MAITRE M

Les Enseignements du Maitre MORYA

LA DOCTRINE SECRETE VOL 6

OM

OM

 

"OM", dit l'Adepte Aryen, le fils de la Cinquième Race, qui commence et termine, par cette syllabe, son salut à l'être humain, sa conjuration des PRESENCES non-humaines, ou l'appel qu'il leur adresse.

"OM-MANI", murmure l'Adepte Touranien, le descendant de la Quatrième Race, puis, après une pause, il ajoute, "PADME-HUM".

Les Orientalistes traduisent très incorrectement cette fameuse invocation par : "Oh ! le Joyau dans le Lotus". En effet, bien que littéralement, OM soit une syllabe consacrée à la Divinité, que PADME veuille dire – "dans le Lotus" et MANI une pierre précieuse quelconque, il n'en est pas moins vrai que ni les mots eux-mêmes, ni leur sens symbolique, ne sont ainsi correctement rendus.

 Dans cette formule, la plus sacrée de toutes celles de l'Orient, non seulement chaque syllabe possède un pouvoir occulte produisant un résultat déterminé, mais encore l'invocation tout entière possède sept significations différentes, et peut produire sept résultats distincts, dont chacun peut être différent des autres. [VI 137]

Les sept significations et les sept résultats dépendent de l'intonation que l'on donne à la formule tout entière et à chacune de ses syllabes, et la valeur numérique des lettres est elle-même augmentée ou  diminuée, suivant que l'on emploie tel ou tel rythme. Que l'étudiant n'oublie pas que le nombre est la base de la forme, et que le nombre dirige le son. Le nombre est la racine de l'Univers manifesté : les nombres et les proportions harmonieuses dirigent les premières différenciations de la substance homogène, en éléments hétérogènes ; le nombre et les nombres imposent des limites à la main créatrice de la Nature.

Sachez quels sont les nombres correspondant au principe fondamental de chaque élément et de ses sous-éléments, apprenez à connaître l'action qu'ils exercent les uns sur les autres, ainsi que la façon dont ils se comportent du côté occulte de la nature qui se manifeste, et la loi des correspondances vous conduira à la découverte des plus grands mystères de la vie macrocosmique.

Mais pour atteindre le côté macrocosmique il vous faut commencer par le côté microcosmique, c'est-à-dire qu'il vous faut étudier  l'HOMME, le microcosme – comme le fait cette fois la science physique – par la méthode inductive, en procédant du particulier à l'universel. Néanmoins, comme il faut une tonique pour analyser et comprendre une combinaison quelconque de différenciations du son, ne perdons jamais de vue la méthode platonicienne qui débute par un aperçu général de l'ensemble, puis descend de l'universel à l'individuel. C'est la méthode adoptée pour les Mathématiques – la seule science exacte qui existe de nos jours.

Etudions donc l'Homme ; mais si nous le séparons, un seul instant, du Tout Universel, si nous l'étudions isolément, sous un seul de ses aspects, et en le séparant de "l'Homme Céleste" – l'Univers symbolisé par Adam Kadmon ou par ses équivalents dans toutes les philosophies – nous tomberons dans la Magie Noire, ou bien nous échouerons honteusement dans notre tentative.

 Ainsi la phrase mystique : "Om Mani Padme Hum", lorsqu'on la comprend correctement, au lieu d'être composée de ces mots presque dépourvus de sens : "Oh, le Joyau dans le Lotus", renferme une allusion à l'union indissoluble qui existe entre l'Homme et l'Univers, exprimée de sept façons différentes et susceptible de recevoir sept applications distinctes, se rapportant à un même nombre de plans de pensée et d'action.

Sous quelque aspect que nous l'examinions, cette phrase veut dire : "Je suis ce que je suis" ; "Je suis en toi et tu [VI 138] es en moi." Dans cette conjonction, dans cette union étroite, l'homme pur et bon devient un Dieu. Que ce soit consciemment ou inconsciemment, il provoquera ou fera innocemment naître des résultats inévitables. Dans le premier cas, si c'est un Initié (il n'est question, bien entendu, que d'un Adepte de la Voie de Droite), il peut diriger un courant bienfaisant ou protecteur, et de la sorte faire du bien à des individus et même à des nations entières et les protéger. Dans le second cas, bien qu'ignorant absolument ce qu'il fait, l'homme de bien se transforme en un bouclier qui abrite quiconque est avec lui.

C'est un fait, mais un fait dont il faut expliquer la raison d'être, et cela ne devient possible qu'après avoir clairement démontré la réelle présence, et la puissance des nombres dans les sons et, par suite, dans les mots et dans les lettres. La phrase : "Om Mani Padme Hum" a été choisie comme exemple, en raison de sa puissance quasi infinie, dans la bouche d'un Adepte, et des potentialités qu'elle renferme lorsqu'elle est prononcée par n'importe quel homme. Soyez prudents, vous tous qui lisez ceci : n'employez pas ces mots en vain ou lorsque vous êtes sous l'empire de la colère, de peur de devenir vous-même la première victime expiatoire, ou, ce qui est pire, d'exposer ceux que vous aimez à un danger.

L'Orientaliste profane qui, durant toute sa vie, se contente  d'effleurer la surface des choses, vous dira d'un ton léger et en se moquant de la superstition, qu'au Tibet cette phrase est considérée comme la plus puissante des incantations à six syllabes, et que l'on y assure qu'elle a été donnée aux nations de l'Asie Centrale par Padmapâni, le Chenresi 208 tibétain.

208 Voyez : Doctrine Secrète, vol. III, p. 223.

 

Qui donc est Padmapâni, en réalité ? Chacun de nous, quand il est prêt, doit le reconnaître pour son propre compte. Chacun de nous  possède, en lui-même, le "Joyau dans le Lotus", que nous l'appelions le Padmapâni, Krishna, Bouddha, Christ, ou tout autre nom que nous puissions donner a notre Soi Divin. Voici le récit exotérique :

Au moment de la création de l'homme, le suprême Bouddha, ou Amitâbha, fit, dit-on, jaillir un rayon de lumière rosée de son œil droit. Ce rayon émit un son et devint Padmapâni Bodhisattva. La Divinité permit  alors à un rayon de lumière bleue de jaillir de son œil  gauche et ce rayon, s'incarnant dans les deux vierges Dolma, acquit le pouvoir d'éclairer le mental d'êtres vivants. Amitâbha appela alors la combinaison qui, dès lors, eut son siège dans l'homme : "Om Mani [VI 139] Padme Hum", "Je suis le Joyau dans le Lotus et en lui je demeurerai." Alors Padmapâni "Celui dans le Lotus", fit vœu de ne jamais cesser de travailler, tant qu'il n'aurait pas fait sentir à l'Humanité sa présence en elle, et ne l'aurait pas ainsi délivrée de la misère des renaissances. Il fit vœu d'atteindre ce but avant la fin du Kalpa, en ajoutant, qu'en cas d'échec, il souhaitait que sa tête éclatât en fragments innombrables. Le Kalpa prit fin, mais l'Humanité ne le sentit pas présent dans son cœur froid et méchant. La tête de Padmapâni éclata alors et fut dispersée en mille fragments. Emue de compassion, la Divinité rassembla les morceaux pour en former  dix têtes, trois blanches et sept de diverses couleurs, et depuis ce jour l'homme est devenu un nombre parfait, ou Dix.

