MAITRE M

Les Enseignements du Maitre MORYA

LA DOCTRINE SECRETE VOL 4

SECTION VI - LES GEANTS, LES CIVILISATIONS ET LES CONTINENTS SUBMERGES RETROUVES DANS L'HISTOIRE

SECTION VI

LES GEANTS, LES CIVILISATIONS ET LES CONTINENTS SUBMERGES RETROUVES DANS L'HISTOIRE

 

En traitant des sujets tels que ceux qui sont compris dans le titre ci- dessus, on s'attend naturellement à voir l'auteur fournir des preuves historiques ou lieu de preuves légendaires, à l'appui de ses affirmations. Est-ce possible ? Oui, car les preuves de ce genre sont nombreuses et il suffit de les recueillir et de les rassembler pour les rendre convaincantes aux yeux des gens sans parti pris.

Une fois que l'étudiant a pu saisir le fil d'Ariane, il peut découvrir lui- même ces preuves. Nous fournissons des faits et nous indiquons des points de repère ; les voyageurs n'ont qu'à s'en servir. Ce qui est cité ici est amplement suffisant pour ce siècle.

Dans une lettre adressée à Voltaire, Bailly trouve tout à fait naturel que la sympathie du "vieil et illustre invalide de Ferney" soit attirée vers les anciens Brahmanes, ces représentants "du savoir et de la sagesse". Il fait ensuite une curieuse déclaration, en ajoutant :

Mais vos Brahmanes sont bien jeunes, si on les compare à leurs instructeurs archaïques 713.

Bailly, qui ne connaissait rien des Enseignements Esotériques, ni de la Lémurie, n'en croyait pas moins sans réserve à l'Atlantide perdue et à l'existence de plusieurs nations préhistoriques et civilisées, qui auraient disparu sans laisser de traces certaines. Il avait étudié à fond les classiques anciens et les anciennes traditions et il constatait que les Arts et les Sciences que connaissaient ceux que nous appelons aujourd'hui les "anciens" ... n'avaient été acquis, ni par les nations d'aujourd'hui ou de cette époque, ni par aucun des peuples historiques de l'Asie...et qu'en dépit du savoir des Hindous, leur incontestable priorité durant les débuts de leur race devait être reportée à un peuple ou [IV 377] à une race encore plus ancienne et encore plus instruite que ne l'étaient les Brahmanes eux-mêmes 714.Voltaire, le plus grand sceptique de son époque, le matérialiste par excellence, partageait la croyance de Bailly. Il considérait comme très probable que : Longtemps avant les empires de la Chine et des Indes, il y avait eu des nations civilisées, instruites et puissantes, qui avaient été accablées par un déluge de barbares, et replongées dans leur état primitif d'ignorance et de sauvagerie, ou dans ce qu'on appelle  l'état  de  pure nature 715.

 713 Lettres sur l'Atlantide, p. 12.

714 Histoire de l'Astronomie Ancienne, pp. 25 et seqq.

715 Lettres sur l'Atlantide, p. 15. Cette supposition n'est qu'à moitié vraie. Il y eut de ces "déluges de barbares" durant la Cinquième Race. Quant à la Quatrième, ce fut un véritable déluge d'eau qui la balaya. Cependant, ni Voltaire, ni Bailly ne connaissaient la Doctrine Secrète de l'Orient.

 

Ce qui, chez Voltaire, n'était qu'une conjecture sagace d'une intelligence supérieure, était, chez Bailly, une "question de faits historiques". Il écrivait, en effet, ceci :

Je fais grand cas des antiques traditions, conservées durant une longue série de générations.

Il est possible, disait-il, qu'une nation étrangère, après avoir instruit une autre nation, ait disparu de façon à ne laisser aucune trace de son passage. Lorsqu'on lui demandait comment il se pouvait que cette nation antique, ou plutôt archaïque, n'eût pas laissé au moins quelques traces dans la mémoire humaine, il répondait que le Temps dévore sans pitié les  faits et les événements. Pourtant, l'histoire du Passé ne fut jamais entièrement perdue, car les Sages de l'antique Egypte la conservèrent et "elle est conservée de même jusqu'à présent, ailleurs". Suivant Platon, les prêtres de Saïs dirent à Solon :

 Vous ne connaissez pas la noble et excellente race d'hommes qui habita jadis votre pays et dont vous êtes, vous et votre état actuel, les descendants 716, bien qu'il ne reste aujourd'hui qu'une faible portion de ce peuple admirable... Ces écritures racontent quelle prodigieuse force votre cité a jadis repoussée, lorsqu'une puissante force militaire, venant de l'océan Atlantique, se répandit comme un torrent furieux sur toute la surface de l'Europe et de l'Asie 717. [IV 378]

Les Grecs n'étaient que les petits et faibles survivants de cette nation jadis glorieuse 718.

716 Pour une discussion complète des rapports qui unissaient les anciens Grecs et Romains avec les colons Atlantéens, voyez Five Years of Theosophy, pp. 308-326.

717 Le Timée, voir traduction Cousin ou celle de Saisset.

718 Tout le monde sait que l'histoire de l'Atlantide et toutes les traditions qui s'y rattachent furent exposées par Platon dans le Timée et le Critias. Ce récit fut conté à Platon enfant par son grand-père Critias, âgé de quatre-vingt-dix ans, qui, dans sa jeunesse, l'avait reçu de Solon, l'ami de son père Dropidès [Solon, l'un des sept Sages de la Grèce]. Il nous semble qu'on ne saurait trouver une source plus digne de foi.

 

Qu'était donc cette nation ? La Doctrine Secrète enseigne que c'était la septième et dernière sous-race de la Race Atlantéenne, déjà absorbée dans une des premières sous-races du groupe Aryen, qui n'avait cessé de se répandre graduellement sur les continents et les îles de l'Europe, dès que ceux-ci avaient commencé à émerger du sein des mers. Descendant des hauts plateaux de l'Asie, où les deux races avaient cherché un refuge au moment de l'agonie de l'Atlantide, elle s'était lentement établie et avait colonisé les terres qui avaient récemment émergé. La  sous-race immigrante avait augmenté rapidement et, s'était multipliée sur ce sol vierge ; elle s'était divisée en de nombreuses familles raciales, qui se divisèrent à leur tour en nations. L'Egypte et la Grèce, les Phéniciens et les groupes du Nord étaient ainsi sortis du sein de cette unique sous-race. Des milliers d'années plus tard, d'autres races – ce qui restait des Atlantéens – "jaunes et rouges, brunes et noires", commencèrent à envahir le nouveau continent. Il y eut des guerres qui se terminèrent par la défaite des nouveaux venus, qui s'enfuirent, les uns en Afrique, d'autres dans des pays éloignés.  Quelques-unes  de  ces  terres  devinrent  des  îles,  au  cours des siècles, à la suite de nouvelles convulsions géologiques, séparées ainsi violemment des continents, les tribus et les familles peu développées des Atlantéens tombèrent graduellement dans un état de  sauvagerie encore plus abject.

Les Espagnols des expéditions de Cibola ne rencontrèrent-ils pas des chefs sauvages blancs et n'a-t-on pas acquis aujourd'hui la certitude de la présence, en Europe, du type nègre africain, durant les périodes préhistoriques ? C'est cette présence d'un type étranger associé à celui du nègre et aussi à celui du Mongolien, qui constitue la pierre d'achoppement de l'Anthropologie. L'individu qui vivait, à une époque reculée dont la distance est incalculable, à La Naulette, en Belgique, en est un exemple. Un anthropologiste s'exprime ainsi :

Les cavernes qui se trouvent sur les rives de la Lesse, dans le sud-est de la Belgique, fournissent des preuves au sujet de ce qui [IV 379] fut, peut-être, l'homme le plus inférieur, comme le prouve la mâchoire de La Naulette. Cet homme possédait cependant des amulettes de pierre, perforées afin de servir d'ornements ; ces amulettes étaient faites en grès psammite comme celui que l'on trouve maintenant dans le bassin de la Gironde 719.

719 Voyez l'article du docteur Carter Blake qui a pour titre : "On the Naulette Jaw", dans l'Anthropological Review de septembre 1867.

