 19. Le texte anglais dit : "Jusqu'à ce que l'étoile du jour se lève dans votre cœur", légère altération qui n'a pas d'importance – car Lucifer, c'est le jour aussi bien que l'étoile du "matin" – et cela choque moins les oreilles pieuses. Il y a un certain nombre de telles altérations dans les Bibles Protestantes.

 12 La traduction anglaise change encore le mot "Soleil" en "jour naissant". Les Catholiques Romains sont décidément plus braves et plus sincères que les théologiens protestants. Des Esprits, IV. 34, 38.

13 Ainsi parlaient, aux temps jadis, les Egyptiens et les Sabéens, dont les dieux manifestés, Osiris et Bel, avaient pour symbole le Soleil. Mais ils avaient une divinité supérieure.

 

Or, Dieu dit, par l'entremise de Malachie, que le Soleil se lèvera pour ceux qui craignent son nom. Ce que voulait dire Malachie par "Soleil de Justice", les Cabalistes seuls peuvent le dire, mais ce que les théologiens grecs et même protestants entendaient par ce terme est naturellement le Christ, auquel il serait métaphoriquement fait allusion. Seulement comme la phrase : "J'enverrai mon Fils du Soleil", est empruntée textuellement à un Livre Sibyllin, il devient très difficile de comprendre comment on pourrait l'attribuer à une prophétie ayant trait au Sauveur Chrétien, ou la classer avec de telles prophéties, à moins toutefois d'identifier ce dernier avec Apollon. Virgile aussi dit : "Voici venir le règne de la Vierge et d'Apollon" et, jusqu'à présent, Apollon, ou Appolyon, est  considéré comme une forme de Satan et comme signifiant l'Antéchrist. Si la promesse Sibylline : "Il enverra son Fils du Soleil" se rapporte au Christ, il s'ensuit que le Christ et Apollon ne font qu'un – et dans ce cas pourquoi appeler ce dernier un démon ? – ou bien que la prophétie n'a aucun rapport avec le Sauveur Chrétien et, dans ce cas, pourquoi se l'approprie-t-on ?

Mais de Mirville va plus loin. Il montre saint Denis l'Aréopagite nous affirmant que : Le Soleil est la signification spéciale et  la  statue  de Dieu 13... C'est par la porte Orientale que la gloire du Seigneur pénétra dans les temples [des Juifs et des Chrétiens, cette gloire divine étant la lumière du Soleil]... "Nous construisons nos églises face à l'orient, dit à son tour saint Ambroise, car durant les Mystères nous commençons par renoncer à celui qui est à l'occident."

"Celui qui est à l'Occident", c'est Typhon, le dieu Egyptien des ténèbres – car ils considéraient l'Occident comme la "Porte Typhonique de la Mort". Ayant ainsi emprunté Osiris aux Egyptiens, les Pères de l'Eglise se préoccupèrent fort peu de se servir de son frère Typhon. Puis :

 Le prophète Baruch 14 parle des étoiles qui se réjouissent dans leurs vaisseaux et leurs citadelles (Chap. III) et l'Ecclésiaste applique les mêmes termes au soleil, qui est représenté comme [VI 8] "l'admirable vaisseau du Très- Haut" et la "citadelle du Seigneur" Фυλακη 15.

En tout cas, la chose ne fait point de doute, car l'auteur sacré dit que c'est un Esprit qui gouverne la course du soleil. Ecoutez ce qu'il dit (dans l'Ecclésiaste, I, 5) : "Le Soleil aussi se lève – et son esprit éclairant tout sur sa route circulaire (gyrat gyrans) retourne suivant ses circuits 16" [voyez Douay].

De Mirville semble citer des textes repoussés par les Protestants ou inconnus d'eux, car dans leur Bible il n'existe pas un quarante-troisième chapitre de l'Ecclésiaste 17 ; en outre, ce n'est pas le soleil qui s'y meut "en circuits" mais le vent. C'est une question à régler entre l'Eglise Romaine et l'Eglise Protestante. Ce que nous signalons c'est le puissant élément de Sabéisme ou d'Héliolâtrie qui existe dans le Christianisme.

Un Concile Œcuménique ayant mis, d'autorité, un terme à l'Astrolâtrie Chrétienne en déclarant qu'il n'existait pas d'Ames sidérales dans le soleil, la lune ou les planètes, saint Thomas prit sur lui de trancher la question. Le "docteur angélique" déclara que ces expressions ne voulaient pas dire une "âme", mais simplement une Intelligence, non pas résidant dans le soleil ou les étoiles, mais les assistant ; "une  intelligence  dirigeante  et guidante" 18.

 14 Exilé de la Bible Protestante, mais conservé dans les Apocryphes que d'après l'Article VI de l'Eglise d'Angleterre "elle lit pour en tirer des exemples de vie et des instructions sur les manières d'être" (?), mais non pas pour établir une doctrine.

15 Cornelius a Lapide, V. 248.

16 Ecclésiaste, XLIII. Les citations précédentes sont empruntées au chapitre de de Mirville intitulé : "De la théologie Solaire, Chrétienne et Juive", IV. 35-38.

17 Ce 43ème chapitre est celui de la Sagesse de Sirach de la Septante.

18 L'Eglise a néanmoins conservé les "rites des étoiles" des Initiés Païens dans ses rites les plus sacrés. Dans les Mystères Mithraïques pré-chrétiens, le candidat qui surmontait avec succès les "douze Tortures" qui précédaient l'Initiation finale, recevait un petit gâteau rond, ou biscuit, fait de pain sans levain, symbolisant, dans une de ses significations, le disque solaire et reconnu comme étant la manne (pain céleste)... Un agneau, ou même un taureau, était égorgé et le candidat devait être aspergé avec son sang, comme dans le cas de l'initiation de l'Empereur Julien. Les sept règles ou mystères qui sont représentées dans l'Apocalypse (Ch. 6) sous la forme de sept sceaux qui sont brisés successivement, étaient alors remis au nouvellement né.

19 Cf. Stromates, Livre V, chap. VI, p. 241.

20 S. T. Coleridge dit avec raison : "Instinctivement, la raison a toujours indiqué aux hommes le but final des diverses sciences..." Il est hors de doute qu'une astrologie d'un genre quelconque constituera la dernière conquête de l'astronomie ; il doit exister des rapports chimiques entre les planètes... : la différence qui existe entre leurs tailles, comparée à celle qui existe entre leurs distances, ne saurait s'expliquer autrement. Nous pouvons ajouter : entre les planètes et notre terre, avec son humanité.

 

Là-dessus, l'auteur, réconforté par l'explication, cite Clément d'Alexandrie et rappelle au lecteur l'opinion de ce philosophe, le rapport qui existe "entre les sept branches du chandelier – les sept étoiles de l'Apocalypse" et le soleil :

Les   six   branches   fixées   au   chandelier   central,   dit Clément, ont des lampes, mais le soleil, placé au milieu des errants (πλκνητω̃ν) déverse ses rayons sur eux tous ; ce chandelier d'or cache encore un autre mystère ; c'est le signe du Christ, non seulement par la forme, mais parce qu'il  répand  sa  lumière  [VI 9]  par  l'entremise  des  sept esprits primitivement créés et qui sont les Sept Yeux du Seigneur 19.

En conséquence, plaide de Mirville, les principales planètes sont, pour les sept esprits primordiaux, suivant saint Clément, ce que le chandelier- soleil est pour le Christ Lui-même, savoir – leurs vaisseaux,  leurs Φυλαχαὶ.

C'est assez clair assurément, bien que l'on ne parvienne pas à voir en quoi cette explication aide à éclairer la situation. Le chandelier à sept branches des Israélites, de même que les "errants" des Grecs, avaient une signification bien plus naturelle et surtout un sens purement astrologique. En fait, depuis les Mages et les Chaldéens jusqu'aux Zadkiels dont on se moque tant, tous les ouvrages astrologiques diront à leurs lecteurs que le Soleil placé au milieu des planètes, avec Saturne, Jupiter et Mars d'un côté et Vénus, Mercure et la Lune de l'autre – la ligne des planètes traversant toute la Terre – a toujours signifié ce que nous dit Hermès, c'est-à-dire le fil de la destinée, ou ce dont l'action (l'influence) est appelée la destinée 20. Mais, en fait de symbole, nous préférons le Soleil à un chandelier. On peut comprendre comment ce dernier en vint à représenter le soleil et les planètes, mais personne ne saurait admirer le choix du symbole. Il y a de la poésie et de la grandeur dans le soleil, lorsqu'on en fait le symbole de "l'Œil d'Ormuzd", ou d'Osiris et qu'on le considère comme le Vâhan (véhicule) de la Divinité la plus haute. Mais on n'arrivera jamais à comprendre qu'une gloire spéciale puisse être attribuée au Christ en lui affectant la partie centrale d'un chandelier 21 dans une synagogue juive, en guise de siège d'honneur mystique.

Il y a donc positivement deux soleils ; un soleil qui est adoré et un soleil qui adore. L'Apocalypse le prouve.

On découvre le Verbe au chapitre VII, dans l'ange qui s'élève au lever du Soleil, portant le sceau du Dieu vivant... Tandis que des commentateurs diffèrent d'avis au sujet de la personnalité de cet ange, saint Ambroise et beaucoup d'autres théologiens [VI 10] voient en lui le Christ lui-même... Il est le Soleil qui est adoré. Mais au chapitre XIX, nous trouvons un ange qui se tient dans le Soleil, invitant toutes les nations à s'assembler pour le grand souper de l'Agneau. Cette fois, il s'agit, littéralement et simplement, de l'Ange du Soleil  – que l'on ne peut confondre avec le "Verbe", puisque le prophète le distingue du Verbe, Roi des Rois et Seigneur des Seigneurs... Il semble que l'ange qui se trouve  dans le Soleil soit un ange qui adore. Quel peut  être  ce dernier ? Que pourrait-il être si ce n'est l'Etoile du Matin, l'ange gardien du Verbe, son férouer ou ange de la face, de même que le Verbe est l'Ange de la Face (présence) de son Père, son principal attribut, sa principale force, comme l'implique son nom même (Michel), le puissant recteur glorifié par l'Eglise, le Rector potens qui vaincra l'Anté-christ, le Vice-Verbe en un mot qui représente son maître et semble ne faire qu'un avec lui 22.

Oui, Michel est le prétendu vainqueur d'Ormuzd, d'Osiris, d'Apollon, de Krishna, de Mithra, etc., bref de tous les Dieux Solaires connus et inconnus, que l'on traite aujourd'hui de démons, de "Satan". Néanmoins le "Vainqueur" n'a pas dédaigné de revêtir les dépouilles des ennemis vaincus – leurs personnalités, leurs attributs et même leurs noms – pour devenir l'alter ego de ces démons.

21 "Le Christ est donc représenté, dit l'auteur (p. 40), par la partie centrale du chandelier."

22 De Mirville, IV. 41, 42.

 

Ainsi le Dieu Soleil est ici Honover ou l'Eternel. Le prince en est Ormuzd, puisqu'il est le premier des sept Amschaspends [les copies diaboliques des sept anges originels] (caput angelorum) ; l'agneau (hamal), le Berger du Zodiaque et l'antagoniste du serpent. Mais le Soleil (l'Œil d'Ormuzd) a aussi son recteur, Korshid ou le mitraton, qui est le férouer de la face d'Ormuzd, son Ized, ou étoile du matin. Les Mazdéens avaient un triple Soleil... Pour nous, ce Korshid-Mitraton est le premier des génies psychopompes et le guide du soleil, l'immolateur du Taureau [ou agneau], terrestre, dont les blessures sont léchées par le serpent [sur le fameux monument mithraïque] 23.

23 De Mirville, IV. 42.

 

Saint Paul, en parlant de ceux qui gouvernent ce monde, les Cosmocratores, n'a fait que répéter ce qui avait été dit par tous les philosophes primitifs des dix siècles qui précédèrent l'ère chrétienne, seulement il fut à peine compris et ses paroles furent souvent volontairement mal interprétées. Damascius répète les enseignements des auteurs païens, lorsqu'il explique [VI 11]

Qu'il y a sept séries de cosmocratores ou de forces cosmiques, qui sont doubles : les plus élevées chargées de soutenir et de gouverner le monde supérieur ; les moins élevées chargées d'en faire autant pour le monde inférieur [le nôtre].

Il ne dit pourtant que ce que les anciens enseignaient. Jamblique mentionne ce dogme de la dualité de toutes les planètes et corps célestes, des dieux et des daïmons (esprits). Lui aussi divise les Archontes en deux classes – la plus spirituelle et la moins spirituelle ; cette dernière plus rattachée à la matière, plus enveloppée par elle, comme possédant une forme, tandis que les membres de la première sont sans corps (aroûpa). Mais qu'ont donc à faire avec ceci Satan et les anges ? Simplement, peut- être, afin de pouvoir expliquer l'identité du dogme Zoroastrien et du dogme Chrétien, ainsi que de Mithra, Ormuzd et Ahriman, avec le Père, le Fils et le Démon du Christianisme. Et en parlant de "dogme Zoroastrien" nous entendons par là l'enseignement exotérique. Comment expliquer que les mêmes rapports existent entre Mithra et Ormuzd et entre  l'Archange Michel et le Christ ?

Ahura Mazda dit au saint Zaratoushta : "Lorsque j'ai créé [émané] Mithra... Je l'ai créé pour qu'il fût invoqué et adoré autant que moi."

Dans l'intérêt de réformes nécessaires, les Zoroastriens Aryens transformèrent les Dévas, les brillants Dieux des Indes, en devs ou démons. Leur Karma voulut que les Chrétiens, à leur tour, vinssent venger les Hindous sur ce point. Or Ormuzd et Mithra sont devenus les devs du Christ et de Michel, la doublure et l'aspect sombres du Sauveur et de l'Ange. L'heure du Karma de la théologie chrétienne sonnera à son tour. Déjà les Protestants ont commencé le premier chapitre de la religion qui cherchera à transformer les "Sept Esprits" et la légion, des Catholiques Romains, en démons et en idoles. Chaque religion a son Karma comme l'a chaque individu. Ce qui est dû aux conceptions humaines et qui se fonde sur l'abaissement de ceux de nos frères qui ne sont pas de notre avis, doit avoir son temps. "Il n'y a pas de religion plus haute que la Vérité."

Les Zoroastriens, les Mazdéens et les Perses ont emprunté à l'Inde leurs conceptions ; les Juifs ont emprunté à la Perse leur théorie des anges ; les Chrétiens ont emprunté aux Juifs.

De là vient la dernière interprétation de la théologie Chrétienne – au grand déplaisir de la Synagogue forcée de partager le chandelier symbolique avec l'ennemi héréditaire – interprétation d'après laquelle le chandelier à sept branches [VI 12] représente les sept Eglises d'Asie et les sept planètes qui sont les anges de ces Eglises. De là découle aussi la conviction que les Juifs Mosaïques, inventeurs de ce symbole pour leur tabernacle, étaient une sorte de Sabéens, qui mêlèrent ensemble leurs planètes et les esprits de celles-ci et les appelèrent – mais bien plus tard – Jéhovah. En ceci nous avons le témoignage de Clément d'Alexandrie, de saint Jérôme et d'autres.

 Et Clément en qualité d'Initié aux Mystères – dans lesquels le secret du système héliocentrique était enseigné plusieurs milliers d'années avant Galilée et Copernic – le prouve en expliquant que Par ces divers symboles, liés aux phénomènes (sidéraux) la totalité de toutes les créatures qui relient le ciel à la terre est figurée... Le chandelier représente  le mouvement des sept luminaires et décrit leur révolution astrale. A droite et à gauche du candélabre, étaient projetées les six branches dont chacune avait sa lampe, parce que le Soleil, placé comme un candélabre  au milieu des autres planètes, leur distribue la lumière 24... Quant aux chérubins, qui ont douze ailes entre les deux, ils nous représentent le monde sensible dans les douze signes du zodiaque 25.

Et pourtant, en présence de toutes ces preuves, le soleil, la lune, les planètes, nous sont tous représentés comme diaboliques avant l'apparition du Christ et comme divins seulement après. Tout le monde connaît ce vers Orphique : "C'est Zeus, c'est Adas, c'est le Soleil, c'est  Bacchus" ; ces noms ayant été tous synonymes pour les poètes et les auteurs classiques. Ainsi, pour Démocrite, "la Divinité n'est qu'une âme dans un feu orbiculaire" et ce feu, c'est le Fils. Pour Jamblique, le Soleil était "l'image de l'intelligence divine" ; pour Platon, "un Etre vivant immortel". De là l'oracle de Claros, auquel on demandait de dire qui était le Jéhovah des Juifs et qui répondit : "C'est le Soleil". Nous pouvons ajouter ces mots du Psaume XIX 4 :

Dans le Soleil il plaça un tabernacle pour lui-même 26... sa sortie se fait en partant d'une extrémité du ciel et sa course s'achève à l'autre extrémité, et rien ne se dérobe à sa chaleur. [VI 13]

24 En dépit de ceci, écrit durant la toute première période chrétienne par le Néo-platonicien renégat, l'Eglise persiste jusqu'à présent dans son erreur volontaire. Impuissante contre Galilée, elle cherche maintenant à mettre en doute jusqu'au système héliocentrique !

25 Stromates, V, VI.

26 On lit dans la Bible anglaise : "En eux (les Cieux) il a établi un tabernacle pour le soleil", ce qui est incorrect et n'a pas de sens, en raison du verset qui suit car il y a des choses "dérobées à sa chaleur", si le dernier mot doit s'appliquer au Soleil.

 

 Jéhovah est donc le Soleil et, par suite, le Christ de l'Eglise Romaine l'est aussi. On comprend maintenant la critique à laquelle se livre Dupuis à propos de ce verset, comme aussi le désespoir de l'abbé Foucher. "Rien, s'écrie-t-il, n'est plus favorable au Sabéisme que ce texte de la Vulgate !" Et si défigurés que puissent être les mots et le sens, dans la Bibleanglaise autorisée, la Vulgate et la Version des Septante donne toutes deux le texte original correct et le traduisent par : "Dans le soleil, il établit sa résidence", mais la Vulgate considère la "chaleur" comme provenant directement de Dieu et non du soleil seul, puisque c'est Dieu qui jaillit du soleil, qui y habite et qui accomplit le parcours circulaire : in sole posuit... et ipse exultavit. On constatera par là que les Protestants avaient raison en accusant saint Justin d'avoir dit :

Dieu nous a permis d'adorer le Soleil.

Et ceci en dépit des excuses boiteuses d'après lesquelles il aurait voulu dire, réellement, que :

Dieu a permis qu'on l'adorât en, ou dans le Soleil. ce qui revient au même.

On constatera par ce qui précède, que tandis que les Païens ne localisaient dans le soleil et les planètes que les puissances inférieures de la Nature, les Esprits représentants, pour ainsi dire, d'Apollon, Bacchus, Osiris et autres dieux solaires, les Chrétiens, dans leur haine de la Philosophie, approprient les localités sidérales et les limitent aujourd'hui à l'usage de leur divinité anthropomorphe et de ses anges – nouvelles transformations des très anciens dieux. Il fallait faire quelque chose pour se débarrasser des anciens locataires et on les ravala au rang de "démons", de méchants diables.

[Cette Section contient la majeure portion de la première partie de la Section V du manuscrit de 1886. Note de l'Editeur.]

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SECTION XXXVI - CULTE SIDERAL PAÏEN OU ASTROLOGIE http://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-6/638-section-xxxvi-culte-sideral-paien-ou-astrologie http://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-6/638-section-xxxvi-culte-sideral-paien-ou-astrologie

SECTION XXXVI

CULTE SIDERAL PAÏEN OU ASTROLOGIE

 

Un des Téraphim du père d'Abraham, Térah, le "faiseur d'images" et les Dieux Kabires, se rattachent directement à l'antique culte Sabéen, ou Astrolâtrie. Kyun, ou le Dieu Kyvan, adoré par les Juifs dans le désert, n'est autre que Saturne et Shiva, appelé plus tard Jéhovah. L'astrologie existait avant l'astronomie et le titre d'Astronomus était porté par le plus élevé des hiérophantes en Egypte 27. Un des noms du Jéhovah juif "Sabaoth", ou le "Seigneur des Légions" (tsabaoth), appartient aux Chaldéens Sabéens ou (Tsabéens) et a pour racine le mot tsab, signifiant un "chariot", un "vaisseau" et "une armée", de sorte que Sabaoth veut littéralement dire l'armée du vaisseau, l'équipage, ou la légion navale ; le ciel étant métaphoriquement mentionné dans la doctrine comme "l'océan supérieur".

Dans son intéressant ouvrage, The God of Moses 28, Lacour explique ainsi tous ces différents termes :

Les armées célestes, ou légions du ciel, signifient non seulement la totalité des constellations célestes, mais aussi les Aléim dont elles dépendent : les aléitzbaout sont les forces ou âmes des constellations, les puissances qui maintiennent et guident les planètes dans cet ordre et dans ce cortège... le Jaé-va-Tzbaout signifie Lui, le chef suprême de ces corps célestes.

27 Lorsque le hiérophante obtenait son dernier grade, Il sortait de la retraite sacrée appelée Mannéras et recevait le Tau d'or, la Croix Egyptienne, qui était ultérieurement placée sur sa poitrine et enterrée avec lui.

28 Le Dieu de Moïse (N.d.T.).

 

Dans sa collectivité, en sa qualité de principal "Ordre d'Esprits" et non pas comme l'Esprit en chef.

 Les Sabéens n'ayant adoré dans les images gravées que les légions célestes, les anges et les dieux auxquels les planètes servaient de demeure, n'ont, en réalité, jamais adoré les étoiles. Platon nous apprend en effet que, parmi les étoiles et les constellations, les planètes seules avaient droit au titre [VI 15] de theoi (Dieux) car ce nom dérivait du verbe θεϊν, courir ou circuler. Seldenus nous dit aussi qu'on les appelait également :

θεοί βουλαιοί (Dieux Conseillers) ραβδοφόροι (licteurs), attendu qu'elles (les planètes) assistaient an  consistoire du Soleil, solis consistoris adstantes.

Le savant Kircher dit :

Les sceptres dont étaient armés les sept anges qui présidaient, fournissent l'explication de ces noms de Rhabdophores et de licteurs qu'on leur donnait.

Cela, réduit à sa plus simple expression et à son sens populaire, constitue bien entendu un culte de fétiches. Pourtant l'Astrolâtrie Esotérique n'était pas du tout le culte d'idoles, puisque, sous les noms de "Conseillers" et de "Licteurs", assistant au "consistoire du Soleil", on ne désignait pas les planètes dans leurs corps matériels, mais leurs Régents ou "Ames" (Esprits). Si la prière "Notre Père qui êtes aux Cieux" ou "Saint – un tel – qui êtes au Ciel" ne constitue pas une invocation  idolâtre, il s'ensuit que "Notre Père qui êtes en Mercure", ou "Notre Dame qui êtes en Vénus", "Reine des Cieux", etc., ne l'est pas davantage, car c'est absolument la même chose, le nom ne changeant rien au fait. Le mot "aux Cieux" employé dans les prières chrétiennes, ne peut signifier rien d'abstrait. Une demeure – que ce soit celle de Dieu d'Anges ou de Saints (tous étant des individualités et des êtres anthropomorphes) – doit nécessairement indiquer une localité, un point déterminé de ces "cieux" ; par conséquent, il importe fort peu, au point de vue du culte, que l'endroit soit considéré comme le "ciel" en général, c'est-à-dire nulle part en particulier, ou connue étant situé dans le Soleil, la Lune ou Jupiter.

C'est employer un argument futile que de déclarer qu'il y avait :

Deux divinités et deux hiérarchies distinctes on tsabas dans le ciel, pour le monde antique et pour notre époque moderne..., l'une, le Dieu vivant et sa légion et l'autre Satan, Lucifer avec ses conseillers et ses licteurs, ou les anges déchus.

Nos adversaires prétendent que c'est ce dernier que Platon et toute l'antiquité adoraient et que les deux tiers de l'humanité adorent jusqu'à présent. "Toute la question est de savoir comment distinguer les deux entre eux". [VI 16]

Les Chrétiens Protestants n'arrivent pas à découvrir une mention des anges dans le Pentateuque, nous pouvons donc les laisser de côté. Les Catholiques Romains et les Cabalistes découvrent cette mention ; les premiers parce qu'ils ont accepté l'angélologie juive, sans se douter que les "Légions tsabéennes" étaient des colons et des résidents venus de chez les Gentils sur le territoire de la Judée ; les seconds parce qu'ils acceptaient l'ensemble de La Doctrine Secrète, dont ils conservaient le noyau pour eux en en laissant l'écorce aux étourdis.

Cornelius a Lapide signale et établit la signification du mot tsaba dans le premier verset du Chapitre II de la Genèseet il le fait correctement, guidé, comme il le fut probablement, par de savants Cabalistes. Les Protestants ont certainement tort dans leur contestation, car les anges sont mentionnés dans le Pentateuque sous le mot tsaba, qui veut dire "légions" d'anges. Dans la Vulgate, le mot est traduit par ornatus, qui signifie "l'armée sidérale" et aussi l'ornement du firmament – cabalistiquement. Les érudits bibliques de l'Eglise Protestante et les savants matérialistes, qui n'arrivèrent pas à découvrir les "anges" mentionnés par Moïse, ont donc commis une sérieuse erreur. Le verset dit, en effet :

Ainsi furent terminés le ciel et la terre et toute  leur légion, le mot "légion" signifiant "l'armée des étoiles et des anges" et il semble que les deux derniers mots soient des termes interchangeables dans la phraséologie de l'Eglise. A Lapide est cité comme une autorité à ce sujet  : il dit que Tsaba ne veut pas dire l'un ou l'autre, mais "l'un et l'autre", ou, à la fois, siderum ac angelorum.

