LA CLEF DE LA THEOSOPHIE http://m-morya.com/la-clef-de-la-theosophie-2 Tue, 13 Nov 2018 18:08:17 +0000 Joomla! - Open Source Content Management fr-fr bon.christo@free.fr (MAITRE M) LA CLEF DE LA THEOSOPHIE - AVANT-PROPOS http://m-morya.com/la-clef-de-la-theosophie-2/457-la-clef-de-la-theosophie-avant-propos http://m-morya.com/la-clef-de-la-theosophie-2/457-la-clef-de-la-theosophie-avant-propos

LA CLEF DE LA THEOSOPHIE

 

 

H. P. Blavatsky

 

Traduit de l'Anglais par

 

Mme H. DE NEUFVILLE

 

 [V]

 

 

AVANT-PROPOS

 

Bien que cet ouvrage ait été simplifié au possible et que l'auteur, Madame Blavatsky, se soit efforcée d'en élaguer tout ce qui aurait pu par trop surprendre ou par trop offusquer les habitudes cérébrales d'un "occidental de culture moyenne", comme elle le dit, elle-même dans sa préface, les idées et les doctrines exposées sont d'un caractère si nouveau pour un Européen, qui a subi le double courant de l'enseignement chrétien et de l'enseignement scientifique contemporain ; ces idées, ces doctrines, sont tellement différentes, en beaucoup de points, de tout ce qu'il a cru, de tout ce qu'il a appris – soit qu'il ait gardé sa foi religieuse, soit qu'il ait adopté la foi matérialiste – qu'il faut s'attendre à ce que le lecteur français éprouve, tout d'abord, un peu de cette surprise et même de cette révolte que ressent notre palais à la saveur étrange de quelque mets exotique, auquel il goûte pour la première fois.

Cependant, l'homme intelligent et dépourvu de préjugés ne s'arrête point à cette première impression, goûte une seconde fois, puis une troisième fois, et s'aperçoit souvent alors que le seul tort de ce mets était d'être nouveau, et que la répugnance éprouvée ne provenait que de la surprise de ses papilles nerveuses.

N'est-ce pas ce qui est arrivé, par exemple, pour la musique  de Wagner ? Hier, on la sifflait, la déclarant  incompréhensible et assommante.

Mais il fallait l'écouter, s'initier à cette langue nouvelle. [VI] Ceci fait, on l'applaudit, on l'admire, on ne jure plus que par elle !

Pour tout, il en est de même.

Prenez un sauvage ; sans aller si loin, prenez quelque paysan absolument voué, depuis son enfance, aux uniques préoccupations de l'engraissement de ses bestiaux ou de la culture de ses betteraves, n'ayant jamais rien lu, rien vu, rien entendu, rien perçu, en dehors de la demi- douzaine d'idées qui meublent son cerveau fermé au reste ; sortez-le de son hameau, menez-le au musée du Louvre, menez-le à l'Opéra.

 Croyez-vous qu'il comprendra quelque chose aux chefs-d'œuvre de la peinture, aux harmonies de la musique ? – II baillera aux premiers et trouvera cacophonie les secondes.

Eh ! bien, en face d'idées absolument nouvelles pour notre entendement, en apparente contradiction avec tout ce que nous croyons ou savons, nous sommes tous ce paysan illettré, au cerveau inerte.

Pour voir la peinture, il faut une éducation de l'œil. Pour entendre la musique, il faut une éducation de l'ouïe, de même que pour jouer du piano, il faut une éducation des doigts ; et pour comprendre même les  plus simples vérités de la Science Occulte, présentées par la Théosophie, il faut un réel effort d'esprit, qui doit consister surtout en ceci, que nous nous efforcions d'oublier tout ce que nous avons cru, tout ce que nous avons appris ou accepté sur la foi d'autrui, de faire table rase, en notre mémoire, de tout ce qui l'encombre, afin de nous mettre, sans parti pris, ni préjugé antérieur, en face de cet enseignement nouveau, comme nous étions, enfant, vis-à-vis de l'enseignement occidental moderne.

Puis, il faut encore, et bien davantage, peut-être, accoutumer notre cerveau, progressivement, en y pensant, en y revenant, à la profondeur de ces idées, comme nous accoutumons progressivement notre estomac à un salutaire régime, qui doit nous rendre la santé et augmenter nos forces.

C'est là, nous ne nous le dissimulons pas, ce que [VII] bien peu de gens, même qui se croient d'esprit distingué et cultivé – et peut-être ceux- là surtout – se décident à faire.

Il est si commode de remâcher à vide les idées que nous respirons dans l'ambiance !

Combien de malades aiment mieux souffrir que de prendre un remède désagréable, ou de suivre un entraînement qui les fatigue et les prive de leurs chères habitudes !

Combien d'hommes et de femmes qui aient le courage de penser, de franchir l'horizon étroit, où ils tournent, ainsi qu'un écureuil en cage !

Mais la Théosophie a un autre tort aux yeux de tout un public, tort impardonnable, et dont on se venge par des airs de dédain supérieur, des haussements d'épaules méprisants, ou des railleries, qui, en réalité et avant peu, ne feront rire que des railleurs – ayant trop montré, par là, le bout de l'oreille d'âne – et ce tort, c'est que là Théosophie apportant des idées en dehors de toutes nos idées ordinaires et exposant une science inconnue de la plupart de nos savants d'hier – bien qu'ils ne vivent que de ses bribes – il faut retourner à l'école et apprendre à nouveau.

Tous nos savants n'en sont pas là, heureusement. I1 en est qui mettent la Vérité, quelle qu'elle soit, au-dessus de tout, et bon nombre, et des plus grands, sont déjà venus à nous, et tous ceux qui cherchent de bonne foi, sans parti pris, avides de savoir, viennent et viendront chaque jour davantage aux doctrines de la Science Occulte, jusqu'au jour, moins éloigné qu'on ne croit, où la science renouvelée se sera engagée résolument dans la nouvelle route.

Mais, d'ici là, c'est demander beaucoup à la nature humaine qu'espérer qu'un membre de l'Institut, décoré de tous les ordres ; habitué à enseigner autrui, du haut de son infaillibilité scientifique, reconnaîtra que, peut-être, il y a des choses – et les principales – qu'il ignore, et que la Nature a, peut- être, des Lois qui ne lui ont pas encore révélé leurs secrets, et qui poussent l'irrévérence jusqu'à contredire et réduire à [VIII] néant ses plus chers et ses plus démontrés aphorismes. Cependant, chaque, jour, mille petits ou grands faits renversent le château de cartes de leur infaillibilité, et devraient les rendre plus accueillants et plus ouverts aux vérités nouvelles… pour eux.

Nous n'en citerons qu'un exemple, parce qu'il est typique, parce qu'il est d'hier, et qu'il a été raconté avec infiniment d'esprit, par un des rares hommes, qui osent réellement penser par eux-mêmes, et ne croient pas le livre de la nature fermé à la page, où s'arrêtent la plupart de nos savants modernes, en y mettant au bas le mot : FIN, ou en déclarant – ce qui revient au même – que tout ce qu'on découvrira ne pourra que confirmer les axiomes établis, à moins d'être fantaisie, rêves d'imagination, ou simple fumisterie.

II s'agit de chats !

Or, il existait un théorème de hautes mathématiques – comme on voit, ce qu'il y a de mieux, de plus compact, de plus indiscutable, en tant que science – qui démontrait, par A + B, de façon irréfutable et ne permettant ni examen, ni discussion, ni doute, qu'il était interdit à un chat tombant du toit d'une maison de se retourner sur lui-même, sans point d'appui, par un simple effort de reins, pendant la durée de sa chute, de façon à retomber sur ses pattes, alors qu'au point de départ, il se trouvait les quatre pattes en l'air.

Survint un photographe, dont les plaques instantanées prouvèrent que la croyance populaire, jusque là si scientifiquement blaguée, était  exacte, et que c'était le théorème de mathématiques transcendantales qui se trompait.

Le lendemain, un savant établissait un autre calcul, également mathématique et irréfutable – par A + B – démontrant qu'en effet cela devait être et répondait à, telles et telles lois !

Il n'y a pas que les chats qui retombent sur leurs pattes.

On le savait déjà, du reste, depuis que nos savants, [IX] démarquant le linge de Mesmer, après avoir nié le magnétisme, s'en étaient emparés, en lui donnant le nom d'hypnotisme, par un procédé analogue à celui du bon frère Gorenflot, lequel un, jour maigre, baptisait carpe un lapin, afin d'apaiser à la fois sa conscience et son appétit.

Ici, ce n'est pas question de conscience, mais d'amour-propre et de prétention à, l'infaillibilité.

En dehors du terrain purement scientifique, la Théosophie rencontre d'autres adversaires irréconciliables, et ce sont la plupart des orientalistes 1, qui se sont fait une spécialité, des positions et des réputations, avec l'Orient, et ne veulent pas admettre qu'il se trouve derrière les textes sanscrits, ou les coutumes hindoues, ou les enseignements Bouddhiques, autre chose et plus qu'ils n'y ont compris et vu par eux-mêmes, jusqu'à présent.

Ceux-là niaient l'Esotérisme, hier, parce qu'ils l'ignoraient. Ils le nient, aujourd'hui, parce qu'on l'a découvert sans eux.

 1 M. Emile Burnouf, esprit ouvert et éclairé, fait toutefois exception, ainsi qu'en témoignent quelques-uns de ses remarquables travaux.

 Mais, laissant de côté ces adversaires irréductibles, décidés à, ne pas comprendre, la Théosophie rencontre le pire des obstacles dans la paresse d'esprit générale.

Nous n'avons pas l'habitude de penser, nous croyons penser, et nous remâchons, sans cesse, le même petit nombre d'idées, apprises au berceau, ou respirées dans notre milieu appauvri d'idées, où nos cerveaux oscillent tour à tour sous le double courant en sens inverse du matérialisme scientifique et du spiritualisme chrétien, avec la régularité d'un balancier de pendule, comme s'il n'y avait rien de possible entre la négation du Dieu biblique, monarque anthropomorphe du ciel, et l'affirmation de ce même Dieu, entre la théorie du hasard, qui n'explique rien, et la théorie de la Providence, qui ne s'explique pas elle-même.

Les uns croient, les autres nient, et tout le suprême [X] effort de nos intelligences, tout le génie et toute l'audace de nos solennels et intolérants libres-penseurs, a consisté à supposer que, parce qu'une chose était absurde, son contraire ne devait pas l'être.

Et, cependant, il y a un fond de vrai dans les deux thèses. Les Spiritualistes ou Déistes chrétiens ont raison dans leur critique et leur horreur de l'athéisme matérialiste scientifique ; et ce dernier a raison contre le Bon Dieu personnel et anthropomorphe, qui, à tous ses autres torts, joint celui d'être impossible.

Ils ont raison, les uns contre les autres, et la critique qu'ils font les uns des autres est également irréfutable.

Que conclure de là ? – Que ni les uns, ni les autres, ne sont en possession de la Vérité.

Mais où est-elle ? – dira-t-on. Nous la cherchons depuis des siècles ; depuis des siècles nous ressassons les mêmes arguments, nous nous les jetons mutuellement à la tête – et la question en reste toujours au même point.

Hélas ! oui, et il en sera de même, tant que nous demeurerons dans l'ornière Judaïco-scientifico-chrétienne, tant que nous confondrons ensemble ce qu'il faut distinguer, tant que nous persisterons à ne voir, les uns, dans l'homme, que le corps et les passions qui l'animent – choses essentiellement périssables, en effet – les autres qu'un composé de deux éléments juxtaposés, un corps matériel, une âme immatérielle. – L'homme n'est pas si simple que cela.

Mais ici les mots trahissent la pensée.

A des idées inconnues de nous, les mots manquent, et ceux que nous employons forcément, à défaut d'autres, évoquent des idées  bien différentes de la vérité.

De même que pour tout ce qui touche aux chemins de fer nous avons dû accepter les locutions anglaises, de même que chaque science nouvelle se crée un dictionnaire spécial, par la nécessité même des choses, il faut, si l'on veut comprendre les enseignements théosophiques, s'astreindre à connaître un certain nombre de termes nouveaux [XI] ou comprendre le sens différent attribué aux mots anciens que la nécessité contraint d'employer.