 

L'homme de Belgique était donc excessivement ancien. L'homme qui précède la grande inondation – qui recouvrit les hautes terres de la Belgique d'un dépôt de lehm, ou dépôt argilo-sableux, de trente mètres au- dessus du niveau des fleuves actuels – doit avoir combiné en lui les caractéristiques du Touranien et du Nègre. L'homme de Canstadt ou de La Naulette peut avoir été noir et il n'a aucun rapport avec le type Aryen dont les restes sont contemporains de ceux de l'ours des cavernes d'Engis. Les habitants des cavernes à ossements de l'Aquitaine appartiennent à une période très postérieure de l'histoire et peuvent n'être pas aussi anciens que les premiers.

Si l'on proteste contre ces déclarations, sous prétexte que la Science ne nie  pas  que  la  présence  de  l'homme  sur  la  Terre  date  d'une énorme antiquité, bien que cette antiquité ne puisse être déterminée, puisque la présence de l'homme dépend de la durée des périodes géologiques, dont l'âge n'est pas établi ; si l'on fait remarquer que les savants refusent catégoriquement d'admettre, par exemple, que l'homme ait précédé les animaux, ou que la civilisation date des débuts de la période Eocène ou encore qu'il ait jamais existé des géants, des hommes ayant trois yeux, quatre bras et quatre jambes, des androgynes, etc. – nous dirons, à notre tour, à ceux qui protestent : "Comment le savez-vous ? Quelle preuve avez-vous, en dehors de vos hypothèses personnelles, dont chacune peut être bouleversée à tout moment par de nouvelles découvertes ?" Et les futures découvertes prouveront certainement que, quel qu'ait été, au point de vue de la couleur, ce premier type humain connu, des Anthropologistes, il n'était en aucune façon simiesque. L'homme de Canstadt, de même que l'homme d'Engis, possédait des attributs essentiellement humains 720. On a cherché le chaînon manquant du mauvais côté de la chaîne et il y a longtemps que l'homme de Néanderthal a été rejeté dans "les limbes de toutes les erreurs hâtives". Disraeli divisait les hommes en associés soit des singes, soit des anges. Nous donnons ici des raisons en faveur d'une "théorie angélique" – comme l'appelleraient les chrétiens – [IV 380] qui serait applicable, au moins, à quelques-unes des races d'hommes. En tout cas, en admettant même, que l'homme n'existe que depuis la période Miocène, l'humanité entière ne pouvait être composée des abjects sauvages de l'époque Paléolithique, tels que les représentent aujourd'hui les Savants. Tout ce qu'ils disent ne constitue que des spéculations  arbitraires, inventées de toutes pièces, pour appuyer leurs théories fantaisistes  et cadrer avec elles.

720 Voyez Crânes des Races Humaines, par de Quatrefages et Hamy.

721 "L'Homme-Singe" de la période Miocène, de Haeckel, est le rêve d'un monomane, dont M. de Quatrefages (l'Espèce Humaine) pp. 77-83 a fait adroitement justice. On ne voit pas clairement pourquoi le monde accepterait les élucubrations d'un matérialiste psychophobe – ce qui impliquerait l'acceptation sur parole de divers animaux inconnus de la Science ou de la Nature, comme le Sozura, par exemple, cet amphibie qui n'a jamais existé ailleurs que dans l'imagination de Haeckel – plutôt que les traditions de l'antiquité.

 

Nous parlons d'événements qui datent de centaines de milliers d'années, voire même de millions d'années – si l'homme date des périodes géologiques 721 – et non pas d'événements qui se seraient passés depuis les quelques  milliers  d'années  de  marge  préhistorique  qu'accorde l'histoire timide et toujours prudente. Il y a pourtant des Savants qui partagent presque notre manière de penser. Depuis le courageux aveu de l'abbé Brasseur de Bourbourg, qui écrit que :

Des traditions dont on trouve les traces au Mexique, dans l'Amérique Centrale, au Pérou et dans la Bolivie, suggèrent l'idée que l'homme, existait dans ces divers pays à l'époque du gigantesque soulèvement des  Andes et qu'il en a gardé le souvenir.

Jusqu'aux Paléontologistes et aux Anthropologistes les plus récents, la majorité des Savants est précisément en faveur de cette antiquité. A propos du Pérou, a-t-on jamais cherché d'une manière satisfaisante à déterminer les affinités ethnologiques et les caractéristiques de la race qui dirigea les constructions cyclopéennes dont les ruines constituent les reliques d'une grande civilisation ? A Cuelap, par exemple, elles consistent en Un mur de pierres taillées de 3.600 pieds de long, 560 de large et 150 de haut, constituant une masse solide au sommet bien uni. Sur cette masse s'en trouve une autre de 600 pieds de long, 500 de large et 150 de haut, ce qui forme en tout une hauteur de 300 pieds. Il renferme des chambres et des cellules 722. [IV 381]

Un fait très suggestif, c'est la ressemblance frappante qui existe entre l'architecture de ces constructions colossales et celle des nations européennes archaïques. M. Fergusson considère l'analogie qui existe entre les ruines de la civilisation des "Incas" et les ruines cyclopéennes des Pélasges, en Italie et en Grèce, comme la coïncidence la plus remarquable dans l'histoire de l'architecture... Il est difficile de ne pas en conclure qu'il peut y avoir quelques rapports entre elles.

Le "rapport" s'explique simplement par la dérivation des groupes qui imaginèrent ces constructions, d'un centre commun situé sur un continent Atlantide.  L'acceptation de ce continent peut seule nous aider à nous rapprocher d'une solution de ce problème et d'autres semblables, dans toutes les branches de la Science Moderne.

Le docteur Lartet, traitant cette question, la résout en déclarant que :

La vérité, si longtemps contestée, de l'existence simultanée de l'homme et des grandes espèces éteintes (elephas primigenius, rhinoceros tichorrhinus, hyæna spelaea, ursus spelaeus, etc.), me paraît être désormais inattaquable et définitivement conquise par la science 723.

Nous démontrons ailleurs que telle était aussi l'opinion  de Quatrefages. Il disait :

L'homme a, selon toutes probabilités, vu les temps Miocènes 724, et, par suite, l'époque Pliocène tout entière. Y a-t-il des raisons pour croire qu'on le trouvera plus loin encore ?... Il peut avoir été le contemporains  des premiers mammifères et remonter jusqu'à la période secondaire 725.

L'Egypte est beaucoup plus ancienne que l'Europe, telle qu'elle est aujourd'hui figurée sur la carte. Les tribus  Atlanto-Aryennes commencèrent à s'y installer, lorsque les Iles Britanniques 726 et la France n'existaient même pas encore. Il est [IV 382] bien connu que la "langue de la Mer Egyptienne", ou Delta de la Basse-Egypte, devint très graduellement terre ferme et suivit les hautes terres de l'Abyssinie ; différant en cela de ces dernières, qui surgirent d'une manière soudaine, comparativement parlant, le Delta fut formé très lentement au cours de longs siècles, par des couches successives de limon et de vase déposées annuellement par un grand fleuve, le Nil actuel. Pourtant le Delta, en tant que terre ferme et fertile, est habité depuis plus de 100.000 ans. D'autres tribus, ayant dans leurs veines encore plus de sang Aryen que les précédentes, arrivèrent plus tard de l'Est et la conquirent aux dépens d'un peuple dont le nom même est perdu pour la postérité, sauf dans les Livres Secrets. C'est cette barrière naturelle de vase qui aspirait lentement et sûrement tous les navires qui s'approchaient de ces côtes inhospitalières, qui fut, durant quelques milliers d'années avant Jésus-Christ, la meilleure sauvegarde des anciens Egyptiens, qui avaient réussi à atteindre ce pays en traversant l'Arabie, l'Abyssinie et la Nubie, sous la conduite du Manou Vînâ, à l'époque de Vishvamitra 727.

723 Cavernes du Périgord, p. 35.

724 L'ingénieux auteur d'Atlantis the Antedlilivian World, discutant l'origine des diverses institutions Grecques et Romaines, exprime la conviction que "l'origine des institutions actuelles remonte à l'époque Miocène". Certes, et même plus loin, comme nous l'avons déjà exposé.

