MAITRE M

Les Enseignements du Maitre MORYA

LA CLEF DE LA THEOSOPHIE

CETTE DOCTRINE EST ENSEIGNÉE DANS L'ÉVANGILE DE SAINT JEAN

CETTE DOCTRINE EST ENSEIGNÉE DANS L'ÉVANGILE DE SAINT JEAN

 

Question – Des partisans de cette croyance pourraient répondre à ce que vous venez de dire que si, d'une part, le dogme orthodoxe menace le [261] pécheur impénitent et le matérialiste d'une grande souffrance, dans un enfer un peu trop réaliste, il leur accorde, d'autre part, une chance de repentance jusqu'au dernier moment ; il n'enseigne pas non plus l'annihilation, ou la perte de la personnalité, ce qui est la même chose.

 Réponse – Si l'Eglise n'enseigne rien de tout cela, Jésus le fait ; et ce n'est pas sans importance, au moins pour ceux qui placent Christ plus haut que le Christianisme.

Question – Christ enseigne-t-il des choses semblables ?

Réponse – Certainement ; comme tout Occultiste érudit et même tout Kabbaliste pourrait vous le dire, Christ, ou, si vous préférez, le quatrième Evangile, enseigne la Réincarnation, ainsi que l'annihilation de la personnalité, pourvu que l'on néglige la lettre morte pour ne s'attacher qu'à l'Esprit ésotérique. Souvenez-vous des versets 1 et 2 du chapitre XV de Saint Jean. A quoi la parabole peut-elle faire allusion, si ce n'est à la triade supérieure qui est dans l'homme ? Atma est le vigneron : L'Ego spirituel ou Buddhi (Christos) est le CEP de vigne, tandis que l'Ame animale et vitale, la personnalité, est le" sarment".

"Je suis le vrai cep, et mon Père est le Vigneron. Il émonde tout sarment en moi qui ne porte point de fruit Ainsi qu'une branche ne peut point porter de fruit, si elle ne demeure attachée au cep, vous, de même, ne pouvez rien produire, [262] si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep ; vous en êtes les sarments. Si un homme ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme un sarment, et il se dessèche, et on le jette au feu et il brûle. "

Voici maintenant l'explication que nous donnons à ces paroles.

Comme nous ne croyons pas aux feux de l'enfer que la théologie découvre dans la menace qui concerne les branches, nous disons que le "Vigneron" est Atma, le symbole du Principe impersonnel et infini 54, tandis que le Cep de Vigne est l'Ame spirituelle, Christos, et que chaque "sarment" représente une nouvelle incarnation.

 53 Parce qu'elle "est de la nature de l'Abestos", pour nous servir de l'expression véhémente d'un Tertulien Anglais de notre époque.

54 Durant les Mystéres, c'était le Hiérophante, le "Père"qui plantait le Cep. Chaque symbole possède Sept Clefs. L'initiateur au Pleroma était toujours appelé "Père".

 

Question – Mais sur quelles preuves basez vous cette interprétation arbitraire ?

  Réponse – Cette interprétation n'est point arbitraire, car la symbologie universelle nous en garantit l'exactitude. Hermès dit que "Dieu" a "planté la Vigne", c'est-à-dire créé l'humanité. Il est raconté, dans la Kabbale, que l'Ancien des Anciens, ou le "Long visage", plante une vigne qui représente l'humanité, et un cep, qui signifie la vie. Voilà pourquoi l'on nous montre l'Esprit du "Roi Messie" lavant, dès la création du monde, les vêtements dans le vin qui vient d'en haut 55. Et le Roi Messie est l'Ego qui se purifie en lavant [263] ses vêtements (c'est-à-dire les personnalités de ses renaissances) vans le vin qui vient d'en haut, c'est-à-dire BUDDHI. Adam, ou A-Dam, est "le sang". La vie de la chair est dans le sang – nephesh, âme  (Lévitique XVII). Et Adam-Kadmon est le Fils Unique. Noé  a aussi planté une vigne, foyer allégorique de l'humanité future. Et, comme preuve que cette allégorie a été généralement adoptée, nous la retrouvons dans le Codex Nazaraeus ; il y est parlé de la création de sept vignes (lesquelles sont nos Sept Races, avec leurs Sauveurs ou Bouddhas qui naissent du Iukabar Zivo et Ferho (ou Parcha). Raba les arrose 56. Lorsque les bienheureux monteront parmi les créatures de la Lumière, ils verront Javar-Xivo, Seigneur de la VIE, et le Premier CEP 57. Ce sont naturellement ces métaphores Kabbalistiques qui se trouvent répétées dans l'Évangile selon saint Jean (XV., 1. ).