Si les Catholiques Romains ont raison sur ce point, il en est de même des  Occultistes  lorsqu'ils  déclarent  que  les  anges  auxquels  l'Eglise de Rome voue un culte ne sont autre que leurs "Sept Planètes", les Dhyân Chohans de la Philosophie Esotérique Bouddhiste, ou les Koumâras, "les fils-nés-du-mental de Brahma", connus sous le nom patronymique de Vaidhâtra. L'identité entre les Koumâras, les Constructeurs ou Dhyân Chohans cosmiques et les Sept Anges des Etoiles, sera constatée, sans la moindre différence, si l'on étudie leurs biographies respectives et, surtout, les caractéristiques de leurs chefs, Sanat-Koumâra (Sanat-Soujâta) et Michel Archange. Avec les Kabirim (Planètes), nom qu'on leur donnait en Chaldée, ils étaient tous des "Puissances [VI 17] divines" (Forces). Fuérot dit que le nom de Kabiri était employé pour désigner les sept fils de קייצ voulant dire Pater Sadie, Caïn ou Jupiter, ou encore pour désigner Jéhovah. Il y a sept Koumâras – quatre exotériques et trois secrets – et les noms de ces derniers se trouvent dans le Sânkya Bhâshya, par Gaudapâdâchârya 29. Ce sont tous des "Dieux Vierges", qui demeurent éternellement purs et innocents et se refusent à procréer. Sous leur aspect primitif, ces Sept "fils" de Dieu, Aryens "nés du mental", ne sont pas les régents des planètes, mais résident bien au-delà de la région planétaire. Mais le même mystérieux transfert d'un rôle à un autre, ou d'une dignité à une autre, se retrouve dans le système Chrétien des Anges. Les "Sept Esprits de la Présence" servent perpétuellement Dieu et pourtant nous les retrouvons, sous les noms de Michel, Gabriel, Raphaël, etc., comme "Régents d'Etoiles" ou comme les divinités qui animent les sept planètes. Il suffit de dire que l'Archange Michel est appelé "l'invincible combattant vierge" parce qu'il "refusa de créer 30", ce qui le rattache en même temps à Sanat Soujâta et au Koumâra qui est le Dieu de la Guerre.

Ce qui précède a besoin d'être démontré à l'aide de quelques citations. Commentant les "Sept Chandeliers d'Or" de saint Jean, Cornelius a Lapide dit :

 Les sept lumières se rapportent aux sept branches du chandelier, par lesquelles étaient représentées les sept [principales] planètes, dans les temples de Moïse et de Salomon... ou, mieux encore, se rapportent aux sept principaux Esprits, chargés de veiller au salut des hommes et des églises.

Saint Jérôme s'exprime ainsi :

En vérité, le chandelier aux sept branches était le type du monde et de ses planètes.

Saint Thomas d'Aquin, le grand docteur catholique Romain, écrit :

Je ne me souviens pas d'avoir jamais rencontré, dans les ouvrages des saints ou des philosophes, la négation du fait que les planètes sont guidées par des  êtres spirituels... Il me semble que l'on peut démontrer que les corps célestes sont dirigés par [VI 18] une intelligence ; soit directement par Dieu, soit par l'entremise des anges. Cependant, cette dernière opinion me semble cadrer infiniment mieux avec l'affirmation que saint Denis dit être sans exception, que toutes choses sur terre sont gouvernées par Dieu, au moyen d'intermédiaires 31.

29 Les trois noms secrets sont : "Sana, Sanat-Soujàta et Kapila", tandis que les quatre Dieux exotériques sont appelés : Sanat-Koumâra, Sananda, Sanaka, et Sanâtana.

30 Un autre Koumâra, le "Dieu de la Guerre", est appelé, dans le système hindou, "l'éternel célibataire" – "le guerrier vierge". C'est le Saint Michel Aryen.

 31 Nous donnons l'original : "Cœlestia corpora moveri a spirituali creatura, a nemine Sanctorum vel philosophorum, negatum, legisse memini. (Opusc. X, art. III)... Mihi autem videtur, quod Demonstrative probari posset, quod ab aliquo intellectu corpora cœlestia moveantur, vel a Deo immediate, vel a mediantibus angelis. Sed quod mediantibus angelis ea moveat, congruit reum ordine, quem Dyonisius infaillibilem asserit, ut inferiora a Deo per Media secundum cursum communem administrentur" (Opusc., II, art. II), et s'il en est ainsi et si Dieu ne se mêle jamais des lois de la Nature, établies une fois pour toutes, les abandonnant à ses administrateurs, pourquoi estimerait-on idolâtre le fait que les "païens" les appelaient des Dieux ?

 

Que le lecteur se remémore maintenant ce que les Païens disaient de cela. Tous les auteurs classiques et les philosophes qui ont traité cette question, répètent avec Hermès Trismégiste que les sept Recteurs – les planètes, y compris le Soleil – étaient les associés ou les collaborateurs du Tout Inconnu, représenté par le Démiurge chargé de contenir le Cosmos – notre monde planétaire – à l'intérieur de sept cercles. Plutarque les montre comme représentant "le cercle des mondes célestes". Enfin Denys de Thrace et le savant Clément d'Alexandrie décrivent tous deux les Recteurs comme représentés, dans les temples égyptiens, sous la forme de roues mystérieuses, ou de sphères, toujours en mouvement, ce qui  faisait affirmer aux Initiés que le problème du mouvement perpétuel avait été résolu par les roues célestes, dans les Sanctuaires de l'Initiation 32. Cette doctrine d'Hermès était, avant lui, celle de Pythagore et d'Orphée. Proclus l'appelle [VI 19] la doctrine "donnée par Dieu". Jamblique en parle avec le plus grand respect. Philostrate dit à ses lecteurs que toute la cour sidérale du ciel babylonien était représentée dans les temples, (…) par des globes de saphir portant, en or, les images de leurs dieux respectifs.

Les temples de la Perse étaient surtout fameux pour ces représentations. Si nous en croyons Cedrenus L'Empereur Héraclius, lors de son entrée dans la ville de Bazaeum, fut frappé d'admiration par l'immense construction élevée pour le Roi Chosroës et qui représentait le firmament nocturne avec les planètes et toutes leurs révolutions, ainsi que les anges qui les présidaient 33.

32 Dans un des ouvrages de des Mousseaux sur la Démonologie (Œuvres des Démons, si nous ne nous trompons pas sur l'affirmation de l'Abbé Huc) on retrouve le récit suivant que l'auteur certifie avoir entendu à maintes reprises de la bouche même de l'abbé. Dans une lamaserie du Tibet, le missionnaire découvrit ce qui suit :

C'est une simple toile, à laquelle n'était pas adapté, le moindre appareil mécanique, ainsi que le visiteur peut s'en assurer en l'examinant à loisir. Elle représente un paysage éclairé, par la lune, mais la lune n'est pas du tout immobile et morte ; bien au contraire, car, suivant l'abbé, on aurait cru que notre lune elle-même, on dit moins son double vivant, éclairait le tableau. Chaque phase, chaque aspect, chaque mouvement de notre satellite, était produit dans son fac-similé, dans les mouvements et les progrès de la lune sur le tableau sacré. "Vous voyez, dans le tableau, cette planète monter sous forme de croissant, ou, dans son plein, briller avec éclat, passer derrière les nuages, se montrer ou se coucher, d'une façon correspondant de la manière la plus extraordinaire avec le véritable astre. C'est, en un mot, une reproduction parfaite et resplendissante de la pâle reine des nuits, à laquelle tant de gens payaient fin tribut d'adoration aux temps jadis". Nous tenons de sources des plus sûres et de nombreux témoins oculaires, que des "machines de ce genre – non pas des peintures sur toile – existent dans certains temples du Tibet, ainsi que des "roues sidérales" représentant les planètes et que l'on conserve dans le même but – astrologique et magique. Le récit de Hue, tiré du volume de des Mousseaux, a été reproduit dans Isis Dévoilée (I. p. 441).

33 Cedrenus, [La Byzantine] p. 338. Quelles fussent roues par un mouvement d'horlogerie ou par une, force magique, de telles machines – des sphères célestes complètes avec les planètes en mouvement – se rencontraient dans les Sanctuaires et il en existe jusqu'à présent au Jupon, dans un temple souterrain secret des anciens Mikados, ainsi que dans deux autres endroits.

 

C'est sur des "sphères" de ce genre que Pythagore étudia l'Astronomie dans les adyta arcana des temples dans lesquels il avait accès. Et c'est là, qu'au  moment  de  l'Initiation, l'éternel mouvement de rotation de ces sphères – "les roues mystérieuses", comme elles sont appelées par Clément et Denys, tandis que Plutarque les appelle des "mondes-roues" – lui démontra le bien-fondé de ce qui lui avait été divulgué, c'est-à-dire du système héliocentrique, le grand secret des Sanctuaires. Toutes les découvertes de l'astronomie moderne, de même que tous les secrets qui pourront lui être révélés dans l'avenir, étaient renfermés dans les observatoires secrets et dans les Salles d'Initiation des temples des Indes et de l'Egypte antique. C'est dans ces temples que le Chaldéen se livra à ses calculs, ne révélant au monde profane que juste ce qu'il était apte à recevoir.

On pourrait nous dire et on nous dira sans doute qu'Uranus était inconnu des anciens et qu'ils étaient obligés de compter le Soleil parmi les planètes et d'en faire le chef. Qu'en sait-on ? Uranus est un nom moderne, mais une chose est certaine, c'est que les anciens avaient une planète, "une planète de mystère", dont ils ne prononçaient jamais le nom et avec laquelle le plus haut Astronome, le Hiérophante, [VI 20] pouvait seul "causer familièrement". Mais cette septième planète n'était pas le soleil, mais bien le Divin Hiérophante caché, que l'on représentait comme ayant une couronne et comme embrassant dans sa roue "soixante-dix-sept roues plus petites". Dans le système secret archaïque des Hindous, le soleil est le Logos visible "Soûrya" ; au-dessus de lui il y en a un autre, l'Homme divin ou céleste – qui, après avoir établi le système du monde de la matière sur l'archétype de l'Univers Invisible, ou Macrocosme, dirigeait, pendant les Mystères, la céleste Râsa Mandala, alors qu'on en parlait comme :

donnant, avec son pied droit à Tyam on Bhoûmi [la Terre], l'impulsion qui lui fait accomplir une double révolution.

Que dit encore Hermès ? Lorsqu'il explique la Cosmologie Egyptienne, il s'écrie :

Ecoute, ô mon fils... le Pouvoir a aussi formé sept agents qui renferment dans leurs cercles le monde matériel et dont l'action est appelée destinée... Quand  tout fut soumis à l'homme, les Sept, désireux de favoriser l'intelligence humaine, lui communiquèrent leurs pouvoirs. Mais dès que l'homme connut leur véritable essence et sa propre nature, il désira pénétrer dans les cercles et au-delà, et briser ainsi leur circonférence, en usurpant le pouvoir de celui qui domine le Feu [Soleil] lui-même ; après quoi, ayant dérobé une des Roues du Soleil du feu sacré, il tomba en esclavage 34.

Ce n'est pas de Prométhée qu'il est ici question. Prométhée est un symbole et une personnification de toute l'humanité, par rapport à un événement qui se produisit durant son enfance, pour ainsi dire – le "Baptême par le Feu" – et qui est un mystère au milieu du grand Mystère Prométhéen, que l'on ne peut à présent mentionner que dans ses grandes lignes. En raison de l'extraordinaire développement de l'intellect humain et du développement, à notre époque, du cinquième principe (Manas) en l'homme, ses rapides progrès ont paralysé les perceptions spirituelles. C'est aux dépens de la sagesse que vit généralement l'intellect et, dans son état actuel, l'humanité n'est nullement préparée à comprendre le terrible drame de la désobéissance humaine aux lois de la Nature et la Chute qui en résulte. On ne peut qu'y faire allusion, à sa place.

34 Egypte Moderne, de Champollion, p. 42.

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SECTION XXXVII - LES AMES DES ETOILES - HELIOLATRIE UNIVERSELLE http://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-6/636-section-xxxvii-les-ames-des-etoiles-heliolatrie-universelle http://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-6/636-section-xxxvii-les-ames-des-etoiles-heliolatrie-universelle

SECTION XXXVII

LES AMES DES ETOILES

HELIOLATRIE UNIVERSELLE

 

Afin d'établir que les Anciens n'ont jamais "pris les étoiles pour des Dieux" ou des Anges et le soleil pour les suprêmes Dieux et Dieu, mais n'ont voué de culte qu'à l'Esprit de toutes et ont vénéré les  Dieux inférieurs, qui étaient supposés avoir leurs résidences dans le Soleil et les planètes – il nous faut mettre en évidence la différence qui sépare ces deux cultes. Saturne, "le Père des Dieux", ne doit pas être confondu avec son homonyme – la planète du même nom avec ses huit lunes et ses trois anneaux. Ces deux Saturnes – bien qu'identiques en un sens, comme le sont, par exemple, l'homme physique et son âme – doivent être séparés lorsqu'il s'agit de culte. On doit surtout le faire avec le plus grand soin lorsqu'il s'agit des sept planètes et de leurs Esprits, car toute la formation de l'univers leur est attribuée dans les Enseignements Secrets. Il faut encore signaler la même différence entre les Etoiles de la Grande Ourse, la Riksha et la Chitra shikhandin, "au cimier brillant" et les Richis – les Sages mortels qui apparurent sur la Terre pendant le Satya Youga. S'ils ont tous été jusqu'à présent aussi étroitement réunis dans les visions des voyants de toutes les époques – y compris les voyants de la Bible – il faut qu'il y ait eu une raison pour cela. Il ne faudrait pas remonter jusqu'aux périodes de "superstition" et d' "imaginations anti-scientifiques" pour découvrir des grands hommes de notre époque qui les partagent. Il est bien connu que Kepler, l'éminent astronome, d'accord en cela avec beaucoup d'autres grands hommes qui croyaient que les corps célestes avaient une influence favorable ou néfaste sur la destinée des hommes et des nations – ajoutait, en outre, pleinement foi au fait que les corps célestes, même notre propre terre, sont dotés d'âmes vivantes et pensantes.

A ce propos, l'opinion de Le Couturier mérite d'être citée :

 Nous sommes trop portés à critiquer sans pitié tout ce qui concerne l'astrologie et ses idées ; pourtant, notre critique, pour mériter ce nom, devrait, sous peine de manquer son but, savoir au moins ce que sont en réalité ces idées. Et lorsque parmi les hommes ainsi critiqués, nous relevons les noms de Regiomontanus, de Tycho- Brahé, de Kepler, etc., nous avons des raisons de nous [VI 22] montrer prudents. Kepler était un astrologue de profession et finit par devenir un astronome. Il gagnait sa vie en traçant des horoscopes qui indiquaient l'état des cieux au moment de la naissance des individus,  comme le faisaient tous ceux qui traçaient des horoscopes. Ce grand homme croyait aux principes de l'astrologie, sans en accepter tous les résultats insensés 35.

On proclame cependant que l'astrologie est une science coupable et, de même que l'Occultisme, condamnée par les Eglises. Il est cependant douteux que le "culte mystique des étoiles" puisse être tourné, aussi facilement qu'on le croit, en dérision – au moins par les Chrétiens. Les légions des Anges, des Chérubins et des Archanges Planétaires sont identiques aux Dieux mineurs des Païens. Quant à leurs "grands Dieux", si l'on a prouvé que Mars – de l'aveu même des ennemis des astrologues païens – était considéré par eux comme personnifiant simplement la force de l'unique Divinité suprême impersonnelle, si Mercure personnifiait son omniscience, Jupiter son omnipotence et ainsi de suite, il s'ensuit que la "superstition" des Païens est vraiment devenue la "religion" des masses des nations civilisées. En effet, pour ces dernières, Jéhovah est la synthèse des sept Elohim, l'éternel centre de tous ces attributs et de toutes ces forces, l'Aléi des Aléim et l'Adonaï des Adonim. Et si, chez elles, Mars s'appelle aujourd'hui saint Michel, la "force de Dieu", si Mercure s'appelle Gabriel, "l'omniscience et le courage de Dieu" et Raphaël, "la bénédiction ou le pouvoir de guérir de Dieu", ce n'est qu'un changement de noms, et les personnages restent les mêmes derrière les masques.

 35 Musée des sciences, p. 230.

 

La mitre du Dalaï-Lama 36 a sept arêtes en honneur des sept principaux Dhyâni Bouddhas. Dans le rituel funéraire des Egyptiens, on fait dire au défunt :

 Salut à vous, ô Princes, qui vous tenez en présence d'Osiris... Envoyez-moi la grâce de voir mes péchés détruits, comme vous l'avez fait pour les sept esprits qui suivent leur Seigneur 37.

La tête de Brahmâ est ornée de sept rayons et il est suivi par les sept Richis dans les sept Svargas. La Chine a ses sept pagodes ; les Grecs avaient leurs sept Cyclopes, sept Démiurges [VI 23] et les Dieux de Mystère, les sept Kabires, dont le chef était Jupiter-Saturne et, pour les juifs, Jéhovah. Aujourd'hui, cette dernière Divinité est devenue le chef de toutes, le Dieu suprême et unique et son ancienne place est occupée par Mikaël (Michel). Il est le "chef de la Légion" (tsaba) ; l"Archistratège de l'armée du Seigneur" ; le "Vainqueur du Diable" – Victor diaboli – et "l'Archisatrape de la Milice Sacrée", celui qui tua le "Grand Dragon". Malheureusement l'astrologie et le symbolisme, n'ayant aucune raison de voiler les choses anciennes sous de nouveaux masques, ont conservé le nom véritable de Mikaël – "c'était Jéhovah" – Mikaël étant l'Ange de la face du Seigneur 38, "le gardien des planètes" et la vivante image de Dieu. Il représente la Divinité dans ses visites à la terre ; en effet, ainsi que le fait est bien exprimé en Hébreu, c'est un לאכימ qui est comme Dieu, ou qui ressemble à Dieu. C'est lui qui chasse le serpent 39.

Mikaël étant le régent de la planète Saturne, n'est autre que Saturne 40. Son nom de mystère est Sabbathiel, parce qu'il préside au Sabbat juif, ainsi qu'au Samedi astrologique. Une fois qu'on l'a identifié, la réputation du vainqueur Chrétien du démon est encore plus menacée par d'autres identifications. Les anges bibliques sont appelés Malachim, les messagers entre Dieu (ou plutôt les dieux) et les hommes. En Hébreu ךלמ Malach, veut dire aussi "un Roi" et Malach ou Melech c'était aussi Moloch, ou encore Saturne, le Seb de l'Egypte, à qui était dédié le Dies Saturni ou Sabbat. Les Sabéens établissaient, entre la planète Saturne et son Dieu, une distinction encore plus grande que celle que les Catholiques Romains conservent entre leurs anges et leurs étoiles ; et les Cabalistes font de l'Archange Mikaël le patron de la septième œuvre de magie.

36 [Lâma (le Lama Tibétain) veut dire un Supérieur. Le "titre" était à l'origine réservé aux chefs de monastère et il n'est encore applicable dans son sens strict aux abbés et moines de rang supérieur ; cependant, par politesse on donne maintenant ce titre à presque tous les moines et  prêtres Lamaïstes. – Waddell.]

37 Traduction du Vicomte de Rougemont. Voyez les Annales de Philosophie Chrétienne, 7ème année, 1861.

38 Isaïe, LXIII, 9. "L'Ange de sa présence."

39 Chapitre XII de l'Apocalypse : La guerre régnait au ciel, Mikaël et ses anges combattirent contre le Dragon", etc. (7), et le grand dragon fut chassé (9).

40 C'est aussi l'esprit qui anime le Soleil et Jupiter et même Vénus.

 

Dans le symbolisme théologique... Jupiter [le Soleil] est le Sauveur élevé et glorieux et Saturne est Dieu le Père, ou le Jéhovah de Moïse 41. dit Eliphas Lévi qui devait le savoir. Jéhovah et le Sauveur, Saturne et Jupiter, ne faisant qu'un et Mikaël étant appelé la vivante image de Dieu, il semble vraiment dangereux pour l'Eglise d'appeler Saturne, Satan – le dieu mauvais 42. Cependant Rome est forte en casuistique et se tirera de cela comme [VI 24] elle s'est tirée de toutes les autres identifications, à sa gloire et à sa complète satisfaction. Néanmoins tous ses dogmes et ses rituels semblent être des pages arrachées à l'histoire de l'Occultisme, puis ensuite déformées. La très mince cloison qui sépare les Théogonies cabalistique et Chaldéenne, de l'Angélologie et de la Théodicée des Catholiques Romains, est aujourd'hui avouée par au moins un auteur Catholique Romain. On a de la peine à en croire ses yeux, en découvrant ce qui suit (on devrait étudier avec soin les passages que nous avons mis en italiques) :

Un des traits les plus caractéristiques de nos Saintes Ecritures réside dans la discrétion calculée avec laquelle on y énonce les mystères moins directement utiles au salut... Ainsi, au-delà de ces "myriades de myriades" de créatures angéliques que nous venons de mentionner 43 et de toutes ces divisions prudemment élémentaires, il en existe certainement beaucoup d'autres, dont les noms mêmes ne sont pas encore parvenus jusqu'à nous 44. "En effet, comme le dit excellemment saint Jean Chrysostôme, il y a sans aucun doute (sine dubio), beaucoup d'autres Vertus (êtres célestes), dont nous sommes encore loin de connaître les noms... Les neuf ordres ne constituent en aucune façon les seules populations du ciel où, au contraire, se trouvent d'innombrables tribus d'habitants infiniment variés  et dont il serait impossible de donner la moindre idée en langage humain... Paul, qui avait appris leurs noms, nous révèle leur existence" (De incomprehensibili Natura Dei, Livre IV).

41 Dogme et Rituel, II, 116.

42 En français dans le texte (N.d.T.).

43 Si on les énumérait, on constaterait que ce sont les "divisions" et les chœurs de Dévas des Hindous et les Dhyân Chohans du Bouddhisme Esotérique.

 

Ce serait donc se tromper grossièrement de ne voir seulement des erreurs dans l'Angélologie des Cabalistes et des Gnostiques, dont parle si sévèrement l'Apôtre des Gentils, car son imposante censure ne s'adressait qu'à leurs exagérations et à leurs interprétations vicieuses et surtout à l'attribution de ces nobles titres aux misérables personnalités d'usurpateurs démoniaques 45. Souvent rien ne se ressemble plus que le langage des juges et celui des forçats (des Saints et des Occultistes). On doit se plonger profondément dans cette double étude (celle de la foi et celle de sa profession), et, encore mieux, accepter aveuglément l'autorité du tribunal (l'Eglise de  Rome, bien entendu) afin d'arriver à [VI 25] saisir exactement le point où se trouve l'erreur. La Gnose condamnée  par saint Paul reste néanmoins, pour lui comme pour Platon, la connaissance suprême de toutes les vérités et l'Etre par excellence, ὸντως ν (Republ., Livre VI). Les Idées, les types, χαρὶὰ du philosophe grec, les Intelligences de Pythagore, les æons ou émanations, causes de tant de reproches adressés aux premiers hérétiques, le Logos ou Verbe, Chef de ces Intelligences, le Demiurgos, l'architecte du monde sous la direction de son père (des Païens), le Dieu inconnu, l'En-Soph, ou Celui de l'Infini (des Cabalistes), les périodes 46 angéliques, les sept esprits, les Abîmes d'Ahriman, les Recteurs du monde, les Archontes de l'air, le Dieu de ce monde, le plérôme des intelligences, jusqu'à Métatron l'ange des Juifs, tout cela se retrouve, mot pour mot, comme autant de vérités dans les œuvres de nos plus grands docteurs et dans saint Paul 47.

44 Mais ce fait n'a pas empêché l'Eglise Romaine de les adopter quand même, en les recevant de Pères de l'Eglise ignorants, bien que peut-être sincères, qui les avaient empruntés aux Cabalistes – Juifs et Païens.

45 Appeler "usurpateurs" ceux qui ont précédé les Etres Chrétiens, au bénéfice desquels ces mêmes titres furent empruntés, c'est pousser un peu trop loin l'anachronisme paradoxal.

 

Si un Occultiste, désireux d'accuser l'Eglise d'une série sans nombre de plagiats, venait à écrire ce qui précède, que pourrait-il écrire de plus ? Avons-nous ou n'avons-nous pas le droit, après une confession aussi complète, de renverser les rôles et de dire des Catholiques Romains et des autres, ce que l'on dit des Gnostiques et des Occultistes ? "Ils employèrent nos expressions et repoussèrent nos doctrines." En effet, ce ne sont pas les "promoteurs de la fausse Gnose" – qui avaient reçu toutes ces expressions de leurs ancêtres archaïques – qui s'approprièrent les expressions chrétiennes, mais ce sont vraiment les Pères et les Théologiens Chrétiens qui s'emparèrent de notre nid et n'ont cessé depuis lors de chercher à le souiller.

Les lignes citées ci-dessus expliqueront bien des choses à ceux qui cherchent la vérité et rien que la vérité. Elles montreront l'origine de certains rites de l'Eglise, jusqu'à présent inexplicables pour les esprits simples et expliqueront la raison pour laquelle des expressions telles que "Notre Seigneur le Soleil" étaient employées par les Chrétiens dans leurs prières jusqu'au Vème et même jusqu'au VIème siècle de notre ère et étaient incorporées dans la Liturgie, jusqu'au moment où on les changea en "Notre Seigneur Dieu". N'oublions pas que les premiers Chrétiens peignaient le Christ sur les murs de leurs nécropoles souterraines, comme un berger ayant les dehors et tous les attributs d'Apollon et chassant le loup, Fenris, qui cherche à dévorer le Soleil et ses Satellites.

 46 Ou les âges divins, les "jours et les ans de Brahmâ".

47 De Mirville, II, 325, 326. C'est aussi ce que nous disons. Et cela prouve que c'est aux cabalistes et aux Magiciens que l'Eglise est redevable de ses noms. Paul n'a jamais condamné la vraie Gnose, mais la fausse, qu'accepte aujourd'hui l'Eglise.