Que tout cela demande un certain effort, que tout cela exige une énergie de penser, à laquelle nous ne sommes guère habitués, cela n'est pas douteux.

Mais ce que nous pouvons affirmer, c'est que celui qui sera capable de cet effort, qui aura cette volonté, cette énergie, qui ne s'arrêtera pas devant la première fatigue et le premier étonnement, ne tardera pas à voir tomber les voiles et la lumière éclairer son cerveau.

On ne lui apporte pas une foi, on ne lui demande pas de croire. On l'invite seulement à étudier l'homme COMPLET, TEL QU'IL EST RÉELLEMENT, tel que chacun peut le constater et le vérifier par soi- même, en soi-même.

On lui dit : "CONNAIS-TOI TOI-MEME".

Le secret de l'Univers, le secret de la Vie, le secret de l'Absolu, est en toi, non ailleurs, et quand tu te sauras toi-même, tu sauras tout.

Et à celui qui a, une fois seulement, compris la doctrine, les preuves scientifiques et les évidences ne feront pas défaut – s'il le veut.

ARTHUR ARNOULD,

Président de la Branche française de la Société Théosophique.

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bon.christo@free.fr (Super User) LA CLEF DE LA THEOSOPHIE Mon, 19 Jan 2015 14:18:56 +0000
PRÉFACE http://m-morya.com/la-clef-de-la-theosophie-2/458-preface http://m-morya.com/la-clef-de-la-theosophie-2/458-preface

PRÉFACE

 

Le but de cet ouvrage est indiqué par son titre, de telle façon qu'il ne soit pas nécessaire d'y ajouter de longues explications. IL ne contient pas un exposé complet des principes de la Théosophie, mais seulement une clef pour ouvrir la porte conduisant à des études plus profondes. C'est l'esquisse à grands traits de la Religion et de la Sagesse ; il en explique les principes fondamentaux, en même temps qu'il répond aux différentes objections pouvant être faites par un occidental de culture moyenne ; son but est de présenter des conceptions nouvelles, sous la forme la plus simple et dans le langage le plus clair qu'on puisse employer.

Ce serait trop lui demander que de compter qu'il  rendra la Théosophie intelligible, sans aucun effort mental de la part du lecteur ; mais il y a lieu de croire que les obscurités qu'on y trouvera viennent plus de la nature de la pensée et de sa profondeur que du langage employé et de l'état confus des idées qui y sont exposées.

Pour ceux dont la mentalité est insuffisamment développée, la Théosophie restera toujours une énigme, car, en mentalité comme en spiritualité, l'homme ne peut avancer que par ses efforts personnels.

Un auteur ne peut pas penser pour son lecteur, et [2] d'ailleurs celui- ci ne pourrait retirer aucun avantage de penser par procuration, si c'était chose possible.

Il y a longtemps que ceux qui s'intéressent à la Société Théosophique et à sa mission sentent le besoin d'un ouvrage comme celui-ci ; on espère qu'il fournira des renseignements, aussi débarrassés que possible d'expressions techniques, à beaucoup de personnes dont l'attention a été attirée sur les questions qu'il expose, sans que ces personnes aient encore pu se former des convictions à cet égard.

On a pris soin, en cet ouvrage, de dégager ce qu'il y a de vrai dans les données du Spiritisme à l'égard de la vie au-delà du tombeau et d'expliquer la vraie nature des phénomènes spirites. Déjà de précédents éclaircissements sur cette matière ont attiré des averses de fureur sur la tête de l'auteur, les Spirites, comme beaucoup d'autres gens, préférant croire ce qui leur est agréable à croire à ce qui est vrai et se fâchant sérieusement contre quiconque essaye de les détromper au sujet de leurs illusions. La Théosophie a servi de cible aux flèches empoisonnées des Spirites, qui ont montré par là que les possesseurs d'une demi-vérité sont plus hostiles que les gens ne sachant rien à ceux qui possèdent la vérité entière.

L'auteur doit de sincères remerciements à de nombreux Théosophistes qui lui ont posé des questions et communiqué des idées, ou qui l'ont aidée d'une autre façon, pendant la rédaction du présent ouvrage, dont l'utilité par là se trouvera augmentée, ce qui sera certainement leur meilleure récompense.

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bon.christo@free.fr (Super User) LA CLEF DE LA THEOSOPHIE Mon, 19 Jan 2015 14:19:26 +0000
I - LA THÉOSOPHIE ET LA SOCIÉTÉ THÉOSOPHIQUE http://m-morya.com/la-clef-de-la-theosophie-2/459-i-la-theosophie-et-la-societe-theosophique http://m-morya.com/la-clef-de-la-theosophie-2/459-i-la-theosophie-et-la-societe-theosophique

I

LA THÉOSOPHIE ET LA SOCIÉTÉ THÉOSOPHIQUE

 

 

LE SENS DU NOM

 

Question – On parle souvent de la Théosophie et de ses doctrines comme d'une religion nouvellement inventée ; est-ce une religion ?

Réponse – Ce n'en est pas une. La Théosophie est la Connaissance ou la Science divine.

Question – Quel est le vrai sens du terme ?

Réponse – La sagesse divine (Theo-Sophia) est la sagesse des dieux, comme, la Théogonie (Theogonia) est la généalogie des dieux. Le mot theos signifie un Dieu en grec, c'est-à-dire un être divin et non pas Dieu, dans le sens qu'on attache de nos [4] jours à ce terme. En conséquence, la Théosophie n'est pas la "Sagesse de Dieu", comme on traduit par erreur, mais la Sagesse Divine, la Connaissance possédée par les dieux. C'est un terme vieux de plusieurs milliers d'années.

Question – Quelle est l'origine de ce nom ?

 Réponse – Il nous vient des philosophes d'Alexandrie qui s'appelaient Amoureux de la Vérité, Philaléthéens de phil "aimant" a letheia "la vérité". Le mot Théosophie date du IIIème siècle de notre ère, où il fut mis en usage par Ammonius Saccas et ses disciples qui établirent l'éclectisme théosophique  et  furent  aussi  appelés  Analogistes.  Comme  l'explique le professeur Alex. Wilder, docteur en médecine et membre de la Société Théosophique, dans son ouvrage "Eclectic Philosophy", ils étaient appelés ainsi :

 "A cause de leur manière d'interpréter les légendes et les histoires sacrées, les mythes et les mystères, par les règles    de    l'analogie    ou    des    correspondances ; ils pensaient que tous les évènements  racontés comme s'étant passés dans le monde physique  étaient simplement l'expression symbolique des phénomènes apparaissant dans l'âme humaine".

 On les appelait aussi Néo-Platoniciens. Bien qu'il soit admis généralement que la Théosophie ou le système éclectique théosophique est né au IIIème siècle, son origine serait beaucoup plus antique, s'il faut en croire Diogène Laërce, qui attribue [5] sa création à Pot-Amoun, lequel vivait aux premiers temps de la dynastie des Ptolémées. Le même auteur nous dit que le nom du créateur de la doctrine est un mot copte signifiant "le consacré à Amoun", qui était le dieu de la Sagesse. Le mot Théosophie est l'équivalent du mot sanscrit Brahma-Vidjâ, sagesse divine.

Question – Quel était le but de ce système ?

Réponse – D'abord d'inculquer certaines grandes vérités morales à ses disciples et à tous ceux qui étaient "amoureux de la Vérité". De là aussi la devise de la Société Théosophique : "Il n'y a pas de religion au-dessus  de la Vérité".

La Théosophie éclectique comprenait trois parties :

  1. La croyance à une Divinité absolue, suprême, incompréhensible, à une essence infinie qui est la racine de toute la Nature, de tout ce qui existe, visible et invisible ;
  2. La croyance à la nature immortelle, éternelle, de l'homme, laquelle étant un rayon de l'Ame Universelle lui est identique ;
  3. La Théurgie ou "travail divin", ou la production d'un ouvrage des dieux, de theoi (dieux) ergein (travailler). Ce terme est très ancien, mais n'était pas d'usage populaire, parce qu'il appartenait à la langue des Mystères.

Les mystiques croyaient – et la chose leur était démontrée au moyen des faits par les prêtres et les adeptes initiés – qu'en se rendant aussi pur que les êtres sans corps, c'est-à-dire en revenant [6] à la pureté originelle de sa nature, l'homme pouvait déterminer les dieux à lui communiquer les Mystères divins, et qu'il pouvait même faire apparaître les dieux d'une façon  visible,  soit  pour  son  âme,  soit  même  pour  ses  yeux corporels.

 C'était l'aspect transcendant de ce qu'on appelle aujourd'hui le Spiritisme. Le peuple ignorant ayant conçu le fait d'une fausse manière, on en vint à le regarder comme de la nécromancie, et on finit par l'interdire. De nos jours, on trouve encore en usage un travestissement de la théurgie de Jamblique dans la magie cérémonielle de quelques Kabbalistes. La Théosophie moderne repousse à la fois la magie et la "nécromancie", qu'elle considère comme très dangereuses. La vraie théurgie divine exige une pureté et une sainteté de vie presque surhumaines ; sans ces conditions, elle dégénère en médiumnité et en magie noire.

Les disciples directs d'Ammonius Saccas, qui fut appelé Theodidactos, "enseigné par les dieux" – de même que Plotin et son disciple Porphyre – rejetaient d'abord la théurgie, mais finalement ils y furent amenés par Jamblique qui écrivit dans ce but un ouvrage ayant pour titre : De Mysterüs, sous le nom de son maître, un célèbre prêtre égyptien, nommé Abammon.

Les parents d'Ammonius Saccas étaient chrétiens ; mais, dès son enfance, il fut révolté par le dogmatisme étroit du christianisme et devint Néo-platonicien. De même qu'à Jacob Boehme et [7] autres voyants et mystiques, on dit que la sagesse divine lui fut révélée dans des rêves et des visions, d'où son surnom de Theodidactos.

Il se donna pour tâche de réconcilier toutes les religions en montrant l'identité de leur origine, et d'établir une croyance universelle basée sur la morale. Sa vie était si pure, son savoir si vaste et si profond, que plusieurs Pères de l'Eglise furent en secret ses disciples. Clément d'Alexandrie en parle avec beaucoup de considération. Plotin, le "saint Jean" d'Ammonius, était aussi un homme universellement respecté et du plus profond savoir. Dans sa trente-neuvième année, il accompagna l'empereur Gordien en Orient, afin de recevoir les enseignements des sages de la Bactriane et de l'Inde. II avait une école de philosophie à Rome.

Porphyre, disciple de Plotin, juif hellénisé dont le vrai nom était Malek, rassembla tous les écrits de son maître. Lui-même était un grand écrivain et a donné une interprétation allégorique de quelques parties des poèmes d'Homère. Le système de méditation employé par les Philaléthéens était l'extase, le même que celui des Yoguis de l'Inde. Ce que nous savons de l'école éclectique nous a été appris par Origène, Longin et Plotin, disciples directs d'Ammonius.

 Le principal but des fondateurs de l'école de Théosophie éclectique était l'un des trois objets de sa remplaçante moderne, la société Théosophique ; celui de réconcilier toutes les [8] religions, toutes les sectes, toutes les nations, par une morale commune basée sur les vérités éternelles.

Question – Quelles preuves possédez-vous que ce ne soit pas là un rêve impossible et que toutes les religions sont  basées  sur  une  seule vérité ?

Réponse – Leur analyse et leur étude comparée nous donnent ces preuves. La "Religion de la Sagesse" était une dans l'antiquité ; l'identité de toutes les philosophies religieuses primitives nous est prouvée par celle des doctrines enseignées aux Initiés, pendant les MYSTÈRES, institution qui fut, à une époque, universellement répandue. Comme le dit le docteur Wilder : "Toutes les anciennes croyances indiquent l'existence d'une Théosophie unique qui leur était antérieure. La clef qui peut en ouvrir une doit les ouvrir toutes ; s'il en est autrement, ce n'est pas la bonne clef" (Eclec. Philos).

 

FIN QUE SE PROPOSE LA SOCIÉTÉ THÉOSOPHIQUE

 

Question – Au temps d'Ammonius, il y avait plusieurs grandes religions antiques, et, rien qu'en Egypte et en Palestine, les sectes étaient nombreuses ; comment aurait-il pu les réconcilier ?

Réponse – En faisant ce que nous essayons de faire à présent. Les Néo-Platoniciens formaient une grande association dont les membres étaient disciples de différentes philosophies religieuses ; il en est de même des théosophistes.