N'oublions pas que, même d'après les philosophies qui ne connaissent pas notre division septénaire, dans le système humain, l'EGO ou homme pensant est appelé le logos, ou le Fils de l'Ame et de l'Esprit. "Manas est le Fils adoptif du Roi – et de la Reine – " (termes ésotériques équivalents d'Atma et Buddhi), est-il dit dans un ouvrage occulte. C'est "l'homme- dieu" de Platon, qui se crucifie lui-même dans l'Espace (durée du Cycle de Vie) pour la rédemption de la Matière ; et il le fait [264] en se réincarnant à l'infini, afin de guider ainsi l'humanité vers la perfection, tout en laissant la place nécessaire aux formes inférieures qui s'élèvent, en se développant à leur tour. Il ne cesse pas, pendant une seule vie, de travailler à son propre progrès et d'aider à l'avancement de la nature physique toute entière ; et dans les rares occasions où il perd l'une de ses personnalités, parce que celle-ci n'a pas possédé la moindre étincelle de Spiritualité, cette perte même est utile à son progrès individuel.

 55 Zohar, XL, 10.

56 Codex Nazaraeus, vol. III, 60, 61.

57 Ibid, vol. II, 281.

 

Question – Mais enfin si l'Ego est responsable des transgressions de ses personnalités, il doit l'être aussi de la perte, ou, plutôt, de l'annihilation complète de l'une d'elles.

Réponse – En aucune façon, à moins qu'il n'ait rien fait pour éviter ce malheur déplorable. Mais si, en dépit de tous ses efforts, sa voix, celle de notre conscience, n'a pas pu pénétrer à travers la muraille de la matière, l'impénétrabilité de cette dernière provient de son imperfection, et cette personnalité est classée parmi les autres insuccès de la nature. L'Ego est suffisamment puni par la perte du Dévakhan et surtout par la nécessité de se réincarner immédiatement.

Question – Cette doctrine de la possibilité de perdre son âme (ou sa personnalité, comme vous l'appelez) est tout à fait en désaccord avec les théories idéales des Chrétiens et des Spiritualistes, bien que Swedenborg l'adopte jusqu'à un certain [265] point, dans ce qu'il appelle la Mort Spirituelle ; on ne l'acceptera jamais.

Réponse – Cela ne peut changer en rien un fait de la nature, du moment que c'est un fait, et cela ne peut empêcher la chose d'arriver.

L'Univers, ainsi que tout ce qui s'y trouve de moral, mental, physique, psychique au Spirituel, est fondé sur une loi parfaite d'équilibre et d'harmonie. Il â été dit ailleurs (voyez Isis Dévoilée), que la force centripète ne pourrait jamais se manifester sans la force centrifuge dans les révolutions harmonieuses des sphères, et que toutes les formes et leurs progrès sont les produits de cette double énergie de la nature.