Dans cette allégorie la puissance du SON, de la COULEUR et du NOMBRE est si ingénieusement introduite qu'elle dissimule le vrai sens Esotérique. Pour le profane cela ressemble à l'un des nombreux récits, féeriques et dépourvus de sens, de la création, mais cette allégorie est pleine de signification spirituelle et divine, physique et magique.

D'Amitâbha l'incolore ou la blancheur glorieuse – sont nées les sept couleurs différenciées du prisme. Chacune de celles-ci émet un son correspondant dont l'ensemble forme les sept sons de la gamme musicale.    De même que, parmi les sciences mathématiques, la Géométrie se rapporte spécialement à l'Architecture et (en passant à l'Universel) à la Cosmogonie, de même les dix Jods de la Tétrade de Pythagore, ou Tétraktys, étant destinés à symboliser le Macrocosme, l'image de celui-ci, le Microcosme ou homme, devait être divisé en dix points. La nature y a pourvu elle-même, comme nous allons le voir.

Mais avant de pouvoir établir le bien-fondé de cette assertion et la parfaite correspondance qui existe entre le Macrocosme et le Microcosme, il est indispensable de donner quelques mots d'explication.

Celui qui veut étudier les Sciences Esotériques et le double  but qu'elles poursuivent :

  1. de prouver que du point de vue de l'essence spirituelle et physique, l'Homme est identique à la fois au Principe Absolu et à Dieu dans la Nature ;
  2. de démontrer en lui la présence des mêmes pouvoirs potentiels qui existent dans les forces créatrices de la Nature – celui-là, dis- je, doit parfaitement connaître les correspondances qui existent entre les Couleurs, les Sons et les Nombres. [VI 140] Comme nous l'avons déjà dit, la formule sacrée de l'Extrême-Orient, "Om Mani Padme Hum", est la mieux calculée pour faire comprendre clairement à l'étudiant ces qualités et ces fonctions correspondantes.

Dans l'allégorie de Padmapâni, le Joyau (ou Ego Spirituel) dans le Lotus, ou le symbole de l'homme androgyne, les nombres 3, 4, 7, 10, qui synthétisent l'Unité, l'Homme, occupent, comme je l'ai déjà dit, une place importante. Les progrès, en occultisme, d'un étudiant, dépendent de la complète connaissance et de la compréhension bien nette de  la signification et de la puissance de ces nombres, dans leurs diverses et multiformes combinaisons, et dans leur mutuelle correspondance avec les sons ou les mots, et avec les couleurs ou modes de mouvements (représentés dans les sciences physiques par des vibrations). Nous devons donc commencer par le premier mot, OM ou AUM. OM est un "voile". La phrase "Om Mani Padme Hum" n'est pas composée de six syllabes, mais bien de sept, attendu que la première syllabe est double, lorsqu'elle est correctement prononcée et triple dans son essence, A-UM. Elle représente la primordiale et tri-une différenciation, non pas venant de l'UNIQUE Absolu, mais étant en Lui, celle qui est à jamais cachée ; on la symbolise donc par le chiffre 4, ou Tétraktys, dans le monde métaphysique. C'est le Rayon-Unité, ou Atman.

C'est Atman, l'Esprit le plus élevé dans l'homme qui, en conjonction avec Bouddhi et Manas, est appelé la Triade supérieure, ou Trinité. Cette Triade, avec ses quatre principes humains inférieurs, est, en outre, enveloppée d'une atmosphère aurique, comme le jaune d'un œuf (le futur embryon) est enveloppé par l'albumine et la coquille. Cette enveloppe, du point de vue des perceptions des Etres supérieurs venus d'autres plans, fait, de chaque individualité, une sphère ovale plus ou moins brillante.

Pour bien démontrer à l'étudiant la parfaite correspondance entre la naissance du Cosmos, d'un Monde, d'un Etre Planétaire, ou d'un Enfant du Péché et de la Terre, il nous faut donner une description plus précise et plus claire. Ceux qui connaissent la Physiologie comprendront mieux que les autres.

Quel est celui qui, ayant lu la Vichnou Pourânaou toute autre Pourâna, n'est pas familiarisé avec l'allégorie exotérique de la naissance de Brahmâ (mâle-femelle) dans l'Œuf du Monde, Hiranyagarbha, entouré de ses sept zones, ou plutôt de ses sept plans, qui, dans le monde de la forme et de la matière, deviennent les sept et les quatorze Lokas ? les [VI 141] nombres sept et quatorze apparaissent tour à tour suivant les circonstances.

Sans en révéler l'analyse secrète, les Hindous ont, de temps immémorial, comparé la matrice de l'Univers, ainsi que la matrice solaire, à l'utérus de la femme. Au sujet de l'Univers, il est écrit : "Sa matrice est vaste comme le Mérou" et "les puissants océans futurs sommeillent dans les eaux qui en remplissaient les cavités, ainsi que les continents, les mers et les montagnes, les étoiles, les planètes, les dieux, les démons et l'humanité." L'ensemble rappelait, par son revêtement extérieur  et intérieur, la noix de coco, remplie intérieurement de pulpe et couverte extérieurement d'écorce. "Vaste comme le Mérou", dit le texte. "Mérou était son amnios et les autres montagnes son chorion", ajoute un verset du Vishnou Pourâna 209.

209 Vol. I. p. 40 de la traduction de Wilson, révisée par Fitzedward Hall.

 

L'homme naît de la même façon dans la matrice de sa mère. Dans la tradition exotérique, Brahmâ est entouré, dans l'Œuf Mondial, de sept couches internes et de sept couches externes ; il en est de même de l'embryon (qui constitue la première ou la septième couche, suivant le côté par lequel nous commençons à compter). Ainsi, de même que l'Esotérisme énumère dans sa Cosmogonie sept couches internes et sept couches externes, la Physiologie porte aussi à sept les parties contenues dans l'utérus, bien qu'elle ignore absolument que cela constitue une copie de ce qui se passe dans la Matrice Universelle. Ces parties sont :

  1. L'Embryon.
  2. Le Liquide Amniotique qui enveloppe immédiatement l'Embryon.
  3. L'Amnios, membrane qui est dérivée du fœtus et qui contient le liquide.
  4. La Vésicule Ombilicale, qui sert au début à fournir la nourriture à l'Embryon.
  5. L'Allantoïde, poche en forme de sac fermé, qui émane de l'Embryon et qui, après la transformation en Placenta, sert à conduire la nourriture à l'Embryon.
  6. L'Espace situé entre l'Amnios et le Chorion, et rempli d'un fluide albumineux.
  7. Le Chorion ou couche extérieure.

Or, chacune de ces sept parties correspond, sur chacun des sept plans de l'être, à un prototype d'après lequel il est formé, prototype avec lequel correspondent, à leur tour, les sept états de la matière et toutes les autres forces, sensorielles ou fonctionnelles, de la Nature.

