MAITRE M

Les Enseignements du Maitre MORYA

LA CLEF DE LA THEOSOPHIE

LA PRIÈRE DÉTRUIT LA CONFIANCE EN SOI-MÊME

LA PRIÈRE DÉTRUIT LA CONFIANCE EN SOI-MÊME

 

Question – Mais Christ lui-même n'a-t-il pas prié et recommandé la prière ?

Réponse – Telle est, en effet, la tradition ; mais ces "prières" appartiennent précisément au genre dont nous venons de parler, c'est-à-dire à la communion avec le "Père qui est en secret". Sans cela, si nous identifions Jésus avec la déité universelle, il faudrait en venir à l'inévitableconclusion d'une absurdité par trop illogique, que "Dieu [103]  lui-même" se pria soi-même et sépara sa volonté de celle de Dieu auquel il s'adressait !

Question – Il y a encore un argument ; et un argument qui, de plus, est souvent employé par quelques Chrétiens. Voici ce qu'ils disent : "Je ne me sens pas capable de vaincre mes passions et mes faiblesses par ma propre force. Mais, lorsque je prie Jésus-Christ, je sens qu'il me donne de la force et que je deviens capable de triompher par son pouvoir. "

Réponse – Il n'y a là rien d'étonnant. Si le "Christ Jésus" est un Dieu indépendant et séparé de la personne qui prie, il va sans dire que tout est, et doit être possible à "un Dieu puissant". Mais où est le mérite, ou même la justice, d'une semblable victoire ? Pourquoi le pseudo-conquérant serait- il récompensé de quelque chose qui ne lui a coûté que des prières ? :Même à votre point de vue de simple Mortel, iriez-vous payer à un laboureur les gages d'une journée entière, si vous aviez fait vous-même la plus grande partie de son ouvrage, tandis qu'il aurait passé le temps, assis sous un pommier, à vous prier de travailler pour lui ? L'idée de passer toute sa vie dans un état de paresse morale, tandis qu'un autre – que ce soit Dieu ou un homme – se charge de la part la plus pénible de votre travail ou de votre devoir, nous paraît aussi révoltante qu'elle est dégradante pour la dignité humaine.

Question – Peut-être ; néanmoins, l'idée [104] fondamentale du Christianisme moderne est justement celle de s'en remettre à un Sauveur personnel pour obtenir le secours et la force nécessaires dans le combat de la vie. Et cette croyance est, sans aucun doute, efficace, subjectivement, au moins ; c'est-à-dire que ceux qui croient se sentent véritablement aidés et soutenus.

Réponse – De la même façon que, sans le moindre doute aussi, quelques-uns des malades traités par les "Savants chrétiens" et les "Mental Scientists", les adhérents de la Négation, (Deniers) 13, sont parfois guéris ; ce qui n'empêche pas que l'on obtienne tout aussi souvent, et même plus souvent, peut-être, les mêmes résultats, par le moyen de l'hypnotisme et de la suggestion, de la psychologie et même de la médiumnité. Les succès seuls vous semblent dignes d'être pris en considération et enfilés à votre argument ; mais que dites-vous d'un nombre d'insuccès dix  fois  aussi grand ? Vous ne prétendez pas, évidemment, que l'insuccès soit inconnu parmi les chrétiens fanatiques, même avec une mesure suffisante de foi aveugle ?

13 La nouvelle secte de guérisseurs qui, en niant l'existence de quoi que ce soit, excepté l'esprit qui ne peut ni souffrir ni être malade, se croient capables de guérir toutes les souffrances, pourvu que le malade ait assez de foi pour se persuader que ce qu'il nie ne peut exister : C'est une nouvelle méthode de s'hypnotiser soi-même.

 

Question – Mais comment expliquez-vous les cas qui sont couronnés d'un plein succès ? Où le [105] Théosophe cherche-t-il le pouvoir nécessaire pour vaincre son égoïsme et ses passions ?

Réponse – Il trouve ce pouvoir en son Soi Supérieur, l'esprit divin ou le Dieu qui est en lui, et en son Karma. Combien de fois serons-nous forcés de répéter et de redire que l'on connaît l'arbre à son fruit, et la nature d'une cause à ses effets ? Vous parlez de vaincre les passions et de parvenir à être bon par le secours de Dieu ou de Christ. Mais nous demandons : Où trouve-t-on les personnes les moins coupables et les plus vertueuses, qui s'abstiennent de péché et de crime : parmi celles qui professent le Christianisme, ou parmi celles qui adhèrent au Bouddhisme ? Dans les pays chrétiens ou dans les contrées païennes ? La statistique répond à notre question et nous donne raison. D'après le dernier recensement fait à Ceylan et dans l'Inde, le rapport comparé des crimes commis par les Chrétiens, les Musulmans, les Hindous, les Eurasiens, les Bouddhistes, etc., etc., nous prouve que, sur deux millions d'hommes pris de chaque population, au hasard, et représentant une période de plusieurs années, la proportion des délits commis par les chrétiens est de 15 contre 4 commis par les Bouddhistes (Voyez Lucifer, numéro d'avril 1888, page 147. Art. Conférenciers chrétiens sur le Bouddhisme). Il n'est point d'Orientaliste, d'historien de quelque renom, ni de voyageur dans les pays Bouddhistes, depuis l'Evêque Bigandet et l'abbé Huc jusqu'à [106] Sir William Hunter, et chaque fonctionnaire impartial, qui ne reconnaisse que la vertu des Bouddhistes est supérieure à celle des chrétiens. Cependant, les Bouddhistes (et, entre autres, la vraie secte Siamoise) ne croient ni en Dieu, ni en une récompense future au-delà de cette terre. Ni les prêtres ni les laïques ne prient. "Prier ! S'écrieraient-ils avec étonnement ; mais qui ? Et que prier ?"

Question – Alors ce sont de véritables Athées.

 Réponse – Sans aucun doute ; mais ce sont aussi les hommes les plus attachés à la vertu et les plus vertueux que l'on puisse trouver au monde. Le Bouddhisme recommande de "respecter les religions des autres et de rester fidèle à la sienne" ; mais le christianisme de l'Église considère les dieux des autres nations comme des diables, et voudrait condamner à la perdition éternelle tout homme qui n'est pas chrétien.

Question – Le clergé Bouddhiste n'en fait-il pas autant ?

Réponse – Jamais. Les prêtres Bouddhistes suivent trop rigoureusement le précepte plein de sagesse qui se trouve dans la DHAMMAPADA, pour faire une chose semblable ; car ils savent bien que "si un homme, quelque instruit qu'il soit, se croit lui-même assez grand pour mépriser les autres, il ressemble à un aveugle tenant une chandelle : il éclaire les autres, mais lui il est aveugle". [107]

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