MAITRE M

Les Enseignements du Maitre MORYA

LA DOCTRINE SECRETE VOL 4

C — L'élément septénaire dans les Védas. Il corrobore l'enseignement occulte au sujet des sept Globes et des sept Races.

C

L'élément septénaire dans les Védas.

 

Il corrobore l'enseignement occulte au sujet des sept Globes et des sept Races.

 Il nous faut remonter jusqu'à la source même des renseignements historiques, si nous voulons fournir notre meilleure preuve à l'appui des faits que nous venons d'énoncer. En effet, bien qu'entièrement allégoriques, les hymnes de Rig Véda n'en sont pas moins suggestifs. Les sept Rayons de Soûrya, le Soleil, y sont comparés aux sept Mondes de chaque Chaîne Planétaire, aux sept Fleuves du Ciel et de la Terre, les premiers étant les sept Légions créatrices et les derniers les sept Hommes ou groupes humains primitifs. Les sept anciens Richis – les progéniteurs de tout ce qui vit et respire sur la Terre – sont les sept amis d'Agni, ses sept "Chevaux", ou ses sept "Têtes". La race humaine, dit l'allégorie, a jailli du Feu et de l'Eau ; elle a été façonnée par les Pères, ou les Ancêtres- sacrificateurs, au moyen d'Agni ;  en  effet,  Agni,  les  Ashvins,  les Adityas 424, sont tous des [IV 201] synonymes de "Sacrificateurs" ou Pères, appelés indifféremment Pitaras (ou Pitris), Angirasas 425 et Sâdhyas, "Sacrificateurs Divins", les plus occultes de tous. On les appelle Dévapoutra Rishayah ou les "Fils de Dieu" 426. En outre,  les "Sacrificateurs" constituent collectivement le Sacrificateur Unique, le père abréviation, on entend parler du sujet soumis à la destinée ou à Karma, du Soi ou Ego et de ce qui renaît. ̉Αντιµι̃µον Πνεύµατος n'est pas non plus notre conscience, mais notre Bouddhi ; il n'est pas non plus la "contrefaçon" de l'Esprit, mais est "modelé d'après", l'Esprit, en est une "contre-partie" (Aristoph., Thesmophor., 17) ce qu'est Bouddhi comme véhicule d'Atmâ des Dieux, Vishvakarmân, qui accomplit la grande cérémonie Sarva- medha et finit par se sacrifier lui-même.

423 The Gnostics and their Remains, pp. 37, 38.

424 Rig Véda, III, 54, 16 ; II, 29, 3, 4.

425 Le professeur Roth (dans le Peters Lexicon) décrit les Angirasas comme une race intermédiaire d'Etres supérieurs, entre les Dieux et les Hommes, tandis que le professeur Weber, suivant son invariable habitude de moderniser et d'anthropomorphiser le divin, voit en eux les prêtres originaux de la religion qui était commune aux Indo-Aryens et aux Persans. Roth a raison, "Angirasas" était l'un des noms des Dhyânis, ou Déva-Instructeurs (Gourou-Dévas). Initiés de la fin de la Troisième Race, de la Quatrième et même de la Cinquième.

426 Rig Véda, X, 62, I, 4.

 

Dans  ces   Hymnes,   l' "Homme   Céleste"   est   appelé   Pourousha, l' "Homme" 427 de qui naquit Virâj 428, et de Virâj naquit l'homme (mortel). C'est Varouna – rabaissé de sa position sublime pour devenir le chef des Seigneurs-Dhyânîs ou Dévas – qui règle tous les phénomènes naturels, qui "trace une voie au Soleil, pour que celui-ci la suive". Les sept Fleuves du Firmament (les Dieux Créateurs qui descendent) et les sept Fleuves de la Terre (les sept Humanités primitives) sont placés sous son contrôle, ainsi qu'on le verra. En effet, celui qui enfreint les lois de Varouna (Vratâni, ou "cours naturel des actions", lois actives), est puni par Indra 429, le puissant Dieu Védique, dont la Vratâ, ou loi ou puissance, est plus grande que le Vratâni de tous les autres Dieux.