Ce qui suit est une vue d'ensemble des sept parties de la matrice de la Nature et de la matrice de la femme, se correspondant [VI 142] entre elles. Nous pouvons les mettre en parallèle de la façon suivante :

 

PROCESSUS COSMIQUE                      PROCESSUS HUMAIN (PÔLE SUPERIEUR)                                          (PÔLE INFERIEUR)

 

  1. Le Point mathématique  appelé la "Semence Cosmique", la Monade de Leibnitz ; qui renferme tout l'Univers, comme le gland renferme le chêne. C'est la première bulle à la surface de la Substance homogène infinie, ou Espace, la bulle de différenciation dans sa phase initiale. C'est le début de l'Œuf Orphique ou l'Œuf  de Brahmâ. Il correspond au Soleil, dans l'Astrologie et l'Astronomie.
  2. La vis vitae de notre système solaire découle du Soleil.
    1. On l'appelle Akasha quand elle se rapporte aux plans supérieurs.
    2. Elle procède des dix "divinités", des  dix nombres du Soleil, qui est lui-même le "Nombre Parfait". Ces nombres sont appelés Dis – en réalité l'Espace – les forces répandues dans l'Espace, dont trois sont contenues dans l'Atman du Soleil, ou dans son septième principe et dont sept sont les rayons émis par le Soleil.
    3. L'Embryon terrestre, qui renferme en lui l'homme futur, avec toutes ses potentialités. Dans la série des principes du système humain, c'est l'Atman ou principe hyper-spirituel, de même que dans le Système Solaire physique c'est le Soleil.

 

  1. Le Liquide Amniotique découle de l'Embryon.
    1. On l'appelle Prâna 210 sur le plan de la matière.

 

210 Prâna est, en réalité, le Principe Vital universel.

  1. Prenant sa source dans la Vie Unique universelle, il procède du cœur de l'homme et de Bouddhi auquel président les Sept Rayons Solaires (Dieux).

  

 
  1. L'Ether de l'Espace  qui, sous son aspect extérieur, constitue la croûte plastique qui  est supposée envelopper le Soleil. Sur le plan supérieur, c'est l'Univers entier, comme troisième différenciation dela Substanceen évolution, Moûlaprakriti devenant Prakriti.
    1. Il                          correspond, mystiquement, à Mahat manifesté, à l'Intellect ou Ame du Monde.
    2. Le contenu sidéral de l'Ether ; ses parties substantielles, inconnues à la Science Moderne et représentées :

 

   

  1. Dans les Mystères Occultes et Cabalistiques, par les Elémentals.

 

  1. Dans                  l'Astronomie physique par les météores, les comètes et toutes sortes de corps cosmiques éventuels et phénoménaux.
  2. L'Amnios, la membrane qui renferme le Liquide Amniotique et enveloppe l'Embryon. Après la naissance de l'homme il devient, pour ainsi [VI 143] dire, la troisième couche de son aura magnéto-vitale.

 

  1. Manas, le  troisième principe (en commençant par en haut) ou l'Ame humaine dans l'Homme.
  2. La Vésicule  Ombilicale, servant, comme l'enseigne la science, à nourrir l'Embryon au début, mais aussi, comme l'affirmela Science Occulte, à porter au Fœtus, par osmose, les influences cosmiques étrangères à la mère.
    1. Chez l'homme adulte, ces influences        nourrissent Kâma auquel elles président.
    2. Chez l'homme  physique, ses passions et ses émotions, qui sont les météores moraux et les comètes de la nature humaine.
    3. Courants Vitaux de l'Ether ayant leur origine dans le Soleil : les canaux par lesquels le principe vital de cet Ether (le sang du Corps Cosmique), passe pour nourrir toutes choses sur  la Terre et sur les autres Planètes : depuis les minéraux, qui, de la sorte, se développent et se spécialisent ; depuis les plantes, qui sont ainsi nourries, jusqu'à l'animal et à l'homme, à qui la Vie est ainsi donnée.
    4. La double radiation  psychique et physique, qui rayonne de la Semence Cosmique et s'étend autour du Cosmos tout entier, comme autour du Système Solaire et de toutes les Planètes. En Occultisme, on l'appelle la Lumière Astrale supérieure et divine et la Lumière Astrale inférieure et matérielle.
    5. L'Allantoïde, excroissance de l'Embryon, qui s'étend entre l'Amnios et le Chorion ; on suppose qu'elle conduit la nourriture de la mère à l'Embryon. Elle correspond au principal-vital, Prâna ou Jîva.

 

  1. L'Allantoïde est divisée en deux couches. L'espace qui se trouve entre l'Amnios et le Chorion, renferme l'Allantoïde [VI 144] ainsi    qu'un          liquide albumineux 211.

 211 Toutes les parties contenues dans l'utérus, ayant un rapport spirituel direct avec leurs prototypes cosmiques, sont, sur le plan physique, de puissants objets pour la Magie Noire – et, par suite, sont considérés comme impures.

 

  1. La Croûte extérieure de tous les corps sidéraux, la Coque de l'Œuf Mondial, ou la sphère de notre Système Solaire, de notre Terre, de tous les hommes et de tous les animaux. Dans l'espace sidéral, l'Ether proprement dit ; sur le plan terrestre, l'Air, qui, lui aussi, est composé de sept couches.
  2. Le Chorion ou Zona Pellucida l'objet sphérique que  l'on appelle     la      Vésicule Blastodermiquedont  les couches extérieure et intérieure servent à former l'homme physique. La couche extérieure, ou ectoderme, forme son épiderme ; la couche intérieure, ou endoderme, forme ses muscles, ses os, etc. La peau de l'homme est à son  tour composée de sept couches.

 

a.

La        matière

mondiale

a.

Le       Chorion

"primitif"

 

primordiale    et

potentielle

 

devient          le

Chorion

 

devient    (pour

la    période

 

"permanent".

 

 

Manvantarique)

le    globe

 

 

 

 

permanent    ou

les   globes

 

 

 

 

permanents.

 

 

 

 

 

Même dans l'évolution des Races, nous constatons le même ordre que dans la Nature et dans l'Homme 212. Ce ne fut qu'après la séparation des sexes, au cours de la Troisième Race-Mère, que l'homme-animal devint placentaire. Durant l'évolution physiologique, le placenta n'est complètement formé et ne commence à fonctionner qu'après le troisième mois de la vie utérine.

212 Voyez la Doctrine Secrète, vol. III, 1ère partie.

 

Mettons de côté toutes conceptions humaines telles qu'un Dieu personnel et attachons-nous à ce qui est purement divin, à ce qui est la source de toutes choses, dans la Nature, sans limites. On l'appelle dans les Védas par son nom Sanscrit Esotérique, TAT (OU CELA), terme qui désigne l'inconnaissable Racine Sans Racine. De cette  façon, nous pourrons [VI 145] répondre comme il suit à ces sept questions du Catéchisme Esotérique :

 Q. – Qu'est l'Eternel Absolu ? R. – CELA.

    1. Q. – Comment le Cosmos naquit-il ? R. – Par CELA.
  1. Q. – Comment sera-t-il ou que sera-t-il, lorsqu'il retombera dans le Pralaya ? R. – Dans CELA.
  2. Q. – D'où sortent la nature animée et la nature supposée inanimée" ? R. – De CELA.
  3. Q. Que sont la Substance et l'Essence qui forment l'Univers ? R. – CELA.
  4. Q. – En quoi a-t-il été résolu et en quoi se résoudra-t-il sans cesse ? R. – En CELA.
  5. Q. – CELA est-il donc, à la fois, la cause instrumentale et la cause matérielle de l'Univers ? R. – Qu'est-ce qui serait ou pourrait être cette cause, si ce n'était CELA ?