725 L'Espèce Humaine, p. 112.

726 Telles que nous les connaissons, cependant. En effet, la Géologie prouve, non seulement que les Iles Britanniques ont été quatre fois submergées et soulevées de nouveau, mais encore que le détroit qui les sépare de l'Europe était la terre ferme à une époque antérieure reculée.

727 Voyez dans Isis Dévoilée (I, 627 ; II, 471) ce que dit Koulloûka Bhatta.

728 Les Origines de la Terre et de l'Homme, p. 454. A ce sujet, le professeur N. Joly, de Toulouse, qui cite l'abbé dans son "l'Homme avant les métaux", exprime l'espoir que M. Fabre lui permettra "de n'être pas de son avis sur ce dernier point" (p. 171). Les Occultistes en font autant ; en effet, bien qu'ils réclament une vaste différence dans la physiologie et dans l'aspect extérieur des cinq Races évoluées jusqu'à présent, ils n'en soutiennent pas moins que l'espèce humaine actuelle descend d'un seul et unique groupe primitif, évolué au sein des Hommes Divins – nos ancêtres et progéniteurs communs.

 

L'antiquité de l'homme devient tous les jours si évidente, que l'Eglise elle-même prépare une soumission et une retraite honorables. Le savant abbé Fabre, professeur à la Sorbonne, a catégoriquement déclaré que la Paléontologie et l'Archéologie préhistoriques peuvent, sans nuire en rien aux Ecritures, découvrir dans les couches Tertiaires autant de traces qu'il leur plaira de l'homme Pré-Adamite.

En ne s'occupant pas de créations antérieures à l'avant- dernier déluge (celui qui, d'après l'abbé, produisit le diluvium), la révélation biblique nous laisse libres d'admettre l'existence de l'homme du diluvium gris, de l'homme pliocène, et même l'homme éocène.

D'autre part, les Géologues ne sont point fondés à soutenir que les hommes qui auraient habité sur la terre à ces époques primitives doivent être comptés au nombre de nos ancêtres 728. [IV 383]

Le jour où l'Eglise reconnaîtra que sa seule planche de salut réside dans l'interprétation occulte de la Bible, n'est peut-être pas aussi éloigné qu'on  se  l'imagine.  Déjà,  plus  d'un  abbé,  plus  d'un  ecclésiastique sont devenus d'ardents cabalistes et il y en a tout autant qui se sont lancés publiquement dans l'arène, pour rompre des lances avec des Théosophes et des Occultistes, en faveur de l'interprétation métaphysique de la Bible, mais, malheureusement pour eux, ils commencent du mauvais côté. On leur conseille, avant de commencer à spéculer sur le côté métaphysique de leurs Ecritures, d'étudier et de bien comprendre ce qui a trait au côté purement physique – par exemple ce qu'elles suggèrent au sujet de la Géologie et de l'Ethnographie. En effet, les allusions à la constitution septénaire de l'Homme et de la Terre, aux sept Rondes et aux sept Races, abondent dans le Nouveau comme dans l'Ancien Testament et sont aussi visibles que le Soleil dans les cieux, pour celui qui les lit symboliquement. A quoi s'appliquent les lois que renferme le chapitre  XXIII  de  la Lévitique? Quelle est la raison philosophique de toutes les offrandes hebdomadaires et de tous les calculs symboliques, comme les suivants :

Vous compterez... depuis le jour qui suit le Sabbat... que vous avez apporté la gerbe de l'offrande que l'on doit faire tournoyer ; sept Sabbats seront complets... Et vous offrirez, avec le pain, sept agneaux sans tache, etc. 729.

On nous contredira, sans aucun doute, lorsque nous dirons que toutes ces offrandes "à faire tournoyer", ces offrandes "de pain", étaient une commémoration des sept Sabbats des Mystères. Ces Sabbats sont sept Pralayas, entre sept Manvantaras, ou ce que nous appelons des Rondes, car "Sabbat" est un mot élastique, signifiant une phase de repos, de quelque nature qu'elle soit, ainsi que nous l'avons expliqué ailleurs. Et si l'on ne trouve pas cela suffisamment décisif ; nous pouvons nous reporter au verset où il est ajouté :

Jusqu'au lendemain du septième Sabbat vous compterez cinquante jours (quarante-neuf, 7 ´ 7, phases d'activité et quarante-neuf phases de repos, sur les sept Globes de la Chaîne, puis vient le repos du Sabbat le cinquantième), et vous offrirez au Seigneur une  nouvelle  offrande  de chair 730.

 729 Loc. cit., 15-18.

730 Ibid., 16.

 

C'est-à-dire, vous ferez une offrande de votre chair ou de vos [IV 384] "enveloppes de peau" et, vous dépouillant de vos corps, vous resterez de purs esprits. Cette loi de l'offrande, dégradée et matérialisée avec le temps, était une institution datant des premiers Atlantéens ; elle vint aux Hébreux par l'entremise des "Chaldéens" qui étaient les "hommes sages" d'une caste et non d'une nation, une communauté de grands Adeptes venus de leurs "Trous de Serpents", qui s'étaient installés à Babylone bien des siècles auparavant. Et si l'on trouve que cette interprétation du Lévitique (qui est plein de parties des Lois de Manou déformées) est cherchée trop loin, reportons-nous à l'Apocalypse. Quelque interprétation que les mystiques profanes puissent donner au fameux chapitre XVII, avec son énigme de la femme vêtue de pourpre et d'écarlate : que les Protestants désignent de la tête les Catholiques Romains, lorsqu'ils lisent "Mystère, Babylone la Grande, la Mère des Prostituées et Abomination de la Terre", ou bien que les Catholiques Romains jettent un regard enflammé aux Protestants, les Occultistes déclarent, dans leur impartialité, que ces mots s'appliquaient dès les débuts à toutes les formes d'Ecclésiastisme exotérique – "la magie cérémonielle" de jadis, avec ses terribles effets et maintenant la farce du culte rituel, inoffensive parce qu'elle est déformée. Le "mystère" de la femme et de la bête, représente les symboles de l'Ecclésiastisme et de la Superstition, qui tuent l'âme.

La bête... qui fut et qui n'est pas... et pourtant est. C'est ici qu'est l'intelligence qui a de la sagesse. Les sept têtes sont sept montagnes (sept Continents et sept Races) sur lesquels la femme est assise.

le symbole de toutes les croyances exotériques, barbares, idolâtres, qui ont couvert ce symbole "du sang des saints et du sang des martyrs" qui protestèrent et protestent encore.

Et il y a sept rois (sept Races) ; cinq sont tombés (y compris notre Cinquième Race), et l'un est (la Cinquième continue) et l'autre (la Sixième et la Septième Rare) n'est pas encore venu ; et quand il (la race "reine") sera  venu, il faudra qu'il demeure pendant un court  espace  de temps 731.

 731 Op. cit., ch. XVII, 8-10.

 

Il existe de nombreuses allusions apocalyptiques de ce genre, mais il appartient à l'étudiant de les découvrir lui-même.

Si la Bibles'associe à l'Archéologie et à la Géologie pour démontrer que la civilisation humaine a passé par trois phases [IV 385] plus ou moins distinctes, tout au moins en Europe, et si l'homme, tant en Amérique qu'en Europe, ainsi qu'en Asie, date des époques géologiques – pourquoi ne prendrait-on pas en considération l'exposé de la Doctrine Secrète? Est-il plus philosophique et plus logique de nier, avec M. Albert Gaudry, l'homme Miocène, tout en admettant que les fameux silex de Thenay 732 "furent taillés par le singe dryopithèque" ; ou bien de croire, avec l'Occultiste, que le singe anthropomorphe ne parut que bien des siècles après l'homme ? En effet, s'il est admis et même  scientifiquement démontré

Qu'il n'existait pas, au milieu de l'époque Miocène, une seule espèce de mammifères identique à une espèce existant actuellement 733 –   et que l'homme était exactement ce qu'il est aujourd'hui – seulement plus grand et plus athlétique que nous ne le sommes 734 – où gît donc alors la difficulté ? D'autre part, plusieurs naturalistes éminents certifient qu'il ne saurait guère être le descendant des singes, que l'on ne rencontre pas avant l'époque Miocène 735.