C'est sous Philadelphe que le Judaïsme s'établit à Alexandrie ; par la suite, les maîtres helléniques devinrent des rivaux dangereux pour le collège des rabbins de Babylone. Ainsi que l'auteur d'Eclectie Philosophy le remarque avec une grande justesse :

"Les systèmes des Bouddhistes, des Védantins et des Mages, étaient exposés en même temps que les philosophies de la Grèce. Il n'y avait rien d'étonnant que les penseurs en vinssent à supposer que les disputes de mots pouvaient prendre fin et à considérer comme possible de tirer des différents enseignements les éléments d'un système harmonieux… Pantène, Athénagore et Clément, connaissaient à, fond la philosophie platonicienne et comprenaient son identité avec les systèmes orientaux".

A cette époque, le Juif Aristobule affirmait que la morale d'Aristote représentait les enseignements ésotériques de la Loi de Moïse. Philon, le Juif essayait de réconcilier le Pentateuque avec les philosophies de Pythagore et de Platon, et Josèphe prouvait que les Esséniens du Carmel étaient tout simplement les copistes et les continuateurs des thérapeutes égyptiens ou Guérisseurs. Il en est de même de nos jours. Nous pouvons indiquer la généalogie des religions chrétiennes et même celle de toutes les sectes jusqu'à [10] la plus minime. Ces dernières sont de petits rameaux poussés sur les grosses branches ; mais les branches et les rameaux reçoivent la sève du même tronc : – la RELIGION DE LA SAGESSE. C'était ce qu'Ammonius se proposait de prouver, lorsqu'il engageait les Gentils et les Chrétiens, les Juifs et les Idolâtres, à mettre de côté leurs disputes et leurs luttes pour se souvenir seulement qu'ils étaient tous possesseurs de la même Vérité cachée sous des vêtements divers et qu'ils étaient tous les enfants d'une mère commune. C'est également le but de la Théosophie.

Mosheim dit d'Ammonius :

"Ayant compris que non-seulement les philosophes de la Grèce, mais encore ceux des nations barbares, étaient tous d'accord sur le point essentiel, il se proposa d'exposer les principes de toutes les sectes, de façon à rendre évident le fait qu'ils sortaient tous de la même source et qu'ils tendaient tous au même but".

Si l'écrivain de l'Edinburgh Encyclopœdia se rend compte de ce qu'il dit en parlant d'Ammonius, il doit savoir qu'il décrit les théosophistes modernes, leurs croyances et l'œuvre qu'ils se proposent d'accomplir, car, en parlant du Theodidactos, il s'exprime ainsi :

"Il adopta les doctrines reçues en Egypte (l'ésotérisme était celui de l'Inde) concernant l'Univers et la Divinité considérés comme formant un grand tout et aussi celles concernant l'éternité du [11] monde... Il établit aussi des règles de morale qui permettaient à tout le  monde de vivre selon les lois de son pays et les prescriptions de la nature ; il demandait aux sages d'exalter leur intelligence par la contemplation".

Question – Sur quelles autorités vous appuyez vous pour affirmer ces choses, à propos des théosophistes d'Alexandrie ?

Réponse – Sur une quantité considérable d'écrivains connus. L'un deux, Mosheim, dit qu'Ammonius enseignait que :

"La religion de la multitude marchait la main dans la main avec la philosophie et partageait son sort, c'est-à- dire qu'elle s'était graduellement corrompue par l'orgueil, la superstition et le mensonge ; qu'en conséquence il fallait la ramener à sa pureté originelle, en  la débarrassant de toutes ses scories et en la rétablissant sur des bases philosophiques ; il disait que le Christ s'était uniquement proposé de restaurer la sagesse des anciens dans son intégrité primitive, de poser des bornes à la superstition qui dominait partout et d'abolir les nombreuses erreurs qui s'étaient introduites dans les différentes religions populaires. "

Les théosophistes d'aujourd'hui ne disent pas autre chose ; seulement alors que le grand Philaléthéen était soutenu et aidé dans la réalisation de son plan par deux pères de l'Église, Clément et Athénagore, par les savants rabbins de la Synagogue, par les Philosophes de l'Académie et ceux [12] du Bosquet, qui se rendaient parfaitement compte qu'il enseignait la doctrine commune, eux tous, nous autres, qui marchons sur la voie par lui tracée, ne rencontrons, au lieu de soutien, qu'injures et persécutions. Ce fait suffit à montrer que les hommes d'il y a quinze siècles étaient plus tolérants que ceux de notre siècle "de lumières".

Question – Ammonius était-il encouragé et soutenu par l'Église, parce que, malgré ses hérésies, il enseignait néanmoins le christianisme et était lui-même chrétien ?

 Réponse – Pas du tout. Il était né de parents chrétiens, mais n'accepta jamais pour lui-même le christianisme de l'Église. Suivant les expressions du Dr Wilder :

"Il n'avait qu'à proposer ses doctrines, conformes à celles des anciennes colonnes d'Hermès que Pythagore et Platon avaient connues avant lui et dont ils avaient tiré leurs philosophies. Les retrouvant dans le prologue de l'évangile de Jean, il supposa logiquement que le but de Jésus avait été de restaurer la grande doctrine de la Sagesse dans son intégrité primitive. Il considérait les récits de la Bible et les histoires des dieux comme des allégories, expliquant la vérité en la voilant, sans quoi il aurait tenu tout cela pour un tissu de fables à rejeter".

De plus, comme dit l'Edinburgh Encyclopœdia :

"Il reconnaissait que Jésus-Christ était un excellent homme et l'ami de Dieu, disant que son [13] dessein n'avait pas été d'abolir entièrement le culte des démons (dieux), mais que sa seule intention était de purifier la religion".

 

LA RELIGION DE LA SAGESSE ÉSOTÉRIQUE DANS TOUS LES TEMPS

 

Question – Puisqu'Ammonius n'a rien laissé par écrit, comment peut- on savoir que c'étaient là ses enseignements ?

Réponse – Ni Bouddha, ni Pythagore, ni Confucius, ni Orphée, ni Socrate, ni même Jésus, n'ont rien laissé par écrit. Cependant la plupart d'entre eux sont des personnages historiques dont les enseignements sont restés. Les disciples d'Ammonius, parmi lesquels se trouvaient Origène et Herennius, ont écrit des ouvrages et exposé sa morale. Leurs œuvres sont aussi historiques, sinon davantage, que les écrits des apôtres. De plus, ses élèves : Origène, Plotin et Longin, ce dernier conseiller de la fameuse reine Zénobie, ont exposé quelque chose du mystère philaléthéen, en tant au moins que le public en avait connaissance, car l'Ecole avait des enseignements de deux sortes, les uns exotériques, les autres ésotériques.

 Question – Comment les principes de l'Ecole ont-ils pu parvenir jusqu'à nous, puisque vous affirmez que ce qui était appelé Religion de la Sagesse était ésotérique ? [14]

Réponse – La RELIGION DE LA SAGESSE fut toujours une et identique ; on la garda toujours soigneusement secrète parce qu'elle est le dernier mot de la sagesse humaine. Elle existait bien avant les théosophistes d'Alexandrie ; elle est venue jusqu'aux modernes et doit survivre à toutes les religions et à toutes les philosophies.

Question – Où et par qui fut-elle ainsi conservée ?

Réponse – Par les Initiés de tous les pays ; par les penseurs profonds qui cherchaient la Vérité, par leurs disciples et notamment dans les parties du monde où son objet fut toujours le plus hautement estimé et le plus assidûment poursuivi : dans l'Inde, dans l'Asie centrale, en Perse.

Question – Pouvez-vous donner quelques preuves de son ésotérisme ?

Réponse – La meilleure preuve se trouve dans ce fait que toutes les anciennes religions ou plutôt philosophies comprenaient un enseignement ésotérique ou secret et un culte public, exotérique. De plus, c'est un fait bien connu que les MYSTÈRES des anciens étaient dans chaque nation, divisés en deux : les grands (secrets) et les petits (publics), comme par exemple dans les fêtes solennelles des Grecs qu'on appelait Eleusinies. Depuis les hiérophantes de Samothrace et d'Égypte et les Initiés brahmanes de l'Inde antique jusqu'aux rabbins hébreux, tous, par crainte de profanation, gardaient secrètes leurs croyances réelles, bona fide. [15] Les rabbins juifs appelaient leurs séculaires séries religieuses la Mercavah (corps extérieur), "le véhicule", le vêtement qui contient l'âme cachée – c'est-à-dire leur connaissance secrète la plus profonde. Les prêtres des religions antiques ne communiquaient jamais aux masses leurs secrets réellement philosophiques ; ils ne leur donnaient que les cosses vides de leur savoir. Le Bouddhisme du Nord a son "grand" et a son  "petit" véhicule ; Mahayana, l'ésotérique, et Hinayana, l'exotérique. On ne peut pas les blâmer de cette discrétion, car assurément vous ne chercherez pas à nourrir des troupeaux de moutons par de savantes dissertations sur la botanique, au lieu de leur donner de l'herbe. Pythagore appelait sa Gnose "la connaissance des choses qui sont" êgnosis ton onton, et ne la donnait qu'à  ses  disciples  capables  de  digérer  cette  nourriture  mentale  et qui s'engageaient à la tenir secrète. Les alphabets occultes et les  chiffres secrets viennent des écritures hiératiques des Égyptiens, dont le secret restait en la possession des hiérogrammatistes ou prêtres initiés. Les biographes d'Ammonius Saccas nous disent qu'il liait ses disciples par le serment de ne jamais révéler ses doctrines supérieures, excepté à ceux qui déjà possédaient les connaissances préliminaires et qui consentaient à prêter le serment. Finalement, ne trouvons-nous pas la même manière de procéder dans le christianisme primitif, parmi les Gnostiques et même [16] dans les enseignements du Christ ? Ne parlait-il pas aux multitudes en paraboles à double sens, dont il n'expliquait le véritable qu'à ses disciples ? "A vous il est donné de connaître le mystère du royaume de Dieu ; mais à ceux qui sont au dehors toutes ces choses sont données en paraboles". (Marc IV, 11). L'auteur d'Eclectic Philosophy nous dit que : "Les Esséniens de Judée et du Carmel faisaient des distinctions pareilles et divisaient leurs adhérents en néophytes, frères et parfaits (initiés)".

On pourrait citer des exemples pris dans tous les pays du monde.

Question – Pouvez-vous obtenir la Sagesse Secrète uniquement par l'étude ? Les encyclopédies définissent la Théosophie à peu près comme le Dictionnaire de Webster, c'est-à-dire "comme un prétendu rapport avec Dieu et les esprits supérieurs et l'obtention d'une connaissance surhumaine, au moyen de procédés physiques… ou chimiques ?" – Est-ce bien cela ?

Réponse – Je ne pense pas. Il n'y a guère de lexicographe qui soit capable d'expliquer comment on pourrait obtenir une connaissance surhumaine par des procédés physiques ou chimiques. Si Webster avait dit, "par des procédés métaphysiques ou alchimiques", la définition s'approcherait de la vérité ; celle qu'il donne est absurde. Les anciens théosophistes déclaraient, et là-dessus les modernes sont  d'accord avec eux, que l'infini ne [17] peut pas être connu par le fini, c'est-à-dire perçu par l'être fini, mais que l'essence divine peut se communiquer au Soi spirituel, pendant l'extase. Cet état ne peut pas être atteint, comme l'est celui d'hypnotisme, par "des procédés physiques ou chimiques".

Question – Quelle est votre explication de l'extase ?

Réponse – L'extase réelle a été définie par Plotin comme "la libération de l'intelligence de sa conscience finie et sa fusion avec l'infini".

 C'est la condition la plus haute, dit le Dr Wilder, mais elle ne peut durer longtemps et il n'est que peu, très peu d'hommes qui puissent l'atteindre. En fait, c'est un état identique avec celui que dans l'Inde on appelle Samadhi ; celui-ci est pratiqué par les Yoguis. Ils s'y préparent physiquement par la plus grande abstinence de nourriture et de boisson, et mentalement par un effort incessant pour purifier et élever leur intelligence. La méditation est une prière silencieuse et non parlée, ou, comme la définit Platon : "L'ardente orientation de l'âme vers Dieu, non pour lui demander un bien particulier, comme dans la prière ordinaire, mais pour le Bien lui-même, pour le Bien suprême et universel, dont nous sommes une portion sur la terre et de l'essence duquel nous avons tous émergé. En conséquence, reste silencieux en présence des divins,  jusqu'à ce qu'ils enlèvent les nuages de tes yeux et te rendent capable de voir, au moyen de la [18] lumière émanant d'eux, non pas ce qui t'apparaît comme bon, mais ce qui est la, Bonté même".