Ainsi le Rig Véda, le plus ancien de tous les antiques recueils connus, peut être représenté comme corroborant les Enseignements Occultes, sous presque tous les rapports. Ses Hymnes, qui sont les récits écrits par les premiers Initiés de la Cinquième Race (la nôtre), au sujet des Enseignements Primordiaux, parlent des Sept Races (dont deux futures), appelées allégoriquement les sept "Courants" 430 et des Cinq Races (Panchakrishtayah) qui ont déjà habité ce monde 431 sur les Cinq Régions (Panchapradishah) 432, comme aussi des trois Continents qui existaient 433. [IV 202] Seuls, les érudits qui découvriront le sens secret du Pourousha  Soukta – dans lequel l'intuition des Orientalistes modernes a voulu voir "un des plus récents hymnes du Rig Véda" – pourront espérer comprendre à quel point ses enseignements sont harmonieux et corroborent les Doctrines Esotériques. Il leur faudra étudier, dans tout ce que leur signification métaphysique a d'abstrait, les rapports qui y sont décrits, entre l'Homme (Céleste) Pourousha, sacrifié pour la production de l'Univers et de tout ce qui s'y trouve 434 et l'homme terrestre mortel 435, avant de comprendre la philosophie qui se cache sous ce verset :

Il (l'Homme, Pourousha ou Vishvakarman) avait sept bûches de combustible qui l'entouraient et trois fois sept couches de combustible ; lorsque les Dieux accomplirent le sacrifice, ils attachèrent l'Homme comme victime.

Ceci a trait aux trois Races septénaires primordiales et prouve l'antiquité des Védas, qui ne connaissaient, probablement, aucun autre sacrifice, dans les premiers enseignements oraux et cela aussi a trait aux sept groupes primordiaux de l'Humanité, attendu que Vishvakarman représente, collectivement, l'Humanité divine 436. [IV 203]

427 Ibid., X, 90, I.

428 Ibid., X, 90, 5.

429 Rig Véda, X, 113, 5.

430 Ibid., I, 35, 8.

431 Ibid., loc. cit.

432 Ibid., IX, 86, 29.

433 Trois Continents seulement, submergés, ou détruits autrement – car le premier Continent de la Première Race existe jusqu'à présent et durera jusqu'à la fin – sont décrits dans la Doctrine Occulte, l'Hyperboréen, le Lémurien (pour adopter un nom que la Science connaît aujourd'hui) et l'Atlantéen. La plus grande partie de l'Asie sortit du sein des eaux après la destruction de l'Atlantide ; l'Afrique apparut plus tard encore, tandis que l'Europe est le Cinquième et dernier continent – certaines parties des deux Amériques étant bien plus anciennes, mais nous reparlerons de cela plus tard. Les Initiés qui écrivirent les Védas – ou les Richis de notre Cinquième Race – les écrivirent à une époque où l'Atlantide était déjà engloutie. L'Atlantide fut le quatrième Continent qui apparut, mais le troisième parmi ceux qui disparurent.

434 Comparez avec Vishvakarman.

435 Ibid., X, 20, 1, 16.

436 Cet enseignement Archaïque n'est pas tellement antiscientifique, puisqu'un des plus grands Naturalistes de notre époque – feu le professeur Agassiz – admettait la multiplicité des origines géographiques de l'homme et soutint cette thèse jusqu'à la fin de sa vie. L'unité de l'espèce humaine était acceptée par l'illustre professeur de Cambridge (U.S.A) de la même façon que par les Occultistes – c'est-à-dire dans le sens de l'homogénéité essentielle et originale et du point de départ d'une seule et même source : par exemple, les Nègres, les Aryens, les Mongols, etc., ont tous la même origine et les mêmes ancêtres. Ces derniers seraient tous d'une même essence, mais différenciée, parce qu'ils appartenaient à sept plans qui différaient en degré, mais non en qualité. Cette – différence physique, originale se serait un peu accentuée plus tard, en raison des différentes conditions géographiques et climatériques. Ceci ne représente naturellement pas la théorie d'Agassiz, mais bien la version Esotérique. Elle est longuement discutée dans l'Appendice (Vème et VIéme volumes)

 

La même doctrine se trouve reflétée dans les autres anciennes religions. Elle peut, elle doit, nous être parvenue, défigurée et mal interprétée, comme dans le cas de Parsîs qui la lisent dans leur Vendîdâd et ailleurs, sans toutefois comprendre mieux que les Orientalistes les allusions qui s'y trouvent : et pourtant    la doctrine est clairement mentionnée dans leurs antiques ouvrages 437.