213 Le système Solaire ou la Terre suivant le cas.

Puisque l'Univers, le Macrocosme et le Microcosme 213 sont dix, pourquoi diviserions-nous l'Homme en sept "principes" ? C'est parce  que le nombre parfait dix est divisé en deux : dans leur totalité, c'est-à-dire du point de vue hyper-spirituel et du point de vue physique, les forces sont au nombre de Dix, à savoir : trois sur un plan subjectif et inconcevable et sept sur le plan objectif. Ne perdez pas de vue que je vous donne en ce moment la description des deux pôles opposés :

  1. le Triangle primordial qui disparaît, aussitôt qu'il s'est reflété dans "l'Homme Céleste", le plus élevé du septénaire inférieur et retourne dans "le Silence et les Ténèbres"
  2. L'homme astral paradigmatique, dont la Monade (Atmâ) est aussi représentée par un triangle, attendu qu'elle doit devenir un ternaire durant les intervalles conscients du Dévachan.

L'homme purement terrestre, étant reflété dans l'univers de la Matière, pour ainsi dire, sens dessus dessous, le Triangle supérieur, dans lequel résident  l'idéation  créatrice  et  la  potentialité  subjective de la faculté formatrice, est transposé, dans l'homme d'argile, au-dessous des sept. Ainsi trois sur dix, ne renfermant dans le monde archétype que des potentialités idéatives et paradigmatiques, c'est-à-dire existant en possibilité et non en action, ne font en réalité qu'un. Le pouvoir de création formatrice réside dans le Logos, la synthèse des sept Forces ou Rayons, qui devient aussitôt le quaternaire, la Tétraktys sacrée. Ce processus est répété dans l'homme, chez lequel le triangle physique inférieur devient, avec l'Un femelle, le créateur ou générateur [VI 146] mâle-femelle. Il en est de même sur un plan plus bas encore, dans le monde animal. Mystère en haut, mystère en bas, en vérité.

C'est ainsi que le supérieur et le plus élevé est en rapport avec l'inférieur et le plus animal.

 

DIAGRAMME I

 

Dans ce diagramme, nous voyons que l'homme physique (ou son corps) ne participe pas directement à la pure vague d'Essence-divine qui découle du sein de l'Unique en Trois, du Logos Non-manifesté, en passant par le Logos Manifesté (la figure supérieure du diagramme). Pourousha, l'Esprit primordial, touche la tête humaine et s'arrête là. Mais l'Homme Spirituel (la synthèse des sept principes) est en rapport direct avec lui. Ici, il nous faudrait dire quelques mots au sujet de l'énumération exotérique habituelle des principes. Au début, on n'avait établi et exposé qu'une division approximative. Dans le Bouddhisme Esotérique on commence par Atmâ, le septième, et on finit par le Corps Physique, le premier. Or, ni Atmâ, qui n'est pas un "principe" individuel, mais une radiation émanant du Logos Non-manifesté et ne faisant qu'un avec Lui ; ni le Corps, qui n'est que l'enveloppe ou la coque matérielle de l'Homme Spirituel, ne peuvent être, strictement parlant, mentionnés comme des "Principes". De plus, le "principe" capital, dont il n'a même pas été fait mention jusqu'à présent, c'est l'Œuf Lumineux" (Hiranyagarbha), ou l'invisible sphère magnétique qui enveloppe chaque homme 214. C'est l'émanation directe : 

  1. du   Rayon   Atmique,   sous   son   triple   aspect   de   Créateur,   de Conservateur et de Destructeur (Régénérateur)
  2. de Bouddhi-Manas.

 214 Il en est de même des animaux, des plantes et même des minéraux. Reichenbach ne comprit jamais ce qu'il apprit par l'entreprise de ses sensitifs et de ses clairvoyants. C'est le fluide odique, ou plutôt le fluide aurique ou magnétique qui émane de l'homme, mais c'est aussi quelque chose de plus.

Le septième aspect de cette Aura individuelle, c'est la faculté d'assumer la forme de son corps et de devenir le "Radieux", l'Augoeidès Lumineux. C'est, à proprement parler, ce qui devient parfois la forme appelée Mâyâvi Roûpa. Aussi, comme on l'explique dans la seconde partie du diagramme (l'homme astral), l'Homme Spirituel n'est composé que de cinq principes, comme l'enseignent les Védantins 215, qui substituent tacitement au corps physique, ce sixième, ou Corps Aurique, et fondent les deux Manas (le double mental, ou conscience) en un seul. Aussi parlent-ils de cinq Koshas (enveloppes ou principes) et appellent-ils Atmâ le sixième, bien que ce ne soit pas un "principe". C'est là le secret de la critique à laquelle s'est livré feu Subba Row, au sujet de la division du Bouddhisme Esotérique. Que l'étudiant apprenne maintenant la véritable énumération ésotérique.

   215 Voyez la Doctrine Secrète, édition française, vol. I, p. 142, pour trouver  l'énumération exotérique des Védantins.

 

DIAGRAMME I

  1. I.  Le Macrocosme et ses 3, 7 ou 10 Centres de Forces Créatrices

 

A. Logos Non-Manifesté, Sans sexe.

 

  1. Sagesse Potentielle.

 

  1. Idéation Universelle.

A                                  A. B. C. L'Inconnaissable.

  

  1. Logos Créateur.

 

  1. Substance Eternelle.

 

  1. Esprit.

 

  1. Les Forces Spirituelles agissant dans la matière.
  2. b. c. Ceci est Pradhâna, matière non- différenciée dans la philosophie Sankhya, ou le Bien, le Mal et les ténèbres du chaos (Sattva, Rajas et Tamas), se neutralisant mutuellement. Lorsqu'ils sont différenciés, ils deviennent les Sept Pouvoirs Créateurs : l'Esprit,la Substance et le Feu poussantla Matièreà se former.
    1. II.  Microcosme (l'Homme Interne) et ses                                                                         3, 7 ou 10 Centres de Forces Potentielles

 

(ATMAN,  bien  que  classé  exotériquernent comme le septième principe, n'est pas un principe du tout et appartient à l'Ame Universelle ;

7, est l'ŒUF AURIQUE, la Sphère Magnétique qui entoure  chaque être humain et chaque animal.

  1. BOUDDHI, le véhicule d'ATMA.

 

  1. MANAS, le véhicule de BOUDDHI.

 

  1. MANAS INFERIEUR (le Manas supérieur et le Manas Inférieur sont deux aspects d'un seul et même principe) et

 

  1. KAMA ROUPA, son véhicule [Corps Astral].

 

  1. PRANA,la Vie, et
    1. II. III. sont les Trois Hypostases

d'Atman ; son point de contact avec la Nature et l'Homme forme la Quatrième et en fait un Quaternaire ou  Tetraktys – l'Ame divine.

 

  1. 2. 3. 4. 5. 6. Ces six principes qui agissent sur quatre plans différents et ont leur ENVELOPPE AURIQUE sur le septième (voyez ci-dessous), sont ceux qu'emploient les Adeptes de la  Main Droite, ou Magiciens blancs.

 * Le Corps Physique n'est pas un principe ; il est totalement ignoré et n'est employé que dans la Magie noire.

 

 6. LINGA SHARIRA, son véhicule [Double éthérique].

III. Microcosme (l'Homme Physique)                                                                            et ses 10 Orifices ou Centres d'Action

 

1. (BOUDDHI) Œil droit.

 

3. (MANAS INFERIEUR) Oreille droite.

 

5. (PRINCIPE VITAL) Narine droite.