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SECTION XXXVII - LES AMES DES ETOILES - HELIOLATRIE UNIVERSELLE (2) http://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-6/657-section-xxxvii-les-ames-des-etoiles-heliolatrie-universelle-2 http://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-6/657-section-xxxvii-les-ames-des-etoiles-heliolatrie-universelle-2

SECTION XXXVII

LES AMES DES ETOILES

HELIOLATRIE UNIVERSELLE

 

Afin d'établir que les Anciens n'ont jamais "pris les étoiles pour des Dieux" ou des Anges et le soleil pour les suprêmes Dieux et Dieu, mais n'ont voué de culte qu'à l'Esprit de toutes et ont vénéré les  Dieux inférieurs, qui étaient supposés avoir leurs résidences dans le Soleil et les planètes – il nous faut mettre en évidence la différence qui sépare ces deux cultes. Saturne, "le Père des Dieux", ne doit pas être confondu avec son homonyme – la planète du même nom avec ses huit lunes et ses trois anneaux. Ces deux Saturnes – bien qu'identiques en un sens, comme le sont, par exemple, l'homme physique et son âme – doivent être séparés lorsqu'il s'agit de culte. On doit surtout le faire avec le plus grand soin lorsqu'il s'agit des sept planètes et de leurs Esprits, car toute la formation de l'univers leur est attribuée dans les Enseignements Secrets. Il faut encore signaler la même différence entre les Etoiles de la Grande Ourse, la Riksha et la Chitra shikhandin, "au cimier brillant" et les Richis – les Sages mortels qui apparurent sur la Terre pendant le Satya Youga. S'ils ont tous été jusqu'à présent aussi étroitement réunis dans les visions des voyants de toutes les époques – y compris les voyants de la Bible – il faut qu'il y ait eu une raison pour cela. Il ne faudrait pas remonter jusqu'aux périodes de "superstition" et d' "imaginations anti-scientifiques" pour découvrir des grands hommes de notre époque qui les partagent. Il est bien connu que Kepler, l'éminent astronome, d'accord en cela avec beaucoup d'autres grands hommes qui croyaient que les corps célestes avaient une influence favorable ou néfaste sur la destinée des hommes et des nations – ajoutait, en outre, pleinement foi au fait que les corps célestes, même notre propre terre, sont dotés d'âmes vivantes et pensantes.

A ce propos, l'opinion de Le Couturier mérite d'être citée :

 Nous sommes trop portés à critiquer sans pitié tout ce qui concerne l'astrologie et ses idées ; pourtant, notre critique, pour mériter ce nom, devrait, sous peine de manquer son but, savoir au moins ce que sont en réalité ces idées. Et lorsque parmi les hommes ainsi critiqués, nous relevons les noms de Regiomontanus, de Tycho- Brahé, de Kepler, etc., nous avons des raisons de nous [VI 22] montrer prudents. Kepler était un astrologue de profession et finit par devenir un astronome. Il gagnait sa vie en traçant des horoscopes qui indiquaient l'état des cieux au moment de la naissance des individus,  comme le faisaient tous ceux qui traçaient des horoscopes. Ce grand homme croyait aux principes de l'astrologie, sans en accepter tous les résultats insensés 35.

On proclame cependant que l'astrologie est une science coupable et, de même que l'Occultisme, condamnée par les Eglises. Il est cependant douteux que le "culte mystique des étoiles" puisse être tourné, aussi facilement qu'on le croit, en dérision – au moins par les Chrétiens. Les légions des Anges, des Chérubins et des Archanges Planétaires sont identiques aux Dieux mineurs des Païens. Quant à leurs "grands Dieux", si l'on a prouvé que Mars – de l'aveu même des ennemis des astrologues païens – était considéré par eux comme personnifiant simplement la force de l'unique Divinité suprême impersonnelle, si Mercure personnifiait son omniscience, Jupiter son omnipotence et ainsi de suite, il s'ensuit que la "superstition" des Païens est vraiment devenue la "religion" des masses des nations civilisées. En effet, pour ces dernières, Jéhovah est la synthèse des sept Elohim, l'éternel centre de tous ces attributs et de toutes ces forces, l'Aléi des Aléim et l'Adonaï des Adonim. Et si, chez elles, Mars s'appelle aujourd'hui saint Michel, la "force de Dieu", si Mercure s'appelle Gabriel, "l'omniscience et le courage de Dieu" et Raphaël, "la bénédiction ou le pouvoir de guérir de Dieu", ce n'est qu'un changement de noms, et les personnages restent les mêmes derrière les masques.

 35 Musée des sciences, p. 230.

 

La mitre du Dalaï-Lama 36 a sept arêtes en honneur des sept principaux Dhyâni Bouddhas. Dans le rituel funéraire des Egyptiens, on fait dire au défunt :

 Salut à vous, ô Princes, qui vous tenez en présence d'Osiris... Envoyez-moi la grâce de voir mes péchés détruits, comme vous l'avez fait pour les sept esprits qui suivent leur Seigneur 37.

La tête de Brahmâ est ornée de sept rayons et il est suivi par les sept Richis dans les sept Svargas. La Chine a ses sept pagodes ; les Grecs avaient leurs sept Cyclopes, sept Démiurges [VI 23] et les Dieux de Mystère, les sept Kabires, dont le chef était Jupiter-Saturne et, pour les juifs, Jéhovah. Aujourd'hui, cette dernière Divinité est devenue le chef de toutes, le Dieu suprême et unique et son ancienne place est occupée par Mikaël (Michel). Il est le "chef de la Légion" (tsaba) ; l"Archistratège de l'armée du Seigneur" ; le "Vainqueur du Diable" – Victor diaboli – et "l'Archisatrape de la Milice Sacrée", celui qui tua le "Grand Dragon". Malheureusement l'astrologie et le symbolisme, n'ayant aucune raison de voiler les choses anciennes sous de nouveaux masques, ont conservé le nom véritable de Mikaël – "c'était Jéhovah" – Mikaël étant l'Ange de la face du Seigneur 38, "le gardien des planètes" et la vivante image de Dieu. Il représente la Divinité dans ses visites à la terre ; en effet, ainsi que le fait est bien exprimé en Hébreu, c'est un לאכימ qui est comme Dieu, ou qui ressemble à Dieu. C'est lui qui chasse le serpent 39.

Mikaël étant le régent de la planète Saturne, n'est autre que Saturne 40. Son nom de mystère est Sabbathiel, parce qu'il préside au Sabbat juif, ainsi qu'au Samedi astrologique. Une fois qu'on l'a identifié, la réputation du vainqueur Chrétien du démon est encore plus menacée par d'autres identifications. Les anges bibliques sont appelés Malachim, les messagers entre Dieu (ou plutôt les dieux) et les hommes. En Hébreu ךלמ Malach, veut dire aussi "un Roi" et Malach ou Melech c'était aussi Moloch, ou encore Saturne, le Seb de l'Egypte, à qui était dédié le Dies Saturni ou Sabbat. Les Sabéens établissaient, entre la planète Saturne et son Dieu, une distinction encore plus grande que celle que les Catholiques Romains conservent entre leurs anges et leurs étoiles ; et les Cabalistes font de l'Archange Mikaël le patron de la septième œuvre de magie.

36 [Lâma (le Lama Tibétain) veut dire un Supérieur. Le "titre" était à l'origine réservé aux chefs de monastère et il n'est encore applicable dans son sens strict aux abbés et moines de rang supérieur ; cependant, par politesse on donne maintenant ce titre à presque tous les moines et  prêtres Lamaïstes. – Waddell.]

37 Traduction du Vicomte de Rougemont. Voyez les Annales de Philosophie Chrétienne, 7ème année, 1861.

38 Isaïe, LXIII, 9. "L'Ange de sa présence."

39 Chapitre XII de l'Apocalypse : La guerre régnait au ciel, Mikaël et ses anges combattirent contre le Dragon", etc. (7), et le grand dragon fut chassé (9).

40 C'est aussi l'esprit qui anime le Soleil et Jupiter et même Vénus.

 

Dans le symbolisme théologique... Jupiter [le Soleil] est le Sauveur élevé et glorieux et Saturne est Dieu le Père, ou le Jéhovah de Moïse 41. dit Eliphas Lévi qui devait le savoir. Jéhovah et le Sauveur, Saturne et Jupiter, ne faisant qu'un et Mikaël étant appelé la vivante image de Dieu, il semble vraiment dangereux pour l'Eglise d'appeler Saturne, Satan – le dieu mauvais 42. Cependant Rome est forte en casuistique et se tirera de cela comme [VI 24] elle s'est tirée de toutes les autres identifications, à sa gloire et à sa complète satisfaction. Néanmoins tous ses dogmes et ses rituels semblent être des pages arrachées à l'histoire de l'Occultisme, puis ensuite déformées. La très mince cloison qui sépare les Théogonies cabalistique et Chaldéenne, de l'Angélologie et de la Théodicée des Catholiques Romains, est aujourd'hui avouée par au moins un auteur Catholique Romain. On a de la peine à en croire ses yeux, en découvrant ce qui suit (on devrait étudier avec soin les passages que nous avons mis en italiques) :

Un des traits les plus caractéristiques de nos Saintes Ecritures réside dans la discrétion calculée avec laquelle on y énonce les mystères moins directement utiles au salut... Ainsi, au-delà de ces "myriades de myriades" de créatures angéliques que nous venons de mentionner 43 et de toutes ces divisions prudemment élémentaires, il en existe certainement beaucoup d'autres, dont les noms mêmes ne sont pas encore parvenus jusqu'à nous 44. "En effet, comme le dit excellemment saint Jean Chrysostôme, il y a sans aucun doute (sine dubio), beaucoup d'autres Vertus (êtres célestes), dont nous sommes encore loin de connaître les noms... Les neuf ordres ne constituent en aucune façon les seules populations du ciel où, au contraire, se trouvent d'innombrables tribus d'habitants infiniment variés  et dont il serait impossible de donner la moindre idée en langage humain... Paul, qui avait appris leurs noms, nous révèle leur existence" (De incomprehensibili Natura Dei, Livre IV).

41 Dogme et Rituel, II, 116.

42 En français dans le texte (N.d.T.).

43 Si on les énumérait, on constaterait que ce sont les "divisions" et les chœurs de Dévas des Hindous et les Dhyân Chohans du Bouddhisme Esotérique.

 

Ce serait donc se tromper grossièrement de ne voir seulement des erreurs dans l'Angélologie des Cabalistes et des Gnostiques, dont parle si sévèrement l'Apôtre des Gentils, car son imposante censure ne s'adressait qu'à leurs exagérations et à leurs interprétations vicieuses et surtout à l'attribution de ces nobles titres aux misérables personnalités d'usurpateurs démoniaques 45. Souvent rien ne se ressemble plus que le langage des juges et celui des forçats (des Saints et des Occultistes). On doit se plonger profondément dans cette double étude (celle de la foi et celle de sa profession), et, encore mieux, accepter aveuglément l'autorité du tribunal (l'Eglise de  Rome, bien entendu) afin d'arriver à [VI 25] saisir exactement le point où se trouve l'erreur. La Gnose condamnée  par saint Paul reste néanmoins, pour lui comme pour Platon, la connaissance suprême de toutes les vérités et l'Etre par excellence, ὸντως ν (Republ., Livre VI). Les Idées, les types, χαρὶὰ du philosophe grec, les Intelligences de Pythagore, les æons ou émanations, causes de tant de reproches adressés aux premiers hérétiques, le Logos ou Verbe, Chef de ces Intelligences, le Demiurgos, l'architecte du monde sous la direction de son père (des Païens), le Dieu inconnu, l'En-Soph, ou Celui de l'Infini (des Cabalistes), les périodes 46 angéliques, les sept esprits, les Abîmes d'Ahriman, les Recteurs du monde, les Archontes de l'air, le Dieu de ce monde, le plérôme des intelligences, jusqu'à Métatron l'ange des Juifs, tout cela se retrouve, mot pour mot, comme autant de vérités dans les œuvres de nos plus grands docteurs et dans saint Paul 47.

44 Mais ce fait n'a pas empêché l'Eglise Romaine de les adopter quand même, en les recevant de Pères de l'Eglise ignorants, bien que peut-être sincères, qui les avaient empruntés aux Cabalistes – Juifs et Païens.

45 Appeler "usurpateurs" ceux qui ont précédé les Etres Chrétiens, au bénéfice desquels ces mêmes titres furent empruntés, c'est pousser un peu trop loin l'anachronisme paradoxal.

 

Si un Occultiste, désireux d'accuser l'Eglise d'une série sans nombre de plagiats, venait à écrire ce qui précède, que pourrait-il écrire de plus ? Avons-nous ou n'avons-nous pas le droit, après une confession aussi complète, de renverser les rôles et de dire des Catholiques Romains et des autres, ce que l'on dit des Gnostiques et des Occultistes ? "Ils employèrent nos expressions et repoussèrent nos doctrines." En effet, ce ne sont pas les "promoteurs de la fausse Gnose" – qui avaient reçu toutes ces expressions de leurs ancêtres archaïques – qui s'approprièrent les expressions chrétiennes, mais ce sont vraiment les Pères et les Théologiens Chrétiens qui s'emparèrent de notre nid et n'ont cessé depuis lors de chercher à le souiller.

Les lignes citées ci-dessus expliqueront bien des choses à ceux qui cherchent la vérité et rien que la vérité. Elles montreront l'origine de certains rites de l'Eglise, jusqu'à présent inexplicables pour les esprits simples et expliqueront la raison pour laquelle des expressions telles que "Notre Seigneur le Soleil" étaient employées par les Chrétiens dans leurs prières jusqu'au Vème et même jusqu'au VIème siècle de notre ère et étaient incorporées dans la Liturgie, jusqu'au moment où on les changea en "Notre Seigneur Dieu". N'oublions pas que les premiers Chrétiens peignaient le Christ sur les murs de leurs nécropoles souterraines, comme un berger ayant les dehors et tous les attributs d'Apollon et chassant le loup, Fenris, qui cherche à dévorer le Soleil et ses Satellites.

 46 Ou les âges divins, les "jours et les ans de Brahmâ".

47 De Mirville, II, 325, 326. C'est aussi ce que nous disons. Et cela prouve que c'est aux cabalistes et aux Magiciens que l'Eglise est redevable de ses noms. Paul n'a jamais condamné la vraie Gnose, mais la fausse, qu'accepte aujourd'hui l'Eglise.

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bon.christo@free.fr (Super User) LA DOCTRINE SECRETE VOL 6 Sat, 17 Jan 2015 10:51:17 +0000
SECTION XXXVIII - ASTROLOGIE ET ASTROLATRIE http://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-6/635-section-xxxviii-astrologie-et-astrolatrie http://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-6/635-section-xxxviii-astrologie-et-astrolatrie

SECTION XXXVIII

ASTROLOGIE ET ASTROLATRIE

 

Les ouvrages d'Hermès Trismégiste renferment le sens exotérique, encore voilé pour tous, sauf pour les Occultistes, de l'Astrologie et de l'Astrolâtrie des Khaldi [Chaldée]. Les deux sujets ont d'étroits rapports entre eux. L'Astrolâtrie, ou adoration de la légion céleste, est le résultat naturel de l'Astrologie qui n'est qu'à demi révélée et dont les Adeptes ont soigneusement caché, aux masses non initiées, les principes Occultes, ainsi que la sagesse qui leur avait été communiquée par les Régents des Planètes – les "Anges". D'où la divine Astrologie pour les Initiés ; la superstitieuse Astrolâtrie pour les profanes. Saint Justin l'affirme :

Depuis l'invention des hiéroglyphes, ce ne fut pas le vulgaire, mais ce furent les hommes distingués et choisis qui furent initiés, dans le secret des temples, à la science de tous les genres d'Astrologie – même du genre le plus abject : cette Astrologie qui s'est trouvée plus tard prostituée dans les voies publiques.

Il y avait une énorme différence entre la Science Sacrée enseignée par Pétosiris et Nécepso – les premiers Astrologues que mentionnent les manuscrits égyptiens et que l'on croit contemporains du règne de  Ramsès II (Sésostris) 48 – et le misérable charlatanisme des empiriques appelés Chaldéens, qui dégradèrent le Savoir Divin sous les derniers Empereurs de Rome. De fait on pourrait à juste titre définir ces deux genres comme "haute Astrologie cérémonielle" et "Astrolâtrie astrologique". La première dépendait de la connaissance qu'avaient les Initiés des Forces immatérielles (pour nous) ou Entités Spirituelles qui affectent la matière et la dirigent. Appelées par les anciens philosophes les Archontes [VI 27] et les Cosmocratores, elles constituaient les types ou paradigmes,  sur les plans  supérieurs,  des  êtres  inférieurs  et  plus  matériels  sur  l'échelle de l'évolution, que nous appelons des Elémentals et des Esprits de la Nature devant lesquels s'inclinaient les Sabéens et auxquels ils vouaient un culte, sans en soupçonner la différence essentielle. De là vient que l'Astrolâtrie astrologique, lorsqu'elle n'était pas un simple prétexte, ne dégénérait que trop souvent en Magie noire. C'était la forme favorite de l'Astrologie populaire ou exotérique, entièrement ignorante des principes apotélesmatiques de la Science primitive, dont les doctrines n'étaient communiquées qu'à l'Initiation. Aussi, tandis que les véritables Hiérophantes s'élevaient comme des Demi-Dieux jusqu'au sommet même du savoir spirituel, les hoi polloi, parmi les sabéens, se vautraient, se plongeaient dans la superstition – il y a dix mille ans comme aujourd'hui – dans l'ombre froide et mortelle des vallées de la matière. L'influence sidérale est double. Il y a l'influence physique et physiologique, celle de l'exotérisme ; et la haute influence spirituelle, intellectuelle et morale que confère la connaissance des Dieux planétaires. Bailly, parlant avec une connaissance très imparfaite de la première influence, appelait, déjà au XVIIIème siècle, l'Astrologie "la très folle mère d'une fille très sage" – l'Astronomie. D'autre part, Arago, une des lumières du XIXème siècle, soutient la réalité de l'influence sidérale du Soleil, de la Lune et des Planètes. Il pose cette question :

Où trouverons-nous l'influence lunaire réfutée par des arguments que la science oserait avouer ?

Mais Bailly lui-même, après avoir cru confondre l'Astrologie telle qu'elle est publiquement pratiquée, n'ose pas en faire autant pour la véritable Astrologie. Il dit :

L'Astrologie judiciaire était, à ses débuts, le résultat d'un Système profond, l'œuvre d'une nation éclairée, s'aventurant à vouloir trop pénétrer les mystères de Dieu et de la Nature.

Un savant d'une époque plus récente, membre de l'Institut de France et professeur d'Histoire, Ph. Lebas, découvre (inconsciemment) la source même de l'Astrologie, dans l'article plein d'érudition qu'il écrit sur ce sujet pour le Dictionnaire Encyclopédique de France. Il comprend bien, dit-il à ses lecteurs, que l'adhésion à cette Science de tant d'hommes d'intelligence élevée, constituerait par elle-même une raison suffisante pour admettre que l'Astrologie n'est pas tout entière une folie. [VI 28]

 48 Sésostris, ou le Pharaon Ramsès II dont la momie fut découverte en 1886 par Maspéro, Directeur du Musée de Boulak ; et qui est reconnu comme le plus grand roi de l'Egypte et dont le petit-fils, Ramsès III, fut le dernier roi d'un antique royaume.

 

Alors que nous proclamons, en politique, la souveraineté du peuple et de l'opinion publique, pouvons-nous admettre, comme on le faisait jusqu'à présent, que l'humanité se laissa radicalement tromper sur ce seul point : qu'une absurdité grossière et absolue dominait les cerveaux des peuples entiers pendant tant de siècles, sans avoir d'autre base que – d'une part l'imbécillité humaine et de l'autre le charlatanisme ? Comment, durant cinquante siècles et plus, la plupart des hommes auraient- ils pu être des dupes ou des fripons ?... Même si nous nous trouvons dans l'impossibilité de reconnaître et de séparer les réalités de l'Astrologie, d'avec les éléments dus à l'invention et aux vaines rêveries... n'en répétons pas moins avec Bossuet et tous les philosophes modernes, que "rien de ce qui a dominé ne peut être absolument faux". N'est-il pas vrai, en tous cas, qu'il existe une réaction physique des planètes entre elles ? N'est-il pas encore vrai que les planètes exercent une influence sur l'atmosphère et, par suite, une action au moins intermédiaire sur la végétation et les animaux ? La science moderne n'a-t-elle pas démontré ces deux faits de façon à ne plus laisser subsister le moindre doute ?... Serait-il moins vrai que la liberté d'action des hommes n'est pas absolue : que tout, les planètes et le reste, enchaîne chaque volonté individuelle et pèse sur elle ; que la Providence [ou Karma] agit sur nous et dirige les hommes dans les rapports qu'elle a établis entre eux et les objets visibles, l'univers tout entier ?... L'Astrolâtrie, dans son essence, n'est pas autre chose que cela ; nous sommes obligés de reconnaître qu'un instinct, supérieur à l'époque à laquelle ils vivaient, a dirigé les efforts des anciens Mages. Quant à l'accusation de matérialisme et d'annihilation de la liberté morale de l'homme que Bailly lance contre leur théorie (l'Astrologie), c'est un reproche qui n'a aucun sens. Tous les grands Astrologues,  sans une seule exception, admettaient que l'homme pouvait réagir contre l'influence des étoiles. Ce principe est établi dans  le  Tetrabiblos  de  Ptolémée, véritables Ecritures Astrologiques, dans les chapitres II et III du premier volume 49.

Thomas d'Aquin avait corroboré les dires de Lebas par anticipation ; il avait dit :

Les corps célestes sont la cause de tout ce qui se produit dans ce monde sublunaire, ils agissent indirectement sur les actions humaines ; mais tous les effets qu'ils produisent ne sont pas inévitables 50.

Les Occultistes et les Théosophes sont les premiers à reconnaître qu'il y a une Astrologie blanche et une Astrologie [VI 29] noire. Néanmoins, l'Astrologie doit être étudiée sous ses deux aspects par ceux qui désirent y exceller et les résultats, bons ou mauvais, que l'on obtient, ne dépendent pas des principes, qui sont les mêmes dans les deux genres, mais de l'Astrologue lui-même. Ainsi Pythagore, qui établit tout le système de Copernic, grâce aux Livres d'Hermès, 2.000 ans avant la naissance du prédécesseur de Galilée, découvrit et étudia dans ces livres toute la Science de la Théogonie divine, des communications avec les Recteurs du monde – les Princes et les "Principautés" de saint Paul – et de leur évocation, de la nativité de chaque Planète et de l'Univers lui-même, des formules d'incantations et de la consécration de chaque partie du corps humain au signe zodiacal auquel elle correspond. Tout cela ne peut être considéré comme puéril et absurde – encore moins comme "diabolique" – sauf par ceux qui sont, et veulent demeurer, des apprentis en ce qui concerne la Philosophie des Sciences Occultes. Aucun penseur véritable,  aucun de ceux qui reconnaissent la présence d'un lien commun entre l'homme et la Nature, tant visible qu'invisible ne consentirait à voir dans les reliques  de la Sagesse Archaïque – comme, par exemple, le Papyrus de Petemenoph – "un enfantillage dépourvu de sens et une absurdité", ainsi que l'ont fait tant d'Académiciens et de Savants. Mais, en découvrant dans de tels documents anciens l'application des règles et de lois hermétiques comme la consécration des cheveux de quelqu'un au Nil céleste ; celle de sa tempe gauche à l'Esprit vivant du Soleil et de sa tempe droite à l'esprit d'Ammon, il s'efforcera d'étudier et de mieux comprendre les "lois de correspondances". Il ne refusera pas non plus de croire à l'antiquité de l'Astrologie, sous prétexte que certains Orientalistes ont jugé à propos de déclarer que le Zodiaque n'était pas très ancien, car ce n'était qu'une invention des Grecs de la période macédonienne. En effet, cette affirmation, outre qu'un bon nombre d'autres raisons en ont établi le caractère erroné, peut être complètement réduite à néant par des faits qui se rattachent aux dernières découvertes opérées en Egypte et par une traduction plus exacte des hiéroglyphes et des inscriptions des premières dynasties. Les polémiques qui ont été publiées au sujet du contenu de ce que l'on appelle les Papyrus "Magiques" de la collection Anastasi, indiquent l'antiquité du Zodiaque. Comme le disent les Lettres à Letronne, les papyrus parlent longuement des quatre bases ou fondations du monde, sur l'identité desquelles, suivant Champollion, il est impossible de se tromper, car on est forcé de reconnaître en elles les Piliers du  Monde de saint Paul. Ce sont eux qui sont invoqués avec les dieux de toutes les zones célestes qui sont, encore une fois, tout à fait analogues aux Spiritualia nequitiae in cælestibus du même Apôtre 51.

Cette invocation était faite dans les propres termes...  de la formule reproduite bien trop fidèlement par Jamblique, pour qu'il soit possible de lui refuser plus longtemps le mérite d'avoir transmis à la postérité l'antique et primitif esprit des Astrologues égyptiens 52.

51 "Les principautés et les Puissances [nées] dans des lieux célestes" (Ephes, III, 10). Le verset : "Car s'il y a des élues qui sont appelés dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre – connue il y a, en effet, plusieurs dieux et plusieurs seigneurs". (Corinth., VIII. 5), prouve au moins, que saint Paul reconnaissait une pluralité des "Dieux" qu'il appelle des "démons" (des "esprits" – jamais les diables). Principautés, Trônes, Recteurs, etc., ce sont tous les noms Juifs et Chrétiens donnés aux Dieux des anciens – leurs Archanges et leurs Anges sont en tous les cas les Dévas et les Dhyân- Chohans des religions plus anciennes.

52 Réponse de Reuvens à Letronne à propos de ses notions erronées au sujet du Zodiaque de Dendérah.

 

Comme Letronne s'était efforcé d'établir que les véritables Zodiaques égyptiens avaient été confectionnés pendant la période romaine, on met en avant la momie de Sensaos pour prouver que :

 Tous, les monuments zodiacaux de l'Egypte étaient principalement astronomiques. Les tombes royales et les rites funéraires sont autant de tables des constellations et de leurs influences sur toutes les heures de chaque mois.

Ainsi, les tables généthliaques elles-mêmes prouvent qu'elles sont bien plus anciennes que l'époque à laquelle on fait remonter leur origine ; tous les Zodiaques des sarcophages des époques plus récentes, ne sont que de simples réminiscences de Zodiaques appartenant à la période mythologique (archaïque).