Ainsi, chez ce sauvage de l'époque quaternaire,  qui a lutté contre le mammouth avec des armes de pierre, nous trouvons réunis tous les caractères craniologiques généralement regardés comme les signes d'un grand développement intellectuel 736.

A moins que l'homme n'ait jailli spontanément du sein de son ancêtre catarhinien dépourvu de cerveau, déjà doué lui-même de tout son intellect et de toute sa sagesse, il n'a pu développer ce cerveau dans les limites de la période Miocène, si nous en croyons le savant abbé Bourgeois. [IV 386]

En ce qui concerne les géants, bien que l'homme le plus grand que l'on ait découvert jusqu'à présent parmi les fossiles de l'Europe soit "l'homme de Menton" (6 pieds8 pouces), d'autres peuvent être exhumés. Nilsson, cité par Lubbock, dit que :

Dans une tombe de l'époque Néolithique... on découvrit, en 1807 un squelette d'une taille extraordinaire.

On l'attribua à un roi d'Ecosse, Albus Mac-Galdus.

Et si à notre propre époque, nous rencontrons parfois des hommes et des femmes ayant de 7 à 9 et même 11 pieds de haut, ceci ne fait que prouver – en vertu des lois de l'atavisme ou de la réapparition des caractéristiques ancestrales – qu'il fut un temps où 9 et 10 pieds représentaient la taille moyenne de l'humanité, même dans nos récentes races Indo-Européennes.

Mais comme nous avons suffisamment traité ce sujet ailleurs, nous pouvons passer aux Lémuriens et aux Atlantéens et rechercher ce que les Grecs savaient de ces races lointaines et ce que les modernes en savent maintenant.

La grande nation à laquelle faisaient allusion les prêtres égyptiens, dont descendaient les ancêtres des Grecs de l'époque de Troie et qui, ainsi qu'il est avéré, combattit contre la race Atlantique, n'était assurément pas une race de sauvages Paléolithiques. Cependant, même à l'époque de Platon, personne, en dehors des prêtres et des initiés ne paraissait avoir conservé un souvenir bien net des races précédentes. Les premiers Egyptiens avaient été séparés des derniers Atlantéens depuis des siècles et des siècles ; ils descendaient eux-mêmes d'une race étrangère et s'étaient établis en Egypte quelque 400.000 ans auparavant 737, mais leurs Initiés avaient conservé tous les souvenirs, jusqu'à l'époque d'Hérodote,  ils avaient encore en leur possessions les statues de 341 rois qui avaient régné sur leur petite sous-race [IV 387] Atlanto-Aryenne 738. Si nous calculons une durée moyenne de vingt ans pour le règne de chaque roi, il y a lieu de reculer la durée de l'Empire Egyptien d'environ 17.000 ans depuis l'époque d'Hérodote.

732 "Les silex de Thenay portent la marque incontestable de la "main d'œuvre humaine" (G. de Mortillet, Promenades au Musée de Saint-Germain, p. 76).

733 Albert Gaudry, Les Enchaînements du Monde Animal dans les temps Géologiques, p. 240.

734 En parlant des chasseurs de rennes du Périgord, Joly dit qu'ils étaient de "taille élevée, aux formes athlétiques, au squelette fortement charpenté". (L'Homme avant les métaux, p. 324).

735 "Sur les rives du lac de Beauce, dit l'abbé Bourgeois, l'homme vivait au milieu d'une faune qui a complètement disparu (acerotheriuim, tapir Mastodonte). Avec les sables fluviaux de l'Orléanais, vint le singe anthropomorphe (plipithecus antiquus), c'est-à-dire plus tard que l'homme." Voyez Comptes Rendus du Congrès Préhistorique de 1867, à Paris).

 736 De Quatrefages, LEspèce Humaine, p. 233.

 

Bunsen accordait à la grande pyramide une antiquité de 20.000 ans. Les Archéologues plus modernes ne lui en accordent pas plus de 5.000, ou, tout au plus, 6.000 et accordent généreusement à Thèbes aux cent portes,

7.000 ans depuis la date de sa fondation. Et pourtant il existe des annales qui nous montrent des prêtres Egyptiens – des Initiés– – voyageant dans la direction du nord-ouest, par terre, en traversant ce qui devint plus tard le Détroit de Gibraltar ; tournant du côté du nord et traversant les territoires des futures colonies Phéniciennes des Gaules Méridionales ; puis poussant encore plus au nord jusqu'au moment où, ayant atteint Carnac (Morbihan), ils se dirigèrent de nouveau vers l'ouest et arrivèrent, toujours par la terre ferme, sur le promontoire nord-ouest du Nouveau Continent 739.

Quel était le but de leur long voyage ? Et à quelle date reculée cette visite eut-elle lieu ? Les Annales Archaïques nous représentent les Initiés de la seconde sous-race de la famille Aryenne, comme se déplaçant d'un pays à un autre afin de surveiller la construction de menhirs et de dolmens, de colossaux Zodiaques de pierre et de lieux de sépulture devant servir de réceptacles aux cendres des générations futures. A quelle époque ceci se passa-t-il ? Le fait qu'ils allèrent, par terre, de France en Grande-Bretagne, peut donner une idée de la date à laquelle ce voyage a pu être effectué sur la terre ferme.

737 En opérant des sondages dans le sol vaseux de la Vallée du Nil, on découvrît deux briques cultes, l'une à 18 mètres et l'autre à 22 mètres de profondeur. Si nous évaluons à 15 centimètres par siècle l'épaisseur du dépôt annuel laissé par le fleuve (des calculs plus précis ont établi que cette épaisseur ne dépassait pas 8 à 10 centimètres), il nous faut attribuer une ancienneté de 12.000 ans à la première de ces briques et de 14.000 ans à la seconde. D'après des calculs analogues, Burmeister suppose qu'il s'est écoulé 72.000 ans depuis la première apparition de l'homme sur le sol de l'Egypte et Draper attribue à l'homme Européen, témoin de la première invasion des glaciers, une antiquité de plus de 250.000 ans ? (L'Homme avant les métaux, p. 169). Les Zodiaques égyptiens témoignent d'une observation de plus de 75.000 ans ! Notez bien aussi que Burmeister ne parle que de la population du Delta.

738 Voyez le Bouddhisme Esotérique, p. 66, 5ème édition.

739 Ou sur ce qui constitue aujourd'hui les Iles Britanniques qui, à cette époque n'étaient pas, encore séparées du continent, "Les anciens habitants de la Picardie pouvaient gagner la Grande-Bretagne sans traverser la Manche. Les Iles Britanniques étaient jointes à la Gaule par un isthme, qui, depuis, a disparu sous les eaux". (L'Homme avant Les métaux, p. 169).

 

Ce fut à l'époque où :

Les niveaux de la mer Baltique et de la mer du Nord étaient à 400 pieds plus haut qu'ils ne le sont aujourd'hui. La vallée de la Somme n'était pas creusée dans toute sa profondeur ; la Sicile était rattachée à l'Afrique, la Barbarie à l'Espagne. Carthage, les Pyramides d'Egypte, les palais d'Uxmal et de Palenqué n'existaient pas encore et les hardis navigateurs de Tyr et de Sidon,  qui beaucoup plus tard devaient entreprendre leurs périples dangereux autour de l'Afrique, n'étaient pas encore nés. Ce que nous savons de science [IV 388] certaine, c'est que l'homme d'Europe a été le contemporain des espèces perdues de l'époque quaternaire... qu'il fut témoin du soulèvement des Alpes 740 et de l'extension des glaciers ; en un mot, qu'il vécut des milliers d'années avant toutes les traditions historiques. La contemporanéité  de l'homme avec les mammifères éteints s'étend peut-être même jusqu'à des espèces plus anciennes... comme l'elephas meridionalis des sables de Saint-Prest ou, au moins, l'elephas antiquus, réputé antérieur à l'elephas primigenius, et trouvé avec des silex taillés, dans plusieurs cavernes anglaises, associé au rhinoceros hemitæchus et même au machairodus laticiens, d'une date  encore  plus  reculée.  Pas  plus  que  nous,  M.  Ed. Lartet ne voit une impossibilité réelle à reporter l'existence de l'homme jusqu'à l'époque tertiaire 741.