 

  1. L'organe du LOGOS CREATEUR, la Bouche.

 

  1. 9. 10. Comme ce Ternaire inférieur a un rapport direct avec la Triade Atmique supérieure et ses trois aspects (créateur, préservateur et destructeur, ou plutôt régénérateur) l'abus des fonctions correspondantes est le plus terrible  des Péchés Karmiques – ce que les Chrétiens appellent le péché contre le Saint Esprit.

2. (MANAS) Œil gauche.

 

4. (KAMA ROUPA) Oreille gauche.

 

  1. (VEHICULE DE LA VIE) Narine gauche.

 

  1. Le Paradigme du 10ème orifice (créateur) dans la Triade inférieure.

Ces Organes physiques ne sont utilisés que par les Dougpas dans la Magie noire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un

entrois

B

C

a

Purusha

Prakriti

b

Mahat

c

Spirituel

d

Psychique

e

D

D

f

Astral               g

PlanMatériel

II

III

1

2

3

4

5

6

Maya

1

2

3

4

5

6

7

9

8

10

[VI 147]

 

C'est en raison de son caractère particulièrement sacré qu'il était interdit de faire publiquement mention du Corps Aurique. C'est ce Corps qui assimile, au moment de la mort, l'essence de Bouddhi et de Manas et devient le véhicule de ces principes spirituels, qui ne sont pas objectifs ; puis enveloppé de la radiation complète d'Atmâ, il s'élève en qualité de Manas-Taijasi jusqu'à l'état Dévachanique. C'est pourquoi on lui donne de nombreux noms. C'est le Sûtrâtmâ, le "fil", d'argent qui "s'incarne", depuis le commencement jusqu'à la fin du Manvantara, en enfilant les perles des existences humaines ou, en d'autres termes, l'arôme de toutes les personnalités qu'il suit au cours du pèlerinage de la vie 216. C'est aussi la matière dont se sert l'Adepte pour former ses Corps Astrals, depuis l'Augoeidès et le Mâyâvi Roûpa, jusqu'au plus bas. Après la mort de l'homme, lorsque ses particules les plus éthérées ont attiré à elles les principes spirituels de Bouddhi et du Manas Supérieur, et sont illuminées par le rayonnement d'Atmâ, le Corps Aurique reste plongé dans l'état de conscience Dévachanique, ou, dans le cas d'un Adepte complet, préfère l'état d'un Nirmânakâya, c'est-à-dire de celui qui a si bien purifié tout son système, qu'il domine même les illusions divines d'un Dévachani. Un tel Adepte demeure dans le plan astral (invisible), relié à notre terre et, dès lors, se meut et vit en possession de tous ses principes, sauf le Kama Roûpa et le Corps Physique. Dans le cas du Dévachani, le Linga Shârîra – l'alter ego du corps, qui durant la vie se trouve à l'intérieur de l'enveloppe physique, tandis que l'aura radieuse se trouve à l'extérieur – renforcé par les particules matérielles que cette aura laisse derrière elle, reste tout près du corps mort, en dehors de lui, et ne tarde pas à se dissiper. Dans le cas de l'Adepte complet, le corps seul reste soumis à la désagrégation, tandis que le centre de la force qui était le siège des désirs et des passions, disparaît avec sa cause – le corps animal. Mais pendant la vie de ce dernier, tous ces centres sont plus on moins actifs, et en correspondance constante avec leurs prototypes, les centres cosmiques, et avec leurs [VI 148] microcosmes, les principes. Ce n'est que par l'intermédiaire de ces centres cosmiques et spirituels, que les centres physiques (les sept orifices supérieurs et la triade inférieure) peuvent bénéficier de leur interaction Occulte, car ces orifices, ou ouvertures sont des canaux servant à amener, dans le corps, les influences que la volonté de l'homme attire et emploie, c'est-à-dire les forces cosmiques.

 216 Voyez Lucifer, janvier 1889, "Dialogue sur les Mystères de la Vie d'outre-tombe".

 

Cette volonté doit, naturellement, agir d'abord par l'intermédiaire des principes spirituels. Pour plus de clarté, prenons un exemple. Pour supprimer une douleur, dans l'œil droit par exemple, il vous faut attirer à lui le puissant magnétisme du principe cosmique qui correspond à cet oeil, comme aussi à Bouddhi. Créez par un puissant effort de volonté, une ligne imaginaire établissant une communication entre l'œil droit et Bouddhi, en localisant ce dernier, en guise de centre, dans la même partie de la tête. Cette ligne, bien que vous puissiez la qualifier "d'imaginaire", vaut en vérité une ligne réelle, dès l'instant que vous réussissez à la voir avec votre œil mental, et à lui donner une forme et une couleur. Une corde, vue en rêve, n'est pas et pourtant elle est. En outre, l'influence variera suivant la couleur prismatique que vous donnerez à votre ligne. Or Bouddhi et Mercure correspondent entre eux, et sont tous deux jaunes, ou rayonnants et de couleur dorée. Dans le système humain, l'œil droit correspond à Bouddhi et à Mercure, et l'œil gauche à Manas et Vénus, ou Lucifer. Aussi votre ligne fera-t-elle disparaître la douleur, si elle est couleur d'or ou d'argent ; au contraire, si elle est rouge, elle l'augmentera, car le rouge est la couleur de Kâma et correspond à Mars. Les adeptes de la Science "Mentale" ou "Chrétienne" ont buté sur les effets, sans comprendre les causes. Ayant découvert, par hasard, le secret d'obtenir de pareils résultats au moyen de l'abstraction mentale, ils attribuent cela à leur union avec Dieu (ils savent mieux que nous s'il s'agit d'un Dieu personnel ou impersonnel), tandis que c'est simplement l'effet produit par tel ou tel principe. Quoi qu'il en soit, ils sont sur la voie de la découverte, mais il leur faudra errer encore longtemps.

Que les étudiants de l'Esotérisme se gardent bien de la même erreur. Il a souvent été expliqué que ni les plans cosmiques de la substance, ni même les principes humains – à l'exception du plan, ou monde matériel le plus bas et du corps physique, qui, ainsi que nous l'avons dit, ne sont pas des "principes" – ne peuvent être localisés ou pensés comme étant situés dans l'Espace et le Temps. De même que les premiers sont sept en UN, nous sommes aussi sept en UN – cette même Ame absolue du Monde, qui, en même [VI 149] temps, est Matière et non-Matière, qui est Esprit et non- Esprit ; Etre et non-Etre. Pénétrez-vous bien de cette idée, vous tous qui voulez étudier les mystères du Soi.

Rappelez-vous qu'avec les seuls sens physiques à sa disposition, aucun de nous ne peut caresser l'espoir de s'élever au-dessus de la Matière grossière. Nous ne pouvons y arriver qu'à l'aide d'un de nos sept sens spirituels, soit en nous y exerçant, soit si l'un de nous est clairvoyant de naissance. Cependant un clairvoyant en possession de ces facultés peut, s'il n'est pas un Adepte, être amené, par suite de son ignorance des vérités de la Science Occulte, à prendre pour Dieu ou pour des Anges, les habitants des sphères qu'il peut parfois entrevoir au cours de ses visions dans la Lumière Astrale, comme cela est arrivé à Swedenborg et à d'autres, et il peut commettre cette erreur, quel que soit son degré de sincérité et d'honnêteté.