C'est là ce que le savant auteur d'Eclectic Philosophy, le Dr A. Wilder, décrit comme la "photographie spirituelle". "L'âme est la chambre noire dans laquelle les faits et les évènements futurs, passés et présents, sont également fixés ; l'intelligence en prend conscience. Au-delà de notre monde ordinaire de limitations, il n'y a qu'un jour ou qu'un état : le passé et le futur sont compris dans le présent... (La mort est la dernière extase sur la terre). Alors l'âme est libre de la contrainte du corps, et sa partie la plus noble est unie à la nature supérieure et devient participante à la sagesse et à la prévision des êtres supérieurs".

La vraie Théosophie est, pour les mystiques, l'état  qu'Apollonius décrit ainsi :

"Je puis voir le présent et l'avenir, comme dans un clair miroir. Le Sage n'a pas besoin d'attendre les vapeurs  de la terre et la corruption de l'air pour prévoir (les évènements)... Les theoi ou dieux voient l'avenir, les hommes ordinaires voient le présent ; les sages ce qui est près de se manifester".

La Théosophie des sages dont il parle est bien exprimée par ces mots : "Le royaume de Dieu est au-dedans de nous".

 Question – Alors la Théosophie n'est donc pas, comme quelques-uns le croient, une théorie nouvellement inventée ? [19]

Réponse – Des ignorants seuls peuvent avoir cette croyance. Elle est aussi vieille que le monde, par ses enseignements et sa morale, si ce n'est par son nom ; c'est aussi le plus large et le plus catholique (universel) de tous les systèmes.

Question – D'où vient-il alors que la Théosophie soit restée tellement inconnue pour les nations occidentales ! Pourquoi est-elle un livre scellé pour des races qui sont considérées comme les plus cultivées et les plus avancées ?

Réponse – Nous croyons qu'il y a eu des nations aussi cultivées que nous dans les temps antiques et sûrement plus "avancées" spirituellement que nous ne le sommes. Mais il y a plusieurs raisons qui ont déterminé cette ignorance ; l'une d'elles a été donnée par saint Paul aux Athéniens, qui avaient perdu pour de longs siècles la vue spirituelle et même toute aspiration vers elle, par suite de leur trop grand amour pour les choses sensuelles et de leur long esclavage sous la lettre morte des dogmes et du ritualisme. Toutefois la principale des raisons se trouve dans le fait que la vraie Théosophie a toujours été tenue secrète.

Question – Vous avez fourni des preuves de cette existence sous le sceau du secret ; mais quelle était la véritable raison de ce mystère ?

Réponse – La première est la perversité de la nature humaine et son égoïsme qui pousse les hommes à la satisfaction de leurs désirs personnels, au détriment du prochain et même des parents ; [20] à de telles gens, il était impossible de confier des secrets divins. La seconde raison est l'incapacité dans laquelle se trouve le vulgaire de garder à l'abri des souillures la Connaissance Divine et Sacrée ; cette incapacité a déterminé la perversion des vérités et des symboles les plus sublimes et a transformé graduellement les choses spirituelles en une imagerie anthropomorphique qu'on appelle idolâtrie.

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bon.christo@free.fr (Super User) LA CLEF DE LA THEOSOPHIE Mon, 19 Jan 2015 14:19:59 +0000
LA THÉOSOPHIE N'EST PAS LE BOUDDHISME http://m-morya.com/la-clef-de-la-theosophie-2/460-la-theosophie-n-est-pas-le-bouddhisme http://m-morya.com/la-clef-de-la-theosophie-2/460-la-theosophie-n-est-pas-le-bouddhisme

LA THÉOSOPHIE N'EST PAS LE BOUDDHISME

 

Question – On vous désigne souvent sous le nom de "Bouddhistes ésotériques" ; êtes-vous donc tous disciples de Gautama Bouddha ?

Réponse – Pas plus que tous les musiciens ne sont disciples de Wagner. Quelques uns d'entre nous sont Bouddhistes de religion, mais il y a beaucoup plus d'Hindous et de Brahmanes que de Bouddhistes parmi nous, et beaucoup plus d'Européens et d'Américains, nés dans le christianisme, que de Bouddhistes convertis. L'erreur est venue d'un manque de compréhension du sens réel du titre de l'excellent ouvrage de M. A. P. Sinnett : Esoteric Buddhism ; ce dernier mot aurait dû être écrit avec un seul d, et alors Budhism aurait eu le sens réel qu'il devait avoir, celui de Religion de la Sagesse (de bodha, bodhi, intelligence, sagesse), au lieu de bouddhisme, la philosophie religieuse de [21] Gautama. La théosophie, comme il a été déjà dit, est la RELIGION DE LA SAGESSE.

Question – Quelle est la différence entre le Bouddhisme, la religion fondée par le prince de Kapilavastu et le Boudhisme, la Religion de la Sagesse, que vous dites synonyme de Théosophie ?

Réponse – Tout juste la même différence qu'entre les enseignements secrets du Christ, appelés "les mystères du Royaume des Cieux", et le ritualisme et la théologie dogmatique des différentes églises et des différentes sectes. Bouddha signifie "l'illuminé" par Bodha, l'Intelligence, la Sagesse. Celle-ci a passé dans les enseignements ésotériques donnés par Gautama à ses Arhats seulement.

Question – Mais il y a des Orientalistes qui nient que Bouddha ait jamais enseigné une doctrine ésotérique.

Réponse – Ils pourraient tout aussi bien nier que la Nature ait des secrets cachés pour nos savants. J'en donnerai la preuve ailleurs par les conversations de Bouddha avec son disciple Ananda. Ses enseignements ésotériques étaient simplement la Gupta Vidya, ou science secrète des anciens Brahmanes, dont leurs successeurs modernes ont à peu d'exceptions près totalement perdu la clef. Cette Vidya a passé dans ce qui est maintenant connu comme les enseignements intérieurs de l'école de Mahayana du Bouddhisme du Nord. Ceux qui nient cela sont simplement des ignorants, [22] avec des prétentions à être de savants orientalistes. Je vous conseille de lire l'ouvrage du révérend M. Edkins :  Chinese Buddhism, spécialement les chapitres sur les écoles et les enseignements exotériques et ésotériques, en les comparant aux témoignages de tout l'ancien monde à ce sujet.

Question – Mais la morale de la Théosophie n'est-elle pas identique à celle qui fut enseignée par Bouddha ?

Réponse – Certainement, parce que cette morale est l'âme de la Religion de la Sagesse, et fut la propriété commune des Initiés de toutes les nations. Bouddha fut le premier à incorporer cette morale supérieure dans ses enseignements publics et à en faire la base et l'essence même de son système. C'est là qu'on trouve la différence distinguant le Bouddhisme exotérique de toutes les autres religions ; car, tandis qu'en celles-ci le principal rôle est donné au ritualisme et au dogmatisme, dans celle de Bouddha, c'est à la morale qu'est dévolu le rôle essentiel. Cela rend compte de la ressemblance, qui va presque à l'identité, entre la morale de la Théosophie et celle de la religion de Bouddha.

Question – Y a-t-il des différences importantes entre les deux ?

Réponse – Une chose qui distingue grandement la Théosophie du Bouddhisme exotérique, c'est que ce dernier, représenté par l'Église du Sud, nie : 1° l'existence de toute Divinité ; 2° toute vie [23] consciente au- delà du tombeau, toute survivance de l'individualité humaine. Du moins, c'est là l'enseignement de la secte siamoise, considérée comme la forme la plus pure du Bouddhisme exotérique. Et il en est ainsi, en effet, si l'on s'en tient aux enseignements publics de Bouddha ; je donnerai plus loin la raison de sa réticence sur point.

Mais les écoles de l'Église bouddhiste du Nord, établies dans les contrées où les Arhats initiés se retirèrent après la mort du Maître, enseignent tout ce qu'on appelle maintenant les doctrines théosophiques et qui fait partie du savoir des Initiés, ce qui prouve de quelle façon la Vérité a été sacrifiée à la lettre morte par l'Église du Sud, dans son trop grand zèle pour l'orthodoxie. Mais encore combien cet enseignement est-il plus grand et plus noble, plus philosophique et plus scientifique, que celui de n'importe quelle autre église ou religion. Cependant la Théosophie n'est pas le Bouddhisme.

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bon.christo@free.fr (Super User) LA CLEF DE LA THEOSOPHIE Mon, 19 Jan 2015 14:20:19 +0000
II - THÉOSOPHIE EXOTÉRIQUE ET ÉSOTÉRIQUE http://m-morya.com/la-clef-de-la-theosophie-2/461-ii-theosophie-exoterique-et-esoterique http://m-morya.com/la-clef-de-la-theosophie-2/461-ii-theosophie-exoterique-et-esoterique

II

THÉOSOPHIE EXOTÉRIQUE ET ÉSOTÉRIQUE

  

CE QUE N'EST PAS LA MODERNE SOCIÉTÉ THÉOSOPHIQUE

 

Question – Alors vos doctrines ne sont pas plus un réveil du Bouddhisme qu'une simple copie de la philosophie néo-platonicienne ?

Réponse – Assurément non. Mais je ne puis mieux répondre à ces deux questions qu'en vous citant un passage d'une conférence sur la Théosophie faite par le docteur J.-D. Buck, membre de la Société Théosophique, devant la convention théosophique tenue à Chicago, en avril 1889. Il n'y a pas de théosophiste qui ait mieux compris et mieux exprimé l'essence réelle de la Théosophie que notre honorable ami le docteur Buck :

"La Société Théosophique a été organisée dans le but de promulguer les doctrines théosophiques et de conduire les hommes à mener une existence [25] théosophique. La présente Société Théosophique n'est pas la première de son espèce. Je possède un volume intitulé : Travaux théosophiques de la société philadelphienne, publié à Londres, en 1697, et un autre qui a pour titre : Introduction à la Théosophie, ou la "Science du Mystère du Christ, c'est-à-dire de la Divinité, de la Nature et de la Créature comprenant la Philosophie de toutes les Puissances Actives de la Vie, les Magiques et les Spirituelles, et formant un guide pratique à la plus sublime Pureté, Sainteté et Perfection Évangélique, et aussi pour l'atteinte de la Vision Divine et des Saints Arts Angéliques, des Puissances et autres Prérogatives de la Régénération" publié à Londres, en 1855. La dédicace de ce volume est rédigée comme suit :

 "Aux étudiants des Universités, collèges et écoles de la chrétienté : aux professeurs de Science Métaphysique, Mécanique et Naturelle sous toutes ses formes : aux hommes et aux femmes instruits en général, de Foi fondamentale orthodoxe : aux Déistes, Ariens, Unitairiens, Swedenborgiens et autres croyances défectueuses et sans fondement, rationalistes et sceptiques, de toute espèce : aux Mahométans à l'esprit juste et éclairé et aux  Patriarches  des  religions orientales : mais spécialement au ministre et aux missionnaires évangéliques près des peuples barbares ou près des peuples intellectuels, cette introduction à la Théosophie ou science de la base et du mystère de toutes [26] choses est très humblement et affectueusement dédiée".

"L'année suivante, en 1856, parut un autre volume in-8° de 600 pages, en petits caractères : Mélanges Théosophiques. Ce dernier fut tiré seulement à 500 exemplaires, qui furent distribués gratuitement aux bibliothèques et aux universités. Ces premiers mouvements très nombreux naquirent tous au sein de l'Église, chez des personnes d'une grande piété, d'un caractère sérieux et d'une réputation parfaite ; tous ces ouvrages avaient la forme orthodoxe et faisaient usage des expressions chrétiennes ; comme dans les ouvrages de l'éminent ecclésiastique William Lave, le lecteur ordinaire n'y remarquait pas autre chose que leur grand sérieux et leur grande piété. Tous étaient des tentatives ayant pour but d'extraire des écritures chrétiennes leur sens profond et de l'expliquer, afin de faire  comprendre la vie théosophique. Ces ouvrages furent bientôt oubliés et sont aujourd'hui généralement inconnus. Ils visaient à réformer le clergé et à ranimer la vraie piété, ce qui les empêcha d'être les bienvenus. Un seul mot "hérésie" suffisait à les faire descendre dans les limbes où sont reléguées de pareilles utopies.