L'Astrologie primitive était aussi supérieure à l'Astrologie judiciaire moderne, que les guides (les Planètes et les signes du Zodiaque) sont supérieurs aux becs de gaz. Bérose établit la souveraineté sidérale de  Bel et de Mylitta (le Soleil et la Lune) et seuls "les douze seigneurs des Dieux- Zodiacaux", les "trente-six Dieux Conseillers" et les "vingt-quatre Etoiles, juges de ce monde", qui supportent et guident l'Univers (notre système solaire), veillent sur les mortels et révèlent à l'humanité son destin et leurs propres décrets. L'Astronomie judiciaire, telle qu'elle est connue aujourd'hui est appelée avec raison par l'Eglise latine la [VI 31]

prophétisation matérialiste et panthéiste de la planète objective elle-même, indépendamment de son Recteur [les Mlac des Juifs, les ministres de l'Eternel chargés par lui d'annoncer sa volonté aux mortels] ; l'ascension ou la conjonction de la planète au moment de la naissance d'un individu décidant sa fortune, ainsi que le moment et le genre de sa mort 53.

 53 Salut Augustin (De Gen., I. III) et Delrio (Disquisit., Vol. IV, chap. III) sont cités par de Mirville, afin d'établir que "plus les astrologues disent la vérité, plus ils prophétisent avec exactitude et plus on doit se montrer méfiant, en constatant que leur accord avec le diable devient, par cela même, plus apparent". La fameuse déclaration de Juvénal (Satires, VI) "que l'on ne pourrait trouver un seul astrologue qui n'eût pas payé cher l'assistance qu'il recevait de son génie" – ne prouve pas plus que ce dernier ait été un diable, que la mort de Socrate ne prouve que son démon ait été, un natif du monde inférieur – s'il y en a un. Un pareil argument ne sert qu'à démontrer la stupidité et la méchanceté humaines, lorsqu'on asservit la raison au fanatisme et aux préjugés de toutes sortes. "La plupart des grands auteurs de l'antiquité, entre autres Cicéron et Tacite, croyaient à l'Astrologie et à la réalisation de ses prophéties" et "la peine de mort, prononcée presque partout contre ces mathématiciens [astrologues] à qui il arrivait de faire des prédictions fausses, ne diminua. ni leur nombre, ni leur tranquillité d'esprit."

 

Tous les étudiants de l'Occultisme savent que les corps célestes ont des rapports très étroits, durant chaque Manvantara, avec l'humanité de ce cycle spécial ; et certaines personnes croient que chaque grand personnage qui naît durant cette période a – comme l'ont tous les mortels, mais à un plus grand degré – sa destinée esquissée dans la constellation ou l'étoile qui lui est propre, qu'elle y est tracée comme une autoprophétie, comme une autobiographie anticipée, par l'Esprit qui demeure dans cette étoile. La Monade humaine, lors de ses premiers débuts, n'est autre que cet Esprit, ou que l'Ame même de cette étoile (planète). De même que notre Soleil projette sa lumière et ses rayons sur tous les corps de l'espace, dans les limites de son système, de même le Régent de chaque Planète-étoile, la Monade-Mère, fait jaillir de son sein la Monade de chaque Ame "pèlerine", née sous sa maison, dans son propre groupe. Les Régents sont, ésotériquement, au nombre de sept, que ce soit dans les Séphiroths, les "Anges de la Présence", les Richis ou les Amshaspends, "L'Un n'est pas un nombre", est-il dit dans tous les ouvrages Esotériques.

Des Kasdim et des Gazzim (Astrologues), la noble science primitive passa aux Khartumini Asaphim (ou Théologiens), ainsi qu'aux Hakamim (ou savants, les Magiciens de la classe inférieure) et, après ceux-ci, aux Juifs durant leur captivité. Les Livres de Moïse avaient été enfouis dans l'oubli pendant des siècles et lorsqu'ils furent découverts de nouveau par Hilkiah, ils avaient perdu leur véritable sens pour le peuple [VI 32] d'Israël. L'Astrologie Occulte primitive était à son déclin lorsque Daniel, le dernier des Initiés Juifs de l'ancienne école, devint le chef des Mages et des Astrologues de la Chaldée. A cette époque l'Egypte elle-même, qui puisait sa sagesse à la même source que Babylone, avait perdu de sa grandeur passée et sa gloire avait commencé à pâlir. La science de jadis avait cependant marqué le monde de son éternelle empreinte et les sept grands Dieux Primitifs régnaient à jamais sur l'Astrologie et sur la division du temps de toutes les nations de la terre. Les noms des jours de  notre semaine (Chrétienne) sont ceux des Dieux des Chaldéens, qui avaient eux- mêmes traduit ceux des Aryens ; l'uniformité de ces noms antédiluviens chez toutes les nations, en remontant depuis les Goths jusqu'aux Indiens, resterait inexplicable, comme le pensait Sir W. Jones, si l'énigme ne nous avait pas été expliquée par l'invitation des oracles Chaldéens, enregistrée par Porphyre et citée par Eusèbe :

 De communiquer d'abord ces noms aux colonies égyptienne et phénicienne, puis aux Grecs, en recommandant expressément de n'invoquer chaque Dieu que durant la journée à laquelle avait été donné son nom...

Ainsi Apollon dit, dans ces oracles : "Je dois  être invoqué le jour du soleil, Mercure suivant ses instructions, puis Cronos [Saturne], puis Vénus et ne manquez pas d'appeler sept fois chacun de ces dieux 54."

Ceci est légèrement erroné. La Grèce n'a pas reçu son instruction astrologique de l'Egypte ou de la Chaldée, mais directement d'Orphée, comme nous le dit Lucien 55. Ce fut Orphée, dit-il, qui communiqua les Sciences Indiennes à presque tous les grands monarques de l'antiquité et ce furent eux, les anciens rois favorisés par les Dieux Planétaires, qui enregistrèrent les principes de l'Astrologie comme le fit Ptolémée, par exemple. Ainsi Lucien écrit :

Le Béotien Tirésias acquit la plus grande réputation dans l'art de prédire l'avenir... A cette époque, la divination n'était pas traitée aussi légèrement qu'elle l'est aujourd'hui, et l'on n'entreprenait jamais rien sans avoir consulté, au préalable, les devins, dont tous les oracles étaient basés sur l'astrologie... A Delphes, la vierge chargée d'annoncer l'avenir était le symbole de la Vierge Céleste... et de Notre-Dame. [VI 33]

Sur le sarcophage d'un Pharaon égyptien, la mère de Ra, Neith, la génisse qui enfante le Soleil, dont le corps est parsemé d'étoiles et qui porte les disques solaire et lunaire, est aussi mentionnée comme étant la "Vierge Céleste" et "Notre Dame de la Voûte-Etoilée"...

L'Astrologie judiciaire moderne n'apparut sous sa forme actuelle qu'à l'époque de Diodore, ainsi que celui-ci l'apprend au monde 56. Mais l'Astrologie  Chaldéenne  était acceptée par la plupart des plus grands hommes de l'Histoire, tels que César, Pline, Cicéron – dont les meilleurs amis, Nigidius Figulus et Lucius Tarrutius, étaient eux-mêmes des Astrologues et le premier des deux étant fameux comme prophète. Marc Antoine ne voyageait jamais sans un Astrologue qui lui avait été recommandé par Cléopâtre. Auguste, lorsqu'il monta sur le trône, eut son horoscope établi par Théagènes. Tibère découvrit des prétendants à son trône au moyen de l'Astrologie et de la divination. Vitellius n'osa pas exiler les Chaldéens, parce qu'ils avaient annoncé que le jour de leur bannissement serait celui de sa mort. Vespasien les  consultait journellement ; Domitien n'aurait pas bougé sans avoir pris l'avis des prophètes ; Adrien était lui-même un savant Astrologue et tous, y compris Julien (appelé l'Apostat parce qu'il ne voulut pas en devenir un), croyaient aux "Dieux" Planétaires et leur adressaient leurs prières. De plus, l'Empereur Adrien "prédit, depuis les calendes de janvier jusqu'au 31 décembre, tout ce qui lui arriva journellement". Sous les empereurs les plus sages, Rome possédait une Ecole d'Astrologie, où l'on enseignait secrètement les influences occultes du Soleil, de la Lune et de Saturne 57. L'Astrologie judiciaire est employée jusqu'à présent par les Cabalistes, et Eliphas Lévi, le Mage français moderne, en enseigne les rudiments dans son Dogme et Rituel de la Haute-Magie. Mais la clef de l'Astrologie cérémonielle ou rituelle, avec les téraphim, et les urim et thummim de la Magie, est perdue pour l'Europe. Aussi notre siècle de Matérialisme hausse-t-il les épaules et considère-t-il l'Astrologie comme un faux semblant.

Cependant tous les savants ne s'en moquent pas et l'on peut se réjouir en lisant dans le Musée des Sciences, la remarque suggestive et loyale faite par Le Couturier, savant de grand renom. Il trouve curieux de remarquer que tandis que les audacieuses spéculations de Démocrite sont justifiées par Dalton, [VI 34] les rêveries des alchimistes s'acheminent aussi vers une certaine réhabilitation. Les minutieuses investigations de leurs successeurs, les chimistes, leur infusent une vie nouvelle ; il est vraiment très remarquable de constater à quel point les découvertes modernes ont servi, récemment, à décharger les théories du Moyen Age de l'accusation d'absurdité lancée contre elles. Par exemple, si, comme l'a démontré le colonel Sabine, la direction d'un morceau d'acier suspendu à quelques pieds au-dessus du sol, peut être influencée par la position de la Lune, dont le corps se trouve à une distance de 240.000 milles de notre planète, qui donc oserait qualifier d'extravagante la croyance des anciens Astrologues [et des modernes aussi] à l'influence des étoiles sur la destinée humaine.

57 Tous ces détails peuvent être retrouvés, plus abondants et bien plus complets, dans l'Egypte de Champollion Figeac.

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bon.christo@free.fr (Super User) LA DOCTRINE SECRETE VOL 6 Sat, 17 Jan 2015 10:51:50 +0000
SECTION XXXIX - CYCLES ET AVATARS http://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-6/633-section-xxxix-cycles-et-avatars http://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-6/633-section-xxxix-cycles-et-avatars

SECTION XXXIX

CYCLES ET AVATARS

 

Nous avons déjà attiré l'attention sur ce fait que le récit de la vie d'un Sauveur du Monde est emblématique et doit être pris dans son sens mystique et que le nombre 432 a une  signification évolutionnaire cosmique. Nous constatons que les deux faits éclairent l'origine de la religion Chrétienne exotérique et dissipent en grande partie l'obscurité qui en enveloppe les débuts. N'est-il pas clair, en effet, que les noms et les personnages des Evangiles Synoptiques et de celui de saint Jean, ne sont pas historiques ? N'est-il pas évident que les compilateurs de la vie du Christ, désireux d'établir que la naissance de leur Maître était un événement cosmique, astronomique et divinement préconçu, cherchèrent à le faire coïncider avec la fin du cycle secret, 4.320 ? Lorsque les faits sont comparés, ce cycle ne s'y adapte pas plus que l'autre cycle de "trente-trois années solaires.. sept mois et sept jours", que l'on a aussi mis en avant comme répondant au même but, le cycle soli-lunaire durant lequel le Soleil gagne une année solaire sur la Lune. La combinaison des trois chiffres 4, 3, 2, avec des chiffres se rapportant au cycle et au Manvantara  dont il s'agit, était, et est encore, éminemment hindoue. Elle restera un secret, bien que plusieurs de ses caractéristiques les plus significatives soient révélées. Elle se rapporte, par exemple, au Pralaya des Races lors de leurs dissolutions périodiques, événements avant lesquels un Avatar spécial doit toujours descendre et s'incarner sur la terre. Ces chiffres étaient adoptés par toutes les nations antiques, comme celles de l'Egypte et de la Chaldée et, avant elles, avaient cours chez les Atlantéens. Il est évident que quelques-uns parmi les plus savants des premiers Pères de l'Eglise qui, lorsqu'ils étaient encore Païens, s'étaient occupés des secrets des temples, savaient qu'ils avaient trait au Mystère Avatarique ou Messianique et qu'ils cherchèrent à adapter ce cycle à la naissance de leur Messie ; ils échouèrent parce que les chiffres se rapportent à la fin des Races-Mères respectives et non à un individu quel qu'il soit. Leurs efforts, mal dirigés, aboutirent en outre à une erreur de cinq ans. Eût-il été, possible, si ce [VI 36] qu'ils affirmaient au sujet de l'importance et de l'universalité de l'événement avait été correct, qu'une erreur aussi vitale se fût glissée dans une computation chronologique organisée d'avance et inscrite dans les cieux par le doigt de Dieu ? En outre, que faisaient donc les Initiés Païens et Juifs, si cette affirmation au sujet de Jésus était correcte ? Pouvaient-ils, eux les gardiens de la clef des cycles secrets et des Avatars, eux les héritiers de toute la sagesse des Aryens, des Egyptiens et des Chaldéens, ne pas reconnaître leur grand "Dieu incarné", ne faisant qu'un  avec Jéhovah 58, leur Sauveur des derniers jours, lui que toutes les nations de l'Asie attendent encore comme leur Kalki Avatar, Maitreya Bouddha, Sosiosh, Messie, etc. ?

Voici le simple secret : il existe des cycles contenus dans des cycles plus grands, qui sont tous contenus dans l'unique Kalpa de 4.320.000 ans. C'est à la fin de ce cycle que l'on attend l'Avatar Kalki – l'Avatar dont le nom et les caractéristiques sont secrets, Qui viendra de Shamballa, la "Cité des Dieux", qui se trouve à l'Ouest pour certaines nations, à l'Est pour d'autres et au Nord ou au Sud pour d'autres encore. C'est pour cette raison que depuis le Richi Indien jusqu'à Virgile et depuis Zoroastre jusqu'à la dernière Sybille, tous, dès les débuts de la Cinquième Race, ont prophétisé, chanté et promis le retour cyclique de la Vierge – Virgo, la constellation – et la naissance, d'un enfant divin qui ferait renaître l'Age d'Or sur notre Terre.

Aucun homme, quelque fanatique qu'il soit, n'aurait la hardiesse de soutenir que l'ère Chrétienne ait jamais constitué un retour à l'Age d'Or – Virgo étant réellement entrée dans la Balance depuis lors. Retraçons aussi brièvement que possible les traditions des Chrétiens depuis leur véritable origine.

Tout d'abord ils découvrent, dans quelques lignes de Virgile, une prophétie annonçant directement la naissance du Christ. Cependant, il est impossible de rencontrer dans cette prophétie aucune des caractéristiques de l'époque actuelle. Cette prophétie se trouve dans la fameuse quatrième Eglogue, [VI 37] dans laquelle, un demi-siècle avant notre ère, Pollio est représenté comme demandant aux Muses de la Sicile de lui chanter les plus grands événements.

 58 Dans les 1.326 endroits du Nouveau Testament où le mot "Dieu" est mentionné rien n'indique qu'en Dieu soient inclus d'autres êtres que Dieu. Au contraire, dans 17 endroits, Dieu est appelé le Dieu unique. Les endroits où le Père est ainsi qualifié sont au nombre de 320. En 105 endroits, Dieu est invoqué sous des titres pompeux. En 90 endroits, toutes les prières et toutes les actions de grâce sont adressées au Père ; 350 fois dans le Nouveau Testament, le Fils est déclaré inférieur au Père ; 83 fois, Jésus est appelé le "Fils de l'Homme" ; 70 fois, il est appelé un homme. Dans aucun endroit de la Bible il n'est dit que Dieu renferme en lui trois différents Etres ou Personnes et n'est pourtant qu'un seul Etre ou qu'une seule personne. Lectures in Siveden du Dr Karl von Bergen.

59 Le Kali Youga, l'Age Noir ou Age de fer.

60 Virgile, Eglogue IV.

 

Il est venu ce dernier âge prédit par la sybille de Cumes ; le grand ordre de siècles épuisés recommence [cette série qui recommence sans cesse durant le cours de l'évolution de notre monde]. Déjà revient la Vierge Astrée et avec elle le règne de Saturne ; déjà du haut des cieux descend une race nouvelle. Cet enfant dont la naissance doit bannir le Siècle de Fer 59 et ramener l'Age d'Or dans le monde entier, daigne, chaste Lucine, le protéger !... Cet enfant vivra de la vie des Dieux ; il verra des héros mêlés parmi les immortels ; ils le verront lui-même partager leurs honneurs... dans l'univers pacifié.

(...) Les troupeaux ne craindront plus les lions terribles, les serpents dangereux et les plantes vénéneuses...

(...) Les temps approchent ; monte aux honneurs suprêmes, enfant chéri des Dieux, noble rejeton de Jupiter. Vois, sur son axe ébranlé, se balancer le monde ; vois la terre, les mers dans leur immensité, le ciel et sa voûte profonde, la nature tout entière tressaillir à l'espérance du siècle à venir 60.

C'est dans ces quelques lignes, appelées la "prophétie  sibylline au sujet de la venue du Christ", que ses disciples voient maintenant une prédiction directe de l'événement. Or, qui oserait soutenir que, soit à la naissance de Jésus, soit depuis l'établissement de la religion Chrétienne, l'on ait pu prouver qu'une partie quelconque des phrases citées plus haut ait eu un caractère prophétique ? "La dernière époque" – l'Age de Fer ou Kali Youga – a-t-elle pris fin depuis lors ? Au contraire, puisque l'on démontre qu'il bat actuellement son plein, non seulement parce que les Hindous emploient ce nom, mais par l'universelle expérience personnelle. Où est cette "nouvelle race descendue du haut des cieux" ? Etait-ce la race qui passa du Paganisme au Christianisme ? Ou bien est-ce notre race actuelle, composée de nations surchauffées par la lutte, jalouses et envieuses, prêtes à fondre l'une sur l'autre, étalant une haine mutuelle qui ferait rougir de honte des chats et des chiens, mentant et se trompant toujours entre elles ? Est-ce notre époque à nous, qui est "l'Age d'Or" promis – durant lequel, ni le venin du serpent, ni le suc d'aucune plante, ne sont plus mortels et durant lequel nous sommes tous en sécurité sous la douce tutelle de souverains choisis par Dieu ? Les fantaisies les plus folles  d'un  fumeur [VI 38] d'opium ne pourraient guère suggérer une description moins appropriée, s'il fallait l'appliquer à notre époque, ou à  n'importe quelle autre depuis l'an premier de notre ère. Que dire des massacres entre sectes, des Chrétiens par les Païens, et des Païens et des Hérétiques par les Chrétiens ; des horreurs du Moyen Age et de l'Inquisition ; de Napoléon et, depuis son époque, de la "paix armée" en prenant les choses au mieux et en les prenant au pire, des torrents de sang répandus pour acquérir quelques âcres de terrain et une poignée d'idolâtres : des millions de soldats sous les armes, prêts à combattre ; un corps diplomatique jouant les Caïns et les Judas et, au lieu de la "douce tutelle d'un divin souverain", le règne universel, bien que non-reconnu, du Césarisme, de la "force" au lieu du "droit", ce qui donne naissance aux anarchistes, socialistes, pétroleuses et destructeurs de toutes sortes ?

La prophétie de la Sibylle et la poésie inspirée de Virgile ne se sont accomplies sur aucun point, comme nous le voyons.

Les tendres épis de blé jaunissent les champs ; mais ils en faisaient autant avant notre ère !

Les raisins rougissants pendront aux rudes branches des ronces et le chêne rugueux distillera [ou pourra distiller] une rosée de miel ; mais il n'en a pas encore été ainsi. Il nous faut chercher une autre interprétation. Laquelle ? La Sibylle Prophétesse a parlé, comme ont parlé des milliers d'autres Prophètes et Voyants, bien que les rares prophéties qui aient survécu soient rejetées par les Chrétiens et les Infidèles et seuls les Initiés admettent et acceptent leurs interprétations. La Sibylle faisait allusion aux cycles en général et, particulièrement au grand cycle. Rappelons-nous comment ce qui précède est corroboré par les Pourânas et, entre autres, par le Vishnou Pourâna :

 Lorsque les pratiques enseignées par les Védas et les principes de la loi seront sur le point de prendre fin et que le terme du Kali Youga ["l'Age de Fer" de Virgile] sera proche, un aspect de l'Etre divin qui existe en vertu de sa propre nature spirituelle dans la personne de Brahmâ et qui est même le commencement et la fin [l'Alpha et l'Oméga]... descendra sur la terre : il naîtra dans la famille de Vishnouyashas, un éminent Brahmane de Shamballah... doué des huit pouvoirs superhumains. Par sa puissance irrésistible, il détruira... tous ceux dont le mental est voué à l'iniquité. Il rétablira alors la justice sur la terre et le mental de ceux qui vivront à la fin de l'Age Kali s'éveillera et sera aussi  [VI 39] transparent que le cristal 61. Les hommes, ainsi transformés par la vertu de cette époque particulière, constitueront en quelque sorte les semences d'êtres humains [les Shistha, les survivants du futur cataclysme] et donneront naissance à une race qui se conformera aux lois du Krita [ou Satya] Youga [l'âge de la pureté, ou "Age d'Or"]. Il est dit, en effet : "Lorsque le soleil, la lune et les Tishya [les astérismes], ainsi que la planète Jupiter,  se trouveront dans une même maison, l'Age Krita [d'Or] reparaîtra 62.

Les cycles astronomiques des Hindous – ceux que l'on enseigne publiquement – ont été suffisamment bien compris, mais leur signification ésotérique, dans son application à des sujets transcendants qui s'y rattachent, est toujours restée lettre-morte. Le nombre des cycles était énorme ; il allait du cycle Mahâ Youga de 4.320.000 ans, jusqu'aux petits cycles septénaire et quinquennal, dont le dernier était composé de cinq années dénommées respectivement Samvatsara, Parivatsara, Idvatsara, Anouvatsara et Vatsara, à chacune desquelles étaient attachés des attributs secrets ou des qualités secrètes. Vriddhagarga les mentionne dans un traité qui est aujourd'hui la propriété d'un Matham (un temple)  Trans- Himalayen ; et décrit le rapport qui existe entre ce cycle quinquennal et le cycle de Brihaspati, basé sur la conjonction du Soleil et de la Lune tous les six ans : c'est un cycle qui est – pour les événements nationaux en général et particulièrement pour ceux de la nation Hindoue Aryenne – aussi mystérieux qu'important.

61 A la fin de notre Race, dit-on, les gens, par la souffrance et les épreuves, deviendront plus spirituels. La Clairvoyance deviendra une faculté générale. Nous approcherons de l'état spirituel de la Troisième et de la Seconde Race.

62 Vishnou Pourâna, IV, XXIV, 220. Traduction de Wilson.

 

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bon.christo@free.fr (Super User) LA DOCTRINE SECRETE VOL 6 Sat, 17 Jan 2015 10:52:24 +0000
SECTION XL - CYCLES SECRETS http://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-6/631-section-xl-cycles-secrets http://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-6/631-section-xl-cycles-secrets

SECTION XL

CYCLES SECRETS

 

Ce cycle de cinq ans dont il vient d'être question comprend soixante mois solaire-sidéraux de 1.800 jours, soixante et un mois  solaires (ou 1.830 jours, soixante-deux mois lunaires ou 1.860 lunes) et soixante-sept mois lunaires-astérismiques (ou 1.809 jours de ce genre).

Dans son Kàla Sankelita, le colonel Warren considère, à juste titre, ces années comme des cycles ; ce sont, en effet, des cycles, car chaque année a sa propre importance spéciale, en raison de l'action qu'elle exerce sur certains événements spécifiés dans des horoscopes individuels et en raison des rapports qu'elle a avec eux. Il écrit que dans le cycle de soixante :

sont contenus cinq cycles de douze ans, qui sont supposés être égaux chacun à une année de la planète (Brihaspati, ou Jupiter)... Je parle de ce cycle parce que j'ai constaté qu'il en était fait mention dans  certains livres, mais je ne connais aucune nation ou tribu qui calcule le temps de cette façon 63.

63 Op. cit., p. 212.

 

Cette ignorance est toute naturelle, puisque le colonel Warren ne pouvait rien connaître des cycles secrets et de leurs  significations.  Il ajoute :

 Les noms des cinq cycles ou Yougas sont :...   (1) Samvatsara, (2) Parivatsara, (3) Idvatsara, (4) Anouvatsara, (5) Oudravatsara.

Le savant colonel aurait pourtant pu s'assurer qu'il y avait "d'autres nations" possédant le même cycle secret, s'il s'était seulement souvenu que les Romains aussi avaient leur lustrum de cinq ans, (indéniablement emprunté aux Hindous), [VI 41] qui représentait la même période si on le multipliait par 12 64. Près de Bénarès, se trouvent encore les reliques de tous ces enregistrements de cycles, et celles d'instruments astronomiques taillés dans le roc, éternels souvenirs de l'Initiation Archaïque, appelés par Sir W. Jones, comme le lui suggérèrent les prudents Brahmanes qui l'entouraient, les antiques calculs ou "annales rétrospectives". A Stonehenge, ils existent jusqu'à présent. Higgins dit que Waltire découvrit que les rangées de tumuli qui entourent ce temple géant représentaient exactement la situation et la dimension des étoiles fixes et formaient un champ planétaire complet, ou planisphère. Ainsi que le découvrit Colebrooke, c'est le cycle des Védas, noté dans le Jyotisha, un des Védângas, traité d'Astronomie qui sert de base au calcul de tous les autres cycles, grands ou petits 65 et les Védas furent écrits, si archaïques qu'en fussent les caractères, bien longtemps après que les  observations naturelles, faites à l'aide de leurs gigantesques instruments mathématiques et astronomiques, eussent été notées par les hommes de la Troisième Race qui avaient reçu leur instruction des Dhyân Chohans. Maurice est dans le vrai lorsqu'il fait observer que tous ces monuments circulaires en pierres étaient destinés à jouer le rôle de symboles durables des cycles astronomiques, par une race qui, ne possédant pas l'usage des lettres, ou l'interdisant pour des raisons politiques, ne disposait d'aucune autre méthode permanente pour instruire ses disciples, ou pour transmettre son savoir à la postérité.