740 Il en fut témoin et s'en souvint aussi, écrit un maure, car "la disparition finale du plus grand continent (l'Atlantide) fut un événement qui coïncida avec le soulèvement des Alpes" (voyez le Bouddhisme Esotérique, p. 103). En même temps qu'une fraction de terre ferme de notre hémisphère, disparaissait, une terre du nouveau continent émergeait pari passu du sein des mers. C'est sur ce colossal cataclysme, qui dura pendant 150.000 ans, que sont basées les traditions de tous les "déluges, mais les Juifs basèrent leur version sur un événement qui se produisit plus tard, sur Poseidonis.

741 "L'Antiquité de la Race Humaine", dans L'Homme avant les métaux, par M. Joly, p. 170.

742 Comme d'habitude, le "jury" scientifique ne fut pas d'accord ; tandis que de Quatrefages, de Mortillet, Worsaae, Engelhardt, Waldemar Schmidt, Cappellini, Hamy et Cartailhac, reconnaissaient sur le silex des traces de main-d'œuvre humaine, Steenstrup, Virchow et Desor s'y refusaient. Cependant, si nous exceptons quelques savants anglais, la majorité est pour Bourgeois. Découvert dans les sables Pliocènes vierges de Saint- Prest, près de Chartres, les preuves de coexistence de l'homme et de l'elephas primigenius.

 

S'il n'y a, scientifiquement, "rien d'impossible" dans cette idée et que l'on puisse admettre que l'homme existait déjà au moment de la période Tertiaire, il n'est pas mauvais de rappeler au lecteur que M. Croll fait remonter le commencement de cette période à – 2.500.000 ans en arrière ; mais il fut un temps où il évaluait cette antiquité à 15.000.000 d'années.

Si l'on peut dire tout cela de l'Européen, quelle n'est pas l'antiquité du Lémuro-Atlantéen et de l'Atlanto-Aryen ? Toute personne instruite, qui se tient au courant des progrès de la Science, sait quel est l'accueil réservé aux vestiges de l'homme de la période Tertiaire. Les calomnies dont on inonda Desnoyers en 1863, lorsqu'il annonça à l'Institut de France qu'il avait en sont une preuve. La découverte postérieure, faite en 1867 par l'abbé Bourgeois, que l'homme vivait à l'époque Miocène et la réception qui lui est faite au Congrès Préhistorique tenu à Bruxelles en 1872, prouve que le Savant de niveau moyen ne voit que ce qu'il désire voir 742. [IV 389]

Les Archéologues modernes, tout en spéculant ad infinitum sur les dolmens et ceux qui les construisirent, ne savent effectivement rien à leur sujet ou au sujet de leur origine. Pourtant ces monuments magiques et souvent colossaux, construits en pierres brutes – qui se composent généralement de quatre ou sept blocs gigantesques réunis entre eux – jonchent l'Asie, l'Europe, l'Amérique et l'Afrique, par groupes ou par rangées. on rencontre des pierres énormes placées horizontalement, tantôt sur deux, tantôt sur trois ou quatre blocs, ou, comme dans le Poitou, sur six ou  sept  blocs.  On  les  appelle  "autels  du  diable",  pierres  druidiques et tombes de géants. Les pierres de Carnac, dans le Morbihan, en Bretagne – occupant presque une longueur d'un mille et s'élevant au nombre de 11.000 placées sur sept rangs – sont les sœurs jumelles de celles de Stonehenge. Le menhir conique de Locmariaker, dans le Morbihan, mesure trente yards de long sur près de deux yards de large. Le menhir de Champ Dolent (près de Saint-Malo) atteint une hauteur de trente pieds au-dessus du sol et sa profondeur est de quinze pieds au-dessous. Ces dolmens et ces monuments préhistoriques se rencontrent sous presque toutes les latitudes. On  en trouve dans le bassin de la Méditerranée ; dans le Danemark parmi les tumuli locaux dont la hauteur varie entre vingt-sept et trente-cinq pieds ; dans les Iles Shetland ; en Suède, où on les connaît sous le nom de tombes de géants (Hünengräben) ; en Espagne, où se trouve le dolmen d'Antiguera, près de Malaga ; en Afrique ; en Palestine et en Algérie, en Sardaigne, avec les Nuraghi et les "Sepolture dei Giganti", ou tombes de géants ; au Malabar ; aux Indes, où on les appelle les tombes des Daityas (Géants) et des Râkhasas, les Hommes-démons de Lankâ ; en Russie et en Sibérie, où on leur donne le nom de Koorgan ; au Pérou ou dans la Bolivie, où on les appelle les Chulpas, ou lieux de sépulture, etc.

Il n'y a pas de pays où ils ne se trouvent. Par qui ont-ils été construits ? Pourquoi se rattachent-ils tous à des serpents et à des dragons, à des alligators et à des crocodiles ? Parce que des vestiges de "l'homme Paléolithique" furent, dit-on, découverts dans certains d'entre eux et parce que, dans les monticules funéraires de l'Amérique, on découvrit des corps de races postérieures, [IV 390] accompagnés des accessoires habituels, tels que colliers, armes, urnes de pierre et de cuivre, etc., on en conclut que ce sont d'anciennes tombes ! Pourtant les deux fameux monticules – situés, l'un dans la vallée du Mississippi et l'autre dans l'Ohio – connus sous les noms respectifs de "Monticule de l'Alligator" et "Monticule du Grand Serpent", ne furent jamais destinés à servir de tombes 743. Pourtant on nous affirme avec autorité que les monticules, ainsi que les constructeurs de monticules ou dolmens, sont tous "Pélasgiens", en Europe, antérieurs aux Incas, en Amérique et cependant n'appartiennent pas à "une époque très reculée". Ils n'ont pas été construits par "une race de constructeurs de dolmens", qui n'a jamais existé que dans l'imagination des premiers Archéologues (opinion de Bastian, de Mortillet et Westropp). Enfin, l'opinion qu'exprime Virchow au sujet des tombes géantes de l'Allemagne est maintenant acceptée comme un axiome. Voici ce que dit le Biologiste allemand :

Les tombes seules sont gigantesques et non pas les ossements qu'elles renferment.

Et l'Archéologie n'a plus qu'à s'incliner et à se soumettre à cette décision 744.

743 Nous tirons d'un ouvrage scientifique la description suivante : "Le premier de ces animaux (l'alligator) dessiné avec beaucoup de talent, ne mesure pas moins de 250 pieds de long... L'intérieur est formé d'un tas de pierres, sur lesquelles la forme a été moulée en terre glaise compacte. Le grand Serpent est représenté la gueule ouverte, au moment où il avale un œuf dont le diamètre est de 100 pieds dans l'endroit de plus épais ; le corps de l'animal est dessiné en courbes gracieuses et la queue est enroulée en spirale. La longueur totale de l'animal est de 1.100 pieds. Cette œuvre est unique... et il n'existe – sur l'ancien continent, rien qui ait la moindre analogie avec elle." Sauf, cependant, son Symbolisme du Serpent (le cycle du temps) qui avale l'œuf (le cosmos).

744 Au point de vue des faits il serait peut-être préférable que nous eussions plus de "spécialistes" dans la Science et moins d' "autorités" au sujet des questions universelles. Nous n'avons jamais entendu dire que Humboldt ait pris, d'autorité, des décisions finales dans la question de polypes, ou au sujet d'une excroissance.

745 57.000 ans est la date assignée par le Dr Dowler aux vestiges de squelette humain découverts sous quatre anciennes forêts, à la Nouvelle-Orléans, sur les rives du Mississippi.