"A l'époque de la Réforme, Jean Reuchlin avait fait une semblable tentative, avec aussi peu de succès, bien qu'il fût l'ami intime et fidèle de Luther. L'orthodoxie n'a jamais consenti à être enseignée, ni éclairée. Tous les réformateurs furent avertis, comme Paul le fut  par Festus, qu'ils étaient devenus fous par excès de savoir, et qu'il était prudent pour eux de ne pas aller plus avant.

"Si nous mettons de côté le verbiage prolixe de ces écrivains, résultat de leur éducation et de leur habitude de s'exprimer, et aussi de la contrainte imposée par les pouvoirs publics, et si nous allons au cœur  de la question, nous constatons que ces écrits étaient strictement théosophiques et ne pouvaient dériver que de la connaissance acquise par l'homme sur sa propre nature et sur la vie supérieure de l'âme. Le mouvement théosophique d'aujourd'hui a été quelquefois accusé d'être une tentative pour convertir les Chrétiens au Bouddhisme, ce qui veut dire que le mot "hérésie" a perdu son pouvoir d'antan et n'inspire  plus aucune terreur.

"A toutes les époques, il s'est trouvé des gens qui ont compris plus ou moins les doctrines théosophiques et qui ont tâché d'y conformer leur vie. Ces doctrines n'appartiennent à aucune religion en particulier et ne sont confinées à aucune Société, ni à aucune époque.

"Elles sont l'héritage légitime de toute âme humaine. Chaque individu doit construire sa propre orthodoxie, suivant sa nature et ses besoins et suivant les matériaux à lui fournis par la vie. Cela explique comment il se fait que ceux qui ont imaginé que la Théosophie est une nouvelle religion ont en vain cherché ses dogmes et son culte. Son [28] dogme est la Fidélité envers la Vérité, et son culte consiste à "rendre hommage à toutes les vérités, en y conformant sa conduite".

"En voyant la diversité des opinions concernant la S. T. et les interprétations erronées de son but, on peut se rendre compte combien peu le principe de la Fraternité Universelle  est  saisissable par les  masses humaines et combien rarement son importance transcendante  peut être reconnue. La Société a été organisée sur cet unique principe : l'essentielle Fraternité de tous les  hommes. Elle a été attaquée comme bouddhiste et antichrétienne, bien qu'elle puisse admettre également  ces deux religions, dont les fondateurs inspirés firent de la fraternité l'essence de leur doctrine et l'essence de la vie. On a aussi regardé la Théosophie comme quelque chose de nouveau sous le soleil, ou tout au moins comme le mysticisme antique déguisé sous un nouveau nom, tandis qu'en réalité il y a eu déjà beaucoup de sociétés basées sur d'altruisme ou la fraternité, qui ont porté différents noms et plusieurs même la qualification de théosophique, et qui avaient les mêmes principes et le même but que la Société actuelle. Dans toutes ces sociétés, la doctrine essentielle est la même ; tout le reste n'est  que secondaire, un produit de circonstances particulières ; mais beaucoup de gens tiennent davantage compte des choses secondaires que des choses essentielles, dont ils restent parfois totalement ignorants". [29]

Il n'était pas possible de donner à vos questions une réponse meilleure que celle-ci, faite par un homme qui est un de nos théosophistes les plus sérieux et les plus estimés.

Question – En ce cas, quel est le système de votre choix, en dehors de la morale bouddhiste ?

Réponse – Aucun et tous. Nous ne sommes attachés à aucune religion, ni à aucune philosophie en particulier ; nous récoltons ce qui est bon, partout où nous le rencontrons. Mais ici nous devons dire que, comme tous les anciens systèmes, la Théosophie est divisée en deux sections, l'une exotérique et l'autre ésotérique.

Question – Quelle en est la différence ?

Réponse – Les membres de la Société Théosophique sont libres de professer telle religion ou telle philosophie qui leur convient, aucune s'ils le préfèrent ; il suffit qu'ils soient en sympathie avec un ou plusieurs des trois  buts  de  l'association.  La  Société  est  un  corps  philanthropique et scientifique établi pour répandre l'idéal de fraternité dans le domaine de la pratique et non dans celui de la théorie. Ses membres peuvent être chrétiens ou musulmans, juifs ou parsis, bouddhistes ou brahmane, spiritualistes ou matérialistes, cela n'est d'aucune importance ; mais chaque membre doit être : ou un philanthrope, ou un savant, ou un étudiant de la littérature aryenne ou des autres littératures antiques, ou un chercheur dans le domaine psychique ; en un mot, il doit [30] aider, dans la mesure de ses forces, à réaliser au moins l'un des trois objets du programme ; s'il en est autrement, il n'a aucune raison pour devenir membre de la Société. La majeure partie des membres de la portion exotérique de la Société sont "attachés" ou "non attachés". Un membre attaché est celui qui fait partie d'une Branche de la S. T. Un membre non attaché est celui qui appartient à la Société en général, qui a reçu son diplôme du quartier général d'Adyar (Madras), mais n'est membre d'aucune Branche ou Loge. Ils peuvent devenir théosophistes réellement ou ne pas le devenir du tout. Ils sont membres par le seul fait d'être admis dans la Société, mais cela ne suffit nullement pour théosophiser quelqu'un qui n'a pas le sens du rapport divin des choses, ni celui qui comprend la Théosophie d'une façon sectaire et égoïste. "Est beau qui bien fait" dit un vieux proverbe qu'on peut traduire : "Est théosophiste, celui qui pratique la Théosophie".

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bon.christo@free.fr (Super User) LA CLEF DE LA THEOSOPHIE Mon, 19 Jan 2015 14:20:52 +0000
THÉOSOPHISTES ET MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ THÉOSOPHIQUE http://m-morya.com/la-clef-de-la-theosophie-2/462-theosophistes-et-membres-de-la-societe-theosophique http://m-morya.com/la-clef-de-la-theosophie-2/462-theosophistes-et-membres-de-la-societe-theosophique

THÉOSOPHISTES ET MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ THÉOSOPHIQUE

 

Question – Il me semble que cela s'applique aux membres de l'extérieur ; mais ceux qui poursuivent l'étude ésotérique de la Théosophie sont-ils de vrais théosophistes ?

Réponse – Pas nécessairement, jusqu'à ce qu'ils [31] en aient donné la preuve. Ils sont entrés dans le groupe intérieur et se sont engagés à suivre aussi strictement que possible les règles du Corps occulte. C'est là une entreprise difficile, attendu que la première de toutes les règles est l'entier renoncement à sa propre personnalité, c'est-à-dire qu'un membre engagé doit devenir un altruiste complet, ne plus jamais songer à lui-même et oublier sa vanité et son orgueil, pour ne songer qu'à faire du bien à tous les hommes. Pour que les enseignements ésotériques lui soient profitables, il faut qu'il mène une vie d'abstinence en toutes choses et d'une stricte moralité, en faisant son devoir envers tous les hommes. Le petit nombre de vrais théosophistes que contient la Société Théosophique se trouve parmi ceux-là. Cela ne veut pas dire qu'en dehors du cercle intérieur et aussi de la T. , il n'y ait pas de théosophistes, car il y en a et plus qu'on ne le suppose, et certainement beaucoup plus qu'il ne s'en trouve parmi les membres exotériques de la Société.

Question – Alors, à quoi bon se joindre à la Société Théosophique ?

Quel motif peut-on avoir pour le faire ?

Réponse – Pas d'autre que d'obtenir comme enseignement les vraies doctrines de la RELIGION SAGESSE, et, si l'on se conforme au programme, de bénéficier du puissant secours donné par la sympathie mutuelle. L'union fait la force ; quand des efforts sont faits en commun, [32] harmonieusement et simultanément, ils produisent des merveilles. C'est là le secret du succès de toutes les associations et de toutes les communautés, depuis que l'humanité existe.

Question – Mais un homme dont l'intelligence serait bien équilibrée, qui n'aurait qu'un seul but en vue, qui serait doué d'une énergie indomptable, qui serait capable d'une grande persévérance, ne pourrait-il pas devenir, en travaillant seul, un Occultiste et même un Adepte ?

Réponse – La chose n'est pas impossible ; mais il y a dix mille chances d'échouer pour une de réussir. Entre beaucoup de raisons pour qu'il en soit ainsi, il faut d'abord tenir compte du fait qu'il n'existe de nos jours aucun livre d'Occultisme ou de Théurgie, qui expose en langage, courant les secrets des Alchimistes, ces Théosophes du Moyen âge. Tous les ouvrages qui traitent de cette matière sont écrits en langage symbolique, en paraboles, et comme il y a des siècles que la clef de ces symboles a été perdue, en Occident, il serait difficile au lecteur de saisir le vrai sens de ce qu'il lit, ce qui l'expose au grand danger de tomber dans la magie noire ou de devenir médium. Celui qui n'a pas pour maître un Initié agira beaucoup plus sagement en laissant ces choses-là de côté. Regardez autour de vous avec attention ; pendant que les deux tiers des civilisés tiennent pour ridicule la seule idée qu'il puisse y avoir quelque chose  dans la Théosophie, l'Occultisme, le Spiritisme ou la [33] Kabbale, l'autre tiers est composé des éléments les plus hétérogènes ; dans la quantité, il y en a qui croient aux choses mystiques et même aux choses surnaturelles (!), mais chacun y croit à sa manière.

 D'autres s'élancent isolément dans l'étude de la Kabbale, du Psychisme, du Mesmérisme, du Spiritisme, ou de quelque autre forme de Mysticisme. Au résultat, il n'y a pas deux hommes qui soient d'accord sur les principes fondamentaux de l'Occultisme, bien qu'il y en ait un grand nombre qui réclament pour eux-mêmes l'ultima thule de la  Connaissance et voudraient faire croire aux profanes qu'ils sont des adeptes totalement développés. Non seulement, en Occident, on ne peut trouver une Connaissance scientifique de l'Occultisme, pas même de l'Astrologie, la seule branche qui ait des lois et un système définis, mais personne même n'y a l'idée de ce qu'est le véritable Occultisme. Les uns limitent la Sagesse antique à la Kabbale et au Zohar juif, que chacun interprète à sa façon, suivant la lettre morte des méthodes rabbiniques. D'autres considèrent Swedenborg et Boehme comme les représentants de la plus haute sagesse, tandis que d'autres encore croient trouver dans le Mesmérisme le grand secret de l'ancienne magie. Tous ceux qui mettent en pratique ces théories- là ne tardent guère à être entraînés par ignorance dans la magie noire. Heureux ceux qui peuvent y échapper, car ils [34] n'ont pas de critérium leur permettant de distinguer le vrai du faux.

Question – Faut-il comprendre que le groupe intérieur de la Société Théosophique reçoit ses enseignements de vrais Initiés ou de Maîtres de la Sagesse Esotérique ?

Réponse – Pas directement. La présence personnelle de tels maîtres n'est pas indispensable. Il suffit qu'ils donnent des instructions à quelques- uns de ceux qui ont étudié directement, pendant des années, auprès d'eux et qui ont voué leur vie entière à leur service. Ceux-ci peuvent faire part, de ce qu'ils ont appris aux personnes qui ne se sont pas trouvées dans la même situation qu'eux. Il vaut mieux une portion de la Science vraie qu'une masse de savoir indigeste et mal compris ; une once d'or vaut mieux que mille kilos de poussière.

Question – Mais comment reconnaître si c'est une once d'or vrai, ou si c'est du faux métal ?

Réponse – On connaît un arbre à ses fruits, un système par ses résultats. Lorsque nos critiques seront capables de nous montrer, dans le cours des siècles, un homme qui, en étudiant tout seul, soit parvenu au degré d'Adeptat d'un Ammonius Saccas ou même d'un Plotin, ou soit devenu un théurge de la force de Jamblique, ou soit parvenu à opérer des phénomènes comme ceux qu'on attribue au comte de Saint-Germain, sans aucun maître pour le guider et tout cela sans qu'il soit [35] un médium, un homme qui se trompe lui-même ou un charlatan – alors nous confesserons que nous nous sommes trompés.