Il ne se trompe que dans la dernière idée. C'était pour cacher leur savoir à la postérité profane, en n'en faisant hériter que les Initiés, qu'ils exécutaient ces monuments qui constituaient à la fois des observatoires rocheux et des traités d'Astronomie.

On sait déjà que si les Hindous divisaient la Terre en sept zones, il en était de même des peuples plus occidentaux – les Chaldéens, les Phéniciens et même les Juifs, qui empruntèrent, directement ou indirectement, leur savoir aux Brahmanes – qui basaient tous leurs calculs secrets et sacrés sur 6 et 12, tout en employant le 7 toutes les fois que ce nombre se prêtait au maniement.  Ainsi l'on employait comme base numérique le 6, chiffre exotérique donné par l'Arya Bhatta. Depuis le premier cycle secret de 600 – le Naros, transformé successivement en 60.000, en 60, en 6 et ajouté à d'autres cycles un avec d'autres zéros – jusqu'au plus petit cycle, un [VI 42] Archéologue et Mathématicien peut facilement constater qu'il est reproduit dans tous les pays, qu'il est connu par toutes les nations. De là la division du globe en 60 degrés qui, multipliés par 60, donnèrent 3.600, la "grande année". De là aussi l'heure avec, ses 60 minutes de 60 secondes chaque. Les Asiatiques ont aussi un cycle de 60 ans, après lequel vient la septième décennie heureuse, les Chinois ont leur petit cycle de 60 jours, les Juifs celui de 6 jours, les Grecs celui de 6 siècles – toujours le Naros.

64 Tout au moins, la signification secrète du temple était la même.

65 Asiat. Res., vol. VIII, p. 470 et seq.

 

Les Babyloniens avaient une grande année de 3.600 ans, qui n'était autre que le Naros multiplié par 6. Le cycle tartare appelé Van était de 180 ans, ou de trois soixantaines ; ce cycle multiplié par 12 fois 12 = 144, donne 25.920 ans, période exacte de la révolution des cieux.

L'Inde est le berceau de l'arithmétique et des mathématiques, comme le prouve indubitablement le chapitre intitulé "Nos Chiffres" dans Chips from a German workshop du professeur Max Müller. Ainsi que l'explique fort bien Krishna Shâstri Godbole dans The Theosophist :

Les Juifs... représentaient les unités (1-9) par les neuf premières lettres de leur alphabet ; les dizaines (10-90) par les neuf lettres suivantes ; les quatre premières centaines (100-400) par les quatre dernières lettres et les autres (500-900) par les secondes formes des lettres "kâf" (11ème),  "mim"  (12ème),  "noun"  (13ème),  "pi"  (17ème) et "sâd" (18ème) ; puis ils représentaient les autres nombres en assemblant ces lettres suivant leurs valeurs... Les Juifs de l'époque actuelle s'en tiennent encore à ce mode de notation, dans leurs livres hébreux. Les Grecs avaient un système numérique semblable à celui qu'employaient les Juifs, mais ils le poussaient un peu plus loin, en employant les lettres de l'alphabet surmontées d'un trait ou d'une ligne oblique pour représenter les mille (1.000- 9.000). Les dizaines de mille (10.000-90.000) et cent mille (100.000) qui était représenté, par exemple, par la lettre "rho" surmontée d'un trait, alors que le "rho" tout seul représentait 100. Les Romains représentaient toutes les valeurs numériques par la combinaison (additive, lorsque la seconde lettre avait une valeur égale ou moindre) de six lettres de leur alphabet I (= 1), V (= 5), X (= 10), C  (pour  "centum" =  100),  D  (=  500)  et M (= 1.000) : ainsi 20 = XX, 15 = XV et 9 = IX. Ce sont là des chiffres romains, adoptés par toutes les nations européennes, lorsqu'elles font usage de l'alphabet romain. Les Arabes suivirent d'abord l'exemple de leurs voisins les Juifs, dans leur méthode de computation, si  bien qu'ils l'appelèrent Abjad, du nom des quatre premières lettres de l'alphabet hébreu – "alif", "beth", "gimél" – ou plutôt "djimél", c'est-à-dire "djim" (la lettre g n'existant pas en arabe) et "daleth", qui représentaient les quatre premières unités. [VI 43] Mais lorsqu'ils allèrent aux Indes pour y faire du commerce, au commencement de l'ère Chrétienne, ils constatèrent que l'on y employait déjà pour les calculs le système décimal, qu'ils empruntèrent dès lors tel quel, c'est-à-dire sans  changer la méthode d'écriture de gauche à droite, qui différait de leur propre manière d'écrire, de droite à gauche. Ils introduisirent ce système en Europe, par l'Espagne et d'autres pays situés sur les rivages de la Méditerranée, qui leur étaient soumis durant les phases sombres de l'histoire de l'Europe. Il est donc évident que les Aryens connaissaient bien les mathématiques et la science du calcul, à l'époque où toutes les autres nations n'en connaissaient que très peu de chose ou ne les connaissaient pas du tout. On a aussi admis une la connaissance de l'arithmétique et de l'algèbre fut empruntée aux Hindoux par les Arabes et enseignée par ceux-ci aux nations occidentales. Ce fait prouve d'une façon irréfutable que la civilisation Aryenne est plus ancienne que celle de toute autre nation du monde et comme il est reconnu que les Védas sont l'ouvrage  le plus ancien de cette civilisation, cela constitue une présomption en faveur de leur haute antiquité 66.

 66 Theosophist, août 1881. "Antiquité des Védas", page 239.

 

Tandis que, par exemple, la nation juive – considérée pendant si longtemps comme la première et la plus ancienne dans l'ordre de la création – ne connaissait rien de l'arithmétique et restait dans la plus complète ignorance du système de notation décimale, ce dernier existait aux Indes, bien des siècles avant l'ère actuelle.

Pour acquérir une certitude au sujet de l'immense antiquité des nations Aryennes de l'Asie et de leurs connaissances astronomiques, il faut étudier autre chose que les Védas. Le sens secret de ceux-ci ne sera  jamais compris par la génération actuelle d'Orientalistes ; et les ouvrages astronomiques qui donnent ouvertement les vraies dates et prouvent l'antiquité de la nation et de sa science, échappent aux recherches des collectionneurs de poteries et d'anciens manuscrits de l'Inde et cela pour des raisons trop évidentes pour qu'il soit nécessaire de les expliquer. Il existe pourtant jusqu'à présent dans l'Inde, des Astronomes et des Mathématiciens, des humbles Shâstris et Pandits, inconnus et noyés au milieu de ce peuple aux souvenirs phénoménaux et aux cerveaux métaphysiques, qui ont entrepris cette tâche et ont prouvé, à la satisfaction de bien des gens, que les Védas sont les ouvrages les plus anciens du monde. Un de ceux-ci n'est autre que le Shâstri que nous venons de citer et qui a publié dans The [VI 44] Theosophist 67 un savant traité établissant, astronomiquement et mathématiquement que :

si les ouvrages Post-Védiques seuls, tels que les Oupanishads, les Brâhmanas, etc., jusqu'aux Pourânas inclusivement, nous reportent, lorsque nous les étudions au point de vue critique, à 20.000 ans av. J.-C., il s'ensuit que l'époque de la composition des Védas eux-mêmes ne peut remonter à moins de 30.000 ans av. J.-C., en chiffres ronds, date que nous pouvons considérer à présent comme indiquant l'âge du Livre des livres 68.

Quelles sont donc ces preuves ?

Les cycles et les preuves fournies par les astérismes. Voici quelques extraits de son assez long traité, choisis de façon à donner une idée de ses démonstrations et portant directement sur le cycle quinquennal dont nous venons de parler. Ceux que ces démonstrations intéressent et qui sont des mathématiciens avancés, peuvent se reporter à l'article, intitulé "L'Antiquité des Védas 69" et juger par eux-mêmes.

67 D'août 1881 à février 1882.

68 Loc. cit., oct. p. 127.

 

10. Somâkara, dans son commentaire de la Shesha Jyotisha, cite un passage de la Satapatha Brâhmana qui renferme une observation sur le changement des tropiques et que l'on retrouve aussi dans la Sâkhâyana Brâhmana, ainsi que l'a remarqué le professeur Max Müller dans sa préface du Rig véda Samhitâ (p. XX, note marginale, vol. IV). Voici ce passage :... "La nuit de la pleine lune de Phâlgouna est la première nuit de Samvatsara, la première année de l'âge quinquennal". Ce passage établit clairement que l'âge quinquennal qui, d'après le sixième verset de la Jyotisha, commence le premier jour de Mâgha (janvier-février), commença jadis le quinzième jour de Phâlgouna (février-mars). Or, lorsque commence le quinzième jour de Phâlgouna de la première année, appelée Samvatsara, de l'âge quinquennal, la Lune, d'après le Jljotisha, est en

95

      1      

124 1 1   

3 + 8 29

ou ¾ de l'Outtara Phalgounî et le Soleil en 

33

      1      

124 3 +  1   

1+8 25

   [VI 45]

ou ¼ de Pourvâ Bhâdrapadâ. D'où il résulte que la position des quatre principaux points sur  l'écliptique, était la suivante :

 69 Theosophist, oct. 1881, p. 22.

 

Le solstice d'hiver en 3° 29' de Pourvâ Bhâdrapadâ. L'équinoxe du printemps au début de Mrigashîrsha. Le solstice d'été en 10° de Pourvâ Phalgounî.

L'équinoxe d'automne au milieu de Jyeshtha.

Nous avons vu que le point équinoxial du printemps coïncidait avec le commencement de Krittikâ en 1421 av. J.-C. et depuis le commencement de Krittikâ  jusqu'à celui de Mrigashîrsha, il s'est par suite écoulé 1421 + 26 (2/3) ´ 72 = 1421 + 1920 = 3341 av.J.-C., en supposant que la précession soit de 50° par an. Si nous considérons le mouvement comme étant de 3° 20' en 247  ans, la durée s'élève à 1516 + 1960,7 = 3476,7 av. J.-C.

Lorsque le solstice d'hiver, par suite de son mouvement rétrograde, coïncida plus tard avec le commencement de Pourvâ Bhâdrapadâ, le commencement de l'âge quinquennal passa du 15 au 1er de Phâlgouna (février- mars). Ce changement se produisit 240 ans après la date de l'observation ci-dessus, c'est-à-dire en 3101 av. J.-C. Cette date est très importante, car elle servit par la suite de point de départ à une ère. Le commencement de Kali, ou Kali Youga (dérivé de "kal", "calculer"), que les savants européens prétendent être une date imaginaire, devient ainsi un fait astronomique.

 

ECHANGE DE KRITTIKA ET ASHVINI 70

Nous constatons ainsi que les astérismes, au nombre de vingt-sept, étaient comptés à partir de Mrigashirsha alors que l'équinoxe du printemps était à ses débuts et que l'on continuait à s'en tenir à cette manière de compter jusqu'à ce que l'équinoxe du printemps eût rétrogradé jusqu'au commencement de Krittika [VI 46] lui devenait alors le premier des astérismes. En effet, le solstice d'hiver avait alors changé, reculant de Phâlgouna (février-mars) à Mâgha (janvier-février), soit d'un mois lunaire complet. De la même façon, la place de Krittikâ était occupée par Ashvini, c'est-à-dire que ce dernier devenait le premier des astérismes, en tête de toits les autres, lorsque son commencement coïncidait avec le point équinoxial du printemps ou, en d'autres termes, lorsque le solstice d'hiver était en Pansha (décembre-février). Or, depuis le commencement de Krittikâ jusqu'à celui d'Ashvini, il y a deux astérismes, ou 26° 2/3 et le temps qu'il faut à l'équinoxe pour rétrograder de cette distance, à raison de 1 en 72 ans, est de 1920 ans ; il en résulte que la date à laquelle l'équinoxe du printemps coïncidait avec le commencement d'Ashvini ou avec la fin de Révati, est celle de 1920-1421 = 199 après J.-C.

70 L'étude impartiale des ouvrages védiques et post-védiques établit que les anciens Aryens connaissaient bien la précession (les équinoxes et "qu'ils faisaient reculer leur position de deux (et parfois de trois) astérismes, lorsque la précession s'élevait à deux astérismes, exactement 2 + 11/61 ou environ 29°, ce qui est le mouvement du soleil durant un mois lunaire et cela faisait reculer les saisons d'un mois lunaire complet... Il parait certain qu'à l'époque des Soûrya Siddhânta, Brahmâ Siddhânta et autres anciens traités d'astronomie, le point équinoxial du printemps n'avait pas encore atteint le commencement d'Ashvini, mais s'en trouvait de quelques degrés à l'est... Les Astronomes d'Europe reportent à l'ouest le commencement du Bélier et des autres signes du Zodiaque, d'environ 50"25 chaque année et enlèvent ainsi toute signification aux noms des signes. Pourtant ces signes sont aussi fixes que les astérismes eux-mêmes, d'où il résulte que les astronomes occidentaux de nos jours nous paraissent, sous ce rapport, moins avisés et moins scientifiques dans leurs observations, que leurs très anciens frères – les Aryas". Theosophist, oct. 1881, p. 23.

 

OPINION DE BENTLEY

La très importante observation que nous avons ensuite à signaler ici, est celle qui a été discutée par M. Bentley dans ses recherches sur les antiquités indiennes. "Le premier astérisme lunaire, dit-il, dans la division en vingt-huit, était appelé Moûla, c'est-à-dire la racine ou l'origine. Dans la division en vingt-sept, le premier astérisme lunaire était appelé Jyeshtha c'est-à-dire le plus ancien ou le premier et, par suite, de la même importance qui le précédent" (voyez son Historical View of  the Hindu Astronorny, p. 4). Il en résulte manifestement que l'équinoxe du printemps se trouvait à une certaine époque au commencement de Moûla et que Moûla était considéré comme le premier astérisme, lorsque ceux-ci étaient au nombre de vingt-huit, y compris Adhijit. Or, il y a quatorze astérismes, ou 180°, depuis le commencement de Mrigashîrsha jusqu'à celui de Moulâ, d'où il résulte que la date à laquelle l'équinoxe du printemps coïncidait avec le commencement de Moûla était d'au moins 3341 + 180 ´ 72 = 16301 av. J.-C. Les positions des quatre principaux points sur l'écliptique étaient alors les suivantes :

Le solstice d'hiver au commencement d'Outtara Phâlgouni, dans le mois de Shrâvana.

L'équinoxe de printemps au commencement de Moûla, en Kârttika.

Le solstice d'été an commencement de Poûrva Dhâdrapada, en Mâgha.

L'équinoxe d'automne au commencement de Mrigashîrsha, en Vaishâkba.

 

UNE PREUVE TIREE DE LA BHAGAVAD GITA

La Bhagavad Gitâ, de même que la Bhàgavata, mentionnent une observation qui se rapporte à une antiquité encore plus [VI 47] reculée que celle qu'a découverte M. Bentley. Les passages sont donnés ci- dessous dans leur ordre :

"Je suis le Mârgashîrsha [c'est-à-dire le premier] parmi les mois et le printemps [c’est-à-dire la première] parmi les saisons."

Ceci prouve qu'à une certaine époque le premier mois du printemps était Mârgashîrsha. Une saison comprend deux mois et la mention d'un mois suggère la saison.

"Je suis le Samvatsara parmi les ans [qui sont au nombre de cinq] et le printemps parmi les saisons, le Mârgashîrsha parmi les mois et le Abhijit parmi les astérismes [qui sont au nombre de vingt-huit]."

Cela indique clairement qu'à une certaine époque, durant la première année de l'âge quinquennal appelée Samvatsara, le Madhou, c'est-à-dire le premier mois du printemps, était Mârgashîrsha et Abhijit était le premier des astérismes. Il coïncidait alors avec  le point équinoxial dit printemps et en conséquence c'est à partir de lui que les astérismes étaient comptés. Cherchons la date de cette observation : Il y a trois astérismes depuis le commencement (le Moûla jusqu'au commencement d'Abhijit, d'où il résulte que la date en question est d'au moins 16301 + 3/7 ´ 90 ´ 72 = 19078 ou environ 20.000 ans av. J.-C.

A cette époque, le Samvatsara commençait en Bhâdrapadâ, le mois solsticial d'hiver.

Jusqu'à présent donc, une antiquité de 20.000 ans est mathématiquement établie pour les Védas et ceci est simplement exotérique. Tout mathématicien, pourvu qu'il ne soit pas aveuglé par des idées préconçues et des préjugés, peut constater cela, et un Astronome amateur, inconnu mais très capable, S.A. Mackey, l'a déjà prouvé il y a quelque soixante ans.

Sa théorie au sujet des Yougas Hindous et de leur durée est curieuse – étant si proche de la doctrine correcte.

On lit dans le tome II, p. 131 des Asiatic Researches que :

"Le grand ancêtre de Youdhister régna 27.000 ans... à la fin de l'âge de bronze".

Dans le tome IX, p. 364, nous trouvons :

"Au commencement du Cali Youya, durant le règne de Youdhister 71. Et Youdhister... commença à régner immédiatement après le déluge appelé Pralaya."

Nous trouvons ici trois récits différents au sujet de Youdhister... pour expliquer ces différences apparentes, il nous faut avoir recours à leurs ouvrages de science, dans lesquels nous trouvons les cieux et la terre divisés en cinq parties, d'inégales dimensions, [VI 48] par des cercles parallèles à l'équateur. On constatera qu'il est de la plus haute importance de faire attention à ces divisions... en voyant que c'est d'elles que  découle la division de leur Maha Youga en quatre parties constituantes. Tout astronome sait qu'il existe dans les cieux un point appelé pôle, autour duquel l'ensemble paraît tourner en vingt-quatre heures et qu'on imagine, à 90°, de ce pôle, un cercle appelé équateur, qui divise le ciel et la terre en deux parties égales, le nord et le sud. Entre ce cercle et le pôle, il existe un autre cercle imaginaire, appelé cercle de perpétuelle apparition, et entre ce cercle et l'équateur, il y a un point du ciel appelé zénith, par lequel nous faisons passer un autre cercle imaginaire, parallèle aux deux autres ; il ne faut plus alors que le cercle de perpétuelle occultation pour compléter la ronde... Sauf moi, aucun astronome d'Europe ne les a jamais appliqués au développement des mystérieux nombres hindous. On nous dit dans Asiatic Researches que Youdhister conduisit Vicramâditya régner à Cassimer, qui est situé par 36° de latitude. Sous cette latitude, le cercle de perpétuelle apparition s'étendait jusqu'à une altitude de 72° et de ce cercle jusqu'au zénith il n'y a que 18°, mais du zénith jusqu'à l'équateur, il y a, sous cette latitude, 36° et de l'équateur au cercle de perpétuelle occultation, il y a 54°.

 71 [Cali = Kali, et Yudhister = Youdhisthira.]

 

Ici nous trouvons le demi-cercle de 180° divisé en quatre parties, dans la proportion de 1, 2, 3, 4, c'est-à-dire 18, 36, 54, 72. Que les astronomes hindous aient eu connaissance du mouvement de la terre ou non, cela n'a pas d'importance, puisque les apparences sont les mêmes et si cela peut faire le moindre plaisir aux gens à conscience délicate, je suis prêt à admettre qu'ils s'imaginaient que les cieux tournaient autour de la terre, mais, ils avaient remarqué que les étoiles situées sur la voie parcourue par le Soleil se mouvaient en avant à travers les points équinoxiaux,  à la vitesse de 54" de degré par an, ce qui faisait faire un tour complet du zodiaque en 24.000 ans. Ils avaient aussi remarqué que, durant ce temps, l'angle d'obliquité variait, de façon à étendre ou à contracter la largeur des tropiques de 4° de chaque côté, mouvement dont la vitesse transporterait les tropiques de l'équateur aux pôles en 540.000 ans. Durant ce temps, le zodiaque aurait accompli vingt-deux révolutions et demie, qui sont exprimées par les cercles parallèles de l'équateur aux pôles... ou, ce qui revient au même, le pôle nord de l'écliptique se serait déplacé du pôle nord de  la   terre  à  l'équateur...  Ainsi les pôles se trouvent intervertis en 1.080.000 ans, ce qui est leur Maha Youga, qu'ils avaient divisé en quatre parties inégales dans les proportions de 1, 2, 3, 4, pour les raisons mentionnées plus haut, qui sont 108.000, 216.000, 324.000 et 432.000. Nous trouvons ici les preuves les plus positives établissant que  les nombres ci-dessus tiraient leur origine d'antiques observations astronomiques et, par conséquent, ne méritent pas les épithètes [VI 49] lancées contre eux par l'auteur de l'Essai, faisant écho à Bentley, Wilford, Dupuis, etc.

Il me faut démontrer maintenant que le règne de Youdhister de 27.000 ans, n'est ni absurde ni dégoûtant, mais il se peut que l'auteur de l'Essai ait ignoré qu'il y eût plusieurs Youdhister. Dans le volume II, p. 131, d'Asiatic Researches : "Le grand ancêtre de Youdhister régna 27.000 ans à la fin de l'âge de bronze ou troisième âge." Ici, je dois encore attirer votre attention sur cette projection. C'est un plan de la machine que le second de ces messieurs considérait comme si grossière ; c'est celui d'un sphéroïde allongé appelé astroscope par les anciens. Supposons que l'axe le plus long représente les pôles de la terre et forme un angle de 28° avec l'horizon, dans ce cas, les sept divisions situées au-dessus de l'horizon, jusqu'au Pôle Nord, le temple de Bouddha et les sept situées depuis le Pôle  Nord jusqu'au cercle de perpétuelle apparition, représenteront les quatorze Manvantaras, ou très longues périodes de temps dont chacune, d'après le troisième volume d'Asiatic Researches, p. 258 ou 259, constituait le règne d'un Ménou [manou]. Mais le capitaine Wilford, dans le volume V, p. 243, nous fait savoir que : "Les Egyptiens avaient quatorze dynasties et que les Hindous avaient quatorze dynasties dont les régents étaient appelés Menous."

Qui ne reconnaîtrait pas dans les quatorze très longues périodes de temps, celles qui constituaient le Cali Youga de Delhi, ou de tout autre endroit situé par 28° de latitude, où l'espace en blanc depuis le pied du Mérou jusqu'au septième cercle à partir de l'équateur, constitue la partie parcourue par le tropique durant l'âge suivant ; proportions qui diffèrent considérablement de celles de la région située par 36° de latitude ; et parce que les nombres que l'on trouve dans les livres hindous diffèrent, M. Bentley affirme que : "Ceci prouve le peu de confiance que l'on peut avoir en eux." Cela prouve, au contraire, avec quelle exactitude les Hindous avaient observé les mouvements des cieux sous différentes latitudes.

Quelques Hindous nous apprennent que "la terre a deux axes qui sont entourés par sept rangées de cieux et d'enfers situées chacune à une distance de un rajou". Ceci n'exige que peu d'explications, quand on a bien compris que les sept divisions, de l'équateur à leur zénith, sont appelés Richis ou Rachas. Mais ce qu'il importe le plus de savoir, pour le but que nous cherchons à atteindre, c'est qu'ils avaient donné un nom à chacune des divisions par lesquelles les tropiques étaient passés durant chaque révolution du Zodiaque. Sous 36° de latitude, où le Pôle ou Mérou avait 9° de hauteur à Cassimere, on les appelait Shastras ; sous 28° de latitude, à Delhi, où le Pôle ou Mérou avait une hauteur de 7°, on les  appelait Ménous ; mais sous 24°, à Cacha, où le Pôle ou Mérou n'avait que 6° de hauteur, on les appelait Sacas. [VI 50] Dans le neuvième volume (Asiatic Researches) Youdhister fils de Dherma [Dharma], ou Justice, était le premier des six Sacas ; le terme implique l'extrémité et comme chaque chose a deux extrémités, Youdhister est applicable au premier aussi bien qu'au dernier. Et comme la division située au nord du cercle de perpétuelle apparition est la première du Cali Youga, en supposant les tropiques ascendants, on l'appelait la division ou le règne de Youdhister. Mais la division qui précède immédiatement le cercle de perpétuelle apparition est la dernière du troisième âge ou âge d'airain, on l'appelait clone Youdhister et comme son règne précédait celui de l'autre, lorsque le tropique s'élevait jusqu'au Pôle ou Mérou, on l'appelait le père de l'autre – le "grand  ancêtre de Youdhister [qui] régna vingt-sept mille ans, à la fin de l'âge d'airain". (Vol. II. Asiatic Researches.)

Les anciens Hindous observèrent que le Zodiaque avançait à la vitesse de 54" par an et, pour éviter de plus grandes fractions, la fixèrent ainsi, de telle sorte qu'une révolution complète durait 24.000 ans ; puis observant que les angles des pôles variaient d'environ 4° à chaque ronde, ils fixèrent ainsi les trois nombres, ce qui donnait 45 rondes de Zodiaque pour une demi-révolulion des pôles ; mais ayant constaté que 45 rondes ne feraient pas coïncider le tropique nord avec le cercle de perpétuelle apparition, du fait d'une différence de 30' de degré, qui exigerait que le Zodiaque se déplaçât d'un signe et demi de plus, ce qu'il ne pouvait faire, ainsi que nous le savons tous, en moins de 3.000 ans, cette période, dans le cas qui nous occupe, fut ajoutée à la fin de l'âge d'airain. Ceci porte le règne de ce Youdhister à 27.000 ans au lieu de 24.000 mais, dans une autre occasion, ils n'altérèrent pas la durée régulière de 24.000 ans de l'interminable règne de chacun de ces monarques, mais arrondirent les chiffres en admettant une régence de trois ou quatre mille ans. Dans le volume II, p. 134, d'Asiatic Researches, on nous dit que : "Paricshit [Parakshit], le grand neveu et successeur de Youdhister, est admis sans discussion comme ayant régné dans l'intervalle entre l'âge d'airain et l'âge de terre, ou Ages Cali et comme étant mort au commencement du Cali Youg." Nous constatons là un interrègne à la fin de l'âge d'airain et avant le commencement du Cali Youg et comme il ne peut y avoir qu'un âge d'airain, ou Tréta Youg, c'est- à-dire le troisième âge dans un Maha Youga de 1.080.000 ans, il en résulte que ce Paricshit a dû régner durant le second Maha Youga, alors que le pôle avait regagné sa position originelle, ce qui a dû nécessiter 2.160.000 ans : c'est ce que les Hindous appellent le Prajanâtha Youga. Une coutume, analogue à celle-ci est celle qui a été adoptée par certaines nations plus modernes, qui, aimant les nombres pairs, ont composé l'année commune de douze mois de trente jours chacun et ont représenté les cinq jours et fraction comme le règne d'un petit [VI 51] serpent qui se mord la queue et qui est divisé en cinq parties, etc.