 

Parce que jusqu'à présent on n'a découvert aucun  squelette gigantesque dans les "tombes", ce n'est pas une raison pour en conclure qu'elles ne renfermèrent jamais des restes de géants. La Crémation était un usage universel jusqu'à une époque relativement récente – il y a quelque 80 ou 100.000 ans. En outre, les véritables géants furent presque tous noyés avec l'Atlantide. Néanmoins, des auteurs classiques, ainsi que nous [IV 391] l'avons exposé autre part, parlent souvent de squelettes géants qui furent exhumés à leur époque. De plus, les fossiles humains sont encore si rares, que l'on pourrait les compter sur les doigts. Le plus ancien des squelettes, découverts jusqu'à présent, ne remonte pas à plus de 50 ou

60.000 ans 745 et la taille humaine se trouva réduite de 15 à 10 ou 12 pieds depuis l'époque de la troisième sous-race du groupe Aryen, sous-race qui – née et développée en Europe et en Asie Mineure, sous d'autres climats et dans d'autres conditions – était devenue Européenne. Depuis lors, comme nous l'avons dit, la taille n'a pas cessé d'aller en décroissant. Il serait donc plus exact de dire que les tombes seules sont archaïques et non pas nécessairement les corps humains que l'on y trouve parfois et d'ajouter que ces tombes étant gigantesques, elles ont dû renfermer des géants 746, ou plutôt les cendres de plusieurs générations de géants.

Ces constructions cyclopéennes n'étaient pas non plus destinées toutes à servir de lieux de sépulture. C'est avec les ruines soi-disant Druidiques, comme celles de Carnac, en Bretagne, et de Stonehenge, en Grande- Bretagne, que les Initiés voyageurs, cités plus haut, avaient affaire et ces monuments gigantesques sont tous des souvenirs symboliques de l'histoire du Monde. Ils ne sont pas Druidiques, mais universels. Les Druides ne les ont pas non plus construits, car ils ne firent que les héritiers du trésor cyclopéen qui leur fut légué par des générations de puissants constructeurs –   et de "magiciens", tant bons que mauvais.

Il y aura toujours lieu de regretter que l'Histoire, rejetant a priori la réalité de l'existence des géants, nous ait conservé, si peu des annales qui concernent leur antiquité. Pourtant, dans presque toutes les Mythologies – qui ne sont après tout que de l'Histoire Ancienne – les  géants  jouent un rôle important. Dans l'antique Mythologie Norvégienne, les géants, Skrymir et ses frères, contre qui combattaient les fils des Dieux, constituaient des facteurs importants dans l'histoire des divinités et des hommes. L‘exégèse moderne, qui fait de ces géants les frères [IV 392] des nains et réduit les combats des Dieux à n'être que l'histoire du développement de la Race Aryenne, ne sera acceptée que par ceux qui croient à la théorie Aryenne telle qu'elle est exposée par Max Müller. En admettant que les races Touraniennes aient été symbolisées par des nains (Dwergar) et qu'une race naine brune, à têtes rondes, ait été chassée dans la direction du Nord par les blancs Scandinaves, ou Æsir, les Dieux étant semblables aux hommes, il n'existe cependant, ni dans l'histoire, ni dans aucun ouvrage de sciences, aucune preuve anthropologique de l'existence d'une race de géants dans le Temps ou l'Espace.

Pourtant Schweinfurth peut témoigner qu'ils  existent, comparativement et de facto, à côté des nains. Les Nyam-Nyams de l'Afrique  sont  de  véritables  nains,  tandis  que  leurs  proches voisins, plusieurs tribus d'Africains comparativement blancs, sont des géants par rapport aux Nyam-Nyams et seraient grands même parmi des Européens, car la taille de toutes leurs femmes dépasse six pieds six pouces.

746 Murray dit que les barbares de la Méditerranée s'émerveillaient des prouesses des Atlantéens. "Leur force Physique était extraordinaire (ainsi qu'en témoignent leurs constructions cyclopéennes) et la Terre tremblait parfois sous leurs pas. Tout ce qu'ils faisaient était fait rapidement... Ils étaient sages et communiquaient leur sagesse aux hommes" (Mythology, p 4)

 

Dans la Cornouaille et dans l'antique Bretagne, les traditions concernant ces géants sont d'autre part très communes ; on prétend même qu'ils vécurent jusqu'à l'époque du Roi Arthur. Tout ceci prouve que les géants vécurent chez les Celtes jusqu'à une date plus rapprochée que chez les Teutons.

Si nous nous tournons du côté du Nouveau Monde, les traditions nous y parlent d'une race de géants de Tarija qui vivait sur le versant oriental des Andes et dans l'Equateur et qui combattait les Dieux et les hommes. Ces antiques croyances qui ont valu à certaines localités le nom de "Los Campos de los Gigantes", les "Champs des Géants", coïncident toujours avec l'existence de mammifères Pliocènes et avec la présence de rivages Pliocènes surélevés.

"Tous les Géants ne sont pas sous le Mont Ossa" et ce serait vraiment une bien pauvre Anthropologie que celle qui voudrait restreindre les traditions des Géants à la Mythologie grecque et à celle de la Bible. Les pays slaves, et particulièrement la Russie, abondent en légendes au sujet des Bogaterey (puissants géants) de jadis et les légendes slaves qui, pour la plupart, ont servi de base aux histoires nationales, les chants les plus anciens et les traditions les plus archaïques, parlent des géants des temps passés. Nous pouvons donc repousser sans danger la théorie moderne qui voudrait faire des Titans de simples symboles représentant des forces cosmiques. C'étaient de véritables hommes vivants ; que leur taille ait été de vingt ou seulement de douze pieds de haut. Il n'y a pas jusqu'aux héros d'Homère, qui appartenaient bien entendu à une époque beaucoup [IV 393] plus récente de l'histoire des races qui semblent avoir brandi des armes dont la taille et le poids auraient défié les forces de l'homme le plus robuste des temps modernes.

Deux fois dix hommes n'auraient pu soulever la puissante masse, Parmi les hommes qui vivent à notre époque dégénérée.

Si les empreintes fossiles de pas, découvertes à Carson, dans le Nevada, aux Etats-Unis, sont humaines, elles indiquent des hommes gigantesques et leur authenticité ne peut être l'objet d'aucun doute. Il y a lieu de regretter que les preuves modernes et scientifiques de l'existence d'hommes gigantesques n'aient pour base que des empreintes de pas. A maintes reprises, des squelettes de géants hypothétiques ont été reconnus comme appartenant à des éléphants et à des mastodontes, mais toutes ces erreurs, commises avant le développement de la Géologie et même les récits de voyage de Sir, John Mandeville qui prétendait avoir  vu, aux Indes, des géants hauts de cinquante-six pieds, ne font que démontrer que la croyance à l'existence des géants ne s'est jamais éteinte dans l'esprit des hommes.

Ce qu'on sait et ce qu'on accepte, c'est que plusieurs races d'hommes gigantesques ont existé et ont laissé des traces distinctes. Dans le Journal of the Anthropological Institute 747, on établit qu'une de ces races a existé à Palmyre et peut-être dans le Madian et que les crânes des hommes de cette race avaient une forme tout à fait différente de celle des crânes des Juifs. Il est probable qu'une autre de ces races existait à Samarie et que le peuple mystérieux qui construisit les cercles de pierres de Galilée, qui tailla des silex Néolithiques dans la vallée du Jourdain et conserva une ancienne langue sémitique tout à fait, différente des caractères carrés de l'Hébreu, il est probable, disons-nous, que ce peuple était de haute stature. On ne peut avoir confiance dans les traductions anglaises de la Bible, même sous leurs formes modernes revues et corrigées. Elles nous parlent des Nephilim, en traduisant le mot par "géants" et en ajoutant en outre que c'étaient des hommes "poilus", probablement les grands et puissants prototypes des satyres postérieurs, si éloquemment décrits par l'imagination des Pères de l'Eglise ; quelques-uns de ces Pères de l'Eglise affirmaient à leurs admirateurs et à leurs disciples qu'ils avaient eux-mêmes vu ces "satyres" – les uns vivants, les autres "salés" et "conservés". Le mot "géants", une fois adopté comme synonyme [IV 394] de Nephilim, les commentateurs ont fini par identifier ceux-ci avec les fils d'Anak. Les flibustiers qui s'emparèrent de la Terre Promise y trouvèrent une population dont la taille excédait de beaucoup la leur et lui donnèrent le nom de race de géants, mais les races d'hommes véritablement gigantesques avaient disparu bien des siècles avant la naissance de Moise. Ces peuples de grande taille existaient  dans  le  pays  de  Canaan  et  même  dans  celui  de  Bashan et peuvent avoir eu des représentants parmi les Nabatéens du Madian. Leur stature était beaucoup plus élevée que celle des Juifs rapetissés. Quatre mille ans auparavant, la conformation de leurs crânes et leur haute stature les séparaient des enfants d'Héber. Quarante mille ans auparavant, leurs ancêtres peuvent avoir eu une taille encore plus gigantesque et quatre cent mille ans auparavant, leurs proportions, par rapport à celles des hommes actuels, doivent avoir été celles des habitants de Brobdingnac par rapport aux Lilliputiens. Les Atlantéens de la période moyenne étaient appelés les "Grands Dragons" et le premier symbole des divinités de leurs tribus, lorsque les "Dieux" et les Dynasties Divines les eurent délaissés, était fin serpent géant.