Mais jusque-là les théosophistes préfèreront s'en tenir à la loi naturelle et démontrée de la tradition de la Science Sacrée. Il y a des mystiques ayant fait de grandes découvertes dans la chimie et dans les sciences physiques et qui se sont avancés jusqu'au bord de l'Alchimie et de l'Occultisme ; d'autres qui, par leur seul génie, ont découvert des portions, sinon la totalité de l'alphabet de la "Langue du Mystère", et peuvent par suite lire correctement des manuscrits hébreux ; d'autres encore qui, étant voyants naturels, ont eu des éclairs merveilleux sur les secrets de  la Nature. Mais ce sont tous des spécialistes. L'un est un inventeur théorique, l'autre un Kabbaliste juif, c'est-à-dire un sectaire, un troisième sera un Swedenborg moderne, niant tout ce qui est en dehors de sa croyance et de sa religion particulière. Aucun d'eux ne peut se vanter d'avoir produit, par ses connaissances, un bien universel ou même national, ou même un bien à lui-même. A l'exception de quelques guérisseurs que les Facultés de Médecine traitent de charlatans, aucun d'eux n'a rendu service à l'Humanité par sa science, ni même à un certain nombre d'hommes. Où sont les Chaldéens des anciens temps qui opéraient des cures merveilleuses, "non par des charmes, mais par des simples" ? Où est l'Apollonius  [36] de Tyane capable de guérir toutes les maladies et de ressusciter les morts, dans n'importe quelles circonstances et n'importe quel pays ? Nous connaissons quelques guérisseurs en Europe, mais les autres ne se trouvent qu'en Asie, où le secret des Yoguis "de vivre dans la mort" est encore connu de nos jours.

Question – Le but de la Théosophie est-il de produire des adeptes en l'art de guérir ?

Réponse – Ses buts sont nombreux ; mais les plus importants sont ceux par lesquels on pourra parvenir à soulager la souffrance humaine, sous toutes ses formes, physiques aussi bien que morales, et nous croyons que la guérison des souffrances morales est beaucoup plus importante que celle des souffrances physiques. La Théosophie a pour tâche de développer le sens moral ; il faut qu'elle purifie l'âme, pour parvenir à fortifier le corps physique, dont les maladies, à part les cas d'accident, sont toujours héréditaires. Ce n'est pas en étudiant l'Occultisme pour des buts égoïstes, pour la satisfaction de son ambition personnelle, de son orgueil, de sa vanité, qu'on acquerra jamais l'aptitude à venir en aide à l'humanité souffrante. Ce n'est pas non plus en étudiant une seule branche de la philosophie ésotérique qu'un homme devient un Occultiste – mais en les étudiant toutes.

Question – Ceux qui étudient les sciences ésotériques sont-ils donc les seuls à qui on vienne en [37] aide pour leur faire atteindre le but de la Théosophie ?

Réponse – Pas du tout. Chaque membre de la Société Théosophique a droit à des instructions générales, s'il en sent le besoin ; mais il en est peu qui ambitionnent le rôle de "membres travailleurs", et la plupart préfèrent rester simplement des frelons de la Théosophie. Qu'on sache donc que les recherches particulières sont encouragées dans la Société Théosophique, pourvu qu'elles ne franchissent pas les limites séparant l'exotérisme de l'ésotérisme, la magie aveugle de la magie consciente.

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bon.christo@free.fr (Super User) LA CLEF DE LA THEOSOPHIE Mon, 19 Jan 2015 14:21:13 +0000
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DIFFÉRENCE ENTRE LA THÉOSOPHIE ET L'OCCULTISME

 

Question – Vous parlez de Théosophie et d'Occultisme ; est-ce la même chose ?

Réponse – Nullement. Un homme peut être un très bon théosophiste, qu'il appartienne ou non à la Société, sans être un occultiste.  Mais personne ne peut être un véritable occultiste, sans être d'abord réellement théosophiste ; s'il en est autrement, il n'est qu'un magicien noir, qu'il en ait consciente ou non.

Question – Que voulez-vous dire par-là ?

Réponse – J'ai déjà dit qu'un vrai théosophiste doit mettre en pratique l'idéal moral le plus élevé, [38] doit s'efforcer de comprendre qu'il ne fait qu'un avec l'humanité tout entière, et que son devoir est de travailler constamment pour les autres. Tout occultiste qui ne se conduit pas ainsi n'agit qu'égoïstement, pour son bénéfice personnel, et, quand il se trouve possesseur de pouvoirs supérieurs à ceux du commun des mortels, il est simplement, pour le monde et pour ceux qui l'entourent, un ennemi plus dangereux que l'homme ordinaire ; la chose est facile à comprendre.

 Question – Alors un occultiste serait donc simplement un homme qui posséderait des pouvoirs supérieurs à ceux du commun des hommes ?

Réponse – Oui, très supérieurs, chez celui qui est occultiste théorique et pratique, de fait et pas seulement de nom. Les sciences occultes ne sont pas, comme le disent les encyclopédies : "ces sciences imaginaires du Moyen-Age, traitant de l'action ou influence supposée des qualités occultes des choses et des pouvoirs surnaturels, telles que l'alchimie, la magie, la nécromancie et l'astrologie", mais ce sont des sciences réelles et très dangereuses. Elles enseignent la puissance secrète des choses de la nature ; en développant et en cultivant les pouvoirs qui sont "latents  dans l'homme", elles lui donnent de formidables avantages à l'égard des mortels ignorants. L'hypnotisme, maintenant si connu et qui est l'objet de recherches scientifiques, en est un exemple. C'est presque par hasard  que le pouvoir hypnotique a été découvert, après [39] que le chemin lui eut été préparé par le mesmérisme, et maintenant un habile hypnotiseur peut s'en servir à son gré et forcer un homme, sans qu'il en ait conscience, à se conduire d'une façon ridicule ou même à commettre un crime, pour le bénéfice de l'hypnotiseur. Est-ce que ce ne serait pas là un pouvoir terrible, si on le laissait entre les mains de personnes sans moralité ? Et veuillez remarquer que ce n'est là qu'une brindille de l'arbre de l'Occultisme.

Question – Mais toutes ces sciences occultes, la magie, la sorcellerie, ne sont-elles pas considérées par les savants et les gens instruits comme des restes de l'ignorance et de la superstition antiques ?

Réponse – Permettez-moi de vous faire remarquer que cette objection est une arme à deux tranchants. "Les plus savants et les plus instruits" parmi vous regardent aussi le christianisme et les autres religions comme des restes de l'ignorance et de la superstition. Quoiqu'il en soit, les gens commencent à croire aujourd'hui à l'hypnotisme et quelques-uns ; même parmi les plus instruits, à la Théosophie et aux phénomènes. Mais qui donc parmi eux, les prédicateurs et les fanatiques aveugles mis de côté, avouera qu'il croit aux miracles de la Bible ? Voilà le point où se marque la différence. Il y a de bons et purs théosophistes qui peuvent croire aux miracles surnaturels, voire même divins, mais on ne trouvera pas un [40] occultiste qui soit capable d'avoir cette croyance. Car un  occultiste pratique la Théosophie scientifique, basée sur une connaissance exacte des forces secrètes de la Nature, tandis qu'un théosophiste qui emploiera ce qu'on appelle des pouvoirs anormaux ne fera pas autre chose que s'avancer vers une forme dangereuse de la médiumnité, parce que, bien qu'il suive la Théosophie et qu'il pratique dans toute sa rigueur son code de morale supérieure, il agit dans la nuit, par la vertu d'une foi sincère, mais aveugle.

Tout homme, théosophiste ou spirite, qui essaye de cultiver une des branches de la Science Occulte l'hypnotisme, le mesmérisme,  la production des phénomènes physiques, sans connaître philosophiquement la raison de ces pouvoirs, se place dans la situation d'un bateau sans gouvernail lancé sur la mer pendant une tempête.

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bon.christo@free.fr (Super User) LA CLEF DE LA THEOSOPHIE Mon, 19 Jan 2015 14:21:28 +0000
DIFFÉRENCE ENTRE LA THÉOSOPHIE ET LE SPIRITISME http://m-morya.com/la-clef-de-la-theosophie-2/464-difference-entre-la-theosophie-et-le-spiritisme http://m-morya.com/la-clef-de-la-theosophie-2/464-difference-entre-la-theosophie-et-le-spiritisme

DIFFÉRENCE ENTRE LA THÉOSOPHIE ET LE SPIRITISME

 

Question – Mais vous ne croyez pas au Spiritisme ?

Réponse – Si vous voulez parler de l'explication donnée par les Spirites, au sujet de certains phénomènes anormaux, nous n'y croyons certainement pas. Car, selon eux, toutes ces manifestations sont dues aux "Esprits" de personnes (le plus [41] souvent leurs parents), qui ont quitté ce monde et qui y reviennent pour entrer en communication avec ceux qu'ils ont aimés, ou auxquels ils sont restés attachés ; et, voilà ce que-nous nions formellement. Nous disons que les Esprits des morts ne peuvent pas retourner sur la terre, sauf en de rares exceptions, dont je parlerai probablement plus tard, et qu'ils n'ont de communication avec les hommes que par des moyens entièrement subjectifs. Ce que l'on voit objectivement n'est que le fantôme de l'homme physique qui n'existe plus.

Quant au Spiritisme psychique et "spirituel", pour ainsi dire, nous y croyons très fermement.

Question – Niez-vous aussi l'existence des phénomènes ?

Réponse – En aucune façon, à moins qu'il n'y ait fraude consciente.

Question – Comment les expliquez-vous alors ?

Réponse – De plusieurs manières. Les causes de ces manifestations ne sont pas du tout aussi simples que les Spirites voudraient bien le croire. Avant tout, le Deus ex machinâ de ce que l'on appelle "matérialisations" est, d'ordinaire, le corps astral ou le "double" du médium, ou d'une des personnes présentes. Ce corps astral est aussi la force qui produit les manifestations comme celles des "Davenport", l'écriture directe, etc.

Question – Vous dites que le corps astral est "ordinairement" la force qui agit ; quelles sont donc les autres causes ? [42]

Réponse – cela dépend de la nature des manifestations ; quelquefois, ce sont les dépouilles astrales, les "Coquilles astrales" de Kama-loka, ce qui reste des personnalités qui ont disparu ; d'autres fois, ce sont les Élémentaux.

Le mot "Esprit" a plus d'une signification s'étend au loin. Je ne sais pas ce que les spirites entendent vraiment par ce terme ; mais, d'après leur opinion, telle que nous la comprenons, les phénomènes physiques sont produits par l'Ego (le principe qui se réincarne),  l' "individualité" spirituelle et immortelle. Et nous rejetons entièrement cette hypothèse.

L'Individualité consciente des êtres désincarnés ne peut, ni se matérialiser, ni quitter la sphère dévachanique et mentale dans laquelle elle se trouve, pour retourner au plan de l'objectivité terrestre.

Question – pourtant, un grand nombre de communications des "Esprits" sont dictées, non seulement avec intelligence, mais aussi avec connaissance de faits ignorés du médium ; souvent même l'investigateur ou les autres personnes qui composent la réunion ne se rendent pas compte de la présence de ces faits dans leur mémoire.

Réponse – Ce qui n'est pas nécessairement une preuve que l'intelligence et la connaissance dont vous parlez appartiennent à des Esprits ou proviennent d'âmes désincarnées. Il y a assez d'exemples de somnambules qui, pendant leur sommeil magnétique, ont écrit de  la poésie, composé de la [43] musique, ou résolu des problèmes de mathématique, sans avoir jamais possédé la moindre connaissance de la musique ou des mathématiques. D'autres, également plongés dans une profonde léthargie, ont répondu avec intelligente aux questions qui leur ont été adressées ; Même, en plusieurs occasions, ont parlé des langues qu'ils ignoraient complètement à l'état de Veille ; le latin ou l'hébreu. Faut-il absolument que tout ceci ait été l'œuvre des "Esprits" ?

Question – Mais quelle autre explication en donneriez-vous ?