Mais "Youdhister commença à régner immédiatement après le déluge appelé Pralaya", c'est-à-dire à la fin du Cali Youg (ou âge de la chaleur) alors que le tropique était passé du pôle à l'autre côté du cercle de perpétuelle apparition, qui coïncide avec l'horizon du nord ; ici les tropiques ou solstice d'été se trouveraient de nouveau, au commencement de  leur  premier  âge,  sur  le  même  parallèle  de  déclinaison  nord qu'ils occupaient à la fin de leur troisième âge, ou Tréta Youg, appelé l'âge d'airain...

Nous en avons dit assez pour prouver que les livres de science hindous ne sont pas des absurdités écœurantes, dues à l'ignorance, à la vanité et à la crédulité, mais des ouvrages renfermant de très profondes connaissances en astronomie et en géographie.

Aussi, ne puis-je deviner ce qui peut pousser ces messieurs à la conscience délicate à insister pour que Youdhister ait été réellement un homme mortel ; à moins que cela ne soit par crainte pour le sort de Jared et de son grand-père Mathusalem ? 72

72 [Ces notes sont des fragments transcrits très librement des pp. 109 à 176 de Mythological Astronomy (1826) de S.A. Mackay (également écrit Mackey). N. de l'Edit.]

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bon.christo@free.fr (Super User) LA DOCTRINE SECRETE VOL 6 Sat, 17 Jan 2015 10:53:21 +0000
SECTION XLI - LA DOCTRINE DES AVATARS http://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-6/629-section-xli-la-doctrine-des-avatars http://www.m-morya.com/la-doctrine-secrete-vol-6/629-section-xli-la-doctrine-des-avatars

SECTION XLI

LA DOCTRINE DES AVATARS

 

Une étrange histoire – une légende plutôt – est racontée avec persistance parmi les disciples de certains grands Gourous Himalayens et aussi parmi les laïques, d'après laquelle Gautama, le Prince de Kapilavastou, n'a jamais quitté les régions terrestres, bien que son corps soit mort, ait été brûlé et que des reliques en soient conservées jusqu'à présent. Il existe parmi les Bouddhistes Chinois une tradition orale et un récit écrit dans les livres secrets des Lamaïstes du Tibet, de même qu'une tradition parmi les Aryens, d'après lesquels Gautama BOUDDHA avait deux doctrines : l'une pour les masses et Ses disciples laïques, l'autre pour Ses "élus", les Arhats. Il semble que Sa tactique et, après Lui, celle de Ses Arhats, était de ne refuser l'admission de personne dans les rangs des candidats Arhats, mais de ne jamais divulguer les mystères ultimes qu'à ceux qui s'étaient montrés, pendant les longues années de probation, dignes de l'Initiation. Une fois acceptés, ceux-ci étaient consacrés et initiés sans distinction de race, de caste ou de richesse, comme ce fut le cas pour Son successeur occidental. Ce sont les Arhats qui ont donné naissance à cette tradition et ont permis qu'elle s'enracinât dans l'esprit des gens, et elle constitue aussi la base du dogme postérieur de la réincarnation Lamaïque, ou succession de Bouddhas humains.

Le peu que l'on puisse dire ici sur ce sujet, peut guider, ou non, l'étudiant psychique dans la bonne direction. Comme on a laissé à l'auteur le choix et la responsabilité d'exposer les faits comme elle les a compris personnellement, tout le blâme, au cas où cela donnerait naissance à des malentendus, doit retomber sur elle. La doctrine lui a été enseignée, mais on a laissé à sa seule intuition – comme on laisse maintenant à la sagacité du lecteur – le soin de grouper les faits mystérieux et embarrassants. Les renseignements incomplets donnés ici, sont des fragments de ce que renferment certains volumes secrets, mais il n'est pas permis de divulguer les détails.

 La version ésotérique du Mystère donnée dans les Volumes Secrets peut être très brièvement exposée. Les Bouddhistes [VI 53] ont toujours nié que leur BOUDDHA ait été, comme le prétendent les Brahmanes, un Avatar de Vishnou dans le même sens qu'un homme est une incarnation de son ancêtre karmique. Ils nient cela, en partie, peut-être, parce que la signification ésotérique du terme "Maha Vishnou" ne leur est pas connue dans son sens complet, impersonnel et général. Il y a dans la Nature un Principe mystérieux appelé "Maha Vishnou" qui n'est pas le Dieu de ce nom, mais un principe qui renferme Bîja, la semence des Avatars ou, en d'autres termes, qui est la puissance et la cause de ces incarnations divines. Tous les Sauveurs du Monde, tous les Bodhisattvas et tous  les Avatars, sont les arbres de salut sortis de l'unique semence, le Bîja ou "Maha Vishnou". Qu'on l'appelle Adi-Bouddha (Sagesse Primordiale) ou Maha Vishnou, c'est tout un. Esotériquement interprété, Vishnou est à la fois Sagouna et Nirgouna (avec et sans attributs). Sous le premier aspect, Vishnou est l'objet d'un culte et d'une dévotion exotériques ; sous  le second, en tant que Nirgouna, il est le point culminant de la totalité de la sagesse spirituelle dans l'Univers – bref, Nirvâna 73 – et a pour adorateurs tous les esprits philosophiques. Dans ce sens ésotérique, le Seigneur BOUDDHA fut une incarnation de Maha Vishnou.

Ceci, en se plaçant au point de vue philosophique et purement spirituel. Sur le plan de l'illusion, néanmoins, pourrait-on dire, ou en se plaçant au point de vue terrestre, ceux qui sont initiés savent qu'Il fut une incarnation directe de l'un des "Sept Fils de la Lumière" primordiaux, que l'on trouve dans toutes les Théogonies – les Dhyân Chohans, dont la mission, d'une éternité (æon) à l'autre, est de veiller sur la prospérité spirituelle des régions confiées à leurs soins. Cela a déjà été énoncé dans le Bouddhisme Esotérique.

Un des plus grands mystères du Mysticisme spéculatif et philosophique – et c'est l'un des mystères qui doit être dévoilé maintenant – c'est le modus operandi dans les degrés de tels transferts  hypostatiques. Il va de soi que les incarnations, tant divines qu'humaines, doivent rester comme un livre fermé pour les théologiens comme pour les physiologistes, à moins que les Enseignements Esotériques ne soient acceptés et ne deviennent la religion du monde. Ces Enseignements ne peuvent jamais être complètement expliqués à un public non [VI 54] préparé, mais une chose est certaine et peut être dite dès à présent : c'est qu'entre le dogme d'une âme nouvellement créée pour chaque nouvelle naissance et la supposition physiologique d'une âme animale temporaire, gît la vaste région de l'enseignement Occulte 74, avec ses démonstrations logiques et raisonnables, dont l'enchaînement logique et philosophique peut être relevé dans la Nature.

73 Bien des malentendus sont causés par une confusion des plans de l'être et par l'emploi d'expressions impropres. Par exemple, certains états spirituels ont été confondus avec le Nirvâna de BOUDDHA. Le Nirvâna de BOUDDHA diffère entièrement de tout autre état spirituel de Samadhi, ou même de la plus haute Théophanie, dont jouissent de moindres Adeptes. Après la mort physique, les genres d'états spirituels qu'atteignent les Adeptes diffèrent grandement.

 

Ce "Mystère" se découvre, pour celui qui en comprend bien la signification, dans le dialogue entre Krishna et Arjuna, au chapitre IV de la Bhagavad Gîta, versets 5 à 8 L'Avatar s'exprime ainsi :

Nombreuses sont mes incarnations passées, comme aussi les tiennes, ô Arjuna ! Je les connais toutes, mais, toi, tu ne connais pas les tiennes, ô terreur de tes ennemis !

Bien que je ne sois pas né, que mon  Atmâ soit inépuisable et que je sois le Seigneur de tout ce qui est ; pourtant, acceptant, la domination de ma nature, je suis né par le pouvoir de l'illusion 75.

Toutes les fois, ô fils de Bharata, que Dharma [la juste loi] décline et qu'Adharma [l'opposé de Dharma] se dresse, je me manifeste.

Pour le salut des bons et la destruction des méchants, pour l'établissement de la loi, je nais dans chaque youga.

 74 Cette région constitue l'unique point de conciliation possible entre les deux pôles diamétralement opposés de la religion et de la science, l'une avec ses champs arides de dogmes fondés sur la foi, l'autre débordant d'hypothèses vides, toutes deux envahies par l'ivraie de l'erreur. Elles ne se rencontreront jamais. Elles sont en lutte, une guerre éternelle règne entre elles, mais cela ne les empêche pas de s'unir contre la Philosophie Esotérique, qui depuis deux mille ans a dû lutter contre leurs deux infaillibilités, ou "leur pure vanité et leurs prétentions", suivant l'expression d'Antonin et qui voit maintenant le matérialisme de la Science Moderne se dresser contre ses vérités.

75 D'où viennent quelques-unes des idées des Gnostiques ? Cerinthe enseignait que le monde et Jéhovah étant déchus de la vertu et de la dignité primitive, le Suprême permit à un de ses glorieux Æons, dont le nom était "l'oint" (le, Christ) de s'incarner dans l'homme Jésus. Basilide niait la réalité du corps de Jésus et le qualifiait "d'illusion", soutenant que ce fut Simon le Cyrénéen qui souffrit sur la croix à sa place. Tous ces enseignements sont des échos des Doctrines orientales.

 

Celui qui comprend vraiment ma naissance divine  et mon action, ô Arjuna, celui-là ayant abandonné le corps, ne renaît pas ; il vient à moi.

Ainsi tous les Avatars ne font qu'un : ce sont les Fils de leur "Père" en ligne directe ; le "Père" ou l'une des sept Flammes devenant, pour le moment, le Fils, et les deux ne faisant qu'un – dans l'Eternité. Qu'est-ce que le Père ? Est-ce [VI 55] la Cause absolue de tout ? – l'insondable Eternel ? Non ; assurément. C'est Kâranâtmâ "l'Ame Causale" qui, dans son sens général, est appelé par les Hindous, Ishvara, le Seigneur, et par les Chrétiens "Dieu", le Seul et Unique. Au point de vue de l'unité, il en est ainsi ; mais alors, le plus inférieur des Elémentals pourrait, dans ce cas, être aussi considéré comme le "Seul et Unique". En outre, chaque être humain possède son propre Esprit divin ou Dieu personnel. Cette Entité ou Flamme divine, d'où émane Bouddhi, a avec l'homme, bien que sur un plan inférieur, les mêmes rapports que ceux qu'a le Dhyâni-Bouddha avec son Bouddha humain. Le monothéisme et le polythéisme ne sont donc pas irréconciliables ; ils existent dans la Nature.

En vérité, ce fut "pour le salut des bons et la destruction du mal" que les personnalités connues sous les noms de Gautama, Shankara, Jésus et quelques autres, naquirent chacune à son époque, comme il est déclaré – "Je nais dans chaque Youga" – et elles naquirent toutes par l'entremise du même Pouvoir.

Il y a un grand mystère dans de telles incarnations, et elles sont en dehors et au-delà du cycle des renaissances générales. Les renaissances peuvent être divisées en trois classes : les incarnations divines, appelées Avatars ; celle des Adeptes qui renoncent au Nirvâna dans le but d'aider l'humanité – les Nirmânakâyas ; et la suite naturelle des renaissances pour tous – la loi commune. L'Avatar est une apparence que l'on peut appeler une illusion spéciale au milieu de l'illusion naturelle qui règne sur les plans soumis à la puissance de Mâyâ ; l'adepte renaît consciemment, quand bon lui semble 76 ; les unités du troupeau ordinaire obéissent inconsciemment à la grande loi de double évolution.

 76 Un Adepte authentique initié conservera son Adeptat, bien que pour notre monde d'illusion, ses incarnations puissent être innombrables. Le pouvoir qui donne naissance à une série de pareilles incarnations n'est pas Karma, tel qu'on le conçoit ordinairement, mais une puissance encore plus inscrutable. Durant la période de ses existences, l'Adepte ne perd pas son Adeptat, bien qu'il ne puisse s'y élever à un degré supérieur.

 

Qu'est-ce donc qu'un Avatar ? Car avant d'employer le terme  il faudrait le bien comprendre. C'est une descente de la Divinité manifestée – que ce soit sous le nom de Shiva, Vishnou ou Adi-Bouddha – dans une forme illusoire d'individualité, sous un aspect qui, pour les hommes de ce plan illusoire, est objectif, mais qui ne l'est pas en réalité. Cette forme illusoire qui n'a ni passé ni futur, parce qu'elle n'a pas eu d'incarnations précédentes et qu'elle n'aura pas de renaissances ultérieures, n'a rien à faire avec Karma, qui n'a, par suite, aucune prise sur elle. [VI 56]

Gautama BOUDDHA naquit, dans un sens, comme un Avatar. Mais cela, en raison des objections inévitables sur le terrain dogmatique, nécessite une explication. Il y a une grande différence entre un Avatar et un Jîvanmoukta ; l'un est, comme nous venons de le dire, un aspect illusoire, sans Karma, et qui ne s'est jamais incarné précédemment, tandis que l'autre, le Jîvanmoukta, est un être qui obtient le Nirvâna par ses mérites individuels. Un philosophe Védantin, ennemi de tout compromis, protesterait encore contre cette expression. Il pourrait dire que la condition de l'Avatar et du Jîvanmoukta constituant un seul et même état, aucun mérite personnel durant un nombre quelconque d'incarnations n'en pourrait conduire le possesseur jusqu'au Nirvâna. Le Nirvâna, dirait-il,  est dépourvu d'action ; comment donc une action quelconque pourrait-elle y conduire ? Ce n'est ni un résultat ni une cause, mais un Etre toujours présent et éternel, suivant la définition de Nâgaséna. Il s'ensuit qu'il ne peut avoir aucun rapport avec l'action, le mérite, ou l'absence de mérite, puisque ceux-ci dépendent de Karma. Tout cela est très vrai, mais cependant, pour notre esprit, il y a une grande différence entre les deux. Un Avatar est ; un Jîvamoukta le devient. Si l'état des deux est identique, il n'en est pas de même des causes qui y mènent, Un Avatar est la descente d'un Dieu dans une forme illusoire ; un Jîvanmoukta, qui peut avoir passé par d'innombrables incarnations et qui peut y avoir accumulé des mérites, ne devient certainement pas Nirvânî à cause de ces mérites, mais seulement à cause du Karma généré par ces mérites, qui le conduit et le guide dans la direction du Gourou qui doit l'initier aux mystères du Nirvâna et qui, seul, peut l'aider à atteindre ce séjour.

Les Shastras disent que c'est par nos œuvres seules que nous obtenons Moksha, que si nous ne nous donnons pas de mal, nous ne gagnerons rien et nous ne serons ni assistés, ni favorisés par la Divinité [le Mâhâ Gourou]. Aussi soutient-on que Gautama, bien qu'étant un Avatar dans un sens, est un véritable Jîvanmoukta humain qui devait sa position à ses mérites personnels et était, par suite, plus qu'un Avatar. C'est son mérite personnel qui lui permit d'atteindre Nirvâna.

Il y a deux types d'incarnations d'Adeptes, volontaires et conscientes – celles des Nirmânakâyas et celle des chélâs en probation qui sont soumis aux épreuves.

Le mystère le plus grand et le plus embarrassant du  premier type réside dans le fait que ces renaissances, dans un corps humain, de l'Ego personnel d'un Adepte – après avoir habité le Mâyâvi ou le Kâma Roûpa et être demeuré en Kâma Loka – peuvent se produire même lorsque ses "Principes Supérieurs" [VI 57] sont dans l'état de Nirvâna 77. Qu'il soit bien compris que les expressions ci-dessus sont employées dans un but populaire et, qu'en conséquence, ce qui est écrit ne traite pas de cette profonde et mystérieuse question en se plaçant au point de vue du plan le plus haut, celui de la spiritualité absolue, ni même en se plaçant au point de vue philosophique le plus haut, qui ne serait compris que par un très petit nombre de personnes. Il ne faut pas supposer que quelque chose puisse entrer en Nirvâna qui n'y soit pas éternellement, mais l'intellect humain, en concevant l'Absolu, doit faire de Lui le plus haut terme d'une série infinie. Si l'on se souvient de cela, on évitera beaucoup de conceptions erronées. Le contenu de cette évolution spirituelle, ce sont les matériaux de divers plans avec lesquels le Nirvânî fut en contact avant d'atteindre le Nirvâna. Le plan sur lequel cela est vrai, faisant partie de la série des plans illusoires, ne peut indubitablement être le plus haut. Ceux qui le cherchent doivent aborder la vraie source d'études,  les enseignements des Oupanishads et l'aborder avec l'esprit qu'il faut. Nous ne cherchons ici qu'à indiquer la direction dans laquelle doivent s'opérer les recherches et, en montrant quelques-unes des possibilités Occultes mystérieuses, nous ne conduisons pas effectivement nos lecteurs jusqu'au but. La vérité ultime ne peut être communiquée que de Gourou à disciple initié.

 77 Depuis ce que l'on appelle le Brahmâ Loka – le septième et le plus haut des mondes, au-delà duquel tout est aroûpa, sans forme, purement spirituel – jusqu'au monde le moins élevé et jusqu'à l'insecte, ou même jusqu'à un objet tel qu'une feuille, il y a une perpétuelle révolution des conditions de l'existence : évolution et renaissance. Quelques êtres humains atteignent des états ou des sphères d'où l'on ne retourne que dans un nouveau Kalpa (un jour de Brahmâ) : il y a d'autres états ou sphères d'où l'on ne revient qu'après 100 jours de Brahmâ (Mâhâ Kalpa, période qui couvre 311.040.000.000.000 d'années). Nirvâna, dit-on, est un état d'où l'on ne revient pas. Pourtant on soutient qu'il peut y avoir, dans des cas exceptionnels, des réincarnations provenant de cet état, seulement ces incarnations sont des illusions, comme tout ce qui est le plan physique, ainsi qu'on le montrera.

 

Après ce que nous avons dit, l'exposé paraîtra et devra même paraître incompréhensible, sinon absurde à bien des gens. D'abord à tous ceux qui ne sont pas familiarisés avec la doctrine de la nature multiple et  des aspects divers de la Monade humaine ; et en second lieu à ceux qui étudient la division septénaire de l'entité humaine, en se plaçant à un point de vue trop matérialiste. Pourtant l'Occultiste intuitif, qui a étudié à fond les mystères du Nirvâna – qui le sait identique à Parabrahman et, par suite, inchangeable, éternel, non pas une Chose, mais le Tout Absolu – se rendra compte de la possibilité du fait. Il sait que tandis qu'un Dharmakâya – un Nirvânî "sans restes", suivant la traduction de nos [VI 58] Orientalistes, car il est absorbé dans ce Néant, qui est l'unique Conscience réelle, parce qu'Absolue – ne peut être représenté comme retournant en incarnation sur la Terre, le Nirvânî, qui n'est plus ni "Il", ni "Elle", ni même "cela", le Nirmânakâya – ou celui qui a obtenu le Nirvâna "avec restes", c'est-à-dire qui est revêtu d'un corps subtil qui le rend impénétrable à toutes les impressions extérieures et à toutes les sensations mentales et chez qui la notion de son Ego n'a pas entièrement cessé – peut être ainsi représenté. Tous les Occultistes Orientaux savent aussi qu'il y a deux sortes de Nirmânakâyas – le naturel et celui qui est assumé ; que le premier est le nom ou épithète qui sert à désigner la condition d'un ascète d'un rang élevé, ou d'un Initié, qui a atteint un état de béatitude au-dessus duquel il n'y a que le Nirvâna, tandis que le second indique le sacrifice de soi-même d'un être qui renonce volontairement au Nirvâna absolu afin d'aider l'humanité et de continuer à faire le bien, ou, en d'autres termes, afin de sauver ses frères en humanité, en les dirigeant. On peut objecter que le Dharmakâya, étant un Nirvânî ou Jîvanmoukta, ne peut laisser "de restes" après sa mort, attendu qu'ayant atteint l'état après lequel il n'y a plus d'incarnations possibles, il n'y a plus besoin d'un corps subtil, ou de l'Ego individuel qui se réincarne d'une vie à l'autre, et que, par suite, ce dernier disparaît logiquement, à cela on répond : il en est ainsi en ce qui concerne toutes fins exotériques et comme loi générale. Mais le cas que  nous traitons est un cas exceptionnel et sa réalisation est du domaine des pouvoirs Occultes du haut Initié qui, avant d'entrer dans l'état de Nirvâna, peut  faire  en  sorte  de  laisser  ses  "restes"  (appelés  parfois, mais assez improprement, son Mâyâvi Roûpa) derrière lui 78, qu'il soit destiné à devenir un Nirvânî, ou bien à se trouver dans un état inférieur de béatitude.

Il y a ensuite des cas – rares, mais pourtant plus fréquents qu'on ne serait disposé à le croire – qui constituent [VI 59] les réincarnations volontaires et conscientes d'Adeptes 79 durant leurs épreuves. Tout homme possède un Soi interne, un "Soi Supérieur", ainsi qu'un Corps Astral. Mais rares sont ceux qui, en dehors des degrés supérieurs de l'Adeptat, sont capables de diriger ce dernier, ou de diriger un des principes qui l'animent, une fois que la mort a mis un terme à leur courte Vie terrestre. Pourtant cette direction, ou son transfert, du mort à un corps vivant, est non seulement possible, mais encore fréquente suivant les enseignements Occultes et Cabalistiques. Les degrés de ce pouvoir varient naturellement beaucoup. Nous n'en mentionnerons que trois : le moins élevé de ces degrés permettrait à un Adepte, qui, durant sa vie, aurait été très entravé dans ses études et dans l'emploi de ses pouvoirs, de choisir, après sa mort, un autre corps dans lequel il continuerait ses études interrompues, bien qu'en perdant ordinairement tout souvenir de sa précédente incarnation. Le degré suivant lui permettrait, en outre, de transférer dans son nouveau corps le souvenir de sa vie passée, et le degré le plus haut n'imposerait guère de limites à l'exercice de cette merveilleuse faculté.

Comme exemple d'un Adepte qui jouissait de la première des facultés que nous venons de mentionner, certains Cabalistes citent un personnage bien connu du XVème siècle – le Cardinal de Cues ; le Karma qu'il devait à son merveilleux goût pour les études ésotériques et pour la Cabale, conduisit le malheureux adepte à chercher le repos intellectuel et un abri contre la tyrannie ecclésiastique, dans le corps de Copernic. Se non è vero è ben trovato [si ce n'est pas vrai, c'est bien imaginé] ; et l'étude de la vie de ces deux hommes amènerait facilement celui qui croit à ces facultés à accepter le fait. Le lecteur qui est à même de le faire est invité à se reporter au formidable in-folio latin du XVème siècle, intitulé De Docta Ignorantia, écrit par le Cardinal de Cues et dans lequel toutes les théories  et hypothèses  –  toutes les idées  –  de Copernic se retrouvent comme les toniques des découvertes, du grand astronome 80. Qui était-ce que ce Cardinal si [VI 60] extraordinairement savant ? Le fils d'un  pauvre batelier, qui devait toute sa carrière, son chapeau de Cardinal et la crainte respectueuse, plutôt que l'amitié, des Papes Eugène IV, Nicolas V et Pie II, à l'extraordinaire savoir qui semblait être inné en lui, puisqu'il n'avait étudié nulle part jusqu'à un âge comparativement avancé. De Cues mourut le 11 août 1464 ; en outre, ses meilleurs ouvrages furent écrits avant qu'il n'eût été forcé d'entrer dans les ordres – pour échapper à la persécution. Et l'Adepte n'y échappa pas.

78 Le fait de la disparition du véhicule de l'Egotisme chez le Yogi complètement développé, qui est supposé avoir atteint le Nirvâna sur terre, bien des années avant sa mort corporelle, a donné naissance à la loi de Manou, sanctionnée par des millénaires d'autorité, Brahmanique, d'après laquelle un tel Paramâtmâ devrait être considéré comme absolument sans reproche et libre de tout péché et de toute responsabilité, quoi qu'il fît (voyez le dernier chapitre des Lois de Manou). En vérité, la loi des castes – ce tyran si despotique, si intransigeant et si autocratique des Indes – peut être impunément enfreinte par le Yogi, qui est au-dessus des castes. Cela donne la clef de nos déclarations.

79 [Le mot "Adepte" est très librement employé par H. P. B. qui semble souvent ne lui faire signifier que la possession de certaines connaissances spéciales. Ici, le mot semble signifier d'abord un disciple non-initié, puis ensuite un disciple initié. – Ed. de l'édition de 1897.]

 80 Environ cinquante ans avant la naissance de Copernic, le cardinal de Cues écrivit ce qui suit : "Bien que le monde puisse ne pas être absolument infini, personne ne peut se le représenter comme fini, puisque la raison humaine est incapable de lui assigner un terme... En effet, de même que notre terre ne peut être au centre de l'Univers, comme on le croyait, la sphère des étoiles fixes ne peut y être davantage... Ainsi ce monde est comme une vaste machine, ayant son centre [la Divinité] partout et sa circonférence nulle part [machina mundi, quasi habens ubique centrum et nullibi circumferentiam]... Par suite, la Terre, n'étant pas au centre, ne peut être immobile... et bien qu'elle soit plus petite que le Soleil, on n'en doit pas conclure qu'elle soit pire [vilior, plus vile]... On ne peut voir si ses habitants sont supérieurs à ceux plus près du Soleil, ou dans d'autres étoiles, car l'espace sidéral ne peut être privé d'habitants... La Terre qui est très probablement [fortasse] l'un des plus petits globes, est néanmoins le berceau d'être intelligents, très nobles et très parfaits." On ne peut s'empêcher d'être d'accord avec le biographe du Cardinal de Cues qui, ne soupçonnant pas la vérité Occulte et la raison d'une telle érudition chez un auteur des XIVème et XVème siècles, est simplement émerveillé par ces pré-connaissances miraculeuses et les attribue à Dieu, en disant de l'auteur que c'était un homme incomparable dans tous les genres de philosophie, par qui bien des mystères théologiques inaccessibles à l'esprit humain (!) voilés et négligés durant des siècles (velata et neglecta) furent, une fois encore, amenés à la lumière. "Pascal peut avoir lu les œuvres de de Cues, dit Moreri, mais à qui le Cardinal a-t-il pu emprunter ses idées ?" Evidemment à Hermès et aux œuvres de Pythagore, même si l'on écarte le mystère de son incarnation et de sa réincarnation.