Ces sept sens que nous possédons, correspondent à tous les septénaires, aussi bien dans la nature que dans nous-mêmes. Physiquement, quoique invisiblement, l'Enveloppe Aurique humaine (l'amnios de l'homme physique à tout âge de sa vie) est composée de sept couches, exactement comme le sont l'Espace Cosmique et notre épiderme physique. C'est cette Aura qui, suivant notre état de pureté ou d'impureté mentale et physique, découvre à nos yeux des vues des autres mondes, ou nous sépare complètement de tout ce qui n'est pas ce monde de Matière à trois dimensions.

Chacun de nos sept sens physiques (dont deux sont encore inconnus de la Science profane), de même que chacun de nos sept états de conscience, à savoir :

  1. la veille ;
    1. le rêve éveillé ;
    2. le sommeil naturel ;
    3. le sommeil provoqué ou hypnotique ;
      1. l'état psychique ;
      2. l'état super-psychique et
      3. l'état purement spirituel,

correspond à l'un des sept Plans Cosmiques, développe et emploie l'un des sept sens supérieurs et se trouve en rapports directs, dans son emploi sur le plan terrestro-spirituel, avec le centre de force cosmique et divin qui lui a donné  naissance,  et  qui  est  son  créateur direct. Chacun de  ces sens est aussi relié à l'une des sept Planètes sacrées 217 et soumis à son influence directe. Ces planètes faisaient partie des Mystères Mineurs dont les étudiants étaient appelés les Mystes (les voilés), parce qu'il ne leur était permis de voir les choses qu'à travers un brouillard, ou, pour ainsi dire, "les yeux fermés", tandis que les Initiés ou "Voyants" des Mystères Majeurs étaient appelés les Epoptes (ceux qui voient les choses sans voiles). On enseignait [VI 150] à ces derniers seuls, les véritables mystères du Zodiaque, ainsi que les rapports et les correspondances qui existent entre les douze signes (dont deux secrets), et les dix orifices humains. Sans doute ces orifices qui sont dix chez la femme, sont actuellement au nombre de neuf seulement chez l'homme, mais cette différence est purement extérieure. Dans le troisième volume de cet ouvrage-ci il est dit que, jusqu'à la fin de la Troisième Race Mère (époque à laquelle l'homme androgyne se sépara en mâle et femelle), les dix orifices existaient chez l'hermaphrodite, d'abord à l'état potentiel, puis à l'état fonctionnel. L'évolution de l'embryon humain le démontre. Ainsi, la seule ouverture qui se forme au début est la cavité buccale, "sorte de cloaque communiquant avec l'extrémité antérieure de l'intestin". Cette ouverture devient, par la suite, la bouche et l'orifice postérieur ; c'est-à-dire, en langage Occulte, le Logos se différenciant et émanant de la matière grossière sur le plan inférieur. La difficulté qu'éprouveront certains étudiants à faire concorder les correspondances qui existent entre le Zodiaque et  les orifices, s'explique aisément. La Magie est contemporaine de la Troisième Race Mère qui créa d'abord par Kriyâshakti, puis finit par générer ses espèces de la façon actuelle 218. La femme qui avait conservé au complet le nombre cosmique parfait 10 (le nombre divin de Jéhovah), était considérée comme supérieure à l'homme, et comme plus spiritualisée que lui. En Egypte, aux époques archaïques, la cérémonie du mariage comportait un article d'après lequel la femme devait être "la dame du seigneur" et régner réellement sur lui, le mari s'engageant par serment "à obéir à sa femme" pour produire des résultats alchimiques, tels que l'Elixir de Vie et la Pierre Philosophale, attendu que l'assistance spirituelle de la femme était nécessaire à l'Alchimiste mâle. Mais malheur à l'alchimiste qui prendrait cela dans le sens d'union physique. Un pareil sacrilège serait de la Magie noire et aboutirait certainement à un échec. Le véritable Alchimiste de jadis choisissait pour l'assister des femmes âgées et évitait avec soin les jeunes et s'il arrivait que l'un d'eux fût marié, il traitait sa femme comme une sœur durant des mois entiers, avant et pendant ses opérations.

217 Voyez la Doctrine Secrète, vol. I, p. 195, et seq. et vol. III, passim.

218 Voyez la Doctrine Secrète, vol. I, p. 195 et seq. et vol. III passim.

 

L'erreur que l'on commet en prétendant que les Anciens ne connaissaient que dix des signes du zodiaque est expliquée dans Isis Dévoilée 219. Les Anciens connaissaient les douze signes, mais les considéraient sous un point de vue différent de celui auquel nous nous plaçons. Ils ne séparaient pas la Vierge et le Scorpion, mais considéraient les deux signes comme étant deux en un, car on les rapportait directement [VI 151] et symboliquement à l'homme double primitif et à sa séparation en deux sexes. A l'époque de la réforme du Zodiaque, la  Balance fut ajoutée comme douzième signe, bien que ce ne fût qu'un signe servant à établir l'équilibre, au point tournant – le mystère de l'homme séparé.

219 Vol. IV, pp. 147, 153, 158 et seq.

 

Que l'étudiant se pénètre bien de tout cela. En attendant, récapitulons tout ce qui a été dit.

  1. Chaque être humain est une incarnation de son Dieu ou, en d'autres termes, ne fait qu'un avec son "Père qui est aux Cieux", suivant les paroles que l'on prête à Jésus, un Initié. Autant d'hommes sur la terre, autant de Dieux dans le Ciel et pourtant ces Dieux n'en font, en réalité, qu'UN, attendu qu'à la fin de chaque période d'activité, ils sont réabsorbés, comme les rayons du soleil couchant, dans la Lumière Paternelle, le Logos Non-Manifesté, qui se fond à son tour dans l'Unique Absolu. Appellerons-nous ces Dieux nos "Pères", soit individuellement, soit collectivement, et dans certaines circonstances, appellerons-nous le nôtre notre Dieu personnel ? L'occultisme répond : Jamais. Tout ce qu'un homme ordinaire peut connaître de son "Père", c'est ce qu'il connaît de lui-même, par lui-même et dans lui-même. L'âme de son "Père Céleste" est incarnée en lui. Cette âme est lui-même, s'il réussit à s'assimiler l'Individualité Divine, pendant qu'il occupe son enveloppe physique et animale. Quant à l'Esprit de cette âme, autant espérer se faire entendre par l'Absolu. Nos prières et nos supplications sont vaines si, aux paroles potentielles, nous n'ajoutons des actes puissants et si nous ne rendons l'Aura qui entoure chacun de nous si pure et si divine qu'elle permette au Dieu qui est en nous, d'agir extérieurement, ou, en d'autres termes, de devenir en quelque sorte une Puissance extérieure. C'est ainsi que les Initiés, les Saints et les hommes très sanctifiés et très purs sont devenus capables d'aider les autres et de s'aider eux-mêmes, lorsque le besoin s'en faisait sentir et d'accomplir ce que l'on appelle sottement des "miracles", avec l'aide et l'assistance du Dieu qui était en eux et qu'eux seuls avaient mis à même d'agir sur le plan extérieur.
  1. Le mot AUM ou OM, qui correspond au triangle supérieur, attire et éveille, s'il est émis par un homme très saint et très pur, non seulement les puissances moins élevées qui résident dans les espaces planétaires et les éléments, mais encore le Soi Supérieur de celui qui l'articule, ou le "Père" qui est en lui, Prononcé correctement par un homme ordinaire, il contribuera à le fortifier moralement, surtout si, entre deux "AUMS", il médite avec force sur l'AUM qui est [VI 152] en lui, en concentrant toute son attention sur la gloire ineffable. Mais malheur à l'homme qui le profère après s'être rendu coupable d'une faute grave ; il ne réussira qu'à attirer vers son impure photosphère des Présences et des Forces invisibles qui, sans cela, n'auraient pu se frayer un chemin à travers l'Enveloppe Divine.