 Réponse – Nous disons que l'étincelle divine, dans l'homme, est une et identique en essence avec l'Esprit Universel ; et que, par conséquent, notre "Moi spirituel" est en réalité, omniscient, mais que les obstacles de la matière l'empêchent de manifester sa connaissance. Donc, tout ce qui tend à écarter ces obstacles, c'est-à-dire à paralyser l'activité et la conscience qui appartiennent exclusivement au corps matériel comme il arrive, par exemple, dans un profond Sommeil naturel ou magnétique, ou bien par l'effet d'une maladie ; tout cela, disons-nous, permet au Soi intérieur de se manifester plus clairement sur notre plan. Et voilà comment nous expliquons ces phénomènes vraiment merveilleux, d'un ordre très élevé, qui sont dus à une intelligence et une connaissance que l'on ne peut mettre en doute. Quant aux manifestations du genre terre-à-terre, comme les [44] phénomènes physiques, ainsi que les platitudes et le langage insignifiant attribués aux "Esprits" en général, si nous voulions expliquer ce que nous aurions même de plus important à dire à ce sujet, nous serions obligés d'y consacrer plus de temps et d'espace que nous ne le pouvons pour le moment. Nous n'avons pas plus le dessein de chercher à influencer la croyance Spirite que tout autre croyance. C'est sur les croyants aux "Esprits" que doit retomber l'onus probandi. Et bien que pour le présent, les principaux spirites, et parmi eux, les plus instruits et les plus intelligents, soient encore convaincus que les manifestations d'un ordre élevé ont lieu par l'intervention des âmes désincarnées, ils sont pourtant les premiers à avouer que tous les phénomènes ne peuvent pas être produits par les Esprits. Ils finiront par reconnaître la vérité entière ; mais jusque-là, nous n'avons aucun droit et aucun désir de les convertir à notre manière de voir ; – et cela d'autant moins que, lorsqu'il s'agit de Manifestations purement psychiques et spirituelles, nous-mêmes croyons à la communication réciproque de l'esprit de l'homme vivant avec celui de personnalités désincarnées 2. [45]

 2 Nous disons qu'en de pareilles circonstances, ce ne sont pas les Esprits des morts qui descendent sur la terre, mais les Esprits des vivants qui montent vers les âmes purement spirituelles. En réalité, il n'est question ni de monter ni de descendre ; mais il se fait chez le médium, un changement d'état ou de condition. Le corps se paralyse et tombe dans une profonde léthargie ; l'Ego spirituel est alors dégagé de ses liens et se trouve sur le même plan de conscience que les Esprits désincarnés. C'est ainsi qu'il peut y avoir communication entre deux personnes, comme il arrive parfois en rêve, s'il existe entre elles quelque affinité spirituelle.

Il y a, entre la nature médiumnique et la non-sensitive. La différence que voici : l'esprit du médium, une fois en liberté, possède les conditions nécessaires pour influencer les organes passifs de son corps endormi, et les faire agir, parler ou écrire, d'après sa volonté ; l'Ego peut alors se servir de son corps comme d'un écho, et lui faire répéter, en langage humain, les pensées et les idées de l'entité désincarnée (avec laquelle il se trouve en communication), aussi bien que les siennes propres. Mais un organisme qui n'est doué d'aucune réceptivité, ou qui est extrêmement positif, ne peut pas être influencé de cette manière. Voilà pourquoi, bien qu'il n'existe peut-être pas un seul être humain dont l'Ego ne soit, durant le sommeil du corps, en pleine communication avec ceux qu'il a aimés et perdus, la personne n'en conserve, à son réveil, aucun souvenir, à moins que ce ne soit l'impression confuse d'un rêve ; ce qui provient de la nature positive et du manque de réceptivité du cerveau et de l'enveloppe matérielle.

Question – Cela veut dire que vous rejetez en bloc la philosophie spirite ?

Réponse – Certainement, si, par "philosophie", vous entendez les théories grossières des spirites ; mais, franchement, ils n'ont pas de philosophie, et, parmi leurs défenseurs, ce sont les plus zélés, les plus sérieux et les plus intelligents, qui le disent. Personne, excepté un des matérialistes aveugles de l'école de Huxley, ne peut nier l'existence de leur vérité fondamentale, la seule qui soit inattaquable, savoir : que les [46] phénomènes se produisent par des médiums agissant sous l'influence de forces et d'intelligences invisibles. Mais, pour ce qui regarde leur philosophie, permettez-moi de vous citer ce que l'excellent éditeur  de Light, le plus dévoué, en même temps que le plus éclairé des champions du Spiritisme, écrit à ce sujet. Voici ce que dit M. A. Oxon, un des rares spirites philosophes, touchant la bigoterie et le manque d'organisation du Spiritisme :

"Ce point est d'une telle importance qu'il vaut la peine d'être consciencieusement examiné. L'expérience et la connaissance que nous possédons rendent à peu près insignifiante toute autre connaissance. Le Spirite ordinaire s'indigne au moindre doute que l'on ose exprimer touchant sa connaissance parfaite de l'avenir et sa certitude absolue de la vie future. Il avance, sans hésitation, comme un homme qui porte sur lui la carte du pays qu'il parcourt et qui est sûr de sa route, là même où d'autres ont étendu leurs mains tremblantes, en tâtonnant dans les ténèbres de l'avenir inconnu. Tandis que d'autres ne sont pas allés au-delà d'une aspiration pieuse, ou se sont contentés de la foi de leurs pères, il se vante de savoir ce qu'ils ne font que croire, et il offre d'enrichir de ses trésors les croyances mourantes, bâties sur l'espoir seulement. Il traite avec munificence les souhaits les plus chers de l'humanité. "Vous ne faites qu'espérer ce que je puis vous prouver", [47] semble-t-il dire. "La croyance traditionnelle que vous avez acceptée, je puis, moi, vous en démontrer la vérité, expérimentalement, d'après les plus stricts procédés scientifiques. Les vieilles croyances s'en vont ; il faut vous en séparer : elles contiennent autant d'erreurs que de vérités. Votre édifice ne peut être solide que s'il est fondé sur une base de faits certains et prouvés. Tout tombe en ruine autour de vous ; sauvez- vous avant l'écroulement. Mais, lorsqu'il s'agit de la pratique que cet homme généreux vous a promise, le résultat que l'on obtient est aussi étonnant que désillusionnant ; car votre guide est si sûr de ce qu'il avance qu'il ne se donne même pas la peine de s'enquérir de ce que les autres pensent des faits qu'il accepte. La Sagesse des siècles s'est chargée d'expliquer ce qu'il considère, à bon droit, comme déjà prouvé ; mais il ne daigne pas jeter, en passant, un regard sur ces recherches. Il n'est pas même toujours d'accord avec ses frères Spirites. C'est une répétition de l'histoire de la vieille femme Ecossaise qui, seule avec son maris, formait une "église". Ils avaient leurs clefs particulières pour  entrer au ciel ; c'est-à-dire qu'elle en avait, car elle "n'était pas sûre du salut de Jamie". C'est ainsi que les sectes spirites se divisent, se subdivisent, et se, re-subdivisent ; et que chacun secoue la tête d'un air de doute, parce qu'il "n'est pas sûr" que son voisin a raison. Et pourtant l'expérience collective de l'humanité [48] prouve invariablement que l'union fait la force, et que la désunion est une source de faiblesse et d'insuccès. Une simple foule devient une armée, lorsque tous ceux qui la composent sont solidement alignés et soumis à la discipline ; chacun de ces hommes vaut alors cent de ceux qui se précipiteront sur eux, sans ordre. Une bonne organisation  économise le temps et le travail, et apporte, à toute œuvre humaine, le succès, le développement et le profit ; tandis que le manque de méthode et de plan d'action, le travail fait au hasard, l'énergie dépensée capricieusement et les efforts indisciplinés,  conduisent  tous  sûrement  à  une   défaite éclatante. La voix de l'humanité atteste cette vérité ; le Spirite est-il disposé à écouter l'avertissement qui lui est donné, et à agir en conséquence ? Non. Il ne veut pas d'organisation ; il est lui-même sa propre loi, et une épine dans le côté de son prochain". (Light, 22 juin 1889).

Question – On m'a dit que la Société Théosophique a été fondée, afin d'écraser, avec le Spiritisme, toute croyance à la persistance de l'individualité dans l'homme.

Réponse – On vous a mal informé. Toutes nos croyances sont fondées sur cette individualité immortelle. Mais vous faites comme tant d'autres, vous confondez la personnalité avec l'individualité ; il parait que les psychologues de l'Occident n'ont pas su établir clairement une distinction [49] entre ces deux termes. Et pourtant, la note fondamentale, indispensable, pour comprendre la philosophie orientale, se trouve dans cette différence même ; et c'est encore cette différence qui est la base de toutes les divergences entre les enseignements théosophiques et spirites. – Au risque de nous attirer un redoublement d'hostilité de la part de quelques Spirites, je suis obligé de constater que la Théosophie est le vrai et pur Spiritualisme, tandis que le système moderne, pratiqué par la foule, sous le nom de Spiritisme, n'est autre chose que du matérialisme transcendant.

Question – Veuillez vous expliquer plus clairement ?

Réponse – Voici ce que je veux dire. D'après nos enseignements, l'Esprit et la Matière sont identiques ; l'Esprit contient la Matière à l'état latent, et la Matière n'est que l'Esprit cristallisé, comme la glace est de la vapeur solidifiée. Néanmoins, comme la condition première et éternelle de tout ce qui existe, n'est pas l'esprit, mais le sur esprit (meta-spirit), pour ainsi dire (la matière visible et solide n'étant tout simplement que sa manifestation périodique), nous soutenons que le terme Esprit ne peut s'appliquer à autre chose qu'à la véritable individualité.

Question – Mais quelle distinction faites-vous entre cette "véritable individualité", et le "Moi" ou "Ego", dont nous avons tous conscience ? [50]

Réponse – Avant que je puisse vous répondre, il faut nous entendre sur la signification que vous donnez au "Moi" ou à l' "Ego". Nous faisons une  distinction  entre  la  simple  conscience  de  soi-même,  le   sentiment simple exprimant. "Je suis Moi", et la pensée complexe renfermée dans : "Je suis M. Smith", ou "Mme Brown". Cette distinction est le pivot sur lequel tourne toute l'idée d'une série de naissances pour le même Ego ; autrement dit, de la Réincarnation, à laquelle nous croyons. "M, Smith" représente, en réalité, une longue série d'expériences journalières reliées entre elles par le fil de la mémoire, et formant ce que M. Smith considère comme "lui-même". Mais aucune de ces expériences ne constitue véritablement le "Moi" ou l' "Ego" ; et ce n'est pas grâce à elles non plus que "M. Smith" se sent être lui-même, car il en oublie la plus grande partie, et ce n'est que tant qu'elles durent qu'elles produisent en lui l'impression de l'Egoïté. Voilà pourquoi les Théosophes font une distinction entre cet assemblage d'expériences qu'ils appellent la fausse personnalité (parce qu'elle est finie et passagère), et cet élément qui donne à l'homme le sentiment : "Je suis Moi". Ce "Je suis Moi" est ce que nous appelons la véritable individualité ; et nous disons que cet "Ego", ou cette individualité, remplit, comme un acteur, plusieurs rôles sur la scène de la vie 3. Comparons chaque [51] nouvelle vie d'un même Ego, sur la terre, à une soirée sur la scène d'un théâtre. Un soir, l'acteur, ou l' "Ego", paraît dans le rôle de "Macbeth" ; le lendemain, dans celui de "Shylock" ; le troisième soir, il est "Roméo" ; le suivant "Hamlet" ou le "Roi Lear", et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'il ait parcouru le cycle entier de ses incarnations. L'Ego commence son pèlerinage sous la forme d'un lutin, comme "Ariel" ou "Puck" ; puis il devient figurant, il est Soldat, Suivant, ou fait partie du chœur. Ensuite, il monte en grade et remplit les "rôles parlés", tantôt importants, parfois insignifiants ; et lorsque enfin il abandonne la scène, il est "Prospero", le Magicien.

3 Voyez plus loin : "Individualité et Personnalité".

 

Question – Je comprends. Cela signifie donc que ce véritable Ego ne peut pas retourner sur la terre, après la mort. Pourtant, si l'acteur  a conservé le sentiment de son individualité, n'est-il pas libre, s'il le désire, d'aller revoir la scène de ses anciens rôles ?