En comparant l'Enseignement Esotérique avec les interprétations du professeur James Darmesteter, on peut découvrir au premier coup d'œil où se trouve l'erreur et quelle en fut la cause. Voici le passage :

L'Asoura (Ahoura) Indo-Iranien était vraiment conçu comme septuple ; grâce au jeu de certaines formules mythiques (?) et à la force de certains nombres mythiques (?), les ancêtres des Indo-Iraniens avaient été amenés à parler de sept mondes 438 et le Dieu suprême était souvent représenté comme septuple, de même que les mondes sur lesquels il régnait. Les sept mondes devinrent en Perse les sept Karshvare de la Terre ; la Terre est divisée en sept Karshvare, dont une seule est connue et accessible à l'Homme, celle sur laquelle il vit, c'est-à-dire Hvaniratha. Ceci revient à dire qu'il y a sept terres 439. La mythologie Parsi connaît aussi sept cieux. Hvaniratha elle-même est divisée en sept climats (Orm. Ahr., § 72) 440.

437 Voyez l'énumération des sept Sphères – non pas des "Karshvare de la terre", comme on le pense généralement – dans le Fargard XIX, 30 et seqq.

438 Les sept Mondes sont, comme on l'a déjà dit, les sept Sphères de la Chaîne, dont chacune est dirigée par un des sept "Grands Dieux" de toutes les religions. Lorsque les religions furent dégradées et anthropomorphisées et que les idées métaphysiques furent presque oubliées, la synthèse, du plus haut, du septième, fut séparée du reste et cette personnification devint le huitième Dieu, que le Monothéisme chercha à unifier, mais, en vain. Dans aucune religion exotérique Dieu n'est réellement unique, si on l'analyse métaphysiquement.

439 Les six Globes invisibles de notre Chaîne sont à la fois des "Mondes et des "Terres", comme l'est la nôtre, bien qu'invisibles. Par contre, où pourraient se trouver les six Terres invisibles sur  ce Globe ?

440 Vendîdâd, S. B. E., vol. IV, pp. LIX, LX et note.

 

La même division et la même doctrine se retrouvent dans la plus ancienne et la plus vénérée des Ecritures hindoues – dans le Rig Véda.  On y fait mention de six Mondes, outre notre Terre : les six Rajamsi au-dessus de Prithivî, la Terre, ou "celle-ci" [IV 204] (Idam) en opposition avec   "ce qui est au loin", c'est-à-dire les six Globes sur les trois autres plans ou Mondes 441.

Les italiques sont de nous, pour faire ressortir l'identité des dogmes avec ceux de la Doctrine Esotérique et pour accentuer l'erreur commise. Les Mages ou Mazdéens se bornaient à croire à ce que croyaient les autres, c'est-à-dire à sept "Mondes" ou Globes de notre Chaîne Planétaire, dont un seul, notre Terre, était actuellement accessible à l'homme et à l'apparition et à la destruction successive de sept Continents ou Terres sur notre Globe, chaque Continent étant divisé, en mémoire des sept Globes (un visible et six invisibles), en sept îles ou continents, sept "climats", etc. Ceci était une croyance générale à cette époque où la Doctrine aujourd'hui Secrète était accessible à tous. Cette multiplicité des localisations en divisions septénaires rend les Orientalistes – qui ont, en outre, été encore égarés par l'oubli de leurs doctrines primitives au sujet des Hindous et des Parsis non initiés – si embarrassés par ce nombre septuple qui revient toujours, qu'ils ont fini par le considérer comme "mythique". C'est cet oubli des premiers principes qui a conduit les Orientalistes hors du droit chemin et leur a fait commettre les plus grandes erreurs. La même erreur se retrouve dans la définition des Dieux. Ceux qui ignorent la Doctrine Esotérique des premiers Aryens ne peuvent jamais s'assimiler, ni même comprendre correctement la signification métaphysique contenue dans ces Etres.

Ahoura Mazda (Ormazd) était le chef et la synthèse des Sept Amesha Ppentas, ou Amshaspands et, par conséquent, était lui-même un Amesha Spenta. Exactement comme Jéhovah-Binah-Elohim était le chef et la synthèse des Elohims et rien de plus ; ainsi Agni-Vishnou-Soûrya était la synthèse et le chef, ou le foyer d'où émanaient, en physique comme en métaphysique, du sein du Soleil spirituel comme du Soleil physique, les sept Rayons, les sept Langues de Feu, les sept Planètes ou Dieux. Tous ceux-ci devinrent des Dieux suprêmes et le Dieu Unique, mais seulement après la perte des secrets primordiaux ; c'est-à-dire après l'engloutissement de l'Atlantide, ou "Déluge" et l'occupation des Indes par les Brahmanes, qui cherchèrent ce salut sur les sommets des Himalayas, car les hauts- plateaux de ce qui est aujourd'hui le Tibet furent eux-mêmes submergés pendant quelque temps. On ne s'adressait à Ahoura Mazda, dans la Vendîdâd, que  comme à  "l'Esprit Très Bienheureux, Créateur du Monde corporel". Ahoura Mazda, traduit littéralement, veut [IV 205] dire le "Seigneur Sage" (Ahoura "Seigneur" et Mazda "Sage"). En outre, ce nom d'Ahoura, en Sanscrit Asoura, le rattache aux Mânasapoutras, aux Fils de la Sagesse, qui animèrent l'homme dépourvu de mental et le dotèrent de son Manas. Ahoura (Asoura) peut être dérivé de la racine ah "être", mais, dans sa signification première, il est tel que nous le représente l'Enseignement Secret.