AUM est l'origine du mot Amen. Or, Amen n'est pas un mot Hébreu, mais, de même que le mot Alleluia, a été emprunté aux Chaldéens par les Juifs et les Grecs. On trouve souvent le second de ces mots reproduit dans certaines inscriptions magiques, sur des coupes et des urnes qui font partie des reliques de Babylone et de Ninive. Amen ne veut pas dire "Ainsi soit-il" ou "en vérité", mais avait, dans l'antiquité la plus reculée, presque la même signification que AUM. Les Tanaïm (ou Initiés) juifs l'employaient pour les mêmes raisons qui font employer le mot AUM aux Adeptes Aryens, et cela avec le même succès, attendu que la valeur numérique d'AMeN, en caractères hébreux, est de 91, c'est-à-dire la même que la valeur totale de YHVH 220, 26 et de ADoNaY, 65, soit 91. Les deux mots comportent l'affirmation de l'être ou de l'existence, en nous, du "Seigneur" sans sexe.

 220 Jod-Hévah, ou mâle-femelle sur le plan terrestre, suivant l'invention des Juifs, mot que l'on traduit maintenant par Jéhovah, mais qui, réellement et littéralement, veut dire, "qui donne l'être" et "qui reçoit la vie".

 

  1. La Science Esotérique enseigne que tout son qui se produit dans le monde visible, éveille un son correspondant dans les royaumes invisibles et met en action une force quelconque du côté Occulte de la Nature. De plus, chaque son correspond à une couleur et à un nombre (puissance spirituelle, psychique ou physique) et à une sensation sur un plan quelconque. Toutes ces correspondances trouvent un écho dans chacun des éléments développés jusqu'à présent et même sur le plan terrestre, dans les Vies qui fourmillent dans l'atmosphère terrestre et les poussent ainsi à l'action.

Aussi une prière, à moins d'être articulée mentalement et d'être adressée par chacun à son "Père", dans le silence et la solitude de sa "chambre", doit provoquer plus souvent des résultats désastreux que favorables, attendu que les masses ignorent absolument les puissants effets qu'elles peuvent ainsi produire. Pour produire des résultats favorables, la prière doit être articulée par "quelqu'un sachant comment se faire entendre en silence", auquel cas ce n'est plus une prière, mais cela devient un ordre. Pourquoi nous montre-t-on Jésus défendant à ses auditeurs de fréquenter les  synagogues  publiques ?  Assurément,  ceux  qui   priaient  n'étaient [VI 153] pas des hypocrites et des menteurs, ni des Pharisiens aimant que le peuple les vit prier ! Nous devons supposer qu'Il avait un motif : le même qui pousse l'Occultiste expérimenté à défendre, aujourd'hui comme jadis, à ses disciples d'aller au milieu des foules, d'entrer dans les églises, les salles de séances 221, etc., à moins d'être en sympathie avec la foule.

Il y a un conseil à donner aux commençants qui ne peuvent éviter les foules – c'est un conseil qui peut paraître entaché de superstition, mais qui se montrera efficace, en l'absence de tout savoir Occulte. Comme le savent parfaitement les bons Astrologues, les jours de la semaine ne se suivent pas dans le même ordre que les planètes dont ils portent les noms. Le fait est que les Hindous et les Egyptiens de l'antiquité divisaient la journée en quatre parties et chaque jour était placé (comme l'affirme la Magie pratique) sous la protection d'une planète. En outre, comme l'affirme avec raison Dion Cassius, chaque jour reçut le nom de la planète qui en gouvernait et protégeait la première partie. Que l'étudiant se mette à l'abri des "Puissances de l'Air" (des Elémentals) qui encombrent les lieux publics, en portant une bague surmontée d'une pierre de la couleur de la planète  du  jour,  ou  faite  du  métal  qui  lui  est  consacré. Toutefois, la meilleure des protections, c'est une conscience pure et un ferme désir d'être utile à l'Humanité.

 

221 Spirites. (N.d.T.)

Les Planètes, les Jours de la Semaine, les Couleurs et Métaux qui y correspondent 

Dans le diagramme ci-joint les jours de la semaine ne se trouvent pas dans leur ordre habituel, bien qu'ils soient correctement placés dans l'ordre des couleurs du spectre solaire et des couleurs correspondantes des planètes qui les gouvernent. La confusion, jetée dans l'ordre des jours que nous révèle cette comparaison, est imputable aux premiers Chrétiens. Ayant emprunté aux Juifs leurs mois lunaires, ils tentèrent de les mélanger avec les planètes solaires, et ne réussirent qu'à faire un mélange confus du tout. En effet, l'ordre des jours de la semaine, tel qu'il existe maintenant, n'est pas le même que celui des planètes.

Les anciens classaient les planètes dans l'ordre suivant la Lune, Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter, Saturne, [VI 154] en comptant le Soleil comme une planète dans un but exotérique. Les Egyptiens et les Indiens, les deux nations les plus anciennes, divisaient, eux aussi, leurs jours en quatre parties, dont chacune était protégée et gouvernée par une planète. Au cours des temps, chaque jour finit par être appelé du nom de la planète qui en gouvernait la première partie – le matin. Or, les Chrétiens procédèrent comme il suit, lorsqu'ils organisèrent leur semaine : ils voulaient que le jour du Soleil, ou Dimanche, fût le septième, aussi dénommèrent-ils les jours de la semaine en prenant successivement chaque quatrième planète. Par exemple, ils commencèrent par la Lune (Lundi) et complétèrent ainsi : la Lune, Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, et le Mardi, le jour dont la première partie était gouvernée par Mars, devint le second jour de la semaine et ainsi de suite. Il ne faut pas oublier, non plus, que la Lune, de même que le Soleil, n'est que le substitut d'une planète secrète.

La division actuelle de l'année solaire ne fut établie que plusieurs siècles après le commencement de notre ère ; et notre semaine n'est pas celles des Anciens et des Occultistes. La division septénaire des quatre parties des phases de la Lune est vieille comme le monde et prit naissance chez les peuples qui calculaient le temps par les mois lunaires. Les Hébreux ne l'employèrent jamais, car ils ne comptaient que le septième jour, le Sabbat. Pourtant, le second chapitre de la Genèsesemble y faire allusion. Jusqu'à l'époque des Césars, on ne trouve de traces d'une semaine de sept jours chez aucun peuple, sauf les Hindous. Des Indes,  cette semaine passa aux Arabes et gagna l'Europe en même temps que le Christianisme. La semaine romaine était composée de huit jours et celle des Athéniens de dix 222. Ainsi l'une des innombrables contradictions de la Chrétienté consiste dans l'adoption du septénaire Indien basé sur  les calculs lunaires, tout en conservant en même temps les noms mythologiques des planètes.

Les Astrologues modernes ne donnent pas, non plus, correctement les correspondances entre les jours, les planètes et leurs couleurs ; et tandis que les Occultistes sont à même de donner d'excellentes raisons pour expliquer chacun des détails de leur propre table des couleurs, etc., il est douteux que les Astrologues puissent en faire autant.