L'Esprit (ou Buddhi) est l'énergie centrifuge spirituelle, et l'Ame (Manas) l'énergie centripète spirituelle ; et il faut, pour la production d'un seul résultat, qu'ils soient en parfaite union et parfaite harmonie. Que le mouvement centripète de l'Ame terrestre, tendant vers le centre qui l'attire, soit brisé ou entravé ; que son progrès soit arrêté par un poids de matière trop pesant pour elle ou pour l'état de Dévakhan, et l'harmonie de l'ensemble sera détruite. La vie personnelle, ou, ce qui est peut-être plus juste, sa réflexion idéale, ne peut être continuée que lorsqu'elle  est soutenue par la double force qui provient de l'union intime de Buddhi et de Manas, dans chaque Renaissance ou vie personnelle ; la moindre déviation de l'harmonie l'entrave – et lorsqu'elle est [266] détruite, sans rédemption possible, les deux forces, se séparent, au moment de la mort. La forme personnelle (également appelée Kama rupa et Mayavi rupa) dont la floraison spirituelle, s'attachant à l'Ego, le suit en Dévakhan, afin  de donner (pro tempore, pour ainsi dire) sa couleur personnelle à l'individualité permanente, est entraînée, pour un court espace de temps, en Kama-Loka, où elle subit graduellement le processus de l'annihilation. Car c'est après la mort qu'arrive le moment critique et suprême pour les êtres complètement dépravés, pour ceux qui manquent entièrement de Spiritualité et dont la méchanceté est sans rédemption possible. Si le dernier effort désespéré du soi INTÉRIEUR (Manas) pour unir, à lui- même et au rayon lumineux du divin Buddhi, une partie de la personnalité, est entravé durant la vie ; si la paroi de plus en plus épaisse du cerveau physique se ferme de plus en plus à l'action de ce rayon, l'Ego Spirituel ou Manas, libéré du corps, demeure entièrement séparé du reste éthéré de la personnalité, et celle-ci, suivant ses sympathies terrestres, est attirée dans Hadès, que nous appelons Kama-Loka, pour ne plus en sortir. C'est ce que Jésus a voulu dire en parlant des "Sarments desséchés" que l'on enlève au Cep. L'Annihilation, néanmoins, n'est jamais instantanée et nécessite parfois des siècles pour s'accomplir ; mais la personnalité demeure en Kama-Loka, avec les restes d'autres Egos personnels plus heureux qu'elle et [267] devient avec eux une Coquille et un Elémentaire. Comme nous l'avons dit, dans Isis dévoilée, ce sont ces deux classes d' "Esprits", les Coquilles et les Elémentaires, qui constituent les "Etoiles" et les guides de la grande scène spirituelle des "matérialisations". Et vous pouvez être sûr que ce ne sont pas eux qui s'incarnent ; voilà pourquoi si peu des "chers défunts" savent quelque chose de la Réincarnation, et pourquoi ils induisent les spirites en erreur.

Question – Mais n'accuse-t-on pas l'auteur d'Isis Dévoilée d'avoir prêché contre la Réincarnation ?

Réponse – Ce sont ceux qui n'ont pas compris qui l'en accusent. Lorsque cet ouvrage fut écrit, il ne se trouvait, parmi les spirites Anglais et Américains, personne qui crût à la Réincarnation ; et ce qui y est dit au sujet de la Réincarnation est adressé aux Spirites Français, dont la théorie est absurde et manque de philosophie, tandis que l'enseignement oriental est aussi logique et évident qu'il est vrai. Les Réincarnationistes de l'école d'Allan Kardec croient à une réincarnation immédiate et arbitraire. Ainsi, selon eux, le père, qui vient de mourir, peut se réincarner dans sa fille qui n'est pas encore née ; et ainsi de suite. Ils ne connaissent ni Dévakhan, ni Karma, ni aucune philosophie qui puisse prouver ou garantir la nécessité de renaissances consécutives. Mais comment l'auteur d'Isis dévoilée pourrait-elle contredire [268] la Réincarnation karmique, à de longs intervalles de 1000 à 1500 ans, lorsque les Bouddhiste et les Indous en font leur croyance fondamentale ?

Question – Alors vous rejetez entièrement les ; théories des Spirites et des Spiritualistes 58 ?

Réponse – Pas entièrement, mais bien en ce qui concerne leurs croyances respectives fondamentales. Les Spirites et les Spiritualistes s'appuient sur ce que leurs "Esprits" leur disent, et ils sont aussi peu d'accord entre eux que les Théosophes le sont avec ces deux partis.

La Vérité est Une ; et lorsque nous entendons les fantômes Français prêcher la Réincarnation, et les fantômes Anglais nier cette même doctrine, comme une hérésie, nous sommes forcés de dire que les "Esprits" Français ou les "Esprits" Anglais ne savent pas à quoi s'en tenir à ce sujet. Nous croyons, avec les Spiritualistes et les Spirites, à l'existence d'Esprits, ou d'Etres invisibles, doués de plus ou moins d'intelligence ; mais, tandis que, selon nos enseignements, il existe une légion de genres et d'espèces d'Esprits, nos opposants n'en admettent absolument aucun autre que les "Esprits" humains désincarnés, qui, à notre connaissance, ne sont, pour la plupart, que les Coquilles de Kama-loka.

58 Le mot Spiritualiste désigne ici les Spirites anglais et américains. En France, les mots positivisme et Spiritualisme s'appliquent à un tout autre ordre d'idées.

 

Question – Quelle amertume contre les Esprits ! [269] Mais, puisque vous m'avez communiqué vos raisons pour ne pas croire à la matérialisation des Esprits désincarnés, ou des "Esprits des morts", ni à la probabilité d'une communication directe avec eux, dans les séances, voudriez-vous m'expliquer un autre fait ? Pourquoi les Théosophes ne se fatiguent-ils jamais de répéter que les rapports avec les Esprits, ainsi que la médiumnité, sont des choses fort dangereuses ? Ont-ils une raison particulière pour parler ainsi ?