Le mystère qui voile l'origine et la religion des Druides est aussi profond pour le Symbologue moderne que celui de leurs prétendus temples, mais il n'en est pas de même pour les Occultistes initiés. Leurs prêtres étaient les descendants des derniers Atlantéens et  ce  qu'on sait d'eux suffit pour pouvoir en conclure que c'étaient des prêtres Orientaux, parents des Chaldéens et des Indiens, bien qu'un peu plus. On peut supposer qu'ils symbolisaient leur divinité comme les Hindous le font pour leur Vishnou, comme les Egyptiens le faisaient pour leur Dieu Mystérieux et comme les constructeurs du grand Monticule du Serpent, dans l'Ohio, adoraient les leurs – c'est-à-dire sous la forme, du "Puissant Serpent", l'emblème de la divinité éternelle, le Temps – le Kâla Hindou. Pline les appelait les "Mages des Gaulois et des Bretons", mais ils étaient plus que cela. L'auteur d'Indian Antiquities trouve beaucoup d'affinités entre les Druides et les Brahmanes de l'Inde. Le docteur Borlase signale une étroite analogie entre eux et les Mages de la Perse 748, d'autres découvriront une identité entre eux et les prêtres Orphiques de la Thrace – simplement parce qu'ils étaient rattachés dans les Enseignements Esotériques, à l'Universelle [IV 395] Religion Sagesse et présentaient ainsi des affinités avec le culte exotérique de tous.

Comme les Hindous, les Grecs et les Romains – nous parlons des Initiés – les Chaldéens et les Egyptiens, les Druides croyaient à la Doctrine d'une succession de "mondes", de même qu'à celle de sept "créations" (de nouveaux continents) et transformations de la surface de la Terre et croyaient aussi à une septuple nuit et à un septuple jour pour chaque Terre ou Globe. Partout où l'on trouve le serpent avec l'œuf, ce dogme fut sûrement présent. Leurs Dragons en sont la preuve. Cette croyance était tellement universelle, que si nous la recherchons dans l'Esotérisme des différentes religions, nous la découvrirons dans toutes. Nous la retrouverons chez les Aryens Hindous et Mazdéens, chez les Grecs, les Latins et même chez les anciens Juifs et les premiers Chrétiens, dont les groupes modernes ne comprennent guère maintenant ce qu'ils lisent dans leurs Ecritures. Nous lisons dans le "Book of God" [de Kenealy] :

Le monde, dit Sénèque, ayant fondu et étant rentré dans le sein de Jupiter, ce dieu demeure quelque temps complètement concentré en lui-même et reste caché, en quelque sorte, et totalement plongé dans  la contemplation de ses propres idées. Ensuite, nous voyons jaillir de lui un nouveau monde, parfait dans toutes ses parties. Des animaux sont produits de nouveau. Une innocente race d'hommes est formée.

Puis parlant d'une dissolution du monde, comme impliquant la destruction ou la mort de tous, il nous enseigne que :

Lorsque les lois de la nature seront ensevelies, sous des ruines et que le dernier jour du monde sera venu, le Pôle Sud écrasera dans sa chute toutes les régions de l'Afrique et le Pôle Nord couvrira toutes les contrées situées au- dessous de son axe. Le Soleil épouvanté sera dépouillé de toute sa lumière ; le palais du ciel tombant en ruines produira à la fois la vie et la mort et une sorte de dissolution atteindra aussi toutes les divinités, qui retourneront ainsi à leur chaos original 749.

748 Mais les Mages de la Perse ne furent jamais des Persans – ni même des Chaldéens. Ils venaient d'un pays lointain, que les Orientalistes croient être la Médie ? C'est possible, mais de quelle partie de la Médie ? Cette question reste sans réponse.

749 Op. cit., p. 160.

 

On s'imaginerait lire la description que Parashâra donne du grand Pralaya, dans les Pourânas. C'est presque la même chose, point pour point. Le Christianisme ne possède-t-il rien d'analogue ? Nous prétendons que si.

 Que le lecteur ouvre une Bible quelconque et lise le chapitre III de la seconde Epître de Pierre et il retrouvera là les mêmes idées :

Aux derniers jours, il viendra des moqueurs... disant Où est [IV 396] la promesse de son avènement ? Car depuis que nos pères sont endormis, toutes choses demeurent comme elles ont été, dès le commencement de la création. Car ils ignorent volontairement ceci que les cieux ont été faits de toute ancienneté et que, par  la parole de Dieu, la terre est sortie de l'eau et qu'elle subsiste par l'eau. Et que par ces choses-là le monde d'alors périt étant submergé par les eaux du déluge. Mais les cieux et la terre qui sont maintenant sont réservés par la même parole, étant gardés pour le feu... les cieux étant en feu seront dissous et les éléments fondront par une chaleur brûlante. Néanmoins, nous cherchons de nouveaux cieux et une nouvelle terre 750.

750 Op. cit., V. V., 3-13.

 

S'il plaît aux interprètes de voir là-dedans une allusion à la création, au déluge et à l'arrivée promise du Christ, alors qu'ils vivront dans une Nouvelle Jérusalem des Cieux, ce n'est nullement de la faute de "Pierre". L'auteur de l'épître entendait faire allusion à la destruction de notre Cinquième Race par des feux souterrains et des inondations et à l'apparition de nouveaux continents pour la Sixième Race-Mère. Les auteurs des Epîtres étaient, en effet, tous versés dans le symbolisme, sinon dans la science.

Il a été mentionné autre part que la croyance à une constitution septénaire de notre Chaîne, constituait le plus ancien dogme des premiers Iraniens, qui le tenaient du premier Zarathoustra. Il est temps de le prouver à ceux des Parsîs qui ont perdu la clef du sens de leurs Ecritures. Sans l'Avesta, la Terre est considérée comme étant partagée, à la fois en sept parties et en trois parties. Le docteur Geiger considère cela comme une discordance, pour les raisons suivantes, qu'il appelle des contradictions. L'Avesta parle de trois tiers de la Terre, parce que le Rig Véda mentionne :  Trois terres... On dit que l'on a voulu désigner par ces mots trois couches superposées 751.

Mais il est complètement dans l'erreur, comme le sont tous les traducteurs profanes. L'Avesta n'a pas emprunté l'idée au Rig Véda, mais reproduit simplement l'Enseignement Esotérique. Les "trois couches" ne se rapportent pas à notre Globe seul, mais aux trois couches des Globes de notre Chaîne Terrestre – deux par deux sur chaque plan, une sur l'arc descendant et une sur l'arc ascendant. Ainsi, par rapport aux six Sphères ou Globes situés au-dessus d'elle, notre Terre, septième et quatrième est divisée en sept parties, tandis que par rapport [IV 397] aux plans situés au- dessus du nôtre, elle est en trois parties. Ce sens est développé et corroboré par le texte de l'Avesta et même par les spéculations – conjectures laborieuses et peu satisfaisantes – des traducteurs et des commentateurs. Il s'ensuit donc que la division de la Terre, ou plutôt de la Chaîne Terrestre, en sept Karshvars, n'est pas en contradiction avec les trois "zones", si l'on traduit ce mot par "plans". Ainsi que le fait remarquer Geiger, cette division septénaire est très ancienne – la plus ancienne de toutes – puisque les Gâthas parlent déjà de la "terre divisée en sept parties" 752. En effet :

Suivant les exposés des dernières Ecritures Parsîs, les sept Karshvars doivent être considérés comme des parties complètement séparées de la terre (ce qui est certainement le cas, puisque) entre elles roule l'océan, de sorte qu'il est impossible, ainsi qu'on le fait remarquer dans plusieurs passages, d'aller  d'un  Karshvar  à  un autre 753.