Réponse – Non ; et cela pour la simple raison que ce retour sur la terre rendrait impossible un état de bonheur sans mélange, après la  mort, comme je le prouverai, du reste. Notre opinion est que l'homme endure, pendant sa vie, soit par suite de son entourage, soit par la faute des personnes avec lesquelles il est en relation, tant de souffrances, qu'il n'a pas méritées, qu'il a bien droit à sa part de repos et de calme parfaits, sinon [52] de bonheur, avant de reprendre le fardeau de l'existence terrestre. Mais nous pourrons traiter ce sujet en détail un peu plus tard.

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bon.christo@free.fr (Super User) LA CLEF DE LA THEOSOPHIE Mon, 19 Jan 2015 14:21:48 +0000
POURQUOI LA THÉOSOPHIE EST-ELLE ACCEPTÉE ? http://m-morya.com/la-clef-de-la-theosophie-2/465-pourquoi-la-theosophie-est-elle-acceptee http://m-morya.com/la-clef-de-la-theosophie-2/465-pourquoi-la-theosophie-est-elle-acceptee

POURQUOI LA THÉOSOPHIE EST-ELLE ACCEPTÉE ?

 

Question – Oui, je comprends jusqu'à un certain point ; mais je vois aussi que vos enseignements sont infiniment plus compliqués et plus métaphysiques que ceux du Spiritisme ou de la religion, telle qu'elle est généralement comprise. Pourriez-vous me dire pourquoi ce système de Théosophie, dont vous prenez la défense, a éveillé tant d'intérêt et tant d'animosité à la fois ?

Réponse – Il y a, je crois, plusieurs raisons pour cela : – entre autres, en premier lieu, la grande réaction produite contre les grossières théories matérialistes qui sont actuellement en vigueur dans les enseignements scientifiques. Secondement, le mécontentement général dû à la théologie formaliste des différentes Églises chrétiennes, et au nombre toujours croissant de sectes hostiles les unes aux autres. Troisièmement, une compréhension de plus en plus claire du fait que les croyances, qui se contredisent ainsi elles-mêmes, d'une façon si évidente, ne peuvent pas être vraies, et que les prétentions qui ne se vérifient pas, ne peuvent pas être réelles. La défiance naturelle qu'inspirent ces religions conventionnelles est encore [53] fortifiée par leur complet insuccès à conserver les principes de la morale et à purifier la société et la foule. Quatrièmement, la conviction de plusieurs personnes, et la certitude d'un petit nombre d'entre elles, qu'il doit exister un système philosophique et religieux qui, au lieu d'être basé sur des suppositions, soit scientifique. Enfin, peut-être aussi, la croyance que ce système doit être cherché en des enseignements infiniment plus anciens que les religions modernes.

Question – Mais comment se fait-il que ce système ait paru tout  juste à présent ?

Réponse – Parce que le moment est venu, comme le prouve la détermination avec laquelle tant de travailleurs sérieux se sont mis à la recherche de la Vérité, dans le désir de la trouver à tout prix et n'importe où elle se trouve cachée. Voilà pourquoi les gardiens de cette Vérité ont permis que quelques parties, au moins, en fussent divulguées. Si la Société théosophique ne s'était organisée que quelques années plus tard, une moitié des Nations civilisées serait devenue foncièrement matérialiste, tandis que l'autre moitié se serait divisée en Anthropomorphistes (chrétiens orthodoxis) et en phénoménalistes (spirites).

Question – La Théosophie doit-elle être considérée en quelque sorte comme une révélation ?

Réponse – En aucune façon ; pas même comme une divulgation nouvelle venant directement d'êtres supérieurs, surnaturels, ou tout au moins [54] surhumains. Mais le voile qui couvre les plus anciennes vérités a été soulevé, afin de les faire apercevoir de ceux qui, non-seulement les avaient ignorées jusqu'ici, mais qui ne se doutaient pas même de l'existence et de la conservation de cette connaissance archaïque 4.

4 Il est en vogue, surtout depuis quelque temps, de tourner en ridicule l'idée qu'il pût y avoir autre chose que l'imposture des prêtres dans les "Mystères" des grands peuples civilisés, comme les Égyptiens, les Grecs ou les Romains. Même les Rose-Croix ne doivent avoir été que des hommes fous et trompeurs à la fois. Ils ont fait le sujet de bon nombre de livres ; et bien des débutants qui, il y a quelques années, avaient à peine entendu le nom de Rose-Croix, se sont posés en critiques profonds, parfaitement renseignés au sujet de l'alchimie, des philosophes du feu, et du mysticisme en général. Et pourtant une longue série de Hiérophantes, en Égypte, aux Indes, en Chaldée et en Arabie, avec les plus grands philosophes et les sages de la Grèce et de l'Occident, comprenaient toute connaissance sous la désignation de Sagesse et de Science divine ; car  ils considéraient comme essentiellement divines la base et l'origine de chaque science. Les mystères étaient sacrés aux yeux de Platon, et Clément d'Alexandrie, qui avait lui-même été initié aux mystères d'Eleusis, a déclaré que "les doctrines qui y étaient enseignées renfermaient le dernier mot de la connaissance humaine". Nous nous demandons si Platon et Clément étaient deux imposteurs, deux fous – ou l'un et l'autre ?

 

Question – Vous avez parlé de "persécution". Si la vérité est telle que la Théosophie la représente, pourquoi, au lieu d'être généralement acceptée, a-t-elle rencontré tant d'opposition ?

Réponse – Encore une fois, pour bien des raisons, [55] parmi lesquelles se trouve la haine avec laquelle les hommes accueillent, d'ordinaire, ce qu'ils appellent des "innovations". L'Egoïsme est essentiellement conservateur, et déteste tout ce qui le trouble ; il préfère un mensonge qui n'est pas gênant, un mensonge facile, à la plus grande vérité, si celle-ci exige le sacrifice de son moindre confort. L'inertie mentale est puissante en présence de tout ce qui ne promet pas immédiatement un avantage et une récompense. Notre siècle est pratique avant tout, et manque de spiritualité. De plus, les enseignements de la Théosophie ont une apparence peu familière ; ses doctrines sont d'une nature très abstruse et contredisent entièrement plusieurs conceptions humaines chéries des sectaires et profondément enracinées dans les croyances populaires. Ajoutons à cela les efforts personnels, ainsi que la grande pureté  de mœurs, exigés de ceux qui voudraient  devenir  disciples  du cercle intérieur ; ensuite le nombre très restreint de personnes qui se sentent attirées vers une vie d'entière abnégation ; et il sera facile de comprendre pourquoi la Théosophie est condamnée à progresser si lentement et si péniblement. Car c'est essentiellement la philosophie de ceux  qui souffrent, et qui ont perdu tout espoir de sortir de la fange de la vie par d'autres moyens. Du reste, l'histoire de tout système de croyance ou de morale, nouvellement planté dans un sol étranger, prouve que les premiers progrès en ont [56] été entravés par tout ce que l'égoïsme et l'ignorance ont pu suggérer en fait d'obstacles. Vraiment, "la couronne de l'innovateur est une couronne d'épines !" Ce n'est pas sans danger que l'on peut démolir les vieux édifices tombant en ruines.

Question – Tout ce que vous me dites-là concerne la philosophie et les principes de Morale de la Société Théosophique. Pourriez-vous me donner une idée générale de la Société en elle-même de ses  objets  et  de ses statuts ?

Réponse – Voilà ce qui n'a jamais été un secret. Demandez, et l'on vous répondra catégoriquement.

Question – Mais j'ai entendu dire que vous prêtez serment ?

Réponse – Cela ne regarde que la Section "Exotérique" ou secrète.

Question – Il paraît aussi que quelques-uns des Membres, après s'être retirés, ne se sont pas considérés liés par le serment qu'ils avaient prêté. Ont-ils raison ?

Réponse – C'est preuve qu'ils ne possèdent qu'une notion imparfaite de l'honneur. Comment peuvent-ils avoir raison ? Le Path, notre organe théosophique, à New-York, dit fort bien, en parlant de circonstances analogues :

"Supposons qu'un soldat soit jugé pour avoir trahi son serment et avoir manqué à la discipline, et qu'il soit dégradé  du  service.  Furieux  de  [57]  s'être  attiré  cette condamnation, quoiqu'il eût été clairement averti à l'avance des peines qu'il encourait, s'il transgressait la loi, il tourne à l'ennemi avec de faux renseignements ; il se fait traître et espion pour se venger de son ancien chef, et il prétend que son châtiment l'a délié de son serment de loyauté à la cause qu'il a servie".

Pensez-vous qu'il soit justifié dans sa conduite ? Ne mérite-t-il pas d'être appelé un homme sans honneur et un lâche ?

Question – Telle est aussi mon opinion ; mais il y a des personnes qui ne pensent pas ainsi.

Réponse – Plaignons-les. Et remettons ce sujet à plus tard, si vous voulez.

 

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bon.christo@free.fr (Super User) LA CLEF DE LA THEOSOPHIE Mon, 19 Jan 2015 14:22:06 +0000
III - LA SOCIÉTÉ THÉOSOPHIQUE A L'ŒUVRE http://m-morya.com/la-clef-de-la-theosophie-2/466-iii-la-societe-theosophique-a-l-oeuvre http://m-morya.com/la-clef-de-la-theosophie-2/466-iii-la-societe-theosophique-a-l-oeuvre

III

LA SOCIÉTÉ THÉOSOPHIQUE A L'ŒUVRE

 

 LES BUTS DE LA SOCIÉTÉ

 

Question – Quels sont les buts de la Société Théosophique ?

Réponse – Ils sont, et ont été, depuis le commencement, au nombre de trois :

  1. Former le noyau d'une Fraternité Universelle de l'Humanité, sans distinction de race, de couleur, ou de croyance ;
  2. Répandre l'étude des Écritures Aryennes, et des autres Écritures, de la Religion et des Sciences universelles, et établir l'importance de l'ancienne littérature Asiatique, savoir : Des philosophies Brahmane, Bouddhiste et Zoroastrienne ;
  3. Rechercher, sous tous les aspects possibles, les Mystères cachés de la Nature, et tout spécialement les pouvoirs psychiques et spirituels latents dans l'homme.

Question – Pouvez-vous me donner quelques détails de plus. [59]

Réponse – Nous pouvons partager chacun des trois objets, en autant de clauses explicatives qu'il sera nécessaire.

Question – Prenons alors le premier objet. Par quels moyens pourriez- vous propager un sentiment de fraternité, parmi des races dont les religions, les coutumes, les croyances et les façons de penser, offrent tant de diversité entre elles ?

Réponse – Et permettez-moi d'y ajouter ce que vous paraissez craindre d'insinuer : nous savons bien que, à l'exception de ce qui reste des Parsis et des Juifs, chaque nation est en désaccord, non seulement avec les autres, mais avec elle-même ; et cette division existe surtout parmi les nations chrétiennes, soi-disant civilisées. Voilà pourquoi notre premier objet vous étonne et ne vous paraît ni plus ni moins qu'une Utopie, n'est-ce pas ?

Question – Je l'avoue ; mais que répondrez-vous à cela ?

Réponse – Je ne puis pas nier le fait ; mais j'ai beaucoup à dire au sujet de la nécessité d'éliminer les causes qui font, pour le moment, une utopie de la Fraternité Universelle.

Question – Et, selon vous, quelles sont ces causes ?

Réponse – En premier lieu et avant tout, l'égoïsme inné de la Nature humaine. Cet égoïsme, au lieu d'être détruit, est encore augmenté  et stimulé par l'éducation religieuse moderne, qui non seulement l'encourage, mais le justifie complètement ; [60] ce qui permet à ce sentiment de se développer jusqu'à un degré de violence qui n'admet pas de résistance. Les notions du bien et du mal ont été absolument faussées par l'acceptation littérale de la Bible des Juifs. Toute l'abnégation qui fait le sujet des enseignements altruistes de Jésus est devenue une théorie bonne à être traitée avec l'éloquence de la chaire, tandis que les préceptes d'égoïsme pratique de la Bible Mosaïque, préceptes contre lesquels Christ a tant prêché, en vain, se sont enracinés dans la vie même des nations Occidentales. La première maxime de notre loi est : "œil pour œil, et dent pour dent. " Or, je déclare hautement et hardiment que la Théosophie seule peut exterminer la perversité de cette doctrine et de plusieurs autres.

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bon.christo@free.fr (Super User) LA CLEF DE LA THEOSOPHIE Mon, 19 Jan 2015 14:22:38 +0000