Réponse – Il faut le croire. Pour ma part, j'ai une raison ; et j'ai quelque droit à mon opinion, car je connais familièrement, depuis plus de la moitié d'un siècle, ces "influences", invisibles, il est vrai, mais malheureusement trop tangibles pour pouvoir être niées, depuis l'Elémental conscient et les coquilles à demi-conscientes, jusqu'aux fantômes les plus inconscients et les plus indescriptibles, de toutes les catégories que l'on puisse imaginer.

Question – Pourriez-vous nous donner un exemple ou des exemples des dangers que l'on court, en cherchant à se mettre en rapport avec ces êtres ?

Réponse – Il faudrait, pour vous répondre, vous consacrer plus de temps qu'il ne m'est possible de le faire. Chaque cause doit être jugée par les effets qu'elle produit. Prenez l'histoire du Spiritisme, durant les cinquante dernières années, depuis sa réapparition en Amérique, dans [270] le Siècle actuel, et jugez vous-même du bien du mal qui en est résulté pour ses partisans.

Comprenez-moi bien. Il ne s'agit pas du Spiritualisme, mais du mouvement moderne qui par ce nom 59 et de la soi-disante philosophie inventée pour expliquer ses phénomènes.

59 C'est-à-dire du Spiritisme

 

Question – Vous ne croyez pas du tout à ces phénomènes ?

Réponse – C'est au contraire parce que j'y crois, avec trop de raison, et que (à l'exception de quelques cas de supercherie délibérée), je sais qu'ils sont aussi vrais qu'il est vrai que vous et moi vivons en ce moment, que mon être tout entier est pris d'un profond dégoût pour eux. Je répète qu'il ne s'agit ici que du phénomène physique et non pas du phénomène mental ou psychique. Ce qui se ressemble s'assemble. Je connais personnellement des hommes et des femmes d'une, grande pureté, d'une grande spiritualité, qui ont passé plusieurs années de leur vie sous la direction et même sous la protection "d'Esprits" élevés, désincarnés ou planétaires. Mais de telles "Intelligences" ne sont pas du type des John King et des Ernest qui apparaissent durant les séances. Ce n'est qu'en des circonstances rares et exceptionnelles qu'ils guident et influencent les mortels, dont le passé Karmique les attire magnétiquement. Et, pour obtenir une telle faveur, il ne [271] suffit pas de s'asseoir et d'attendre "le développement" que l'on désire ; cela ne réussit qu'à ouvrir la porte à un essaim de "fantômes", bons, mauvais ou indifférents, dont le médium devient l'esclave pour le reste de sa vie. Je proteste donc, non pas contre le mysticisme spirituel, mais contre cette médiumnité qui vous met en rapport avec tous les lutins qui peuvent vous atteindre ; l'un est une chose  sainte,  qui  élève  et annoblit ; l'autre est un phénomène du genre de ceux qui, il y a deux siècles, ont causé la perte de tant de sorciers et de sorcières. Lisez Glanvil et les autres auteurs qui ont traité du sujet de la sorcellerie, et vous y trouverez  la  majorité,  sinon  la  totalité,  des  phénomènes  physiques  du "Spiritisme" du XIXème siècle.

Question – Vous considérez donc tout cela comme de la sorcellerie, et rien de plus ?

Réponse – Je dis que tous ces rapports avec les morts sont, consciemment ou inconsciemment, de la nécromancie, par conséquent une pratique fort dangereuse. L'évocation des morts a été considérée, par toutes les nations intelligentes, longtemps avant l'époque de Moïse, comme une chose coupable et cruelle, parce qu'elle trouble le repos des âmes et empêche leur évolution et leur développement vers un état plus élevé. La sagesse collective de tous les siècles passés a protesté hautement contre les pratiques de ce genre. Je dis enfin, ce que je n'ai pas cessé de répéter en paroles et par écrit, depuis quinze ans, que : [272] tandis que quelques-uns des soi-disant "esprit" ne savent pas ce qu'ils disent, et ne font que reproduire, à la façon de perroquets, ce qu'ils trouvent dans le cerveau du médium ou d'autre personne, il y en a d'autres qui sont très dangereux et ne peuvent que conduire vers le mal.