      222 Voyez : Notice sur le Calendrier, par J.H. Ragon.

 

DIAGRAMME II

 

ATMA

Ces correspondances sont prises du Plan Terrestre, Objectif.

  

ATMAN. n'est aucun Nombre, et ne correspond à aucune Planète visible, car il procède du Soleil Spirituel ; et n'a non plus aucun rapport ni avec le Son, ni avec la Couleur, ni avec le reste, car tous sont inclus en lui.


Comme les Principes Humains n'ont aucun Nombre per se, mais correspondent seulement aux Nombres, aux Sons, aux Couleurs, etc., ils ne sont pas énumérés, ici, dans l'ordre employé pour des buts exotériques.

 

 

 

Nombres

 

Métaux

 

Planètes

Principes Humains

 

Jours de la semaine

 

Couleurs

Sons

Gamme Musicale

Sanscrite

Italienne

 

 

1 et 10 Tonique de l'Homme

physique.

 

 

 

FER

 

 

MARS

La Planète de la Génération.

KAMA ROUPA

Le véhicule ou siège des Instincts Animaux et des Passions.

 

 

MARDI

Dies Martis, ou Tiw.

 

 

1.

ROUGE

 

 

 

SA

 

 

 

DO

 

 

 

 

2

Vie Spirituelle et Vie Physique.

 

 

 

 

 

OR

LE SOLEIL

Physiquement, le Donneur de Vie. Spirituellement et ésotériquement, le substitut de la Planète inter- Mercurielle une planète secrète sacrée pour les anciens.

 

 

 

 

PRANA ou JIVA

La Vie.

 

 

 

 

DIMANCHE

Dies Solis, ou Soleil.

 

 

 

 

 

2.

ORANGE

 

 

 

 

 

RI

 

 

 

 

 

RE

 

3

Parce que BOUDDHI est (pour ainsi dire) entre ATMA et MANAS, et forme avec le septième, ou ENVELOPPE

AURIQUE, la Triade Dévachanique.

MERCURE

Se mélange au Soufre, comme BOUDDHI est mélangé à la Flamme de l'Esprit. (Voyez les définitions alchimiques).

 

 

 

MERCURE

Le Messager et l'Interprète des Dieux.

 

 

BOUDDHI

Ame spirituelle, ou Rayon Atmique ; véhicule d'Atmâ.

 

 

MERCREDI

Dies Mercurii, ou Woden. Jour de Bouddha dans le Sud, et de Woden dans le Nord : Dieux de Sagesse.

 

 

 

 

 

3. JAUNE

 

 

 

 

 

GA

 

 

 

 

 

MI

4

Le principe moyen entre la triade purement matérielle et la triade purement spirituelle.

La Partie consciente de l'homme animal.

 

 

 

PLOMB

 

 

 

SATURNE

 

KAMA MANAS

Le mental Inférieur ou Ame animale.

 

 

SAMEDI

Dies Saturni, ou Saturne.

 

 

 

4. VERT

 

 

 

MA

 

 

 

FA

5

ETAIN

JUPITER

ENVELOPPE AURIQUE

JEUDI

Dies Jovis, ou Thor.

5. BLEU

PA

SOL

 

 

6

CUIVRE

Devient du Bronze lorsqu'il est allié (le principe double).

 

VENUS

L'Etoile du Soir et du Matin.

MANAS

Le Mental Supérieur ou Ame humaine

 

VENDREDI

Dies Veneris, ou Frige.

6.

INDIGO

ou BLEU FONCE

 

 

DA

 

 

LA

 

 

7

Contient en lui-même la réflexion de l'Homme Septénaire.

 

 

 

ARGENT

 

 

LA LUNE

La Mère de la Terre

LINGA SHARIRA

Le Double Astral de l'Homme ; le Père de l'Homme Physique.

 

 

LUNDI

Dies Lunae, ou Lune.

 

 

 

7.

VIOLET

 

 

 

NI

 

 

 

SI

 

***

 

Pour clore cette première Instruction, qu'il me soit permis de dire que les lecteurs doivent être nécessairement divisés [VI 155] en deux grandes catégories : ceux qui ne sont pas complètement débarrassés des doutes que leur inspire leur scepticisme habituel, mais qui voudraient se rendre compte de ce qu'il peut y avoir de vrai dans les affirmations des Occultistes, et ceux qui, ayant brisé les chaînes du Matérialisme et de la Relativité sentent que la vraie et réelle béatitude ne doit être recherchée que par la connaissance et l'expérience personnelle de ce que le Philosophe Hindou appelle la Brahma-vidyâ, et que l'Arhat Bouddhiste appelle la réalisation d'Adi-Bouddha, la Sagesse primordiale. Que ceux de la première catégorie se contentent de puiser dans les Instructions et d'étudier les explications des phénomènes de la vie, que la Science profane est incapable de leur donner. Même en se bornant à cela, ils constateront, au bout d'un an ou deux, qu'ils auront appris plus que toutes leurs Universités et tous leurs Collèges auraient pu leur apprendre. Quant aux croyants sincères, ils seront récompensés en voyant leur foi transformée en savoir. Le véritable savoir appartient à l'Esprit, réside dans l'Esprit seul, et ne peut être acquis d'aucune autre façon qu'en traversant la région du mental supérieur, seul plan d'où nous puissions pénétrer les profondeurs de l'omniprésent Absolu. Celui qui ne se conforme qu'aux lois établies par des intelligences humaines, qui vit de la vie prescrite par le code des mortels et par leur législation faillible, celui-là choisit pour étoile dirigeante un phare qui brille sur l'océan de Mâyâ, ou océan des illusions temporaires, et qui ne dure que pendant une incarnation. Ces lois ne sont nécessaires que pour la vie et le bien-être de l'homme physique. Il a choisi un pilote qui le dirige à travers les écueils d'une seule existence ; un maître qui se sépare de lui sur le seuil de la mort. Combien plus heureux est l'homme qui, tout en accomplissant strictement, sur le plan objectif temporaire, les devoirs de la vie journalière, en se conformant à toutes les lois de son pays, en rendant, en un mot, à César ce qui est à César, mène en réalité une existence spirituelle et permanente, une vie sans solutions de continuité,  sans lacunes, sans intervalles, même durant les périodes qui constituent les haltes du long pèlerinage de la vie purement spirituelle. Tous les phénomènes du mental humain inférieur disparaissent comme le rideau d'une scène, lui permettant de vivre dans la région qui est au-delà, sur le plan des noumènes, de l'unique réalité. Si l'homme, en supprimant, sinon en détruisant son égoïsme et sa personnalité, réussit seulement à se connaître lui-même tel qu'il est derrière le voile de la Mâyâ Physique, il se trouvera bientôt au-dessus de toutes les douleurs, de toutes les misères, et au-dessus de toutes les angoisses du changement qui est la source principale  de  la  douleur.  Un  tel  homme  [VI 156]  sera physiquement Matériel ; il se déplacera entouré de Matière, et pourtant il vivra au-delà de la matière et en dehors d'elle. Son corps sera soumis aux changements, mais lui-même en sera absolument exempt, et il jouira d'une vie éternelle, même lorsqu'il occupera des corps temporaires de courte durée. On peut arriver à tout cela en développant un amour universel et altruiste de l'Humanité, et en supprimant la personnalité ou égoïsme, qui est la cause de tous les péchés et, par conséquent, de toutes les souffrances humaines.

[VI 157]