 

 

Lorsque la Géologie aura découvert combien de milliers d'années se sont écoulées depuis l'époque où les eaux troublées de l'Océan Indien atteignirent les plus hauts plateaux de l'Asie Centrale, lorsque la Mer Caspienne et le Golfe Persique ne faisaient qu'un avec l'Océan, alors seulement on connaîtra l'âge de la nation Aryenne Brahmanique qui existe de nos jours, ainsi que l'époque de sa descente dans les plaines de l'Hindoustan, qui n'eut lieu que des milliers d'années plus tard.

Yima, celui qui est appelé le "premier homme" dans la Vendîdâd, de même que son frère jumeau Yama, le fils de Vaivasvata Manôu, appartient à deux époques de l'Histoire Universelle. Il est le Progéniteur de la Seconde Race Humaine, c'est-à-dire la personnification des Ombres des Pitris et le Père de l'Humanité Post-diluvienne. Les Mages employaient le mot "Yima" comme nous employons le mot "homme", lorsqu'ils parlaient de l'humanité. Le "beau Yima", le premier mortel qui cause avec Ahoura Mazda, est le premier "homme" qui meure ou disparaisse et non pas le premier qui soit né. Le "fils de Vivanghat" 442 était, comme le fils de Vaivasvata, l'homme symbolique, qui était considéré dans l'Esotérisme comme le représentant des trois premières Races et leur Progéniteur collectif. De ces Races, les deux premières ne moururent jamais 443 mais seulement disparurent, absorbées par leurs progénitures, et la Troisième Race ne connut la mort que vers sa fin, après la séparation des sexes et sa "Chute" dans la génération. On fait clairement allusion à ceci dans la Fargard II de la Vendîdâd. Yima refusa d'être le véhicule de la Loi d'Ahoura Mazda, en disant :

 441 Voyez le Rig Véda, I, 34 ; III, 56 ; VII, 10, 411 et V, 60, 6.

 442 Vendîdâd, op. cit., p. 15.

443 La mort ne fit son apparition qu'après que l'homme fut devenu une créature physique. Les hommes de la Première et de la Seconde Race se dissolvaient et disparaissaient dans leur progéniture.

 

Je n'ai pas été mis au monde, je n'ai pas été instruit, en vue de devenir le prédicateur et le véhicule de ta loi 444. [IV 206]

Et Ahoura Mazda lui demande alors de faire augmenter ses hommes et de les faire "veiller sur" son monde.

Il refuse de devenir le prêtre d'Ahoura Mazda parce qu'il est son propre prêtre et sacrificateur, mais il accepte la seconde proposition. On lui fait répondre :

"Oui... Oui, je nourrirai ton monde, je le gouvernerai et je veillerai sur lui. Tant que je serai roi, il n'y aura ni vent froid, ni vent chaud, ni maladie, ni mort".

Ahoura Mazda lui apporte alors un anneau d'or et un poignard, emblèmes de la souveraineté.

Ainsi, sous le gouvernement de Yima, trois cents hivers s'écoulèrent et la terre fut remplie de nouveau, de troupeaux d'hommes, de chiens, d'oiseaux et de feux rouges flamboyants.