Ces deux faits sont évidents. Si vous fréquentez les cercles spirites de l'école d'Allan Kardec, vous y trouverez des "esprits" qui affirment l'existence, de la Réincarnation et qui parlent en bons Catholiques Romains. Si, d'un autre côté, vous vous adressez aux "chers défunts" de l'Angleterre et de l'Amérique, vous les entendrez réfuter la théorie de la Réincarnation, accuser d'hérésie ceux, qui l'enseignent et professer les croyances protestantes. Les meilleurs, les plus puissants médiums, ont tous souffert dans leur corps et dans leur âme. Rappelez-vous la fin déplorable de Charles Foster, qui est mort de folie furieuse, dans un asile d'aliénés ; souvenez-vous de Slade qui est épileptique, d'Eglinton, le premier médium d'Angleterre, en ce moment, qui souffre du même mal. Voyez encore quelle a été la vie de D. Home, dont le tueur était rempli d'amertume, qui n'a jamais dit un mot en faveur de ceux qu'il croyait doués de pouvoirs psychiques et qui a calomnié tous les autres médiums jusqu'à la fin. Ce Calvin du Spiritisme a souffert, pendant des années, d'une terrible  maladie de l'épine dorsale, qu'il avait prise dans ses rapports avec les [273] "esprits", et il n'était plus qu'une ruine, lorsqu'il mourut. Pensez ensuite au triste sort de ce pauvre Washington Irving Bishop. Je l'ai connu, à New York, lorsqu'il n'avait que quatorze ans ; il n'y a pas le moindre doute qu'il était médium. Il est vrai que le pauvre homme joua un tour à ses "esprits", qu'il baptisa du nom "d'action musculaire inconsciente", à la grande joie de toutes les corporations de savants et érudits, et au grand bénéfice de sa bourse qu'il remplit de cette façon. Mais... de mortuis nil nisi bonum ! Sa fin fut bien malheureuse. Il avait réussi à cacher soigneusement ses attaques d'épilepsie (le premier et le plus sûr symptôme de la véritable médiumnité), et qui sait s'il était mort ou s'il était en transe, lorsque eut lieu l'autopsie de son corps ? Ses parents disent qu'il vivait encore, à en croire les dépêches télégraphiques de Reuter.

Voici enfin les sœurs Fox, les plus anciens médiums, les fondatrices du Spiritisme moderne ; après plus de quarante ans de rapports avec les "Anges", elles sont devenues, grâce à ces derniers, des folles incurables, qui déclarent à présent, dans leurs conférences publiques, que l'œuvre et la philosophie de leur vie entière n'ont été qu'un mensonge ! Je  vous demande quel est le genre d'esprits qui leur  inspirent  une  conduite pareille ?

Question – Mais vos informations sont-elles exactes ? [274]

Réponse – Absolument. Si les meilleures élèves d'une école de chant en arrivaient tous à perdre la voix, par suite d'exercices forcés, ne seriez, vous pas obligé d'en conclure qu'ils suivent une, mauvaise méthode ? Il me semble que l'on peut en conclure autant des informations que nous obtenons au sujet du Spiritisme, du moment que ses meilleurs médiums sont victimes d'un même sort.

Voici tout ce que nous pouvons dire : Que ceux qui s'intéressent à cette question jugent l'arbre du Spiritisme à ses fruits, et qu'ils méditent sur la leçon qu'ils y trouveront. Nous, Théosophes, nous avons toujours considéré les Spirites comme des frères ayant les mêmes tendances mystiques que nous ; mais ils nous ont toujours traités en ennemis. Possesseurs d'une philosophie plus ancienne que la leur, nous avons cherché à les aider et à les avertir ; mais ils y ont répondu en nous insultant et en nous calomniant, nous et nos motifs, de toutes les façons possibles.

 Et pourtant le meilleur Spirite Anglais parle comme nous, toutes les fois qu'il est sérieusement question de leurs croyances.

Voici la vérité que M. A. Oxon, avoue lui-même : "Les Spirites sont trop disposés à compter exclusivement sur l'intervention des esprits extérieurs dans notre monde, et à  ignorer  les  pouvoirs  de  l'Esprit incarné 60". [275]

Pourquoi nous calomnier et nous injurier, parce que nous disons la même chose ?

Nous   voulons,   désormais,   ne   plus   nous   occuper   du   Spiritisme.

Retournons maintenant à la Réincarnation.

 

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60 Seconde vue "Introduction"

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