751 Civilisation of the Eastern Iranians in Ancient Times, pp. 130, 131.

752 Bôumi haptâiti, Yasna, XXXII.

753 Cf. par exemple le vol. I, p. 4, de la traduction Pehlvi ; Bdh XXI, 2, 3.

754 Note marginale de Dârab Dastour Péshotan Sanjânà., B. A., traducteur de l'ouvrage du Dr Wilhelm Geiger, intitulé Civilisation of the Eastern Irianans.

 

L' "Océan" c'est, bien entendu, l'Espace, qui était appelé "les eaux de l'Espace" avant d'être connu sous le nom d'Ether. En outre, le mot Karshvar est convenablement traduit par Dvîpa et Qaniratha par Jamboudvîpa (Néryosrangh, le traducteur du Yasna) 754. Mais les Orientalistes  ne  tiennent  pas  compte  de  ce  fait,  aussi  voyons-nous  an savant Zoroastrien, un Parsî de naissance, comme le traducteur de l'ouvrage du docteur Geiger, laisser passer sans les signaler, sans un seul commentaire, des allusions de cet auteur au sujet des "discordances" de ce genre qui abondent dans les Ecritures Mazdéennes. Une de ces "discordances" et de ces "coïncidences" a trait à la similitude qui existe entre le dogme Zoroastrien et le dogme Indien au sujet des Dvîpas – îles ou plutôt continents – tel qu'on le rencontre dans les Pourânas, à savoir :

Les Dvîpas forment des anneaux concentriques qui, séparés par l'Océan, entourent Jamboudvîpa qui est situé au centre (et), suivant l'opinion Iranienne, le Karshvar Qaniratha est également situé au centre du reste. Ils ne forment pas de cercles concentriques, mais chacun d'eux (les six autres Karshvars) constitue un espace individuel spécial et ils  se  groupent  ainsi  (au-dessus)  de Qaniratha 755.

Or, Qaniratha – ou mieux Hvaniratha – n'est pas, ainsi que [IV 398] le croyaient Geiger et son traducteur, "la contrée habitée par les  Iraniennes" et "les autres noms" ne signifient pas "les territoires adjacents de nations étrangères dans le Nord, le Sud, l'Ouest et l'Est", mais bien notre Globe ou Terre. En effet, la phrase, qui suit la dernière de celles que nous venons de citer, c'est-à-dire :

Deux, Voroubarshti et Vorouzarshti, se  trouvent  au Nord ; deux Vidadhafshou et Tradadhafshou, au sud ; Savahi et Arzahi à l'Est et à l'Ouest n'est que la description très exacte de la Chaîne de notre Planète, la Terre, ainsi représentée dans le Livre de Dzyan :

 755 Op. cit., pp. 130, 131.

 N.

(Nord) Voroubarshti                         Vorouzarshti (Nord)

              (Ouest) Arzahi O.    E. Savahi (Est)

(Sud) Tradadhafshou       Vidadhafshou (Sud)

S. Qaniratha

 

Les noms Mazdéens que nous avons Cités plus haut n'ont qu'à être remplacés par ceux qui sont employés dans la Doctrine Secrète pour que nous ayons sous les yeux le dogme Esotérique. La "Terre" (notre monde) est en trois parties parce que la Chaîne des Mondes est située sur trois plans différents au-dessus de notre Globe et elle est en sept parties à cause des sept Globes ou Sphères qui composent la Chaîne. De là l'autre sens, donné dans la Vendidâd(XIX, 39) et d'après lequel :

Qaniratna seule est combinée avec imat "ceci" (la Terre), tandis que les autres Karshvars sont combinés avec le mot avat, "cela", ou ces terres supérieures.

Rien ne saurait être plus clair. On en peut dire autant de la compréhension moderne de toutes les autres croyances anciennes.

 Les Druides comprenaient donc la signification du Soleil dans le signe du Taureau, lorsque tous les autres feux étant éteints le 1er novembre, leurs feux sacrés et inextinguibles restaient [IV 399] seuls pour illuminer l'horizon, comme ceux des Mages et des Zoroastriens modernes. Enfin, comme la Cinquième Race à ses débuts et comme les Chaldéens venus plus tard, comme les Grecs et même comme les Chrétiens – qui le font jusqu'à présent sans en soupçonner le véritable sens – ils saluaient  l'Etoile du Matin, la belle Vénus-Lucifer 756. Strabon parle d'une île voisine de la Bretagne :

Où Cérès et Proserpine étaient adorées avec le même rituel qu'en Samothrace et c'était l'île sacrée de Ierna 757.

où brûlait un feu perpétuel. Les Druides Croyaient à la renaissance de l'homme, non pas, comme l'explique Lucien :

Que le même esprit dut animer un nouveau corps, non pas ici, mais dans le monde différent.

mais bien à une série de réincarnations dans ce même monde ; en effet, comme le dit Diodore, ils déclaraient que les âmes des hommes passaient dans d'autres corps, après des périodes déterminées 758.

Les Aryens de la Cinquième Race tenaient ces dogmes de leurs prédécesseurs, les Atlantéens de la Quatrième Race. Ils avaient pieusement conservé les traditions qui leur enseignaient comment la Race-Mère d'où ils descendaient, étant devenue plus arrogante à chaque génération, par suite de l'acquisition de pouvoirs super-humains, avait  glissé graduellement vers sa fin. Ces traditions leur rappelaient l'intelligence géante des races précédentes, en même temps que leur taille géante. Nous retrouvons la reproduction de ces traditions à toutes les époques de l'histoire, dans presque tous les vieux fragments de l'antiquité qui sont parvenus jusqu'à nous.

Elien a conservé un extrait des œuvres de Théophraste écrit à [IV 400] l'époque d'Alexandre le Grand. C'est un dialogue entre Midas le Phrygien et Silène. Le premier est informé de l'existence, aux temps jadis, d'un continent tellement immense, que l'Asie, l'Europe et l'Afrique sembleraient de pauvres petites îles comparées à lui. Ce fut le dernier qui eût produit des animaux et des plantes de tailles gigantesques. Là, disait Silène, se développèrent des hommes d'une taille double de celle des hommes les plus grands de son époque (l'époque de Silène) et ils vivaient deux fois plus longtemps. Ils avaient de riches cités et des temples et l'une de ces cités renfermait plus d'un million d'habitants, l'or et l'argent se trouvant là en grande abondance.

L'idée de Grote, d'après laquelle l'Atlantide ne serait qu'un mythe qui devrait son origine à un mirage – des nuages qui revêtaient, sur un ciel éblouissant, l'aspect d'îles sur une mer d'or – est trop peu ingénieuse pour que l'on s'en occupe davantage.

756 Le Dr Kenealy, dans son Book of God, cite Vallencey qui dit : "Il y avait à peine une semaine que j'avais débarqué en Irlande, en venant de Gibraltar... où j'avais étudié l'hébreu et le chaldéen avec des Juifs de divers pays... lorsque j'entendis une jeune paysanne dire à un paysan qui se trouvait auprès d'elle : "Teach an Maddin Nag" (Regarde l'étoile du matin), en lui montrant, du doigt la planète Vénus, la Maddina Nag des Chaldéens" (pp. 162-163).

757 Lib. IV.

758 Il fut un temps où le monde entier, l'humanité toute entière n'avait qu'une religion et "où elle n'avait qu' "une langue". "Toutes les religions de la Terre, dit avec raison Faber, n'en formaient d'abord qu'une et émanaient d'un même centre."

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