 

Dans le volumineux ouvrage du Cardinal que nous avons cité plus haut, on trouve une phrase très suggestive, dont la paternité a été diversement attribuée, tantôt à Pascal, tantôt à de Cues lui-même et tantôt au Zohar et qui appartient de droit aux Livres d'Hermès.

Le monde est une sphère infinie, dont le centre est partout et la circonférence n'est nulle part.

 Cette phrase est parfois ainsi changée – "Le centre n'étant nulle part et la circonférence partout", idée plutôt hérétique pour un Cardinal, bien que parfaitement orthodoxe au point de vue cabalistique.

La théorie de la renaissance doit être exposée par des Occultistes, puis appliquée à des cas spéciaux. La compréhension correcte de ce fait psychique est basée sur une conception correcte de ce groupe d'Etres célestes universellement appelés les sept Dieux ou Anges Primordiaux – nos Dhyân Chohans – les "Sept Rayons Primordiaux", ou Pouvoirs, adoptés plus tard par la Religion Chrétienne sous le nom des "Sept Anges de la Présence". Aroûpa, sans forme, sur l'échelon supérieur de  l'échelle des Etres, ils se matérialisent de plus en plus au fur et à mesure qu'ils descendent sur l'échelle de l'objectivité et de la forme, pour aboutir au plus grossier et au plus imparfait de la Hiérarchie, [VI 61] l'homme – c'est ce groupe purement spirituel qui nous est indiqué dans nos enseignements Occultes, comme étant le berceau et la source des êtres humains. C'est là que germe la conscience qui constitue la première manifestation de la Conscience causale – l'Alpha et l'Oméga de l'être divin et de la vie éternelle. Et en accomplissant sa descente à travers toutes les phases de l'existence, passant par l'homme, l'animal et la plante, elle ne s'arrête que dans le minéral. Elle est représentée par le double triangle – le plus mystérieux et le plus suggestif de tous les signes mystiques, car c'est un double glyphe embrassant la conscience et la vie spirituelles et physiques ; le premier triangle pointant en haut et l'inférieur en bas, entrelacés tous deux et montrant les divers plans des deux fois sept modes de conscience, les quatorze sphères de l'existence, les Lokas des Brahmanes.

Le lecteur peut se faire maintenant une idée plus claire de l'ensemble. Il comprendra aussi ce que l'on entend par les "Veilleurs" dont un est placé comme Gardien ou Régent de chacune des sept divisions ou régions de la Terre, suivant d'antiques traditions, de même qu'il y en a un qui surveille et guide chacun des quatorze mondes ou Lokas 81. Néanmoins, ce n'est avec aucun de ceux-ci que nous avons à faire pour le moment, mais nous avons à nous occuper de ce qui est appelé les "Sept Souffles" fournissant à l'homme sa Monade immortelle pour son pèlerinage cyclique.

Le Commentaire du Livre de Dzyan dit :

Descendant d'abord dans sa région comme Seigneur de Gloire, la Flamme (ou Souffle), ayant appelé à l'existence consciente la plus haute des Emanations de cette région spéciale, remonte ensuite à Son siège primordial, d'où Elle surveille et dirige  Ses innombrables Rayons (Monades). Elle ne choisit comme Ses Avatars, que ceux qui avaient en eux Sept Vertus 82 durant leur précédente incarnation. Pour le reste, Elle couvre chacun d'eux de Ses innombrables Rayons... Néanmoins, le "rayon" lui-même est une portion du Seigneur des Seigneurs 83. [VI 62]

Le principe septénaire de l'homme – qui ne peut être considéré comme double qu'en ce qui concerne la manifestation psychique sur ce grossier plan terrestre – était connu de toute l'antiquité et on peut le retrouver dans toutes les Ecritures Antiques. Les Egyptiens le connaissaient et l'enseignaient et leur division des principes est, en tous points, la contrepartie de l'Enseignement Secret Aryen. Elle est ainsi donnée dans Isis Dévoilée :

Suivant les notions Egyptiennes, comme suivant  celles de toutes les autres croyances basées sur la philosophie, l'homme ne constituait pas seulement... l'union  d'un corps et d'une âme ; c'était une trinité lorsque l'Esprit y était ajouté. En outre, cette doctrine le faisait consister de Kha (le corps), Khaba (la forme ou ombre astrale), Ka (l'âme animale ou principe vital), Ba (l'âme  supérieure) et  Akh  (l'intelligence  terrestre).  Ils avaient aussi un sixième principe,    appelé Sah (ou momie), mais sa fonction commençait après la mort du corps 84.

82 Celui "aux Sept Vertus" est celui qui, sans le bénéfice de l'initiation, devient aussi pur qu'un Adepte, par le simple effort de son propre mérite. Etant si saint, son corps devient, à sa prochaine incarnation, l'Avatar de son "Veilleur" ou Ange Gardien comme diraient les Chrétiens.

83 Titre du plus haut des Dhyân Chohans.

84 Op. cit., IV. 27.

 

Le septième principe étant, bien entendu l'Esprit le plus haut, incréé, était génériquement appelé Osiris, aussi chaque personne décédée était Osirifiée – devenait un Osiris – après la mort.

Mais les Occultistes, tout en réaffirmant le fait antique et toujours présent de la réincarnation et de Karma – non pas comme l'enseignent les Spirites, mais comme l'enseigne la Science la plus Antique du monde – doivent enseigner la réincarnation cyclique et évolutionnaire : ce genre de renaissance, mystérieuse et encore incompréhensible pour beaucoup de gens qui ignorent l'histoire du monde et dont il a été prudemment fait mention dans Isis Dévoilée. Une renaissance générale pour chaque individu, avec intermède en Kâma Loka et en Dévachan et une réincarnation cyclique consciente, avec un but grandiose et divin, pour le petit nombre. Les grands personnages qui se dressent comme des géants dans l'histoire de l'humanité, comme Siddârtha BOUDDHA et Jésus dans le royaume spirituel, et Alexandre de Macédoine et Napoléon le Grand dans le royaume des conquêtes physiques, ne sont que les images reflétées de types humains ayant déjà existé – non pas dix mille ans auparavant, comme il est prudemment avancé dans Isis Dévoilée, mais durant des millions d'années consécutives depuis le commencement du Manvantara. En effet – à part les véritables Avatars, comme nous l'avons expliqué plus haut – ce sont les mêmes Rayons (Monades) ininterrompus de leurs propres Flammes-mères spéciales – appelées Dévas, Dhyân-Chohans ou Dhyâni-Bouddhas, [VI 63] Bouddhas, ou encore Anges Planétaires, etc., brillant dans l'éternité æonique comme leurs prototypes. C'est à leur image que naissent quelques hommes et, lorsqu'on a en vue un but humanitaire déterminé, ceux-ci sont animés hypostatiquement par leurs divins prototypes reproduits sans cesse par les mystérieuses Puissances qui surveillent et dirigent les destinées de notre monde.

On n'en pouvait dire plus à l'époque où Isis Dévoilée fut écrite, aussi se borna-t-on à faire remarquer que :

 Il n'y a pas de personnage marquant, dans toutes les annales de l'histoire sacrée ou profane, dont nous ne puissions retrouver le prototype dans les traditions, à moitié fictives et à moitié vraies, des religions et des mythologies disparues. De même que l'étoile, qui scintille à une incommensurable distance au-dessus de nos têtes, dans l'immensité infinie du firmament, se réfléchit dans les eaux calmes d'un lac, de même l'imagerie des hommes des époques antédiluviennes se réfléchit dans les périodes que nous pouvons embrasser dans une rétrospective historique.

Mais maintenant que tant de publications ont vu le jour, en exposant beaucoup de la doctrine et en donnant même parfois des vues erronées, nous pouvons amplifier et expliquer cette vague allusion. Cette déclaration ne s'applique pas seulement à des personnages éminents de l'histoire, en général, mais aussi aux hommes de génie, à tous les hommes remarquables de l'époque, qui s'élèvent au-dessus du troupeau par le développement anormal, en eux, de certaine capacité spéciale favorisant le progrès et le bien de l'humanité. Chacun d'eux est la réincarnation d'une individualité qui l'a précédé avec des capacités de même ordre, apportant comme dot à sa nouvelle forme cette puissante capacité ou qualité, facile à réveiller, qu'il avait complètement développée durant sa vie précédente. Ce sont très souvent des mortels ordinaires, les Egos d'hommes naturels dans le cours de leur développement cyclique.

Mais c'est des "cas spéciaux" que nous nous occupons actuellement. Supposons que durant le cours de son cycle d'incarnations, une personne – constituant un récipient suffisamment pur – soit ainsi choisie, dans un but déterminé, par son Dieu personnel, la Source (sur le plan du manifesté) de sa Monade, qui élit domicile en elle. Ce dieu, son propre prototype ou "Père dans les Cieux", n'est pas seulement, dans un sens, l'image d'après laquelle lui, l'homme spirituel, est fait, mais, dans le cas que nous considérons, c'est cet Ego spirituel et individuel lui-même. C'est un cas de Théophanie permanente, durant toute la vie. N'oublions pas que [VI 64] ceci n'est pas un Avatar, comme le comprend la Philosophie Brahmanique, et que l'homme ainsi choisi n'est ni un Jîvanmoukta, ni un Nirvânî, mais que cela constitue un cas tout à fait exceptionnel dans le royaume du Mysticisme.  L'homme  peut  avoir été, ou non, un Adepte  durant ses  vies précédentes ; c'est tout simplement un individu extrêmement pur et spirituel – ou quelqu'un qui était tout cela durant sa vie précédente, si le véhicule ainsi choisi est celui d'un enfant nouveau-né. Dans ce cas, après la translation physique d'un pareil saint ou Bodhisattva, ses principes astrals ne peuvent être soumis à une dissolution naturelle, comme ceux du commun des mortels. Ils demeurent dans notre sphère, à portée de l'attraction et de l'atteinte des humains ; c'est ainsi que l'on peut non seulement dire qu'un Bouddha, un Shankarâchârya, ou un Jésus, animent plusieurs personnes à la fois, mais encore que les principes d'un haut Adepte peuvent animer les tabernacles extérieurs de mortels ordinaires.

Un certain Rayon (principe) de Sanat Koumâra spiritualisait (animait) Pradyoumna, fils de Krishna, durant la grande période du Mahâbhârata, alors, qu'en même temps, Sanat Koumâra lui-même donnait des instructions au Roi Dhritarâshtra. Il faut, en outre, se rappeler que Sanat Koumâra est un éternel adolescent de seize ans" qui habite le Jana Loka, sa propre sphère ou son propre état spirituel.

Même dans ce qu'on appelle la vie médianimique ordinaire, on a assez bien démontré que pendant que le corps agit – ne fut ce  que machinalement – ou est en repos dans un endroit déterminé, son double astral peut apparaître et agir indépendamment dans un autre  endroit, parfois fort éloigné. Cela se produit couramment dans la vie et l'histoire mystiques et s'il en est ainsi pour les extatiques, les Voyants et les Mystiques de tous genres, pourquoi la même chose ne pourrait-elle pas se produire sur un plan d'existence supérieur et plus  développé spirituellement ? Si on admet la possibilité sur le plan psychique inférieur, pourquoi donc ne pas l'admettre sur un plan supérieur ? Dans les cas d'Adeptat supérieur, lorsque le corps est absolument aux ordres de l'Homme Interne, lorsque l'Ego Spirituel est complètement réuni à son septième principe, même durant la vie de la personnalité et que l'Homme Astral, ou Ego personnel, est devenu si pur qu'il s'est graduellement assimilé toutes les qualités et tous les attributs de la nature moyenne (Bouddhi et Manas sous leur aspect terrestre), cet Ego personnel se substitue, pour ainsi dire, au Soi Supérieur spirituel et il est, dès lors, capable de vivre sur la terre d'une vie indépendante : lorsque la mort corporelle a lieu, le mystérieux événement suivant se  produit fréquemment. En tant que Dharmakâya, [VI 65] que Nirvani "sans restes", complètement libre de tout mélange terrestre, l'Ego Spirituel ne peut revenir se réincarner sur la terre. Mais on affirme qu'en pareil cas l'Ego personnel, même d'un Dharmakâya, peut rester dans notre sphère en général et revenir s'incarner sur terre s'il y a lieu. En effet, il ne peut plus désormais être soumis, comme les restes astrals d'un homme ordinaire, à une dissolution graduelle en Kâma Loka (le limbus ou purgatoire des Catholiques Romains et le "Summer-land" 85 des Spirites) ; il ne peut encourir une seconde mort, selon l'expression employée par Proclus 86 pour désigner cette désagrégation. Il est devenu trop saint et trop pur, non plus par une lumière et une spiritualité réfléchies, mais en vertu de sa propre lumière et de sa propre spiritualité, pour dormir d'un sommeil inconscient dans un état Nirvanique inférieur, ou pour se dissoudre comme une coque astrale quelconque et disparaître entièrement.

Mais, dans la condition connue sous le nom de Nirmânakâya [le Nirvânî "avec restes"], il peut encore aider l'humanité.

"Que je souffre et porte le poids des péchés de tous [être réincarné de nouvelles misères], mais que le monde soit sauvé !", a dit Gautama BOUDDHA – exclamation dont le véritable sens est peu compris aujourd'hui par ses disciples. "Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ?" 87, demande le Jésus astral à Pierre. "Jusqu'à ce que je vienne" veut dire "jusqu'à ce que je me réincarne de nouveau" dans un corps physique. Pourtant le Christ de l'ancien corps crucifié pouvait dire en vérité : "Je suis avec mon Père et ne fais qu'un avec Lui", ce qui n'empêcha ni l'astral de reprendre une forme ni Jean de demeurer vraiment jusqu'à ce que son Maître fut revenu et n'empêcha pas non plus Jean de ne pas le reconnaître lorsqu'il revint et de s'opposer à lui. Mais, dans l'Eglise, cette remarque donna naissance à l'absurde idée du millénium ou chiliasme, dans son sens physique. [VI 66]

 85 [Pays du Soleil. N.d.T.]

86 "Après la mort, l'âme demeure dans le corps aérien (astral) jusqu'à ce qu'elle soit purifiée de toutes passions colères et charnelles ; puis elle abandonne, par une seconde mort, le corps aérien [lorsqu'elle monte en Dévachan], comme elle avait abandonné le corps terrestre. C'est pourquoi les anciens disent qu'il y a un corps céleste toujours joint à l'âme, qui est immortelle, lumineuse et semblable à une étoile". Il devient donc naturel que le "corps aérien" d'un Adepte ne subisse pas cette seconde mort, puisqu'il a été purifié de toutes ses impuretés naturelles, avant sa séparation d'avec le corps physique. Le haut Initié est un "Fils de la Résurrection", "égal aux anges" et il ne peut plus mourir (Voyez Luc. XX. 36).

87 Saint Jean, XXI. 22.

 

Depuis lors "l'Homme de Douleurs" est peut-être revenu plus d'une fois, inconnu de ses aveugles disciples qui ne l'ont pas découvert. Depuis lors aussi, ce grand "Fils de Dieu" a été constamment et très cruellement crucifié, jour par jour et heure par heure, par les Eglises fondées en son nom. Mais les Apôtres, à demi initiés seulement, ne surent pas attendre leur Maître et, ne le reconnaissant pas, le repoussèrent chaque fois qu'il revint 88.

   88 Voyez les extraits publiés par The Theosophist, nov. 1881, p. 38, et déc., p. 75, d'un admirable roman de Dostoievsky – un fragment intitulé "Le Grand Inquisiteur". C'est naturellement une fiction, mais une sublime fiction, du retour du Christ en Espagne, durant les beaux jours de l'Inquisition et de son emprisonnement et de sa mise à mort par l'Inquisiteur, qui craint que le Christ ne ruine l'œuvre des mains Jésuites.

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bon.christo@free.fr (Super User) LA DOCTRINE SECRETE VOL 6 Sat, 17 Jan 2015 10:54:10 +0000
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SECTION XLII

LES SEPT PRINCIPES

 

Le "Mystère de Bouddha" est celui de plusieurs autres Adeptes – peut- être même de beaucoup. Toute la difficulté réside dans la compréhension correcte de l'autre mystère : celui qui concerne le fait réel, si abstrait et si transcendant à première vue. des "Sept Principes" de l'homme, de la réflexion dans l'homme des sept pouvoirs de la Nature, au point de vue physique, et des sept Hiérarchies d'Etres, au point de vue intellectuel et spirituel. Afin de faire comprendre plus clairement (d'une manière générale) la triple nature de l'homme – matériel, éthéré et spirituel – on peut grouper ses éléments constitutifs selon un système ou un autre,  la base et le sommet de cette division seront toujours les mêmes. Comme il n'y a chez l'homme que trois Oupadhis (bases), on peut édifier sur eux un nombre quelconque de Koshas (enveloppes) avec leurs divers aspects, sans détruire l'harmonie de l'ensemble. Ainsi, tandis que le Système Esotérique accepte la division septénaire, la classification Védantine donne cinq Koshas, et la Târaka Râja Yoga les réduit à quatre – les trois Oupadhis synthétisés par le principe le plus élevé, Atmâ.

Ce que nous venons d'exposer provoquera naturellement la question suivante : "Comment une personnalité spirituelle (ou semi spirituelle) peut-elle vivre d'une Vie triple, ou même double en changeant ad libitum les "Soi Supérieurs" respectifs et rester pourtant l'unique Monade éternelle dans l'infini d'un Manvantara ?" La réponse à cette question est facile pour un véritable Occultiste, alors qu'elle doit paraître absurde au profane non- initié. Les "Sept Principes" sont, bien entendu, la manifestation d'un seul Esprit indivisible, mais l'unité n'apparaît qu'à la fin du Manvantara et lorsqu'ils sont réunis sur le plan de l'Unique Réalité ; durant le voyage du "Pèlerin", les reflets de cette Unique Flamme indivisible, les aspects de l'unique Esprit éternel, ont chacun le pouvoir d'agir sur l'un des plans manifestés de l'existence – les différenciations graduelles du plan unique non-manifesté – c'est-à-dire sur le plan auquel il appartient réellement. Notre terre fournissant toutes les conditions Mâyâviques, il s'ensuit que le Principe Egotiste purifié, le Soi astral et personnel d'un Adepte, bien que ne formant en réalité qu'un tout complet avec son Soi Supérieur (Atmâ et Bouddhi) peut néanmoins, [VI 68] moins, pour des fins de compassion et de bienveillance universelles se séparer de telle sorte de sa Monade divine qu'il puisse mener, sur ce plan d'illusion et d'être temporaire, une vie consciente, distincte et indépendante, sous une forme d'emprunt illusoire, et atteindre ainsi un double but : l'épuisement de son propre Karma individuel et le salut de millions d'êtres humains moins favorisés que lui, à cause de leur aveuglement mental. Si l'on demande : "Lorsque se produit le changement que l'on décrit comme le passage en Nirvâna d'un Bouddha ou d'un Jîvanmoukta, où donc la conscience originelle qui animait le corps continue-t-elle à résider – dans le Nirvânî ou dans les incarnations suivantes de ses "restes" (le Nirmânakâya) ?" La réponse est que la conscience emprisonnée peut consister en "un certain savoir tiré de l'observation et de l'expérience" suivant l'expression de Gibbon, mais que la conscience désincarnée n'est pas un effet, mais bien une cause. C'est une part du tout, ou plutôt un Rayon sur l'échelle graduée de son activité manifestée, de la Flamme unique, sans limite et pénétrant toute chose, dont les reflets seuls peuvent se différencier ; et, comme telle, la conscience est douée d'ubiquité, et ne peut être ni localisée ni centrée sur, ou dans, un sujet particulier et ne peut non plus être limitée. Ses effets seuls appartiennent à la région de la matière, car la pensée est une énergie qui affecte la matière de différentes manières, mais la conscience, per se, telle que la comprend et la décrit la philosophie Occulte, constitue la suprême qualité du principe spirituel sensible, qui est en nous, l'Ame Divine (ou Bouddhi) et notre Ego Supérieur et n'appartient pas au plan de la matérialité. Après la mort de l'homme physique, si c'est un Initié, elle se transforme, et de qualité humaine qu'elle était, devient le principe indépendant lui-même ; l'Ego conscient devient Conscience per se, sans aucun Ego, en ce sens que ce dernier ne peut être limité ou conditionné par les sens, ni même par l'espace ou le temps. Aussi est-il capable, sans quitter ou abandonner son possesseur, Bouddhi, de se réfléchir en même temps dans ce qui était son homme astral, sans avoir nullement besoin  de se localiser. On trouve la même chose, à un degré très inférieur, dans nos rêves. Si, en effet, la conscience peut déployer de l'activité durant nos visions, alors que le corps et son cerveau matériel sont profondément endormis – et si, même durant ces visions, elle est douée d'ubiquité – combien supérieur doit être son pouvoir lorsqu'elle est  entièrement dégagée de notre cerveau physique et n'a plus de rapports avec lui.

 

[VI 69]

 

 

SECTION XLIII

LE MYSTERE DE BOUDDHA

 

Le mystère de Bouddha consiste en ceci : Gautama, incarnation de la pure Sagesse, avait encore à apprendre sous Son enveloppe humaine, et à être initié aux secrets du monde, comme tout autre mortel, jusqu'au jour où Il émergea de Sa retraite secrète des Himalayas et prêcha, pour la première fois, dans les bosquets de Bénarès. Il en est de même pour Jésus : depuis l'âge de douze ans jusqu'à l'âge de trente, lorsqu'on Le voit prononcer le Sermon sur la Montagne, on ne connaît ni ne dit rien de positif à Son sujet. Gautama avait juré un secret inviolable au sujet des Doctrines Esotériques qui Lui avaient été communiquées. En raison de l'immense pitié que faisait naître en Lui l'ignorance de l'humanité – et les souffrances qui en sont les conséquences – quelque désireux qu'Il fût de ne pas violer Ses vœux sacrés, Il ne sut pas se maintenir dans les limites  prescrites. Lorsqu'Il édicta Sa philosophie Exotérique (la "Doctrine de l'œil"), en la basant sur la Vérité éternelle, Il ne réussit pas à cacher certains dogmes, et, outrepassant les limites légitimes, Il fut cause que ces dogmes furent mal interprétés. Dans Son désir anxieux d'en finir avec les faux Dieux, Il révéla dans les "Sept Voies conduisant au Nirvâna" quelques-uns des mystères des Sept Lumières du Monde Aroûpa (sans forme). Un fragment de la vérité est souvent pire que pas de vérité du tout :

La vérité et la fiction sont comme l'huile et l'eau ; elles ne se mélangent jamais.

Sa nouvelle doctrine, qui représentait le corps extérieur et mort de l'Enseignement Esotérique, sans l'Ame qui le vivifie, eut des effets désastreux : elle ne fut jamais correctement comprise, et la doctrine elle- même fut repoussée par les Bouddhistes du Sud. Une immense philanthropie, une charité et un amour illimité pour toutes les créatures avaient servi de base à Son erreur involontaire ; mais Karma ne tient guère compte des intentions, bonnes ou mauvaises, si elles restent stériles. Si la "Bonne Loi", telle qu'elle fut prêchée, produisit le plus sublime code de morale et l'incomparable philosophie des choses extérieures du Cosmos visible, elle faussa les intelligences sans maturité et les amena à croire, à tort, qu'il n'y avait rien de plus sous le revêtement extérieur du système, dont on ne prit que la lettre morte. En outre, le  nouvel enseignement troubla bien des esprits supérieurs qui avaient suivi, jusqu'alors, l'orthodoxie brahmanique. [VI 70]

Aussi, une cinquantaine d'années  après  sa  mort,  "le  grand Instructeur 89", ayant refusé le Dharmakâya et le Nirvâna complet, consentit, dans des buts karmiques et philanthropiques, à renaître encore. Pour Lui, la mort n'avait pas été une mort, mais, suivant les termes employés dans "Elixir of Life" 90, Il changea, un brusque plongeon dans les ténèbres en passage à une plus brillante lumière.

Le choc de la mort fut brisé et, comme beaucoup d'autres Adeptes, Il rejeta l'enveloppe mortelle, qu'Il abandonna pour qu'elle fût brûlée et que les cendres en fussent employées comme reliques, puis, revêtu de Son corps subtil, commença la vie interplanétaire. Il renaquit sous la forme de Shankara, le plus grand instructeur Védantin des Indes dont la  philosophie – entièrement basée comme elle l'est sur les axiomes fondamentaux de l'éternelle Révélation, le Shrouti ou la Religion-Sagesse primitive, tout comme Bouddha, en Se plaçant à un point de vue différent, avait auparavant basé la sienne – tient un juste milieu entre la métaphysique voilée avec trop d'exubérance des Brahmanes orthodoxes, et celle de Gautama qui, dépouillée, sous son aspect exotérique, de tout espoir qui vivifie l'âme, de toute aspiration transcendante et de tout symbole, ressemble, dans sa froide sagesse, à un glaçon, au squelette des vérités primordiales de la Philosophie Esotérique.

Shankarâchârya était-il donc le Bouddha Gautama sous une nouvelle forme personnelle ? L'étonnement du lecteur ne fera peut-être qu'augmenter si on lui dit qu'il y avait le Gautama "astral" dans  le Shankara extérieur, dont le principe supérieur, ou Atman, n'en était pas moins son propre prototype divin – le "Fils de Lumière", en vérité – le fils céleste d'Aditi, né du mental.