Trois cents hivers, cela veut dire trois cents périodes ou cycles. Remarquez bien le mot "remplie de nouveau" ; cela veut dire que tout ceci s'était trouvé auparavant sur la terre et ainsi est prouvée la connaissance de la doctrine qui a trait aux Destructions successives du Monde et à ses Cycles-Vitaux, Lorsque les "trois cents hivers" furent passés, Ahoura Mazda avertit Yima que la Terre devenait trop pleine et que les hommes n'avaient plus de place pour vivre. Yima s'avance alors et, avec l'aide de Spenta Armaïta, le Génie femelle ou Esprit de la Terre, fait en sorte que la Terre s'allonge et devient d'un tiers plus grande, après quoi "de nouveaux troupeaux et de nouveaux hommes" apparaissent sur elle. Ahoura Mazda l'avertit de nouveau et Yima, usant du même pouvoir magique, agrandit encore la Terre de deux tiers. "Neuf cents hivers" s'écoulent et Yima est obligé d'accomplir la cérémonie pour la troisième fois. Tout ceci est allégorique. Les trois processus d'extension de la Terre sont une allusion aux trois Continents successifs et aux trois Races successives, apparaissant les uns après les autres, ainsi que nous l'avons expliqué plus longuement ailleurs. Après la troisième fois, Ahoura Mazda prévient Yima, dans une assemblée de "Dieux célestes" et de "mortels excellents", que les hivers fatals vont tomber sur le monde matériel et que toute vie périra. Ceci est un antique symbole Mazdéen du "Déluge" et du cataclysme imminent de l'Atlantide, qui balaya chaque Race à son tour. De même que Vaivasvata Manou et Noé, Yima construit un Vara – une Enceinte, une Arche –  sous la direction du Dieu et y rassemble les germes de toutes les créatures vivantes, des animaux et des "Feux". [IV 207]

444 Op. Cit., p. 12.

 

C'est de cette "Terre" ou de ce nouveau Continent que Zarathushtra devient le législateur et le souverain. C'était le début de la Quatrième Race, après que les hommes de la Troisième commencèrent à mourir. Jusqu'alors, comme nous l'avons dit plus haut, il n'y avait pas de mort réelle, mais seulement une transformation, car les hommes n'avaient pas encore de personnalité. Ils avaient des Monades – "des Souffles", du Souffle Unique, aussi impersonnels que la source d'où ils émanaient. Ils avaient des corps, ou plutôt des ombres de corps, qui étaient sans péchés et, par suite, sans Karma. En conséquence, comme il n'y avait pas de Kâma-Loka – encore moins de Nirvâna ou même de Dévachan – pour les "Ames", des hommes qui n'avaient pas d'Egos personnels, il ne pouvait y avoir de périodes intermédiaires entre les incarnations. Semblable au Phénix, l'homme primordial ressuscitait de son ancien corps dans le nouveau. Chaque fois et à chaque nouvelle génération, il devenait plus solide, plus physiquement parfait, conformément à la loi d'évolution, qui est la Loi de la Nature. La mort apparut avec l'organisme physique complet et, avec elle, la décadence morale.

Cette explication nous montre une antique religion de plus, d'accord, dans son symbolisme, avec la Doctrine Universelle.

Nous donnons ailleurs les plus anciennes traditions Persanes, les reliques du Mazdéisme des Mages plus anciens encore, et nous en expliquons quelques-unes. L'humanité ne descend pas d'un unique couple solitaire. Il n'y eut jamais non plus un premier homme – que ce soit Adam ou Yîma – mais une première humanité.

Cela peut être, ou ne pas être, de la "polygenèse mitigée". Dès l'instant que la Créationex nihilo (une absurdité) et l'existence d'un Créateur ou de Créateurs super-humains (un   fait) sont écartées par la Science, la polygenèse ne présente pas plus de difficultés ou d'inconvénients que la monogenèse – elle en présente même moins, en se plaçant à un point de vue scientifique.

Ce postulatum est, en fait, aussi scientifique que n'importe quel autre. En effet, dans son introduction aux Types of Mankind de Nott et Gliddon, Agassiz affirme sa croyance en un nombre indéfini de "races primordiales d'hommes, créées séparément" et fait remarquer que "tandis que dans toutes les divisions de la zoologie les animaux sont d'espèces différentes, l'homme, en dépit de la diversité de ses races, forme toujours un seul et même être humain".

L'Occultisme définit et limite à sept le nombre des races primordiales, à cause des sept "Progéniteurs" ou Prajâpatis, qui [IV 208] firent évoluer les êtres. Ceux-ci ne sont ni des Dieux, ni des Etres surnaturels, mais des Esprits avancés, provenant d'une autre Planète inférieure, réincarnés sur cette Planète et donnant naissance à leur tour, dans la Ronde actuelle, à l'Humanité actuelle. Cette doctrine est encore corroborée par un de ses échos – parmi les Gnostiques. Dans leur anthropologie et dans leur genèse de l'homme, ils enseignaient "qu'une certaine compagnie de sept Anges" forma les premiers hommes, qui n'étaient guère que des formes dépourvues de sens, gigantesques et brumeuses – "de simples vers remuants" (!), écrit Irénée 445, qui prend, comme d'habitude, la métaphore pour la réalité.

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