 89 Lorsque nous disons "grand Instructeur", nous ne voulons pas parler de Son Ego Bouddhique, mais du principe, en Lui, qui servait de véhicule à Son Ego personnel ou terrestre.

90 Five Years of Theosophy, Nouvelle Edition, p. 3.

 

Ce fait est encore basé sur le mystérieux transfert dans un autre corps, visible ou subjectif, de l'ex-personnalité divine immergée dans l'Individualité impersonnelle – alors dans toute sa forme trinitaire de Monade, comme Atmâ, Bouddhi, Manas. Dans le premier cas, c'est un Manoushya-Bouddha ; dans le second c'est un Nirmânakâya. Le Bouddha est en Nirvâna, dit-on, bien que ce véhicule jadis mortel de Gautama – le corps subtil – soit encore présent parmi les Initiés ; et il ne quittera pas le royaume de l'Etre conscient tant que [VI 71] l'humanité souffrante aura besoin de son assistance divine – pas avant la fin de cette Race-Mère, en tout cas. De temps en temps le Gautama "astral" S'associe d'une façon très mystérieuse – tout à fait incompréhensible pour nous – avec des Avatars et de grands saints et agit par leur entremise. Plusieurs d'entre eux sont nommés.

Ainsi il est avéré que Gautama Bouddha était réincarné en Shankarâchârya – et que, suivant ce qui est dit dans le Bouddhisme Esotérique, Shankarâchârya,   à tous égards, était simplement Bouddha dans un nouveau corps 91.

Cette affirmation, tout en étant vraie dans son sens mystique, peut, sans explications, égarer par la façon dont on l'exprime. Shankara était un Bouddha, très certainement, mais il ne fut jamais une réincarnation du Bouddha, bien que l'Ego "astral" de Gautama – ou plutôt son Bodhisattva – puisse avoir été associé, d'une manière mystérieuse, avec Shankarâchârya. Oui, c'était peut-être l'Ego Gautama, sous une enveloppe nouvelle et mieux adaptée – celle d'un Brahmane de l'Inde du Sud. Mais l'Atman, le Soi Supérieur qui les animait tous deux, était distinct du Soi Supérieur du Bouddha passé, qui Se trouvait désormais dans Sa propre sphère du Cosmos.

Shankara était un Avatar dans toute la force du terme. D'après Sayanâchârya, le grand commentateur des Védas, on doit le considérer comme un Avatar, ou une incarnation directe de Shiva Lui-même – le Logos, le Septième Principe de la Nature. Dans La Doctrine Secrète, Shri Sankarâchârya est considéré comme ayant été – durant trente-deux ans de 

sa vie mortelle – la demeure d'une Flamme, le plus élevé des Etres Spirituels manifestés, l'un des Sept Rayons Primordiaux.

Qu'entend-on maintenant par un Bodhisattva ? Les Bouddhistes du système mystique Mahâyâna enseignent que chaque BOUDDHA Se manifeste (hypostatiquement ou autrement) simultanément dans trois mondes de l'Etre, à savoir : dans le monde de Kama (concupiscence ou désir – l'univers sensuel ou notre Terre) sous la forme d'un homme ;  dans le monde Roupâ (de la forme, mais supersensuelle) comme Bodhisattva ; et dans le Monde Spirituel supérieur (celui des existences purement incorporelles) comme Dhyâni Bouddha. Ce dernier règne éternellement dans l'espace et le temps, c'est-à-dire d'un Mahâ-Kalpa à l'autre – la culmination synthétique [VI 72] des trois, Adi-Bouddha 92, le Principe- Sagesse, qui est Absolu, étant par, suite, en dehors de l'espace et du temps. Leurs rapports entre eux sont les suivants : Le Dhyâni Bouddha lorsque le monde a besoin d'un Bouddha humain, "crée", grâce au pouvoir de Dhyâna (méditation, dévotion omnipotente), un fils né du mental – un  Bodhisattva –   qui a pour mission, après la mort physique de son Manoushya-Bouddha humain, de continuer son œuvre sur la Terre, jusqu'à l'apparition du Bouddha suivant. La signification ésotérique de cet enseignement est claire. Dans le cas d'un simple mortel, les principes renfermés en lui ne sont que les reflets, plus ou moins brillants, des sept Principes cosmiques et des sept Principes célestes, la Hiérarchie des Etres supersensuels. Dans le cas d'un Bouddha, ce sont presque les principes eux-mêmes, in esse. Le Bodhisattva remplace en lui le Kârana Sharira, le principe de l'Ego et le reste d'une façon correspondante ; c'est de cette manière que la Philosophie Esotérique explique le sens de la phrase disant que "par la vertu de Dhyâna [ou la méditation abstraite], le Dhyâni-Bouddha [l'Esprit ou la Monade du Bouddha] crée un Bodhisattva" ou l'Ego revêtu d'une enveloppe astrale dans le Manoushya-Bouddha. Aussi, tandis que le Bouddha retourne s'immerger dans le Nirvâna d'où il était sorti, le Bodhisattva  reste en arrière pour continuer l'œuvre du Bouddha sur la terre. C'est donc ce Bodhisattva qui peut avoir fourni les principes inférieurs dans le corps d'apparition de l'Avatar Shankarâchârya.

91 Op. cit., p. 230. Troisième Edition.

 92 Il serait inutile de soulever des objections d'œuvres exotériques, dans cet ouvrage qui ne vise qu'à exposer, si superficiellement que ce soit, les Enseignements Esotériques seuls. C'est parce qu'ils sont égarés par la doctrine exotérique, que l'Evêque Bigandet et d'autres, affirment que la notion d'un suprême et éternel Adi-Bouddha ne se trouve que dans des écrits d'une date comparativement récente. Ce que nous donnons ici est tiré des parties secrètes de Dus Kyi Rhorlo (Kâla Chakra, en Sanscrit, ou la "Roue du Temps", ou durée).

 

Or, dire que Bouddha, après avoir atteint le Nirvâna, revient de là pour s'incarner dans un nouveau corps, ce serait émettre une hérésie, tant au point de vue Brahmanique, qu'au point de vue Bouddhique. Même dans l'Ecole exotérique de Mahâyâna, dans l'enseignement qui traite des trois corps "Bouddhiques" 93 on dit du Dharmakâya – l'Etre sans [VI 73] forme, idéal – qu'une fois qu'il l'a revêtu, le Bouddha abandonne à jamais en lui le monde des perceptions sensorielles et n'a plus, ni peut plus avoir, aucun rapport avec lui. Dire, comme l'enseigne l'Ecole Esotérique ou Mystique, que bien que Bouddha soit en Nirvâna, il a laissé derrière lui le Nirmânakâya (le Bodhisattva) pour continuer son œuvre, c'est tout à fait orthodoxe et en accord avec l'Ecole Esotérique de Mahâyâna et avec celle de Prasanga Madhyâmika qui constitue un système anti-ésotérique très rationaliste. En effet, dans le Commentaire Kâla Chakra, il est établi qu'il existe : [1] Adi-Bouddha, éternel et non-conditionné, puis [2] viennent les Sambhogakâya-Bouddhas, ou Dhyâni-Bouddhas existant de toute éternité (æonique) et ne disparaissant jamais, pour ainsi dire les Bouddhas causals, et [3] les Manoushya Bodhisattvas. Les rapports qui existent entre eux sont déterminés par la définition donnée. Adi-Bouddha est Vajradhara et les Dhyâni-Bouddhas sont Vajrasattva ; pourtant, bien que ces deux soient des êtres différents sur leurs plans respectifs, Ils sont, par le fait, identiques, car l'un agit par l'entremise de l'autre, comme un Dhyâni agit par l'entremise d'un Bouddha humain. L'un est "l'Intelligence Illimitée" ; l'autre n'est que "l'Intelligence Suprême". On dit de Phra-Bodhisattva – qui fut ensuite Gautama Bouddha sur la Terre :

Ayant rempli toutes les conditions nécessaires pour atteindre immédiatement l'état parfait de Bouddha, l'Etre Saint préféra, par un sentiment de charité illimitée envers les êtres vivants, se réincarner encore une fois pour le bien de l'homme.

Le Nirvâna des Bouddhistes n'est que le seuil du Paranirvâna, suivant l'Enseignement Esotérique, tandis que pour les Brahmanes  c'est le summum bonum, l'état final d'où l'on ne revient plus – en tout cas pas avant le Mahâ-Kalpa suivant. Et encore cette dernière opinion sera combattue par certains philosophes trop orthodoxes et dogmatiques, qui ne veulent pas accepter la Doctrine Esotérique. Pour eux le Nirvâna est le néant absolu, où il n'y a rien ni personne, rien qu'un Tout non-conditionné. Pour comprendre les caractéristiques complètes de ce Principe Abstrait, on doit le sentir par intuition et saisir pleinement la "condition unique permanente dans l'Univers" que les Hindous définissent si bien comme :

L'état d'inconscience parfaite – simple Chidâkâsham (champ de conscience) en fait, [VI 74] si paradoxal que cela puisse paraître aux yeux du lecteur profane 94.

Shankarâchârya avait la réputation d'être un Avatar ; ce que l'auteur croit implicitement, mais ce que d'autres ont naturellement le droit de ne pas admettre. En cette qualité, il prit le corps d'un Brahmane nouveau-né de l'Inde du Sud ; ce corps, pour des raisons aussi importantes que mystérieuses pour nous, était, dit-on, animé par les restes  astrals personnels de Gautama. Ce divin Non-Ego choisit pour son propre Oupadhi (base physique), l'Ego humain éthéré d'un grand Sage dans ce monde des formes, comme le véhicule le mieux approprié pour que l'Esprit y descende.

Shankarâchârya a dit :

Parabrahman est Kartâ [Pourousha], puisqu'il n'y a pas d'autre Adhishtâthâ 95 et Parabrahman est Prakriti, puisqu'il n'y a pas d'autre substance 96.

Or, ce qui est vrai pour le plan Macrocosmique est également vrai pour le plan Microcosmique. On se rapproche donc, davantage de la vérité en disant – une fois cette possibilité admise – que le Gautama "astral", ou le Nirmânakâya était l'Oupadhi de l'esprit de Shankarâchârya, plutôt que ce dernier ne fut une réincarnation du précédent.

 93 Les trois corps sont : [1] le Nirmânakâya (Proul-pai-Kou, en tibétain), dans lequel le Bodhisattva, après être entré, par les six Pâramitâs, dans le Sentier du Nirvâna, apparaît aux hommes afin de les instruire ; [2] le Sambhogakâya (Dzog-pai-kou), le corps de la béatitude impénétrable pour toutes les sensations physiques et que reçoit celui qui a rempli les trois conditions de perfection morale et [3] le Dharmakâya (en Tibétain, Chos-Kou), le corps Nirvanique.

 94 Five Years of Theosophy, art. "Personal and Impersonal God", p. 129.

95 Adhishtâthâ, l'agent actif ou à l'œuvre dans Prakriti (ou la matière).

96 Védânta-Soûtras, Ad. [ch.] 1. Pâda IV. Shi. 23. Commentaire. Le passage est rendu comme suit dans la traduction de Thibaut (Sacred Books of the East, XXXIV, p. 286) : "Le Soi est ainsi la cause opérante, parce qu'il n'y a pas d'autre principe gouvernant et aussi la cause matérielle, parce qu'il n'y a pas d'autre substance d'où le monde pourrait tirer son origine".

 

Lorsqu'un Sankarâchârya doit naître, il va de soi que tous les principes de l'homme mortel manifesté doivent être les plus purs et les meilleurs qui existent sur la Terre. En conséquence, les principes jadis rattachés à Gautama, le grand prédécesseur direct de Shankara, furent naturellement attirés vers lui, l'économie de la Nature interdisant l'évolution nouvelle de principes similaires tirés de l'état brut. Mais il ne faut pas oublier que les principes éthérés supérieurs, différant en cela des principes inférieurs et plus matériels, ne sont pas parfois visibles pour l'homme (comme corps astrals) et qu'il faut les considérer comme des Pouvoirs, ou Dieux, séparés ou indépendants, plutôt que comme des objets matériels. Aussi la véritable manière de représenter la vérité serait de dire que les divers principes, le Bodhisattva, de Gautama Bouddha, qui ne s'étaient pas rendus en Nirvâna, se réunirent [VI 75] pour constituer les principes moyens de Shankarâchârya, l'Entité terrestre 97.

Il est absolument nécessaire d'étudier ésotériquement la doctrine des Bouddhas et de se rendre compte des différences subtiles qui existent entre les différents plans de l'existence, pour être à même de comprendre correctement ce qui précède. Pour parler plus clairement, Gautama, le Bouddha humain, qui avait, exotériquement, Amitâbha pour son Bodhisattva et Avalokitésvara pour son Dhyâni-Bouddha – la triade émanant directement d'Adi-Bouddha – les assimila par sa "Dhyâna" (méditation) et devint ainsi un Bouddha (un "illuminé"). D'une autre façon, le cas est le même pour tous les hommes ; chacun de nous a son Bodhisattva – le principe moyen, si nous nous en tenons pour un instant à la division trinitaire du groupe septénaire – et son Dhyâni Bouddha, ou Chohan, le "Père du Fils". C'est là que se trouve, dans une coquille de noix, le chaînon qui nous rattache à la Hiérarchie supérieure des Etres Célestes, mais nous sommes trop grands pécheurs pour nous les assimiler. 

97 Dans Five Years of Theosophy, [éd. de 19101 (art. "Shâkya Muni's Place in History", p. 234, note) il est dit qu'un jour où le Seigneur se tenait dans la caverne Sattapanni (Saptaparna) il compara l'homme à une plante Saptaparna (à sept feuilles).

 

"Mendiants, dit-il, il y a sept Bouddhas dans chaque Bouddha et il y a dans chaque mendiant six Bhikshous et un seul Bouddha. Quels sont les sept ? Les sept branches de la connaissance complète. Quels sont les Six ? Les six organes des sens. Que sont les cinq ? Les cinq éléments de l'être illusoire. Et l'Unique qui est aussi dix ? C'est un vrai Bouddha qui développe en lui les dix formes de sainteté et les soumet toutes à l'unique..." Ce qui signifie que chacun des principes du Bouddha, était le plus haut qui pût être évolué sur cette terre ; tandis que dans le cas d'autres hommes, qui atteignent le Nirvâna, il n'en est pas nécessairement ainsi. Même en tant que simple Bouddha humain (Manousha), Gautama fut un modèle pour tous les hommes. Mais ses Arhats n'en étaient pas nécessairement.

 Six siècles après le départ du Bouddha humain (Gautama), un autre Réformateur aussi noble et aussi plein d'amour, bien que moins favorisé par les circonstances, apparut dans une autre partie du monde, au milieu d'une autre race moins spirituelle. Il y a une grande similitude entre les opinions que se fit plus tard le monde au sujet des deux Sauveurs, l'Oriental et l'Occidental. Alors que des millions d'êtres se convertissaient aux doctrines des deux Maîtres, leurs ennemis – les adversaires sectaires, les plus dangereux de tous les déchirèrent tous deux en lançant des insinuations basées sur des vérités Occultes méchamment déformées et, par suite, doublement dangereuses. Tandis que les Brahmanes disent de Bouddha qu'Il était véritablement un Avatar de Vishnou, mais qu'Il était venu pour tenter les Brahmanes [VI 76] et les détourner de leur foi, et était, par suite, le mauvais aspect du Dieu, les Gnostiques Bardesanes et d'autres affirmaient que Jésus était Nébou, le faux Messie, le destructeur de l'antique religion orthodoxe. "Il est le fondateur d'une nouvelle secte de Nazars", disaient d'autres sectaires. En Hébreu, le mot "Naba" veut dire "parler par inspiration", (אבנ et ובנ, c'est Nébo, le Dieu de la sagesse.) Mais Nébo est aussi Mercure, qui est Bouddha dans le monogramme Hindou des planètes. C'est établi par le fait que, suivant les Talmudistes, Jésus était inspiré par le Génie (ou Régent) de Mercure confondu par Sir William Jones avec Gautama Bouddha. Il y a beaucoup d'autres étranges similitudes entre Gautama et Jésus, qui ne peuvent être exposées ici 98.

 98 Voyez Isis Dévoilée. III, 179.

 

Si les deux Initiés, conscients du danger de livrer aux masses ignorantes les pouvoirs acquis grâce au savoir ultime, laissèrent dans de profondes ténèbres le coin le plus reculé du sanctuaire, qui, parmi ceux qui connaissent la nature humaine, oserait les en blâmer ? Cependant, bien que Gautama, guidé par la prudence, ait passé sous silence les parties Esotériques et très dangereuses du Savoir Secret et qu'il ait vécu jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans – la Doctrine Esotérique dit, de cent ans – et soit mort avec la certitude d'avoir enseigné les vérités essentielles et d'avoir semé les germes qui devaient amener la conversion d'un tiers des êtres humains, Il en révéla peut-être plus qu'il en fallait strictement pour le bien de la postérité. Mais Jésus, qui avait promis à Ses disciples la connaissance qui confère à l'homme le pouvoir de produire des "miracles" plus grand qu'Il n'en avait jamais produit Lui-même, mourut en ne laissant que quelques disciples fidèles – gens qui n'étaient arrivés qu'à mi-chemin du savoir. Ils avaient donc à lutter contre un monde auquel ils ne pouvaient communiquer que ce qu'ils ne connaissaient eux-mêmes qu'à demi, et rien de plus. Plus tard, les disciples exotériques des deux Maîtres brouillèrent les vérités communiquées, au point de les rendre souvent méconnaissables. En ce qui concerne les adhérents du Maître Occidental, la preuve en est qu'aucun d'eux ne peut aujourd'hui accomplir les "miracles" promis. C'est à eux de choisir ; ou bien ils se sont égarés, ou bien c'est à leur Maître qu'il faut reprocher une vaine promesse, une vantardise gratuite 99. Pourquoi cette différence entre la destinée [VI 77] des deux ? Pour l'Occultiste, cette énigme d'une faveur inégale de Karma ou de la Providence est déchiffrée grâce à La Doctrine Secrète.

Il n'est "pas permis" de parler publiquement de ces choses, comme nous le dit saint Paul. Une seule explication peut encore être donnée à ce sujet. Il a été dit, quelques pages plus haut, qu'un Adepte qui se sacrifie ainsi pour vivre, en renonçant au Nirvâna complet, sans pouvoir jamais perdre les connaissances acquises par lui durant ses  existences précédentes, ne peut jamais s'élever plus haut en de tels corps d'emprunt. Pourquoi ? Parce qu'il devient simplement le véhicule d'un "Fils de la Lumière" d'une sphère encore plus haute, Lequel étant Aroûpa, ne possède pas en propre de corps astral personnel et qui soit approprié à ce monde. Ces "Fils de la Lumière" ou Dhyânis-Bouddhas, sont les Dharmakayâs de Manvantaras précédents, qui ont clos leurs cercles d'incarnations, au sens ordinaire du mot et qui, se trouvant ainsi sans Karma, ont  depuis longtemps abandonné leurs Roûpas individuels et se sont identifiés avec le premier Principe. De là la nécessité d'un Nirmânakâya qui se sacrifie, prêt à souffrir pour les méfaits ou les erreurs du nouveau corps, durant son pèlerinage terrestre, sans la perspective d'aucune récompense sur le plan des progrès et des renaissances, puisqu'il n'y a plus pour lui de renaissances, au sens ordinaire du mot. Le Soi Supérieur, ou Monade Divine, n'est pas, en pareil cas, rattaché à l'Ego inférieur ; son rattachement n'est que temporaire et, dans la plupart des cas, il agit par des décrets de Karma. C'est là un réel, un véritable sacrifice, dont l'explication se rattache à la plus haute Initiation de Jnâna (Savoir Occulte). Il se rattache, étroitement, par une évolution directe de l'Esprit et une involution de la Matière, au grand Sacrifice primordial qui sert de base aux Mondes manifestés, l'étouffement graduel, la mort du spirituel dans le matériel. Le grain "n'est pas vivifié s'il ne meurt auparavant" 100. Aussi, dans la Pourousha[VI 78] Soûkta du Rig Véda 101 source de toutes les religions postérieures, est-il exposé allégoriquement que "le Pourousha aux mille têtes" fut égorgé à la fondation du Monde, afin que l'Univers pût naître de ses restes. Cela n'est autre que la base – le germe, en vérité – du symbole de l'agneau sacrifié, qui se retrouve sous tant de formes dans les différentes religions, y compris le Christianisme. C'est un jeu de mots, car "Aja" (Pourousha), "le non-né", Esprit éternel, veut dire aussi "agneau" en Sanscrit. L'Esprit disparaît – meurt métaphoriquement – au fur et à mesure qu'il s'involue dans la matière ; de là vient le sacrifice du "non-né" ou de "l'agneau".

99 Avant que l'on ne devienne un Bouddha, on doit être un Bodhisattva ; avant d'évoluer en un Bodhisattva, on doit être un Dhyâni-Bouddha... Un Bodhisattva est la voie et le Sentier vers son Père et de là vers l'Unique Essence Suprême" (Descent of Buddhas, p. 17, d'Aryâsanga). "Je suis la Voie, la Vérité et la Vie ; aucun homme n'atteint le Père, si ce n'est par moi". (Saint Jean, XIV, 6). La "voie" n'est pas le but. Nulle part dans tout le Nouveau Testament, Jésus ne s'appelle lui-même Dieu, ou quoi que ce soit de plus haut que "un Fils de Dieu", le fils d'un "Père" commun à tous synthétiquement. Paul n'a jamais dit (1. Tim., III, 16) "Dieu était manifesté dans la chair", mais bien "Celui qui était manifesté dans la chair" (Edition Revue). Alors que le troupeau commun des Bouddhistes – ceux de Birmanie particulièrement – considère Jésus comme une incarnation de Dévadatta, un parent qui s'opposa aux enseignements de Bouddha, ceux qui étudient la Philosophie Esotérique voient dans le Sage Nazaréen un Bodhisattva ayant en Lui l'esprit de Bouddha Lui- même.

100 I. Corinth., XV, 36.

101 Op. cit., Mandala X, Hymne 90.

 

Pourquoi le BOUDDHA voulut-il accomplir ce sacrifice, c'est ce qui n'apparaîtra clairement qu'à ceux qui ajoutent à l'insignifiante connaissance de Sa vie terrestre, la complète compréhension des lois de karma. De telles circonstances ne se rencontrent néanmoins que dans les cas les plus exceptionnels.

D'après la tradition, les Brahmanes avaient commis un grand péché en persécutant Gautama BOUDDHA et Ses Enseignements, au lieu de les fondre et de les concilier avec les dogmes du pur Brahmanisme Védique, comme le fit plus tard Shankarâchârya. Gautama n'a jamais été à l'encontre des Védas, mais seulement contre le développement exotérique d'interprétations préconçues. Le Shrouti – révélation divine orale  qui donna naissance au Véda – est éternel. Cette révélation parvint aux oreilles de Gautama Siddhârta, comme elle était parvenue à celles des Richis qui l'avaient transcrite. Il accepta la révélation tout en en repoussant le développement postérieur dû à la pensée et à l'Imagination des Brahmanes et Il édifia Sa doctrine sur la base de la même vérité impérissable. Comme ce fut le cas pour Son successeur Occidental, Gautama, le "Compatissant", le "Pur" et le "Juste", fut le premier de la Hiérarchie Orientale des Adeptes historiques, sinon des annales des mortels divins de ce monde, qui fut poussé par le généreux sentiment qui fait étreindre l'humanité entière dans un même embrassement, sans tenir compte des petites différences de race, de naissance ou de caste. Ce fut Lui qui énonça le premier ce grand et noble principe, et ce fut Lui encore qui fut le premier à le mettre en pratique. Dans l'intérêt des pauvres et des méprisés, des proscrits et des malheureux, invités par Lui à prendre place à la table du festin royal, Il avait exclu ceux qui, jusqu'alors, étaient restés seuls dans une réclusion hautaine et égoïste, croyant qu'ils seraient souillés par l'ombre [VI 79] même des déshérités du pays – et ces Brahmanes dépourvus de spiritualité prirent parti contre Lui, à cause de cette préférence. Depuis lors, ces gens n'ont jamais pardonné au prince-mendiant, au fils de roi, qui, oublieux de Son rang et de Sa situation, avaient grand ouvert les portes du sanctuaire interdit, au paria, à l'homme de basse extraction, en donnant ainsi le pas au mérite personnel sur le rang héréditaire et la fortune. La faute leur incombait – néanmoins Lui-même en était la cause : aussi "le Compatissant et le Béni" ne put se dégager entièrement de ce monde d'illusion et des causes générées, sans expier les fautes de tous – donc aussi celles de ces Brahmanes. Si "l'homme affligé par l'homme" trouva un sûr refuge auprès du Tathâgata, "l'homme affligeant l'homme" eut aussi sa part de Son amour plein de sacrifice et de pardon et qui enveloppait tout. Il est dit qu'il désira racheter tous les péchés de Ses ennemis. C'est après cela seulement, qu'Il consentit à devenir un Darmakâya complet, un Jîvanmoukta "sans restes".

La fin de la vie de Shankarâchârya nous met en présence d'un nouveau mystère. Shankarâchârya se retire dans une caverne des Himalayas, sans permettre à aucun de ses disciples de le suivre et y disparaît à jamais aux yeux des profanes. Est-il mort ? La tradition et la croyance populaire répondent négativement et quelques-uns des Gourous locaux ne contredisent pas ce bruit, s'ils ne le corroborent pas expressément. La vérité, avec les mystérieux détails que donne La Doctrine Secrète, n'est connue que d'eux seuls ; elle ne peut être communiquée dans son entier qu'aux disciples directs du grand Gourou Dravidien et c'est à eux seuls qu'il appartient d'en révéler autant qu'ils jugent convenable de le faire. On soutient cependant que cet Adepte des Adeptes vit jusqu'à présent dans son entité spirituelle, comme une présence mystérieuse, invisible et pourtant toute-puissante, parmi la Fraternité de Shamballa, au-delà, bien au-delà des Himalayas aux sommets neigeux.

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bon.christo@free.fr (Super User) LA DOCTRINE SECRETE VOL 6 Sat, 17 Jan 2015 10:54:52 +0000